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  • Table des matières
    Ch. 1. Dans lequel on présente au lecteur un homme qui se pique d’humanité.
    Ch. 2. La mère.
    Ch. 3. Mari et père.
    Ch. 4. Une soirée dans la case de l’oncle Tom.
    Ch. 5. Sensation de la propriété vivante lorsqu’elle change de propriétaire.
    Ch. 6. La découverte.
    Ch. 7. La lutte de la mère.
    Ch. 8. Les traqueurs d’hommes.
    Ch. 9. L’Évasion.
    Ch. 10. D’où il appert qu’un sénateur n’est qu’un homme.
    Ch. 11. Prise de possession.
    Ch. 12. La propriété prend des licences.
    Ch. 13. Incidents d’un commerce légal.
    Ch. 14. Intérieur d’une famille quaker.
    Ch. 15. Évangeline.
    Ch. 16. D’un nouveau maître et de son entourage.
    Ch. 17. La maîtresse de Tom et ses opinions.
    Ch. 18. Défense d’un homme libre.
    Ch. 19. Expériences et opinions de miss Ophélia.
    Ch. 20. Suite des expériences et opinions de miss Ophélia.
    Ch. 21. Topsy.
    Ch. 22. Au Kentucky
    Ch. 23. L’herbe se flétrit, la fleur se fane
    Ch. 24. Henrique.
    Ch. 25. Sinistres présages.
    Ch. 26. La petite évangéliste.
    Ch. 27. Mort.
    Ch. 28. Voici la fin de ce qui est terrestre.
    Ch. 29. Réunion.
    Ch. 30. Les délaissés.
    Ch. 31. Un dépôt d’esclaves.
    Ch. 32. La traversée.
    Ch. 33. Les ténèbres extérieures.
    Ch. 34. Cassy.
    Ch. 35. Histoire de la quarteronne.
    Ch. 36. Les souvenirs.
    Ch. 37. Emmeline et Cassy.
    Ch. 38. La liberté.
    Ch. 39. Victoire.
    Ch. 40. Le stratagème.
    Ch. 41. Le martyr.
    Ch. 42. Le jeune maître.
    Ch. 43. Une histoire de revenants authentique.
    Ch. 44. Résultats.
    Ch. 45. Le libérateur.
    Ch. 46. Conclusion.

  • Le Voyage du Pèlerin

    John Bunyan





    Préface
    I. Conversion du Chrétien
    II. Le Bourbier du Découragement
    III. Le Sage mondain — La loi
    IV. Sinaï – L’Evangéliste
    V. La porte étroite – L’Interprète
    VI. Continuation – Passion et patience – Un héros Chrétien
    VII. Le fardeau tombe – Les trois hommes endormis – Le coteau des difficultés
    VIII. Sommeil – Le Timide et le Défiant – Le palais plein de beauté
    IX. Agréable réception du Chrétien dans ce palais
    X. Suite – Entretien religieux
    XI. Curiosités du lieu – Départ
    XII. Combat avec Apollyon dans la vallée d’Humilité – Victoire
    XIII. La vallée de l’ombre de la mort
    XIV. Le Fidèle
    XV. La volupté – Le premier Adam – Moïse
    XVI. Suite du récit du Fidèle – La Honte
    XVII. Le Chrétien de paroles
    XVIII. Entretien sur l’oeuvre de la grâce dans le coeur de l’homme
    XIX. Nouvelle rencontre avec Évangéliste – Encouragements et prédictions
    XX. La Foire de la vanité
    XXI. Procès et heureuse fin du Fidèle
    XXII. L’Espérant – Intérêt personnel
    XXIII. L’Ami du monde, l’Ami de l’argent et le Rapace
    XXIV. Le coteau du Gain – Démas – Beau paysage
    XXV. Le château du Doute et le géant Désespoir
    XXVI. Continuation – Heureuse délivrance
    XXVII. Les aimables collines – Aveugles – Enfer – Illumination
    XXVIII. L’Ignorant – Un apostat – Le Faible en la foi
    XXIX. Continuation
    XXX. Un Maure vêtu de blanc – L’Athée – Le terroir enchanté
    XXXI. Histoire de la conversion de l’Espérant
    XXXII. Autre entretien avec l’Ignorant – Justification par la foi en Jésus
    XXXIII. Conversation sur la crainte de Dieu et ceux qui abandonnent la foi
    XXXIV. Belle contrée, avant-goûts du ciel – Passage du grand fleuve
    XXXV. Entrée dans les cieux
    Conclusion

