Sciences humaines & sociales

  • Perdu dans les marécages amazoniens après le crash de son avion, Charles Bosseplatière, délinquant français en cavale, est recueilli trois ans plus tard au bord du rio Iça. Ressuscité, propulsé à la « une » de la presse à sensation, il raconte. Le fait divers rejoint alors la légende... Mythomane, drogué, voyou ou gagman ? Peu importe, le récit de ce « gentil loubard » nous plonge dans une errance ponctuée d'étranges apparitions... Évadé de ce Lyon de phosphore, revenu pour finir aux rivages de la ville, « Bosse » restera pour toujours cet être irréductible des périphéries, cet éternel amazonard. Entre les carnets de voyage et la B.D., son insolite dérive nous entraîne dans une rêverie douce-amère sur l'être et le Néant, le désir, les femmes, l'enfance... Ce premier roman innove en matière de langage parce qu'il intègre la densité même de la forêt qu'il désigne. Fulgurances poétiques, fantasmes écologiques, glissements et ruptures ironiques interfèrent pour poser les limites de cette terre d'ombre où l'exploration devient un ardent corps à corps.

  • Met en valeur cet extraordinaire moyen d'investigation qui peut répondre à toutes nos interrogations et nous faire comprendre notre place dans l'univers.

  • La démarche de l'auteur qui, plus qu'une thérapie, devient le miroir de sa propre histoire et un voyage intérieur.

  • Plus qu'une autobiographie, c'est un document sur sa vie professionnelle, ses voyages, points d'appui d'une réflexion plus élargie.

  • Ces Souvenirs sont d'abord ceux d'un témoin du siècle, jeté, par fidélité à l'amitié, dans les batailles politiques d'après-guerre. Ce Normalien de la fin des années vingt, qui raconte Thierry Maulnier, Roger Vailland, Georges Blond, Jean Effel, évoque avant tout et surtout le souvenir de Robert Brasillach, l'ami, le beau-frère, dont il a partagé la vie, les enthousiasmes et qui mourut en 1945 sous les balles françaises. Bouleversé par cette tragédie, le brillant professeur que son succès à la Sorbonne destinait à une tranquille carrière universitaire et littéraire se jette dans le combat contre « la vérité officielle » qui accable les vaincus de la Seconde Guerre. Désacralisée, la Résistance, remis en perspective, les événements que les historiens racontent toujours selon la vulgate des vainqueurs, sorties du silence les informations qui dérangent la version bien huilée de la dernière guerre. Ce livre montre aussi le lien entre le chaos de l'Europe Centrale d'aujourd'hui et les principes de l'ordre nouveau né de la guerre. Ouvrage par ailleurs intimiste, sensible, il nous fait découvrir l'itinéraire d'un petit garçon né sur les bords du Cher, qui deviendra l'un des critiques littéraires les plus féconds de son époque en même temps que l'un des essayistes politiques les plus combattus. Une mine de renseignements et un son nouveau pour ceux qui aiment éclairer leur jugement par la diversité et les contradictions des hommes dont cette confession fournit plus d'un exemple.

  • L'histoire a connu de nombreux souverains déséquilibrés. Rome a tremblé sous Caligula et Néron. Moscou sous Ivan le Terrible. Paris a gémi avec Charles VI et souri avec Deschanel. Les capitales arabes ont connu leurs potentats, surtout depuis l'ère du Pétrole. Il appartient sans doute au médecin de brosser leurs portraits, d'étudier leurs comportements, sans négliger de se pencher sur leur enfance et leur famille. On peut alors, sans jamais tomber dans le jargon des spécialistes, poser des diagnostics pour l'Histoire. Et découvrir que, mis à part quelques souverains fragiles qu'il eût été facile d'éliminer, la plupart d'entre eux n'étaient pas à enfermer dans des asiles. Persécutés avant d'être persécuteurs, personnalités paranoïaques rigides et sanguinaires, forcenés de grandeur, de rigueur et de fureur, ils ont fini par tyranniser leurs peuples ou par terroriser le monde. Princes qui nous gouvernez, ne songez pas seulement à combattre les idées de vos adversaires, le nazisme, le communisme, l'intégrisme. Essayez aussi de mieux comprendre les hommes, les paranoïaques surtout, Khomeiny et Saddam Hussein comme Hitler et Staline.

  • Début juin 1940. Les troupes allemandes sont sur la Somme et l'Aisne. Une division d'infanterie coloniale est enlevée en hâte de haute Provence - où elle veillait à la frontière italienne - pour renforcer le dispositif de défense de la Seine. Son Groupe de reconnaissance, formé de réservistes de tous âges, est superbement équipé : armes modernes, uniformes récents, chevaux vifs, camions et side-cars neufs. Soixante heures d'un trajet ferroviaire, qui commence sous les acclamations des foules endimanchées et se continue au stupéfiant spectacle des trains civils d'exode, mèneront les soldats de la quiétude méridionale à la désolation des villages figés dans leur abandon. Puis, une fois le contact pris avec les Allemands qui ont entre-temps dépassé la Seine, se succèdent les replis dont l'objectif - leur dit-on - est un regroupement de plusieurs armées à l'abri d'une ligne invincible, cette fois : la Loire. À ce rendez-vous au sud de la Loire ils vont en brûlant les étapes, laissant en arrière les unités misérablement démunies et disputant la route aux populations en fuite. Quand ils ont franchi le grand fleuve impassible dont la rive sud ne recèle ni défenses ni réserves, ils comprennent qu'ils ont été leurrés et qu'il faut entendre désormais par Rendez-vous l'injonction des avant-gardes ennemies qui les pourchassent. Luttant ici avec âpreté, abandonnant plus loin leurs chevaux incapables de poursuivre les marches insensées auxquelles on les a contraints pour gagner la Loire, se heurtant ailleurs à des édiles qui prétendent refuser à l'armée le droit de livrer sur leur sol d'ultimes combats jugés déraisonnables, ils vivent durant trois éprouvantes semaines des situations où le pathétique le cède parfois à la bouffonnerie. Au hasard des cantonnements, ils s'approprient pour quelques heures, dans des régions évacuées, de modestes fermes ou de somptueux châteaux, puis, dans les lieux encore habités, ils côtoient des gens que leur intrusion effraie et rend souvent hostiles. La nuit du « cessez-le-feu » ils sont au bord de la Dordogne, mêlés aux civils dont ils ont dû, cette fois, partager le lent et périlleux cheminement. La défaite est affirmée mais ils ont échappé à la capture : ils ressentent seulement le soulagement de cette maigre victoire.

