Littérature générale

  • De février 1903 à Noël 1908, Rainer Maria Rilke correspond avec le jeune Franz Xaver Kappus, et l'encourage dans sa vocation. Les Lettres à un jeune poète se signalent par une qualité toute particulière du ton, une intimité chaleureuse qui n'exclut ni le scrupule ni la rigueur. Une lucidité de philosophe y épouse sans cesse étroitement la sensibililté lyrique. Elles sont devenues l'un des textes les plus célèbres et les plus appréciés du grand poète.

  • « À quoi bon emprunter sans cesse le même vieux sentier ? Vous devez tracer des sentiers vers l'inconnu. Si je ne suis pas moi, qui le sera ? » 
    Henry David Thoreau (1817-1862) quitte à vingt-huit ans sa ville natale pour aller vivre seul dans la forêt, près du lac Walden. Il a pour habitude de marcher au moins quatre heures par jour. Avec cet éloge de la marche, exercice salutaire et libérateur, Thoreau fait l'apologie de l'éveil à soi par la communion avec la nature.

  • Oedipe roi

    Sophocle

    La peste règne à Thèbes. Pour mettre fin à l'épidémie, l'oracle de Delphes réclame que soit puni le meurtrier de l'ancien roi Laïos. Au fil des interrogatoires, Oedipe mène l'enquête et découvre la vérité sur ses origines : les destin tragique rejaillit sur chacun, Jocaste se pend et lui-même se crève les yeux.

  • Écrit de mars à août 1876, Un coeur simple est vraisemblablement l'un des chefs-d'oeuvre de Flaubert. Le conte marque le triomphe d'une sensibilité à laquelle le romancier donne enfin libre cours. Celui-ci expose le destin de la servante modèle de Mme Aubain, Félicité, animée par un désir d'amour qu'aucun malheur ne parviendra à éteindre.Le film Un coeur simple, réalisé par Marion Laine, est sorti au cinéma le 26 mars 2008, librement adapté du conte de Flaubert. Sandrine Bonnaire est Félicité, Marina Foïs, Mme Aubin."Les images d'une vie, une adaptation cinématographique" de Marion Laine. Postface de Jérôme Vérain

  • « Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu'il n'a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue. »
    Le Spleen de Paris, oeuvre majeure de Charles Baudelaire, se caractérise par une forme poétique alors singulière - la prose «  ouverte sur l'infini » - mêlant les genres et les points de vue (flâneur, philosophe, rêveur, moraliste). Il s'y révèle tout le sublime et le tragique de la vie urbaine.

  • Verlaine vit en lui "le plus beau" des "mauvais anges", Claudel "un mystique à l'état sauvage", Henry Miller "le rebelle incarné". Mallarmé, à propose de cette oeuvre fondatrice de notre modernité poétique, préféra évoquer l'éclat du "météore" : de fait, trois ans au plus séparent les vers de collège d'Arthur Rimbaud (1854-1891), écrits à seize ans, des poèmes qui précèdent Une saison en enfer. Dans cette édition intégrale, établie par Claude Jeancolas, les poèmes de Rimbaud sont présentés dans l'ordre - probable - de leur composition, et conformément à la graphie des manuscrits originaux.

  • Entre 1766 et 1779, Bougainville, marin, découvreur, journaliste, explore et raconte le Monde. De cette relation de voyage, Diderot entend donner sens aux impressions prétendument brutes rapportées par le marin. La sexualité, l'autorité, l'organisation sociale, tout est prétexte au rire et à l'analyse savoureuse du plus prophète parmi les philosophes des Lumières.

  • Mille et une facéties, pensées et humeurs de Boris Vian, mille et une merveilleuses conneries que l'écrivain, chanteur, inventeur, musicien, poète, trompettiste a dites ou écrites, directement ou au travers de ses personnages.
    Une lecture jubilatoire et inépuisable, où s'expriment aussi bien la fantaisie que la sagacité de Boris Vian.

  • Au travers de cette nouvelle, infime dans l'oeuvre immense de Balzac (1799-1850), c'est le mécanisme même de l'art qui pense sur lui-même qui est représenté. Frenhofer, peintre de génie, travaille depuis plus de dix ans à son grand oeuvre, sa « Belle Noiseuse», pour finalement aboutir à un tableau quasi nul.C'est bien du drame de la création qu'il est question ici, de l'indéfectible doute qui habite tout créateur et balaye toute plénitude.