  • Cet ouvrage du philologue, exégète, poète et archevêque de Dublin, Richard Chenevix Trench (1807-1886), a connu 5 éditions successives du vivant de l'auteur, et reste aujourd'hui encore un grand classique pour les étudiants du Nouveau Testament.
    Son principe consiste dans un choix de paires ou de groupes de mots grecs dont les sens sont voisins, et dans l'explication de leurs ressemblances et de leurs différences. Le pasteur Clément de Faye (1824-1902), avait dès 1869 fait paraître une traduction de la deuxième édition, qui comportait alors 91 synonymes détaillés. La présente édition porte à 105 ce nombre, traduits d'après la dernière édition anglaise. Il va de soi que la lecture des Synonymes nécessite un minimum de connaissance de la ?????, la langue grecque commune dans laquelle a été écrit le Nouveau Testament.
    Ceux qui s'y intéressent goûteront ici le plaisir de constater combien la diversité de son vocabulaire éclaire souvent et siginficativement le texte.

  • Contes extraordinaires

    Ernest Hello

    Ernest Hello est né à Lorient le 4 novembre 1828 dans une famille de petite bourgeoisie, le père magistrat, sceptique en religion, la mère, pieuse catholique. Très tôt Ernest se fait remarquer par ses dons intellectuels, son caractère absolutiste assoiffé de vérité métaphysique, et un net penchant pour la méditation solitaire. On crut un moment l'orienter vers le barreau, comme son père, mais au sortir de l'adolescence Ernest se convertit au christianisme, et dès lors il refuse d'envisager d'autre carrière qu'au service de Dieu.

  • Dans sa préface, Laurent Drelincourt compare son recueil de Sonnets à un bouquet de fleurs indépendantes, dont chacune possède sa propre couleur et son propre parfum. Composé de quelques 160 poèmes, un tel bouquet mériterait moins modestement le nom de gerbe, dont la moisson à la gloire de Dieu représente un véritable tour de force. Car la structure très contraignante du sonnet, constitue depuis longtemps un défi et une pierre de touche des poètes. Originellement, le sonnet était une poésie mise en musique ; il conserve, semble-t-il, son effet de petit morceau musical qui séduit l´oreille par le rythme et l´accord des sons. Ceux-là ont trois siècles et demi d´âge ; mais la belle poésie, comme la bonne musique, ne vieillit que lentement ; sous une peau un peu fripée, elle exerce toujours sa magie.

    Fils du pasteur Charles Drelincourt, Laurent ne fut pas seulement poète, mais avant tout chrétien authentique, et pasteur lui-même. Le titre de Sonnets Chrétiens ne recouvre nullement des bondieuseries convenues, mais de véritables méditations lapidaires sur le Dieu de la Bible et sur ses oeuvres, dont l´éclat illumine en général le dernier tercet, comme il se doit pour un sonnet. Ainsi les pages de ce livre ne charment pas seulement l´ouïe et la vue, mais encore elles élèvent l´âme, comme les paroles des vieux cantiques que les églises chantent, sans jamais s´en lasser.

  • Bénédict Pictet (1655-1724) est un cessationiste convaincu, c-à-d qu'il croit que les charismes miraculeux donnés à l'Église le jour de la Pentecôte, et en particulier le don de prophétie, ont disparu depuis longtemps. Sur les instances d'Antoine Court (1695-1760), il écrit une lettre condamnant les agissements des Inspirés, nom qui désigne un groupe de camisards plus ou moins mystiques, encore insoumis au despotisme religieux de Louis XIV. Cependant l'historien Edmond Hugues (1846-1929), cofondateur du Musée du Désert, est beaucoup moins péremptoire sur ce jugement négatif à l'égard du misérable reste des dissidents français ; il lui trouve des circonstances atténuantes, et même un rôle de transmetteur de flambeau. Il était donc intéressant de réunir dans un même volume, la Lettre de Pictet, et le chapitre de l'historien. Si au vingt-et-unième siècle évangélique il n'y a plus à craindre qu'une querelle entre ceux qui croient que des prophètes, en chair et en os, existent toujours dans l'Église, et ceux qui pensent qu'il ne faut les chercher que dans la Bible, dégénère en violence, il n'en demeure pas moins une certaine tension entre la Théologie Réformée et la Théologie du Réveil. Tension bénigne par ailleurs, puisque comme celle suscitée par le baptême des nouveaux-nés, ou celle du pastorat féminin, elle se résout presque entièrement aujourd'hui, dans le paradigme du chat de Schrödinger, ainsi que nous le signalons en note introductive.

