Denoël

  • Si tu veux être heureux une heure, bois un verre de vin.
    Si tu veux être heureux une journée, marie-toi.
    Si tu veux être heureux toute ta vie, deviens jardinier.
    Proverbe chinois
    De l'Antiquité à aujourd'hui - en passant par le Moyen Âge, la Renaissance, le siècle des Lumières, le XXe siècle, l'exploitation politique des jardins par le collectif Green Guerrilla dans le New York de Rudy Giuliani -, les hommes n'ont jamais cessé de construire des jardins. En voyageant à travers ces époques et leurs jardins respectifs, une question ne cesse de hanter Santiago Beruete et donne son unité à cet immense tour d'horizon : pourquoi les hommes ont-ils toujours ressenti le besoin de métamorphoser des terres vierges en des créations conçues pour plier la nature à des représentations mentales ?
    Car les jardins jouent le rôle de constructions matérielles et spirituelles, à la fois symboles d'harmonie, oeuvres d'art et Arcadies miniatures qui renferment notre nostalgie du passé. Mais, plus important encore, ils sont les reflets limpides des inquiétudes et des préoccupations philosophiques de leur époque.

  • À mi-chemin entre le conte philosophique et l'essai, Dany-Robert Dufour poursuit en philosophe son travail de critique du monde contemporain. Et pour mieux s'interroger sur ce qui menace aujourd'hui gravement son avenir, il propose de revisiter toute l'histoire de l'être humain.
    Évoquant l'axolotl, ce poisson mexicain qui nous ressemble, comme le jaguar de la brousse brésilienne ou le loup des contes enfantins, discutant avec Platon, Albert Einstein ou Michael Jackson, se prenant à l'occasion pour Sherlock Holmes, le narrateur écrit dix lettres à sa 'belle amie'. Autant de moments clefs d'un voyage à travers le temps accompli par cette étrange espèce animale qu'on appelle les hommes.
    Cette espèce se caractérise non pas par sa supériorité sur le reste de la création mais par sa forme inachevée, sa faiblesse 'naturelle'. Un 'manque de nature', donc, que seule peut conpenser la culture discours, récits, sciences et techniques qui permet à l'être humain d'agir sur le monde pour mieux l'habiter. En tourt cas qui le permettrait jusqu'ici. Car le rêve des puissants de créer une 'surhumanité' à leur service compromet aujourd'hui la survie de l'espèce.
    Que faire, si nous refusons ce risque d'en finir avec le genre humain, si nous voulons que puisse se poursuivre son aventure si belle et si désespérée? Il n'est pas trop tard pour résister.

  • Un président de la République qui fait son jogging devant les caméras, un footballeur antillais qui interpelle la France sur son passé colonial... chaque jour le sport et la politique agissent l'un par l'autre.
    Avec un mélange d'érudition, de passion sportive et d'humour, treize écrivains contemporains explorent ce croisement entre deux mondes. Ensemble, avec François Bégaudeau, ils ont écrit ce livre multiple, foisonnant et drôle, qui réveille les mémoires, rappelle des événements essentiels comme la performance de Jesse Owens devant Hitler à Berlin en 1936, le Mundial des généraux argentins en 1978, ou encore La Marseillaise sifflée dans les stades depuis 2001. Chacun y pose forcément des questions dérangeantes (le rugby est-il collabo? le patinage artistique est-il démocrate-chrétien? la Lazio est-elle vraiment fasciste?) et plonge dans ces mythologies quotidiennes où le sport en dit beaucoup plus sur la politique que les politiques eux-mêmes.

