Buchet/Chastel

  • Entre un collectivisme sclérosé et un capitalisme exacerbé, ce livre nous propose une troisième voie médiane qui prétend apporter à la fois le dynamisme nécessaire aux progrès de l'humanité et le convivialisme nécessaire au bonheur des hommes.

  • Il a fallu attendre la deuxième moitié du XXe siècle pour que, dans la totalité des pays réputés avancés, la femme soit socialement reconnue comme un être humain à part entière. On éprouva même le besoin, il n'y a pas 20 ans, de créer en France un ministère pour elle, tant il apparut que cette reconnaissance n'allait pas de soi. Pourtant, surtout après la Seconde Guerre mondiale, les femmes sont entrées en masse sinon en force sur le marché du travail. Puis la pilule leur a donné la maîtrise de la maternité, tandis qu'une propagande féministe bien orchestrée les hissait sur le podium. La femme est ainsi devenue, théoriquement, l'égale de l'homme. Cependant, elle n'est là qu'en filigrane et sa personne, en réalité, n'occupe qu'un strapontin. Résistance sourde, mais ferme, des sociétés machistes où les leviers de commande, qu'ils soient politiques, économiques, syndicaux ou universitaires, sont dans la main des hommes. C'est finalement le volontarisme qui, à la force du poignet, dévoile l'évidence : la femme est un être digne et responsable. Mais le volontarisme peut-il changer les comportements fondamentaux ? Peut-il vraiment transformer la sexualité ? Tout ou presque, dans notre vie, passe par ce filtre biologique. Dès lors, l'homme et la femme apparaissent comme essentiellement complémentaires donc, ipso facto, différents. Le reconnaître permet de donner à l'un et à l'autre une place correspondant, sans jugements de valeurs ni vanités, à leurs différences. Car ce sont elles, ces différences complémentaires, qui fondent la féminité et la masculinité, c'est-à-dire le dialogue sexuel. Vouloir les réduire ou les opposer n'a pas de sens : nous sommes comme la serrure et la clé.

  • Voici le grand livre sur le phénomène des courses et du tiercé. Six millions de Français jouent au Tiercé. Chaque année, les records des enjeux sont battus, malgré deux ou trois « affaires » pas très propres. Pourquoi cet engouement ? Parce que le Tiercé est un divertissement très bon marché. Pour quelques francs, vous vivez trois jours d'espoir, depuis le moment où vous commencez à étudier la course, jusqu'à son reportage à la Radio ou à la Télévision. Souvent, vous vous écriez : « J'en avais deux... » Deux chevaux sur trois ! Dommage, mais il fallait les trouver tous les trois. Comment ? Nul n'était mieux désigné que Léon Zitrone, qui fréquente les courses depuis 45 ans, qui a commenté en direct plus de 800 Tiercés et qui continue chaque dimanche pour nous exposer sous la forme la plus distrayante qui soit à l'aide de très nombreuses anecdotes, de souvenirs personnels et de suggestions, la place que tient cette fabuleuse industrie dont le chiffre d'affaires annuel dépasse 700 milliards d'anciens francs. Il connaît donc très bien les chevaux : son coup d'oeil lui permet de déceler les perdants probables, et de les éliminer, même s'ils sont favoris. Voilà un sacré atout ! Léon Zitrone n'a jamais rougi d'aimer les courses. De plus, l'expérience lui a donné quelques « trucs » supplémentaires. Il vous parle de tout cela dans « Au bout de mes jumelles », avec affection, avec cette joie qu'il sait communiquer à ses reportages. Tous les cracks de Longchamp et Vincennes, Ribot, Sea Bird, Roquepine, Une de Mai, Allez France : vous les retrouverez dans ces pages. Conseils, remarques, avis font de ce livre un guide, un plan, un pense-bête ! L'ABC de Léon Zitrone. Avant d'aller aux courses, lisez ce livre indispensable !