  • Extrait
    Les grandes choses que Dieu fait pendant cette période entière ont toutes un caractère préparatoire. De grands et nombreux changements ont lieu, des révolutions s’accomplissent, mais toutes ces choses ne sont que les diverses dispensations de la providence de Dieu pour préparer la venue de Christ. C’est cela surtout que Dieu se propose dans tout ce qu’il fait à l’égard de son Église. Elle se trouve sous diverses dispensations, elle passe par une grande variété de circonstances avant la venue de Christ ; mais toutes ces choses ont lieu pour préparer cet événement. Dieu sauve des hommes durant toute cette période, bien que le nombre des sauvés soit fort peu considérable en comparaison de ce qu’il sera plus tard ; tout cela a lieu par anticipation. Tous ceux qui sont sauvés avant la venue de Christ ne sont que les prémices de la moisson future. Dieu délivre souvent son Église et son peuple avant la venue de Christ, mais ce ne sont là que des symboles, des signes avant-coureurs de la grande délivrance qu’il se propose d’accomplir. L’Église, durant cette période, jouit de la lumière de la révélation ; elle possède dans une certaine mesure la lumière de l’Évangile. Mais ces révélations partielles ne sont que des gages de la grande lumière que doit apporter Celui qui viendra pour être la lumière du monde. Toute cette période est comme le temps de ténèbres pendant lesquelles l’Église, il est vrai, n’est pas complètement privée de toute lumière, mais ce n’est en quelque sorte que la lumière de la lune et des étoiles, fort peu éclatante en comparaison de celle du soleil et obscurcie par beaucoup de ténèbres. Le premier ministère, qui a été glorieux, ne l’a pas été autant que le second, qui l’emporte de beaucoup en gloire (.2 Cor.3.10). A la vérité, l’Église était en possession de la lumière du soleil, mais elle lui arrivait en quelque sorte comme réfléchie par la lune et les étoiles. Pendant tout ce temps, l’Église est dans un état de minorité. « Or, je dis que, pendant tout le temps que l’héritier est un enfant, il n’est en rien différent du serviteur, quoiqu’il soit maître de tout. Mais il est sous des tuteurs et des curateurs jusqu’au temps déterminé par le père. Nous aussi, lorsque nous étions des enfants, nous étions asservis sous les rudiments du monde (.Gal.4.1-3). »



  • Les paraboles de Jésus-Christ sont de petits tableaux pédagogiques destinés à enseigner une vérité spirituelle ou morale à l'auditeur, en le forçant à réfléchir ; elles contiennent donc toujours une part énigmatique. Mais contrairement aux charades ou aux rébus dont l'intérêt est épuisé une fois la solution trouvée, les croquis tracés par le fils de l'homme sont des sources de réflexion et d'émerveillement sans fin, parce qu'ils décrivent les problèmes et les choix auxquels sont en permanence confrontées nos âmes. Les erreurs les plus courantes dans l'interprétation des paraboles évangéliques proviennent de ceux qui veulent à toute force y trouver un sens cabalistique, ou mystique, ou dispensationaliste. A cet égard le livre de Richard Chenevix Trench, philologue réputé du Nouveau Testament, constitue un puissant antidote contre ces tendances. Il apporte au lecteur une saine exégèse des trente illustrations paraboliques tirées des évangiles, avec l'appui de tout ce que les commentateurs ont fourni de meilleur, depuis les siècles qu'elles sont étudiées.

  • Au cours de sa brève vie, Gaston Frommel s'est principalement employé à sonder les rapports entre la pensée humaine et l'Évangile, autrement dit à essayer d'élaborer une philosophie véritablement chrétienne. Plusieurs jugeront d'emblée un tel projet inutile à l'Église et illusoire dans ses résultats. A ce compte, on pourrait aussi bien condamner tout effort du chrétien visant à développer une capacité inhérente à la nature humaine ; on récuserait par exemple le bien-fondé d'un art chrétien. Cependant l'existence et la persistance au sein de l'humanité du besoin de philosopher montre plutôt qu'il correspond à une aspiration qui doit un jour trouver sa satisfaction.