  • Érasme l'avançait : «On ne naît pas humain, on le devient.» Mais comment peut-on le devenir? Quelles évolutions, quelles contraintes doit-on accepter, dès l'enfance puis tout au long de son existence, pour pouvoir vivre véritablement comme un homme? Et en quoi la société dans laquelle nous vivons favorise-t-elle ou empêche-t-elle ce parcours vers l'humanisation? Autant de questions que Jean-Pierre Lebrun travaille à clarifier depuis de très nombreuses années.
    Refusant à la fois la nostalgie d'un passé idéalisé et d'être aveuglé par les sirènes du «progrès», il se demande si nous sommes encore capables, voire soucieux, de désirer. Sachant que le désir, le propre de l'homme, a affaire au langage et au manque. Et qu'il se différencie de la jouissance, comblante et par là même mortifère.
    Or notre société dite néolibérale, imposant la recherche éperdue de ladite jouissance, confondant égalité et égalitarisme, affaiblissant la fonction paternelle au nom du rejet, certes légitime, du patriarcat, tend à dévaloriser tout ce qu'implique la condition humaine. Ce qui a des conséquences majeures, et très concrètes, qu'explore ici Jean-Pierre Lebrun, dans tous les domaines de la vie individuelle et collective : la politique, l'éducation, la culture, le psychisme et ses pathologies, mais aussi la vie conjugale ou les modes de consommation.
    Une réflexion profonde mais accessible, du point de vue de la psychanalyse, sur les problèmes cruciaux que doit affronter l'homme contemporain.

  • Charles Baudelaire n'est pas seulement l'auteur des Fleurs du mal. Il est aussi celui qui a compris, notamment dans Fusées et dans Mon coeur mis à nu, la profonde métamorphose des sociétés modernes.
    Au cours du Second Empire, l'ordre ancien achève de disparaître : ni les individus ni les valeurs n'ont plus de place définitive. C'est désormais le règne du premier venu, qui s'incarne dans différents personnages baudelairiens - le promeneur, le dandy, le tyran, la victime, le bourreau, l'artiste... Ce monde qui se démocratise est agité, à l'instar du coeur humain, de mouvements confus où chacun peut se retrouver soudain élu ou exclu, couronné ou sacrifié au terme d'un suspens qui se cristallise dans des situations-limites, telles que l'exécution capitale, le suicide, le complot ou simplement la solitude...
    Dans cet essai aujourd'hui réédité dans une nouvelle version revue et augmentée, Pierre Pachet nous restitue la pensée paradoxale et fulgurante d'un Baudelaire encore méconnu.

  • «Les vices privés font la fortune publique» : cette formule aujourd'hui banale scandalisa l'Europe des Lumières lorsqu'elle fut énoncée pour la première fois en 1704 par Bernard de Mandeville. Pourtant, ce médecin, précurseur trop méconnu du libéralisme, ne faisait qu'énoncer la morale perverse qui, au-delà de l'Occident, régit aujourd'hui la planète. Ette est au coeur d'une nouvelle religion qui semble désormais régner sans partage, celle du marché : si les faiblesses individuelles contribuent aux richesses collectives, ne doit-on pas privilégier les intérêts égoïstes de chacun?
    En philosophe, Dany-Robert Dufour poursuit dans cet ouvrage ses interrogations sur les évolutions radicales de notre société. En présentant, en autant de chapitres, les «dix commandements» inquiétants qui résultent de la morale néolibérale aujourd'hui dominante, il analyse les ébranlements qu'elle provoque dans tous les domaines : le rapport de chacun à soi et à l'autre, à l'école, au politique, à l'économie et à l'entreprise, au savoir, à la langue, à la Loi, à l'art, à l'inconscient, etc. Et il démontre ainsi qu'une véritable révolution culturelle est en cours. Qui nous mènera jusqu'où?