  • Roger Rabiniaux a fait des débuts éclatants en littérature avec « L'Honneur de Pedonzigue » présenté par Raymond Queneau et « Les enragées de Cornebourg » qui obtint le Prix Courteline. Avec « Les Rues de Levallois », il cultive un genre nouveau : celui des mémoires, des souvenirs. Il ressuscite un passé qui fut le sien mais avec infiniment d'originalité, de poésie, de cocasseries et de délicatesse. Nous le retrouverons au hasard des rues, enfant et déjà jeune homme, avec autour de lui des figures inoubliables de parents, de voisins, d'amis, de couples étranges. C'est tout un monde qu'il ressuscite, qui donne à ce livre sans prétention un ton unique et sa vraie valeur.

  • L'année 1976 a révélé au grand public français et européen le Révérend Moon et son projet mondial. L'année 1977, Monseigneur Lefebvre et la fragilité des églises établies. Cette même année 1977 a vu les partis politiques interroger le gouvernement sur la multiplication anarchique des sectes et parareligions. Outre-Atlantique, après la mise en accusation de Moon, l'expulsion de David Brandt Berg (le leader des Enfants de Dieu), Jimmy Carter lance le F.B.I., en juin 1977, contre l'Église de la Scientologie. Les « Nouveaux prophètes » rappellent en les rapprochant les nombreux évènements qui, depuis la fin du siècle dernier, ont présidé au Renouveau Spirituel et Ésotérique que nous vivons actuellement.

  • Clovis, le narrateur, en pleine crise d'adolescence éprouve pour son frère Alain, beau, riche d'imagination et d'autorité, un sentiment à la fois passionné et trouble. Il prend plaisir à se faire battre, à être traité en esclave mais aussi à provoquer. Il faut qu'il ait la même maîtresse et si possible les mêmes amours que son frère. Cependant, cette admiration, cette jalousie, cette passion, ne sont qu'un faux-fuyant. Elles voilent un sentiment autrement plus grave et qu'il n'ose avouer, qui tout au long du récit reste innommé : l'amour qu'il porte à sa mère. Car le véritable chef de ce foyer, c'est la mère. Son mari semble avoir usurpé sa place et son rôle auprès de ses fils ; rôle que Clovis, le narrateur, minimise encore par jalousie, par haine pour cet homme que sa mère a épousé. Mais celui que la mère a véritablement aimé, c'est Ulrich, ancien camarade d'Université du père, et c'est à ce même Ulrich qu'Alain s'attache passionnément, dès la première rencontre. Cet amour d'Alain pour Ulrich coupe les liens qui unissaient les deux frères. Clovis en est si jaloux parce que, pour lui, Alain et sa mère se sont toujours confondus dans son coeur. Alain aimant Ulrich, c'est l'aveu que sa mère aime, ou a aimé Ulrich. Comme tous les jaloux, Clovis se venge. Il sort vainqueur de l'aventure. Mais seul. Et battu. On le voit, ce roman n'est pas commun. Il se meut dans un univers qui reste encore caché aux yeux de la plupart des romanciers. Sans aucune complaisance, l'auteur, rompant avec la convention romanesque, cherche à atteindre une réalité plus essentielle.

  • L'auteur de ce roman sait ce dont elle parle, puisqu'elle est, comme son héroïne, parachutiste acrobatique. Ajoutons qu'elle a vingt ans. L'héroïne, Joëlle, en a dix-sept. Elle s'est peu à peu détachée de sa mère, puis de son père, grand collectionneur de femmes. Pour vivre, elle forme avec deux camarades un trio de cascadeurs se produisant partout où on les demande. Un moniteur pilote est devenu son amant ; mais la grande révélation, ce n'est pas tant celle de l'amour - du moins l'amour des « romans de papa » - que celle du ciel, de l'air sur lequel on s'appuie, de l'espace qui s'ouvre. Joëlle vit, pour ainsi dire, dans une autre dimension. Après l'accident de son amant, elle continuera, malgré son désarroi, par camaraderie pour ses deux compagnons, et parce que, sans doute, c'est là son destin. Ce roman se distingue de tous les autres parce qu'il est l'expression d'une mentalité - sinon d'une race - nouvelle. Si l'on ajoute que l'auteur possède un don d'écrire incontestable, qu'elle sait créer une atmosphère, tracer un portrait en quelques traits de plume, il faut bien reconnaître qu'on se trouve ici devant une oeuvre peu commune.