  • Aphorismes

    Oscar Wilde

    Né à Dublin en 1854, Oscar Wilde, esthète et dandy à l'esprit brillant, est l'auteur notamment du Portrait de Dorian Gray.
    Il meurt en 1900, déchu et ruiné, à Paris.
     
    Ses Aphorismes, joyeusement cyniques, disent tous les paradoxes d'un auteur de génie qui n'a rien perdu de son caractère scandaleux.
     
    « Une seule chose au monde est pire que de savoir qu'on parle de vous, savoir qu'on ne parle pas de vous. »

  • En 1542, six ans après sa mort, celui qui était considéré comme le Prince de la République des Lettres est décrété par les théologiens de la Sorbonne « fol, insensé, injurieux à Dieu, à Jésus-Christ, à la Vierge, aux Saints, aux ordonnances de l'Église, aux cérémonies ecclésiastiques, aux théologiens, aux ordres mendiants ».Homme de la synthèse entre christianisme et philosophie païenne, Érasme réalise le difficile équilibre entre foi et savoir.

  • "J'aimerais mieux pas" répond invariablement Bartleby, simple scribe dans un bureau de Wall Street, quand on lui demande de faire quelque chose. L'étrange et inquiétante obstination qu'il met à refuser de travailler et même à sortir de l'étude reste incompréhensible au notaire qui se sent défié. Elle fait de Bartleby une figure émouvante et déconcertante, aussi insaisissable que la phrase qui le résume, interprétée comme la formule de la résistance passive.  Ce court chef-d'oeuvre d'Hermann Melville (1819-1891) exerce toujours une véritable fascination.

  • Tour à tour poème, confession, essai, conte, préface, roman à suspense, "Les Paradis artificiels" concentrent tout le génie de celui qui ne "supportera la condition humaine qu'en se plaçant entre elle et lui l'écran ou le filtre de l'opium". Baudelaire naît en 1821, l'année où paraissent les "Confessions d'un mangeur d'opium" de Thomas de Quincey. Quarante ans plus tard, leurs oeuvres sont à jamais mêlées.

  • Publié en 1576, Le Discours de la servitude volontaire est l'oeuvre d'un jeune auteur de dix-huit ans. Ce texte (ô combien actuel !) analyse les rapports maître-esclave qui régissent le monde et reposent sur la peur, la complaisance, la flagornerie et l'humiliation de soi-même. Leçon politique mais aussi leçon éthique et morale, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, bref contre l'armature même du pouvoir.Traduction en français moderne par Séverine Auffret

  • Trouver les endroits les plus propices à la rencontre, feindre la passion, accentuer ses talents, conquérir mais aussi conserver, L'Art d'aimer est un véritable traité de la galanterie et de la stratégie amoureuse : écrit en 43 avant J.-C., il offre un tableau saisissant des moeurs romaines sous Auguste. C'est également pour Ovide l'occasion de scruter, en grand moraliste, les facettes de l'âme humaine.

  • Baudelaire écrit en 1851 cette étude savante et voluptueuse sur l'alcool et le haschisch.
    Il révèle la puissance créatrice et la force destructrice, les illusions et les charmes sinistres de ces deux substances addictives, comparées comme moyens de multiplication de l'individualité.

  • Quelle humiliation pour le major Kovaliov de voir son nez se pavaner dans un uniforme de conseiller d'Etat !Chef-d'oeuvre du réalisme fantastique, incroyable satire burlesque, Le Nez, paru en 1835, est pour Gogol, l'occasion de faire voler en éclats une société composée de pantins pour qui la fonction et l'uniforme sont le substitut universel de la vie.

  • La légende fait de Modigliani un peintre maudit, pauvre, incompris, caractériel, ravagé par le tourment, l'alcool et les drogues. Un être désespéré qui se serait suicidé par négligence. 
    Pour la première fois, ses lettres se trouvent réunies. Les lire ensemble, les mettre en rapport permet de découvrir un autre Modigliani. Un artiste joyeux, travailleur, animé d'une discrète mais solide foi en ses moyens, qui sait qu'il trace sa voie, et que cette voie est nouvelle.