  • Après l'enfer du nazisme et la terreur du communisme, il est possible qu'une nouvelle catastrophe se profile à l'horizon. Cette fois, c'est le néo-libéralisme qui veut fabriquer à son tour un «homme nouveau». Tous les changements en cours, aussi bien dans l'économie marchande que dans l'économie politique, l'économie symbolique ou l'économie psychique, en témoignent.
    Le sujet critique de Kant et le sujet névrotique de Freud nous avaient fourni à eux deux la matrice du sujet de la modernité. La mort de ce sujet est déjà programmée par la grande mutation du capitalisme contemporain. Déchu de sa faculté de jugement, poussé à jouir sans entrave, cessant de se référer à toute valeur absolue ou transcendantale, le nouvel «homme nouveau» est en train d'apparaître au fur et à mesure que l'on entre dans l'ère du «capitalisme total» sur la planète.
    C'est cette véritable mutation anthropologique, et les conséquences pour le moins problématiques sur la vie des hommes qu'elle implique, autrement dit ce que l'auteur appelle «l'art de réduire les têtes», qu'analyse cet ouvrage.

  • C'est peu dire, la guerre fait retour. Elle n'est plus une affaire d'États en faillite qui guerroient en périphérie de la démocratie et du droit, mais implique désormais les puissances occidentales.
    Et lorsque les États-Unis partent en guerre contre l'Irak, lorsque Israël frappe le Liban en 2006 puis Gaza en 2008, les armes donnent une nouvelle jeunesse à la vieille idée de la guerre préventive. Pourtant celle-ci demeure bien mystérieuse. Il est donc urgent d'accorder attention et réflexion à la guerre préventive pour reconsidérer la condamnation a priori et sans appel de l'action américaine fondée sur l'idée qu'elle ne serait que l'émanation de la volonté de puissance. Comprendre la guerre préventive, c'est avant tout faire l'analyse de sa justification.
    Pour des raisons évidentes, la guerre préventive se veut juste et pourtant elle n'est pas strictement défensive. Les États-Unis sont une grande puissance, un hegemon. Israël est une puissance régionale, pourtant ils ont tous deux besoin de convaincre et élaborent une doctrine de la prévention dont les termes se recoupent.
    Ce livre montre comment la guerre préventive est indissociable de sa justification en relevant de nombreuses occurrences historiques qui font mieux comprendre les problèmes contemporains posés par la politique de prévention. Il fait voir quel est le trajet de cette idée en suivant les méandres de la tradition de la guerre juste et les âpres querelles juridiques qui opposent les défenseurs des droits de l'homme aux juristes militaires. Dans les faits, il montre comment la tentation de justifier l'action préventive est plus forte aujourd'hui, alors même que les armes sont plus précises, ce qui rend le calcul des chances d'obtenir un succès militaire à moindres frais plus engageant.
    Cette tendance actuelle à saisir sa chance au jeu de la guerre laisse entrevoir une question aussi simple que forte : la guerre est envisagée comme un pari, dans sa réalisation comme dans sa justification. Mais peut-on vraiment faire le pari de justifier une guerre qui parmi les guerres est la plus hasardeuse qui soit?

  • Doit-on dépister les schizophrènes dangereux comme on dépiste le diabète? Doit-on soigner sans consentement les malades mentaux soupçonnés de présenter un danger pour eux-mêmes ou autrui? L'imagerie médicale du cerveau dit-elle la vérité? Devrait-on y soumettre les prévenus, les conjoints adultères et les employés soupçonnés d'indélicatesse? Autant de questions que nos sociétés abordent par le fait divers et les émotions collectives pour ne pas avoir à y réfléchir.
    Face à une logique de l'audimat qui ne cesse de gagner du terrain, face à une régression sécuritaire qui atteint la vie politique, mais aussi la justice, l'école et la santé, la psychanalyse apparaît comme un antidote. Elle résiste aux nouvelles idéologies de la résignation en reconnaissant à l'humain sa dimension tragique, conflictuelle, singulière autant qu'imprévisible.
    Confrontés aux nouveaux cyniques qui veulent en finir avec elle et avec la culture qui en est issue, il nous importe plus que jamais de savoir de quoi la psychanalyse est le nom.