    Pour Gaston Frommel la résolution ne se trouve qu'en Jésus-Christ parce qu'il est la Vérité, qui pénètre et s'assimile tout ce qui est humain. Ces Études de Théologie Moderne contiennent l'essentiel de son apport original de penseur. Par Théologie Moderne, il faut comprendre celle qui prend essor à partir de la Réforme, par opposition à la scolastique du Moyen-Age. Après une exposition particulièrement éclairante des mouvements philosophiques initiés par Kant, Hegel, Schleiermacher, l'auteur introduit ce qui dans son esprit fonde la différence entre Philosophie et Théologie :



    La théologie suppose obligatoirement l'expérience de la conversion, parce que ses critères de vérité se trouvent dans la conscience humaine régénérée par l'Esprit Saint. Autrement dit le théologien peut comprendre le philosophe, tandis que le philosophe qui n'a jamais eu de rapport personnel avec Jésus-Christ, ne pourra jamais saisir le théologien. Pour Frommel, la théologie se rapproche plus d'une science biologique spirituelle que d'une dogmatique, et il en veut pour preuve les analogies que Christ lui-même a indiquées entre la naissance naturelle et la nouvelle naissance, entre le grain de blé et la résurrection.

  • Cette traduction de l'Ancien Testament a beaucoup compté dans l'histoire de la Bible en France, car le professeur Perret-Gentil de Neuchâtel fut le premier au XIXe siècle à revenir aux originaux hébreux. La traduction Louis Second, très répandue chez les protestants, s'en inspire d'ailleurs beaucoup. La version Perret-Gentil se lit encore agréablement aujourd'hui, et permet de renouer avec des expressions anciennes et savoureuses.

  • Rompant avec la tradition protestante héritée de la Réforme, qui voulait que le Nouveau Testament soit traduit d'après le Textus Receptus, Albert Rilliet (1809-1883) fut le premier au XIXe siècle à utiliser exclusivement un manuscrit grec plus ancien, le Vaticanus. Sa traduction présente pour nous aujourd'hui encore un vif intérêt, qui ne réside pas tant dans la préférence donnée à ce témoin, que dans le français agréable à lire qui la compose. Elle incite à relire le Nouveau Testament comme un véritable livre, et non pas comme une succession sacrée de versets gravés dans le marbre. On prendra connaissance à ce sujet de la très intéressante préface de Rilliet.

  • Dans la préface de ce monumental Commentaire, Édouard Barde regrettait en 1898 l'absence d'un ouvrage spécial et complet de langue française sur le livre des Actes. Un siècle plus tard, on peut dire que le sien n'a pas été remplacé et qu'il garde toute sa valeur. En effet, la méthode d'analyse des textes en vogue à la fin du XIXe, qualifiée aujourd'hui d'historico-critique, appelée plutôt à l'époque de Barde haute critique, n'a guère changé ses vieilles rengaines destinées à nier la réalité des miracles dont cette portion de la Bible est remplie. Ses adeptes, qui prétendent en juger, commencent par expliquer que le livre des Actes, appartient plus ou moins au genre littéraire romanesque, et qu'il serait naïf de penser qu'il rapporte simplement des faits. Les censeurs poursuivent en établissant que son, ou ses auteurs, sont inconnus ; mais qu'il faut néanmoins affirmer que Luc ne l'a pas écrit. Ils achèvent en louant hautement cet opuscule de cinquante pages, qui, de leur aveu, n'est qu'un ramassis de légendes, et sur lequel ils ont consumé néanmoins des années de travail...A l'opposé Édouard Barde maintient sans prévarication la bonne foi de l'auteur, le troisième évangéliste, Luc, ainsi que l'entière inspiration de son écrit. De plus Édouard Barde est un érudit, cela se remarque à chaque page, mais un érudit évangélique : à partir des connaissances accumulées il sait mettre en lumière la pensée de Dieu, et nous communiquer des réflexions qui touchent l'âme.