  • Montre dans un saisissant raccourci ce que furent le système concentrationnaire et le martyre de la déportation de la Seconde Guerre mondiale.

  • Une réflexion musclée et satirique sur les erreurs de la société de consommation. Pour l'auteur, patron de PMI, le chômage n'est pas une fatalité et son seul remède est la diminution du temps de travail.

  • Le Liban, sept ans après la fin des combats, se trouve toujours sous la tutelle des 30 000 soldats syriens « présents » sur les neuf dixièmes de son territoire, sa région sud étant, quant à elle, occupée par l'armée israélienne. Une troïka formée, sous l'égide de Damas, des présidents de la République, de la Chambre des députés et du Conseil des ministres, conduit de son côté depuis 1992 une politique économique et financière impliquant un endettement public considérable pour des travaux souvent injustifiés ou somptuaires. Henri Eddé, qui avait établi les études préliminaires de reconstruction du centre-ville de Beyrouth et plaidé pour leur adoption, s'est vu contraint de renoncer à sa mission aussitôt qu'il décela la volonté des décideurs de les détourner de leurs objectifs en fonction de leurs intérêts particuliers. Dès lors il ne cessa de dénoncer ce « pouvoir acquis et conservé par l'argent ». Mais au-delà des malversations, du népotisme et de la corruption qu'un tel pouvoir implique, il souhaite montrer que l'irruption massive de l'argent dans la vie publique, observée actuellement au Liban comme ailleurs, est susceptible de saper les fondements mêmes d'un pays.

  • Cet essai, qui ne prétend être ni un ouvrage historique ni un traité juridique, nous livre les réflexions d'un témoin, P. Chatenet, qui fut lui-même ministre de l'Intérieur sous le général de Gaulle.

  • Des rêves de gloire flottent dans la tête d'André Bessière à l'écoute des récits de guerre de son grand-père et de son père. Dans leur sillage - bouleversé par la vue de la dépouille du Maréchal Joffre dans la chapelle Saint-Louis, émerveillé par l'Exposition coloniale, impressionné par Léon Blum, amusé par Montéhus, frappé par la guerre d'Espagne - il assiste aux dernières années de la IIIe République. Encore trop jeune pour comprendre les événements qui ébranlent le vieux monde avec la montée du nazisme et l'approche du deuxième conflit mondial, il vit ses joies et ses peines d'enfant au collège pendant que l'Histoire s'accélère. À quinze ans, il s'engage dans la Résistance pour rejoindre une poignée d'obstinés de tous âges, de toutes conditions sociales et d'opinions politiques différentes, qui refusent spontanément la défaite et se retrouvent en De Gaulle. Leurs destinées vont basculer. Des deux zones de la France déchirée en passant par l'Espagne, l'Afrique occidentale française, Londres, Saint-Pierre-et-Miquelon, cet ouvrage relate les aventures souvent incroyables de ces quelques Français qui ont vécu la Deuxième Guerre Mondiale en patriotes. Il s'achève le 27 avril 1944 quand, en gare de Compiègne, un convoi s'ébranle comptant quelque 1 700 détenus promis à la déportation en Allemagne.

  • Ils ne veulent Plus s'en aller, ils s'accrochent à leur fauteuil, ils ne savent pas partir à temps, ils ont le démon du pouvoir. Pendant ce temps, chacun répète les premiers mots du héros de Samuel Beckett dans « Fin de partie » : « Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. » Mais non. Leur règne trop long s'éternise. C'est le crépuscule des Princes. Pourquoi Napoléon III n'a-t-il pas su démissionner à temps, alors qu'il souffrait comme un damné ? Comment Lénine s'est-il laissé extorquer le pouvoir ? Que faisait donc Churchill encore à la tête de son pays à Plus de quatre-vingts ans au lieu de s'en aller peindre ? Atteint d'un mal inexorable, Pompidou n'aurait-il pas dû laisser la Place ? Pour quelle raison Boumédiène a-t-il été prolongé abusivement à la tête du pouvoir algérien ? Et qu'est-ce qui empêche aujourd'hui Mitterrand de se retirer à Latché ? Il appartient peut-être au médecin de répondre à toutes ces interrogations, de chercher dans l'enfance de ces chefs d'État la naissance d'un amour de soi pathologique, et dans leur arrivée au pouvoir la montée d'une ambition forcenée. Mais surtout de fouiller dans leur entourage et d'examiner leur état de santé pour tenter de découvrir ce qui a bien pu les déstabiliser et les accrocher au pouvoir.

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