  • La parution du premier tome du « Livre Rouge de la Sexologie Humaniste », « Je t'aime », avait été un événement, et la presse, la radio, la télévision en avaient parlé avec une ardeur toute particulière. L'ouvrage ne tardait pas à connaître un gros succès de librairie. Les lecteurs et auditeurs du Dr Meignant attendaient donc avec impatience le deuxième tome : « L'amour thérapie ». Les difficultés sexuelles ne sont pas, en fait, des symptômes comme les autres car elles mettent en question la vie de l'individu et celle du couple quand il existe. Le Dr Michel Meignant, à travers l'expérience de sa propre formation et le témoignage de ses « patients », nous entraîne au coeur de la première consultation d'orientation, en France, de divers ateliers de thérapie qui ont pour titre : « Apprentissage progressif du plaisir ». Il nous indique les moyens de mener à bien le combat pour trouver un sens à sa vie, s'épanouir et pouvoir utiliser toute son énergie affective et sexuelle.

  • On croit qu'en partant faire son service militaire dans la coopération technique à Panama, on ne trouvera rien d'extraordinaire si ce n'est un canal et des chapeaux bien connus. Mais les chapeaux dits de Panama ne se font pas à Panama et le canal devenu trop petit, pose des problèmes. Les volcans éteints se réveillent ; les aventures de Vasco Nunez de Balboa qui, en 1513, prit à Panama possession du Pacifique au nom du roi d'Espagne, sa passion de l'or, son amour pour Anayansi, princesse indienne qui fut son guide dans la jungle, son interprète et son épouse, continuent, transposés sur le mode actuel. Luttes politiques, religieuses, amoureuses, recherches archéologiques exacerbées par la fièvre de l'or ont incité l'auteur à prendre Panama qu'elle connaît bien pour y avoir longtemps vécu, comme lieu géométrique des passions de l'humanité.

  • Sur la nationale 9, qui draine au moment de l'été le rush des vacanciers, un jeune stoppeur déambule avec tout un cinéma dans sa tête, au rythme fou de la route, à la recherche de son amie. De l'Espagne à la nationale 9, en passant par la nouvelle station de Port-Leucate-Barcarès, sur le littoral du Languedoc-Roussillon, il erre, se perd, dans le lacis des routes récemment créées, remettant en question « un monde friqué et policé » se débattant avec son désir pour une fille trop « attractive », jusqu'au moment où l'imprévu survient avec une brutalité qui va ouvrir la porte au merveilleux : la rencontre d'une femme dans les collines de l'arrière-pays. Monde de la route, hallucinant, monde de l'estive moderne à plusieurs facettes, « Nationale 9 » est un kaléidoscope où tournent les jeunes, les moins jeunes, avec ou sans voiture, avec ou sans havre, provisoire ou non, tourbillon violent et romantique. Un ton, un tempérament, du rythme que la jeunesse reconnaîtra.

  • Dominique Piett n'en est pas à son coup d'essai, puisque son premier roman « Le dessous du ciel », inspiré par ses propres aventures de parachutiste, a fait l'objet d'un feuilleton télévisé et a obtenu une très large audience. Son héroïne, qui parle à la première personne, raconte ici, avec autant d'imagination que d'humour, des aventures d'une autre sorte. Journaliste à Fort-de-France, dans un canard assez minable, afin de pouvoir rentrer en Europe, elle a l'idée d'avoir recours aux petites annonces, sans passer par une agence matrimoniale. Après avoir fait un tri parmi les nombreuses réponses reçues, elle débarque à Paris, accompagnée d'une petite métisse, fille d'une de ses amies et d'un Haïtien, ce qui n'est pas fait pour faciliter les choses. Le premier postulant, à sa grande surprise, est jeune et beau, mais c'est un adepte du yoga et de toutes sortes de régimes éprouvants. Le deuxième est un diplomate sud-américain, dont l'hôtel est le théâtre d'orgies sans fin. Le troisième est un médecin de province. Par prudence elle s'y présente comme cliente, ce qui lui vaut d'apprendre qu'elle n'est pas sortie indemne du séjour chez le diplomate. Après être restée chez le médecin le temps d'être guérie, elle passe au suivant, dynamique, désintéressé mais incurablement bohème qui s'occupe d'un foyer pour jeunes gens. C'est le plus charmant et le plus infidèle des amants ; et c'est pourquoi l'auteur le quitte de peur d'en tomber amoureuse. Finalement, elle retrouve avec bonheur les îles des Antilles. Ecrit avec beaucoup de verve, voilà assurément le roman le plus drôle de l'année.