  • Une nouvelle lecture de Lukacs et Heidegger voilà la recherche de Lucien Goldmann : rapprocher ces deux grands philosophes, le marxiste et l'existentialiste, dans une analyse qui renverse les perspectives coutumières. Cet important texte posthume démontre une communauté fondamentale, leur rupture avec la pensée traditionnelle mais aussi leurs différences. Des vues originales mais désormais classiques éclairent d'un jour nouveau les concepts fondamentaux des deux philosophes.

  • Partant d'une étude sur la mort d'OEdipe, pour aboutir à l'examen des conditions de la pratique, les textes ici réunis ouvrent des perspectives sur les problèmes cruciaux de la psychanalyse, que ce soit sur la constitution du complexe d'OEdipe, sur la castration et la négation de la féminité, sur l'identification à Freud ou sur le statut scientifique et social de la psychanalyse. En ses développements inattendus, la pensée de Conrad Stein se soutient de la fermeté de son écriture.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Que peut nous apprendre l'art sur la globalisation économique? En retour, comment comprendre les nouvelles formes de l'art contemporain à la lumière de cette mutation sociale et intellectuelle? Appuyant son analyse sur l'expérience vécue aussi bien que sur les écrits de Victor Segalen ou les aventures artistiques les plus novatrices aujourd'hui, Nicolas Bourriaud dresse la cartographie d'un monde en mouvement.
    Entre menace d'uniformisation et tentation du retour aux racines, entre multiculturalisme et traditionalisme qui assignent tous deux les individus à leur prétendue «identité», la culture mondialisée est en quête d'une troisième voie qui sorte du postmodernisme pour aller vers l'«altermodernité» dont ce livre esquisse les figures.
    Un organisme qui fait pousser ses racines au fur et à mesure qu'il avance : tel est le sens du mot radicant, par lequel Nicolas Bourriaud définit cette modernité émergente, s'opposant à la radicalité qui hanta le siècle précédent.

  • On a sacrifié les femmes au nom d'à peu près tout : morale, religion, politique, amour, maternité... Aujourd'hui encore, malgré les discours d'émancipation, persistent viols, harcèlements, sévices conjugaux, interdits et humiliations.
    Le destin de la féminité en Occident serait-il sacrificiel?
    En témoignent ces grandes héroïnes qui foisonnent dans nos mythes, nos légendes d'amour, nos religions, les textes fondateurs de notre culture, toutes plus fascinantes les unes que les autres. Elles ont pour nom Iphigénie, Hélène, Penthésilée, Médé, Iseut ou Jeanne d'Arc mais elles sont aussi des soeurs, des voisines, des exilées, des femmes croisées tous les jours dans la rue, prises à leur insu dans des vies manquées, blanches...
    De quel sacrifice ignoré la vie de ces femmes se soutient-elle?
    De quelle façon ces figures mythiques circulent-elles dans notre inconscient?
    Dans un essai de mythologie quotidienne, Anne Dufourmantelle interroge et retourne les destins spectaculaires de ces héroïnes en les confrontant à ceux, anonymes, parfois tragiques, de ces proches inconnues. D'une écriture subtile, elle approche la secrète texture de nos névroses et déploie la dramaturgie, aussi énigmatique que salvatrice, d'une véritable érotique du sacrifice au féminin.

  • Tout comme shmok, mentsh est un mot yiddish. Fondamentalement, il signifie «personne, être humain» et s'applique à tout individu sur terre. Chacun d'entre nous est une sorte de mentsh : Jean est un mentsh, Marie est un mentsh, même le petit Léo, occupé qu'il est à tirer la queue de son chien Farfel, est un mentsh. Farfel, lui, est une victime innocente qui mérite notre pitié, mais c'est un animal, pas un mentsh.
    Dans ce sens, nous somme tous des mentshn, indépendamment de nos aptitudes et de notre comportement. C'est une simple question de biologie. Mais le mode de pensée yiddish et la biologie ne font pas bon ménage et cela fait longtemps que mentsh n'est plus utilisé que pour parler de quelqu'un de bien.
    «Les autres paieront les pots cassés.» C'est le genre de sottise qui peut échapper à tout le monde, mais un shmok, lui, en fait une règle de vie. Et généralement il ne s'en rend même pas compte.
    Il faut le comprendre, ce n'est pas sa faute : personne ne lui a expliqué que sa mère exagérait un peu à l'époque où elle lui expliquait qu'il était le plus beau, le plus adorable, le plus prometteur et le plus intelligent ; que les autres, tous les autres, n'étaient que des benêts et des jaloux.
    Dans ce livre, Michael Wex nous livre enfin les clés d'une vie réussie, quelles que soient notre religion ou nos croyances, et nous explique avec une bonne dose d'humour comment le Talmud et les proverbes yiddish peuvent changer notre existence.