  • César Malan fils (1821-1899), a laissé dans la mémoire protestante une trace moins remarquée que celle de César Malan père (1787-1864), l'homme du Réveil genevois, l'auteur des Cantiques de Sion ; et cependant son influence théologique a été profonde sur les hommes qui l'ont fréquenté, sur Gaston Frommel en particulier. Élève d'Alexandre Vinet, il fut d'abord pasteur à Hanau, à Gênes, puis revint en 1857 à Genève, sa ville natale. Sa santé défaillante le confina dès lors dans une solitude où son esprit introspectif et méditatif put s'exercer sur le problème qui lui tenait à coeur. César Malan a essayé de découvrir dans l'expérience intérieure la confirmation de ce que le dogme biblique révèle, de manière extérieure, sur notre nature. C'est par l'examen de la conscience morale qu'il retrouve ce que déclare Paul dans l'épître aux Romains, à savoir l'existence de deux 'moi', l'un intérieur, gouverné par la conscience et paradoxalement inconscient, l'autre extérieur, siège de la volonté. A la lecture de ces trois études, on ne peut s'empêcher de penser que César Malan fils a été comme une sorte de précurseur chrétien de Freud ; ou encore qu'il a pu dépasser le William Wilson d'Edgar Poe, en éclairant le mystère de la conscience à la lumière de la révélation biblique.

  • Étude sur les Miracles

    César Malan

    Ce court essai de César Malan fils résume plusieurs années de ses réflexions sur la personne de Jésus-Christ et sur l'état actuel de l'humanité pécheresse.
    L'auteur y développe l'idée que les miracles de l'Évangile ne sont pas des faits surnaturels, mais au contraire en adéquation avec la nature de l'homme telle que l'a voulue Dieu, et qu'il serait plus juste de qualifier de sous-naturelle l'impuissance de l'homme déchu.

    En réalité, Malan n'a pas inventé cette thèse : d'anciens théologiens avaient déjà supposé qu'Adam avant la chute était revêtu de facultés préternaturelles, qui le plaçaient au-dessus des lois physiques. A première lecture, on serait sans-doute tenté de n'y voir qu'une spéculation intéressante mais inutile. Cependant l'auteur produit ici une étude si pertinente et touchante de l'humanité de Jésus-Christ, qu'elle récompense à elle seule le temps consacré à suivre sa pensée.
    César Malan fils a peu écrit, et en dehors de tout appareil, mais ce qu'il a laissé ne laisse pas indifférent.

  • "C'est donc cette petite dame qui est responsable de cette grande guerre", aurait dit le Président Abraham Lincoln après avoir rencontré Harriet Beecher-Stowe, l'auteur de la Case de l'Oncle Tom.

    Si l'anecdote n'est peut-être pas authentique, elle témoigne néanmoins de l'impact considérable qu'eut ce livre à la veille de la guerre de Sécession. Son succès lui attira immédiatement plusieurs critiques négatives, de la part des littérateurs qui voulaient n'y voir qu'un roman sentimental écrit par une femme.

    Aujourd'hui le snobisme littéraire consistera plutôt à répéter que la Case de l'Oncle Tom est remplie de stéréotypes sur les noirs, et par là-même paradoxalement raciste. La réalité, c'est que tout le monde connaît le titre, mais que bien peu de personnes ont lu les pages. En le faisant, on découvre non seulement un livre assez épais, mais surtout un grand livre, par la richesse de son inspiration et de son style. Il apparaît rapidement que son auteur croit profondément à la souveraineté de Jésus-Christ, venu accorder la vie éternelle à toute âme humaine qui se confie en lui, indépendamment de contingences terrestres passagères, comme la couleur de peau.
    C'est là, à n'en pas douter, le caractère essentiellement religieux de la Case de l'Oncle Tom, qui s'il agace les critiques, fait la joie du lecteur chrétien.

  • Les paraboles de Jésus-Christ sont de petits tableaux pédagogiques destinés à enseigner une vérité spirituelle ou morale à l'auditeur, en le forçant à réfléchir ; elles contiennent donc toujours une part énigmatique. Mais contrairement aux charades ou aux rébus dont l'intérêt est épuisé une fois la solution trouvée, les croquis tracés par le fils de l'homme sont des sources de réflexion et d'émerveillement sans fin, parce qu'ils décrivent les problèmes et les choix auxquels sont en permanence confrontées nos âmes. Les erreurs les plus courantes dans l'interprétation des paraboles évangéliques proviennent de ceux qui veulent à toute force y trouver un sens cabalistique, ou mystique, ou dispensationaliste. A cet égard le livre de Richard Chenevix Trench, philologue réputé du Nouveau Testament, constitue un puissant antidote contre ces tendances. Il apporte au lecteur une saine exégèse des trente illustrations paraboliques tirées des évangiles, avec l'appui de tout ce que les commentateurs ont fourni de meilleur, depuis les siècles qu'elles sont étudiées.