  • « Artagal » est la chronique d'une amitié et d'un amour malheureux. Cet ouvrage séduit autant par sa qualité envoûtante, incantatoire, que par son style poétique et sa construction essentiellement musicale. On peut, à ce propos, invoquer certains romans de Jean Genet. « Artagal » rend cependant un son très personnel. L'ambiance poétique, le souffle intérieur, la mélancolie à la fois aérienne et charnelle de nombreuses pages sont remarquables. Il est rare de rencontrer un premier roman d'une telle maîtrise et d'une si intense émotion.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • À Paris, au déclin d'une chaude journée de juillet, un jeune homme, inquiet de vivre, assoiffé de justice, brûlant d'une peur secrète, tente de se délivrer, en l'exprimant, d'un premier amour malheureux. D'autres amours vont suivre celui-là. Cinq ans plus tard, moins enthousiaste mais plus lucide, le narrateur établira le bilan de sa jeunesse. Le Bien du Prochain est-il une oeuvre autobiographique ? Sans doute. Mais c'est aussi une pénétrante étude de caractères de femmes. On y trouve non seulement le reflet fidèle d'une destinée, mais la vivante, mordante chronique d'une famille française de l'Ouest, « la dernière société provinciale », dépeinte par un observateur exempt de partialité, mais non pas de passion. Très proche des romans d'amour de notre temps, cette histoire s'en distingue par le souffle, une poésie curieusement romantique, et par le style, sans exemple semble-t-il, qui nous rend sensible la discontinuité même de la vie.

  • Charles Gillard, qui était tout récemment encore chef de la brigade des stupéfiants, révèle les secrets des grandes affaires dont il s'est occupé. Aucun roman policier n'est aussi passionnant. C'est le cas de dire que la réalité dépasse la fiction.

  • Evelyne Gauthier-Pieuchot nous guide, nous explique notre visage dans un livre clair et tonique ; elle nous apprend à préserver sa jeunesse. Sa méthode ? Une façon originale d'appliquer les produits de beauté, de s'endormir chaque soir et éventuellement, selon l'âge, de faire quelques exercices de GRV : gymnastique-relaxation du visage ; une façon originale d'obtenir, grâce à ses doigts, des résultats étonnants. A qui s'adresse ce livre ? A tous, à toutes, de 20 à 80 ans et davantage. On y trouve également les soins indispensables de base et les techniques actuelles médicales ou chirurgicales de rajeunissement du visage. L'auteur nous confie avec une émouvante sincérité ses expériences personnelles et ses erreurs. Cet ouvrage d'esthétique, abondamment documenté, truffé d'humour, sera l'indispensable compagnon des bons et mauvais jours.

  • L'aménagement du territoire, c'est toute la vie de Philippe Lamour depuis plus de vingt ans et c'est le sujet de son livre, 60 Millions de Français. De nombreuses études techniques ont été consacrées à cette question au cours des dernières années mais le Président de la Commission Nationale de l'Aménagement du Territoire a voulu, lui, être clair et donner une vue d'ensemble de la politique définie depuis trois ans à la lumière des expériences successives. Il n'est pas une phrase de son livre qui ne pourrait être appuyée par la référence à des études des organismes compétents. Fruit de l'expérience, c'est aussi un livre de passion et de foi. Bien des lecteurs en sortiront avec le sentiment que l'Aménagement du Territoire est la grande affaire des Français. Ils découvriront les moyens d'action considérables dont dispose déjà l'Etat lorsqu'il s'agit de faire « démarrer » une région en retard ou de déterminer le rang et le rôle d'une capitale régionale, mais aussi les limites de cette action. Et cet ouvrage d'un novateur très hardi n'en traduit pas moins le souci de préserver avec amour le visage de notre pays et d'aménager chaque région au profit de ses habitants, en maintenant ceux-ci autant que possible dans leur cadre ancestral.