  • Comment ne pas être inquiet? Chaque jour, de mauvaises nouvelles sont assenées sur l'état de la planète, celui de notre civilisation ou sur notre santé. Et nous sommes abreuvés de prévisions catastrophistes. La population mondiale s'accroît trop vite; les ressources naturelles vont s'épuiser rapidement; le climat va se détériorer gravement ; les produits chimiques affectent notre santé ; le modèle capitaliste s'effondre ; le temps de la suprématie occidentale est terminé; les grandes épidémies vont revenir ; le djihadisme menace les fondements de notre civilisation; la prolifération des armes de destruction massive est incontrôlable... Sans compter que le terrorisme nucléaire n'est pas loin. Les gouvernements, les institutions internationales, les ONG et les experts ont tous une part de responsabilité dans cette politique de la peur, nombreux d'ailleurs sont ceux qui en bénéficient. Et si la planète allait bien mieux qu'on ne le croit ? Et si l'avenir de l'humanité était beaucoup moins sombre qu'on ne le dit ? Les prophètes de malheur ont beaucoup de succès, mais il s'avère qu'ils ont toujours eu tort. À l'encontre des idées reçues, Bruno Tertrais propose ici une autre lecture du monde, qui met l'accent sur des faits souvent ignorés et sur les incertitudes qui entachent les prévisions catastrophistes. En s'appuyant sur les dernières statistiques, en procédant à une analyse rigoureuse des faits et à un décryptage des études scientifiques les plus pointues, L'Apocalypse n'est pas pour demain met la compréhension des grands problèmes contemporains à la portée de tous. Ce livre est une véritable invitation à retrouver une vision plus sereine de nos sociétés et de leur avenir, et à croire au progrès au sens noble du terme - c'est-à-dire à l'amélioration de la condition humaine.

  • Un formidable hiatus existe aujourd'hui entre l'abondance des ressources matérielles et culturelles et l'humeur noire qui anime les sociétés contemporaines. Les vieilles promesses de libération issues de la pop culture sont-elles dans l'impasse? Puisant à différentes sources de pensée, occidentales et orientales, Philippe Nassif propose une lecture radicalement nouvelle de cette crise. Le centre de nos sociétés n'est plus constitué que par une médiasphère dont le message récurrent est la jouissance immédiate. Les grandes promesses d'une lutte finale pour l'émancipation de tous ont été avalées par l'image et la consommation. Que faire? C'est à une lutte initiale que nous invitent les temps présents : une réforme de soi comme préalable à tout utopie politique.
    Philippe Nassif nous engage donc à une démarche plus intérieure mais aussi plus concrète. Dans cet essai très informé, très audacieux, qui commente aussi bien le destin de la pop culture que les fulgurances des romantiques allemands, et s'appuie avant tout sur l'expérience de la psychanalyse et du tao, il en appelle au désir plus qu'à la jouissance, au corps et au souffle plutôt qu'au pur intellect, à la voie des arts plutôt qu'à de vains slogans politiques. Et à regarder, au lieu de se lamenter éternellement, la part lumineuse de l'époque contemporaine. Là où l'ironie dépressive n'a plus cours et où des vies élevées s'expérimentent.