  • Écrire une Vie de Jésus répond au besoin de pouvoir se rendre compte de l'existence terrestre du Sauveur dans sa totalité, à partir des quatre évangiles, dont chacun expose une facette différente. Contrairement à un préjugé médiatique courant, le titre d'historien n'apporte aucune qualification spéciale pour entreprendre cette tâche. Car premièrement, ce que l'on peut savoir de Jésus provient quasi exclusivement du Nouveau Testament, deuxièmement, Jésus est un personnage à nul autre semblable. Peindre la vie d'un homme entièrement pur, dont le coeur et la conscience n'ont jamais été flétris par les pensées mauvaises qui nous sont si naturelles, demande une première condition incontournable à son égard : la sincérité. Un écrivain comme Renan, par exemple, en dépit de ses talents littéraires, n'a su produire qu'une Vie de Jésus fictive, sans vérité ni beauté, parce que son intention dernière était de rabaisser le personnage, pour se disculper lui-même. Mais la sincérité ne suffit pas, il faut aussi, dans une certaine mesure, savoir pénétrer les motivations profondes de celui dont on parle. A cet égard, des quatre évangélistes, Jean fut certainement le plus qualifié. De même parmi toutes les Vie de Jésus qui ont été ensuite écrites avec piété, certaines approchent plus exactement que d'autres l'âme du fils de l'homme. Celle que Christoph-Joannes Riggenbach a donné à l'Eglise est une des meilleures, ainsi que l'ont signalé à son époque, plusieurs exégètes de valeur.

  • L'Apologétique consistant dans la défense du fait chrétien devant l'homme naturel, l'existence et l'utilité de cette discipline théologique supposent que le christianisme est attaqué. En conséquence, les ouvrages apologétiques seront presque toujours des écrits de circonstance. A l'époque de Gretillat, au XIXe siècle, c'était sur le terrain de la pensée philosophique que les enseignements évangéliques subissaient les plus violents assauts. Aussi son apologétique consacre de longs morceaux à écarter les preuves trop faciles en faveur du christianisme, tirées de ses miracles, ou de son adaptation parfaite aux besoins moraux de l'homme, et il centre résolument la défense de la foi chrétienne sur l'impression produite par la sainteté de Jésus-Christ. Aujourd'hui c'est principalement sur la question des moeurs que le christianisme subit un rejet massif ; cependant une grande partie de l'Apologétique de Gretillat reste pertinente car elle s'adresse à la conscience, et que, quand la conscience humaine est cautérisée, il n'y a de toute façon plus rien à faire pour le salut de l'homme.


    Dans ce deuxième tome de sa Propédeutique (c'est-à-dire Introduction à la Théologie Systématique) Gretillat fait suivre l'Apologétique par la Canonique, c'est-à-dire la justification de la liste des écrits qui composent la Bible. Il y développe une théorie de l'inspiration intéressante, qui sait garder la distance entre deux écueils, celui de la dictée mécanique, ou théopneustie, et celui de la négation de toute action spécifique de l'Esprit de Dieu dans la rédaction des livres bibliques.

  • Dans sa préface, Laurent Drelincourt compare son recueil de Sonnets à un bouquet de fleurs indépendantes, dont chacune possède sa propre couleur et son propre parfum. Composé de quelques 160 poèmes, un tel bouquet mériterait moins modestement le nom de gerbe, dont la moisson à la gloire de Dieu représente un véritable tour de force. Car la structure très contraignante du sonnet, constitue depuis longtemps un défi et une pierre de touche des poètes. Originellement, le sonnet était une poésie mise en musique ; il conserve, semble-t-il, son effet de petit morceau musical qui séduit l´oreille par le rythme et l´accord des sons. Ceux-là ont trois siècles et demi d´âge ; mais la belle poésie, comme la bonne musique, ne vieillit que lentement ; sous une peau un peu fripée, elle exerce toujours sa magie.

    Fils du pasteur Charles Drelincourt, Laurent ne fut pas seulement poète, mais avant tout chrétien authentique, et pasteur lui-même. Le titre de Sonnets Chrétiens ne recouvre nullement des bondieuseries convenues, mais de véritables méditations lapidaires sur le Dieu de la Bible et sur ses oeuvres, dont l´éclat illumine en général le dernier tercet, comme il se doit pour un sonnet. Ainsi les pages de ce livre ne charment pas seulement l´ouïe et la vue, mais encore elles élèvent l´âme, comme les paroles des vieux cantiques que les églises chantent, sans jamais s´en lasser.

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