  • « Écoeurement : c'est l'état de ceux à qui l'on a arraché le coeur. Je n'avais eu ma place nulle part ; mon aise dans aucun milieu : ni en famille ni chez Éliane ni dans mon rôle de militant. » Ainsi parle Robert Machaut évoquant deux années de son adolescence, de dix-sept à dix-neuf ans. Il a tenté de résister au système ; celui que servait son père, petit fonctionnaire de la République. Robert n'a pas pris son parti d'être le fils d'un laquais. Il n'a pas pris son parti d'amuser Éliane, femme du petit monde. Il n'a pas pris son parti de perdre l'amour de Ginette, fille d'un cheminot, sous prétexte que la politique les séparait. C'est que l'éducation sentimentale d'un jeune homme de 1958 est liée, même s'il les refuse, aux circonstances politiques. À travers des divertissements illusoires de l'amitié, de la passion amoureuse, Robert a vérifié peu à peu qu'il était condamné par son éducation à la domesticité la plus navrante. Et à la solitude. « L'adolescence est le plus grand des maux. On ne devient adulte que fort tard. Quand ce n'est déjà plus la peine de vivre. »

  • "La construction du livre est symphonique : sur de grands ensembles orchestraux, qui décrivent la ville et ses environs, à différents moments du jour, sous différents ciels, se greffent des soli alternativement confiés aux différents personnages : ouvriers, cheminots, cafetiers, consommateurs. Un double choeur, constitué par les habitués, riches et civilisés, des bars de la ville, et ceux, pauvres et primitifs, des bistros, commente l'action. La tonalité du roman frappe d'emblée par son caractère majestueux. Quoique les problèmes sociaux et politiques jouent ici un grand rôle, l'auteur ne s'inscrit nullement dans la tradition du réalisme socialiste. Il a voulu faire oeuvre de poète. Son écriture fait penser, dans l'ordre du roman, à Melville, dans l'ordre de la poésie à Saint John Perse. Elle a du souffle et de l'éclat. En contrepoint avec des passages majestueux, les pages qui décrivent l'existence monotone des Fribervillois, les dialogues des habitués des bars et des bistros rappellent, par leur ironie acerbe et la justesse de l'observation, les tentatives de Queneau et de Ionesco. On entend, tout au long de ce livre, une interrogation angoissée sur le sens de la vie, sur les contradictions de la politique, sur les exigences de l'« être », qui frappe par sa chaleur, son authenticité. Howlett excelle à décrire le sentiment d'attente qui envahit l'individu à l'approche des réalités essentielles. Il met aussi parfaitement en évidence la vanité aimable et têtue des occupations quotidiennes, le pathétique désespéré de l'instant." Bernard Pingaud.

  • Parti de rien, Henri Delauze a fait fortune en créant la première société mondiale d'ingénierie sous-marine, la Comex. Le lecteur traverse toute l'histoire de la plongée moderne en partageant ce destin hors du commun : les premières « maisons sous la mer » dans les années 60, tentatives romantiques mais vouées à l'échec ; puis les débuts du pétrole sous-marin, qui fut le principal moteur économique de la pénétration des hommes sous la mer, alors que Delauze invente les solutions permettant à l'homme de vivre et travailler à grande profondeur. Né dans une famille modeste de vignerons provençaux, Henri Delauze a une enfance rude et difficile Il parvient néanmoins à faire des études d'ingénieur Un vieux compresseur, quelques bi-bouteilles, un garage, et 50 000 F de capital : voilà tout l'attirai lorsqu'il crée la Comex, en 1961. Dérisoire. Vingt ans plus tard, sa société est la première du monde, et son chiffre d'affaire dépasse le milliard de francs !... Plongeur-aventurier devenu un grand capitaine d'industrie, Henri Delauze a su garder à travers le succès la fraîcheur d'esprit des pionniers : volontiers mécène, il a mis au jour, avec le plongeur-historien Robert Sténuit, plusieurs trésors engloutis qui, aujourd'hui, ornent les musées.