  • L´Hôtel du Libre Echange, comédie en trois actes, doit toute sa force dramaturgiquee au lieu, un établissement dont l´honnêteté de façade va très vite se fissurer. Son enseigne, imaginée par Feydeau, n´est pas une allusion au négociant qu´il pourrait attirer (il faut se souvenir que l´expression d´Adam Smith, « free trade » passe au français vers les années 1860-70 et connaît une vogue immédiate). Non, l´hôtel sert aussi à abriter les couples illégitimes. A l´hôtel du Libre Echange vont donc se croiser de respectables bourgeois, maris et femmes, et leurs domestiques, selon des combinaisons et dans des situations qui n´étaient bien évidemment pas prévus. Monsieur Pinglet, entrepreneur, malheureux en ménage (son épouse, Angélique, n´est pas commode), fait la cour à Marcelle, la femme de son ami et collaborateur, l´architecte Paillardin. Celle-ci, qui se plaint du manque d´assiduité sexuelle de son époux, accepte un rendez-vous galant avec Pinglet à l´hôtel. Or Paillardin doit justement y passer la nuit, dans sa fonction d´expert auprès des tribunaux, pour vérifier si l´une de ses chambres est hantée ou non... La suite sera à la hauteur des quiproquos, des rencontres malencontreuses et de l´emberlificotement des situations. La pièce connut, lors de sa création en décembre 1894, un vif succès.

  • La fabrication du mythe Céline, qui s'est nourrie de toutes les lectures d'allégeance et de célébration, a fait oublier les lectures à rebours. Par un curieux retournement, le scandale aujourd'hui, ce serait d'oser rappeler les enjeux historiques et politiques d'une oeuvre pourtant tellement ancrée dans l'histoire. Cela fut fait dès 1938 par H.-E Kaminski, Juif allemand en exil, qui livre avec ce texte antidote, la première analyse lucide de celui qui "voulait être le plus nazi des collaborateurs".

  • C'est l'une des lettres les plus célèbres de toute la tradition épistolaire occidentale. L'une des plus belles, l'une des plus essentielles aussi. On y a vu l'invention du paysage. Pétrarque, poète et ecclésiastique à la cour papale, a trente-deux ans en 1336 lorsqu'il rédige cette lettre à l'attention de son confesseur. Cela fait plus de dix ans qu'il vit à Avignon et que Laure l'a éconduit. Le mont Ventoux appartient au spectacle naturel de la région à laquelle Pétrarque est si attaché depuis son enfance. Pic d'une crise spirituelle, le récit de son ascension est celui d'une formidable expérience dont il découvre la portée allégorique. L'Ascension du mont Ventoux marque une conversion, la réconciliation de Pétrarque avec l'ordre du monde et la splendeur de Dieu.

  • Traduction du grec par Jean-Marie Guyaurévisée par Cyril MoranaAnthologie« Mon but à moi, c'est de faire enfin de vous des hommes affranchis de toute entrave, de toute contrainte, de tout obstacle, libres, tranquilles, heureux, qui tournent leurs regards vers Dieu dans les petites comme dans les grandes choses. » Esclave boiteux devenu philosophe, Épictète dispensait oralement à ses élèves et disciples des leçons qui, par l'étude de modèles exemplaires, visaient leur édification. Consigné par l'un d'entre eux, son enseignement est avant tout fondé sur un savoir pratique : en acceptant « qu'il y a ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas », chacun peut se libérer de ses préjugés et accéder au bonheur.Cette édition propose trente-six leçons du philosophe qui illustrent avec force et profondeur la morale stoïcienne.

  • Le Paradoxe sur le comédien est l'un des dialogues les plus célèbres - et les plus controversés - de Denis Diderot (1713-1784). Prenant à rebours l'idée d'une "sensibilité" particulière des comédiens, il y soutient que l'acteur doit maîtriser avec sang-froid tous les éléments de son jeu. Loin de ressentir les passions du personnage qu'il incarne, il crée une sorte de double idéal : "Un mannequin l'enveloppe."Diderot élargit le propos à la morale (une émotion ne se communique aux autres que si nous la "jouons"), à la politique (les rois et les magistrats doivent sacrifier à une mise en scène pour convaincre), à l'esthétique (la vraisemblance procède de la réalité, mais en s'opposant à elle), à la philosophie du langage (les mots sont par eux-mêmes ambigus, et le sens leur est donné par les gestes dont on les accompagne).

  • "Morphine" de Mikhaïl Boulgakov (1891-1940), l'auteur de "Maître et Marguerite", raconte la progressive intoxication par la morphine d'un médecin qui finit par se suicider. Une narration si réaliste qu'on ne peut s'empêcher de penser que l'auteur n'était pas un simple observateur. Effectivement, ce récit relate très précisément son épisode de morphinomanie en 1917 quand Boulgakov, de retour du front, fut muté comme médecin de campagne près de Smolensk. Journal intime du double de l'auteur, "Morphine" est bien le joyau noir d'une oeuvre unique, tardivement reconnue.

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