  • Paola, sept ans, a transformé la maison en champ de bataille après la naissance de ses soeurs jumelles.
    Gilles, six ans, enfant d'une famille recomposée, dit qu'il ne sait plus «qui était dans le ventre de qui».
    Maeva, treize ans, devient de plus en plus violente à mesure que sa mère lui concède la liberté qu'elle revendique...
    Comment être parents de nos jours ?
    Faut-il être laxiste ou sévère ? Doit-on tout dire aux enfants ? Doit-on leur parler comme à des adultes ?
    Tandis que la fonction paternelle s'affaiblit, que la différence des sexes s'estompe, qu'une exigence de transparence s'impose vis-à-vis des enfants, les parents d'aujourd'hui s'affolent et perdent pied. Face à ces petits adultes miniature, ils sont souvent désemparés, culpabilisés, voire infantilisés.
    Trop de parents attendent de la psychanalyse des recettes simples, rapides et valables pour tous, qu'il suffirait d'appliquer.
    Au-delà des réponses toutes faites, et à travers des dizaines de cas pratiques tirés de l'expérience et de la clinique, l'ouvrage de Catherine Mathelin ouvre aux parents une autre voie d'accès à la psychanalyse.

  • Aujourd'hui encore, près de soixante-dix ans plus tard, il est impossible pour un Russe d'évoquer « 1937 » sans un douloureux malaise. Par sa férocité, son ampleur et son arbitraire, la Grande Terreur stalinienne constitue indéniablement l'une des pages les plus sanglantes du XXe siècle, et aussi l'une des plus obscures. Quotas, arrestations, faux procès, tortures... Désormais, on en sait beaucoup sur cette tragédie collective et ses grands protagonistes, bourreaux et victimes.
    Mais à pareille échelle, on perd forcément de vue l'émotion et la souffrance, dans ce qu'elles ont d'intime et d'irréductible. C'est en effet à vue d'homme, à travers un destin individuel, que l'engrenage stalinien révèle pleinement sa violence aveugle.
    Ce livre raconte ainsi une tragédie personnelle : comment, inexorablement, le NKVD, la police politique de Staline, a fait de l'ingénieur chimiste Israël Saveliévitch Vizelsky un coupable.
    À partir de sources totalement inédites non destinées aux chercheurs et des bases de données élaborées par l'Association Memorial, une telle Micro-histoire de la Grande Terreur a enfin pu être écrite.
    Combien de temps et à quelle fréquence sont menés les interrogatoires ? À quoi renvoient les dépositions « conditionnelles », « mortes » et « vivantes » ? Qui sont les « jurisconsultes de cellule » ? Quelles peuvent être les circonstances et les motifs des dénonciations spontanées ? Autant d'interrogations élucidées au fil de cette étude novatrice, aussi dépassionnée qu'émouvante, qui reconstitue pas à pas le destin tragique d'un Soviétique parmi tant d'autres.

  • Pornographie, contraception, procréation artificielle, individualisme sexuel... autant de singularités de la sexualité contemporaine qui semblent en conflit avec la doctrine officielle de l'Église. D'où viennent-elles cependant, sinon de la tradition chrétienne elle-même, et cela malgré notre apparente déchristianisation?
    Une fois sortie de la simplicité biblique, des concepts chrétiens tels que la trinité, la virginité de Marie, l'immaculée conception ou la sexualité édénique deviennent le lieu d'un travail théologique permanent. De plus en plus éloignés des structures familiales anciennes, penseurs et artistes chrétiens inventent le plus étrange tableau de famille qu'on puisse imaginer, où le père est aussi mère, où le fils est également père, où le Christ est doté des deux sexes, où l'accouplement, la jouissance et la procréation deviennent dissociables... Et d'où procède un ferment de déstabilisation : cet excédent sexuel du christianisme, dont Pierre-Emmanuel Dauzat suit la formation et les transformations, depuis les origines chrétiennes jusqu'à la modernité de Sade et de l'utérus artificiel.

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