  • Au Pensionnat de Sainte-Olympe lorsque les lumières s'éteignent, brille le soleil des dortoirs ; il illumine les adolescents séparés de ce qu'ils aiment, anxieux de vivre, tourmentés par la chair et l'esprit ; il suscite d'instables univers où se contrarient ou se confondent l'érotisme, la tendresse, la nostalgie de l'enfance et l'espoir d'en sortir. Cécial, l'enfant des Rues de Levallois a quitté son faubourg pour les mystères de Sainte-Olympe. Il grandit dans la curiosité, l'ironie, la sensualité, l'inconscience. Il découvre presque en même temps l'amour fou, le Don Juanisme statistique, les jeux les plus suspects, la méchanceté des hommes, la poésie, le canular. Il prend les garçons pour des filles et les filles pour des anges. Il dérobe le caviar du Directeur, invente Polycarpe, Cambrouille et le jeune Parmidon ; après avoir été chassé de Sainte-Olympe, il souffre à l'hôpital Beaujon. À l'aube de ses dix-sept ans, il rencontre une Vénus sans équivoque. Désormais le Soleil des Dortoirs baignera d'autres solitudes. Éducation sentimentale d'un garçon dont les défauts promettent presque autant que les qualités ? Évocation de ces plaisirs que jadis célébra l'auteur de « Charlot s'amuse » ? Peinture d'un petit monde très particulier où la pureté, le cynisme, l'amitié, la violence et l'amour le plus ambigu font bon ménage ? Le Soleil des Dortoirs est tout cela mais surtout le roman d'une adolescence hors série que déchirent les passions, les contradictions, les velléités de toute adolescence. Le Soleil des Dortoirs est écrit dans une langue d'une richesse et d'une poésie singulière. On y retrouve la richesse verbale, le sens du pittoresque, l'humour, la tendresse des Rues de Levallois et surtout cet amour inquiet des êtres et cette curiosité sans illusion qui donnent à tous les livres de Rabiniaux - satirique ou poète, mémorialiste ou romancier - depuis le truculent Pédonzigue, leur force persuasive et leur unité.

  • Au fond d'une cour historique de la rive gauche, Jean Nîmes, successeur des grands orateurs de l'Antiquité, entraîne un groupe de jeunes gens dans les dangers et les passions de l'aventure intellectuelle et d'un humanisme vivant. La violence de sa pensée, sa liberté extrême vis-à-vis du monde, le magnétisme qu'il exerce et qui vient à la fois d'une sorte de sainteté et d'un instinct de ruse, en font un être à part, capable d'élever comme de broyer les jeunes destins qu'il dirige. Ses plus fidèles « élèves » sont François et Armande, humbles travailleurs dont l'étrange amour devient, par sa perfection même, fragile et trouble comme un verre teinté ; Antoine et Marie-Josèphe, auxquels les mains levées d'un pasteur protestant ont désigné pour toujours les voies du scrupule et sans doute du bonheur ; Léopoldine, petit animal de race, prompt et nerveux, tuée un beau jour et tombée aux pieds d'une Victoire qui l'a peut-être couverte de ses ailes mutilées ; et enfin un jeune dominicain dont les idées pratiques ne s'opposent pas aux prières les plus ardentes. L'auteur, avec une tendresse qui n'est pas sans réalisme, nous fait pénétrer tour à tour dans les vieux hôtels du Marais, dans les ruelles misérables qui grimpent vers les Buttes-Chaumont, dans les petits restaurants de Saint-Germain-des-Prés. Il nous abandonne dans l'hallucinante solitude des monts d'Auvergne. Mais ces décors n'empêchent pas l'homme d'être partout le même, entre son Dieu et son malheur, entre ce qui le charme et ce qui l'effraie. Voici un livre où, loin de se contredire, la foi chrétienne la plus nécessaire, l'honnêteté morale la plus sûre, rejoignent les grandes inquiétudes et les hâtes de la jeunesse. Livre « vécu », sans rhétorique, charnel et passionné, douloureux, certes, mais sans pessimisme systématique, où l'auteur, qui n'a pas trente ans, confirme les dons exceptionnels que lui ont déjà reconnus de nombreux et importants critiques.

  • Cette histoire bizarre, où l'on voit un dictateur condamner un homme à mener littéralement une vie de chien, c'est-à-dire à vivre dans une niche, nu, avec un collier au cou, en lapant sa nourriture, jusqu'à ce que cet homme, autrefois compositeur de musique, perde l'usage de la parole, puis celui de la pensée, est contée comme un fait divers. Le bouffon et l'horrible s'y côtoient, narration classique et monologue intérieur se succédant et s'interpénétrant avec autant de nonchalance que d'habilité jusqu'à la conclusion pleine de grandeur tragique. On ne pourra l'oublier. Frédéric (Abel) O'Brady est né, en 1903, à Budapest. Il se fixe en France en 1932, joue au Théâtre des Ambassadeurs, à l'Atelier, à la radio. En 1939, il s'engage à la Légion étrangère. Il y reste un an : démobilisé, il fonde, à Marseille, un curieux théâtre de marionnettes. Mêlé à un groupe de parachutistes britanniques, agents secrets, en 1941, il est arrêté. Sorti de prison, un an plus tard, il se joint à des tournées dans la « zone sud », puis à la Libération, devient secrétaire de rédaction d'un journal illustré à Paris. Pendant deux ans, O'Brady sera journaliste jusqu'au jour où Jean Mercure lui offre un rôle. Puis, Marcel Herrand l'engage aux Mathurins. Entre un film en Italie et une petite excursion en Afrique du Nord, O'Brady fait son petit tour de marionnettes dans les cabarets de la Rive Gauche et écrit son premier livre, « Extérieurs à Venise » que publie la N.R.F. en 1950, et Orson Welles avec qui il joue en anglais au Théâtre Édouard-VII à cette époque-là, se charge d'en écrire la préface. Ce livre est une sorte de manifeste satirico-cruel contre le cinéma en général, et ce thème semble revenir dans « Le Ciel d'en face » (N.R.F., 1954). En 1949, dans la mise en scène de Roger Blin, il crée « La Sonate des Spectres » de Strindberg. Depuis 1951, il ajoute à toutes ses activités celle de compositeur de musique. La R.T.F. a présenté plusieurs oeuvres de lui (opéra de chambre, concertino et même un oratorio).

  • Parmi tous les grands organistes chevauchant le XIXe et le XXe siècle, Vierne est celui qui a traversé le temps sans souffrir des flammes du fameux "purgatoire" où tant de créateurs, après leur mort, payent le tribut de leur gloire. Il a même échappé aux atteintes de la vague "avant-gardiste" qui, depuis 1950, s'est débarrassée des prédécesseurs en bloc : la musique commence à nos jeunes pédants ! Tandis que, de continent à continent, s'échangeaient d'incroyables sottises, les organistes de tous bords jouaient l'oeuvre de Vierne et les auditeurs réagissaient avec enthousiasme à leur sollicitation. Aujourd'hui, on interprète sa musique, ici, ailleurs, partout. La vie de l'artiste rejoint et explique l'émotion de son oeuvre. Accablé par la nature, par des conditions d'existence précaires, par une vie sentimentale malheureuse, ce grand aveugle fut sauvé par la religion de la musique "Je la croyais capable de rendre les hommes meilleurs, par la traduction d'un amour universel". D'une chimère, Vierne a fait un dogme. Lisez sa vie : vous aimerez l'homme et sa musique.

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