ESF Sciences Humaines

  • P rofesseurs débutants placés, sans formation suffisante, face à une classe, candidats aux concours d'enseignants et étudiants d'ESPE désorientés dans le foisonnement de la littérature pédagogique, tous se sentent démunis et aimeraient disposer d'une synthèse claire capable de vraiment les aider. Par ailleurs, les formateurs souhaiteraient avoir en main un outil cohérent et à jour pour soutenir leur action. L'auteur expose ici dans un style simple et direct les principales méthodes et options pédagogiques, qu'il s'agisse des précurseurs ou des recherches les plus récentes en sciences de l'éducation. Les sources théoriques sont présentées avec précision et toujours mises en relation avec les situations concrètes d'apprentissage et les problématiques de l'enseignement aujourd'hui. Un système d'index et de corrélats permet de trouver facilement les thèmes et références recherchées. Pour les uns et les autres, cet ouvrage sera une aide pour prendre de la hauteur tout autant que pour gérer le travail dans la classe au quotidien. Cette quatrième édition est actualisée avec la nouvelle version du socle commun en vigueur depuis la rentrée 2016 et les nouveaux programmes.

  • Pour nombre d'enseignants, l'hétérogénéité du niveau scolaire des élèves représente un problème. Comment prendre en compte les différences de niveau ou de culture ? Pas facile, sans doute. Pourtant, des réponses existent qui transforment la difficulté en une opportunité : celle de donner plus de sens au métier d'enseignant et d'innover. Dans cet ouvrage, constitué de contributions variées d'acteurs du terrain du premier et du second degré, de nombreuses pistes sont explorées, telles : varier et différencier les approches pédagogiques, les rythmes, l'organisation de la classe, accompagner les élèves les plus fragiles tout en gardant des exigences fortes pour tous. Le lecteur trouvera ici du concret et du pragmatique, ainsi que des convictions étayées par des résultats de recherches et surtout par les effets produits sur les exemples analysés. Bref, loin de regretter une uniformité illusoire et, d'ailleurs, dangereuse, ce livre fait le pari réaliste d'une réussite maximale pour tous. Cette nouvelle édition enrichie est d'une grande actualité à l'heure du socle commun et de la refondation de l'école.

  • P uisant parmi les auteurs les plus réputés en pédagogie, cet ouvrage propose des extraits de leurs travaux pour constituer une anthologie de textes de référence sélectionnés dans les ouvrages publiés chez ESF Editeur. Perrenoud, Meirieu, De Peretti, De Vecchi, Houssaye, Develay, Hameline et bien d'autres ont marqué l'histoire de la pédagogie ces quatre dernières décennies.
    Réunir des textes fondateurs mais aussi faire découvrir ou redécouvrir des textes moins connus, certains très récemment publiés, faire entendre d'autres auteurs, tel est le parti pris de cet ouvrage dont la nouvelle édition est une version entièrement revue, enrichie et en prise avec les problématiques actuelles.
    Ainsi, étudiants et débutants pourront entrer dans cet univers foisonnant qu'il faut absolument connaître pour réussir les examens et les concours. Cette anthologie s'adresse également aux enseignants désireux de se former
    et fournit à chacun un fl orilège de textes pour nourrir la réfl exion. Les extraits sélectionnés sont classés par mots-clés et éclairés systématiquement par les commentaires de Danielle Alexandre. Elle replace les textes fondateurs dans leur contexte historique, précise des concepts, restitue les débats ambiants et souligne la pertinence, l'importance de ces travaux
    et leur actualité.
    Le lecteur trouvera des fondamentaux : comment les élèves apprennent-ils ? Evaluer, pourquoi et comment ? Qu'est-ce que la pédagogie différenciée ? Mais aussi des problématiques actuelles : le numérique bouleverse-t-il les modes d'apprentissage ? Comment exercer une autorité réfl échie dans le contexte d'aujourd'hui ? Intérêt et limites de l'approche par compétences... Les entrées multiples de cette anthologie permettront à chacun de revenir aux sources.

  • Chacun s'accorde aujourd'hui à reconnaître que la vocation de l'École est bien de faciliter les apprentissages. Mais pour être établi, le consensus n'en est pas moins insuffisant s'il n'est pas accompagné de l'énoncé des moyens. Apprendre... oui, mais comment ? Les enseignants et les formateurs savent bien que l'exhortation, ici, n'est d'aucun effet, aussi péremptoire soit-elle.
    Avec le présent ouvrage, Philippe Meirieu poursuit et approfondit la réflexion entreprise dans L'École, mode d'emploi, mais il s'attache, plus particulièrement, à l'acte d'apprentissage... Il en débusque les représentations trompeuses, dénonce les illusions qui traînent à son sujet et tente d'établir quelques repères à partir desquels l'enseignant puisse élaborer, réguler et évaluer son action. C'est ainsi qu'il aborde aussi bien la relation pédagogique, la rationalisation didactique et les stratégies individuelles d'apprentissage. Il montre comment l'attention à ces trois dimensions permet de maintenir « l'équilibre écologique du système apprendre ».
    Mais l'originalité de ce livre tient aussi à sa forme : le lecteur s'y trouve mis en situation d'activité, confronté à des exercices, des récits d'expériences pédagogiques ou d'événements de la vie scolaire. À partir de là, l'auteur dégage avec lui quelques principes fondamentaux et propose toute une série d'outils qui pourront être utilisés par les instituteurs, professeurs, formateurs : des outils pour imaginer, construire et adapter une pédagogie véritablement différenciée, des outils pour pratiquer l'aide méthodologique, des outils pour travailler à la réussite de tous.
    Un livre qui dépasse le clivage théorie-pratique et qui est vite devenu une référence pour tous les « professionnels de l'apprentissage ».

  • Éduquer comme instruire supposent, tout à la fois, une part de « nourrissage », comme disaient les Anciens, et une part de « lâcher
    prise » qui permet au sujet de « penser par lui-même », selon le voeu des Lumières. Depuis bien longtemps, les pédagogues se sont préoccupés de cette diffi cile articulation. En s'emparant de la métaphore de l'« étayage » empruntée au marin et au bâtisseur et déjà largement utilisée par les psychologues, Laurent Lescouarch nous offre une « entrée en pédagogie » particulièrement pertinente et féconde. Car il s'agit bien, pour lui, de s'interroger sur les pratiques pédagogiques qui « étayent » vraiment un sujet, c'est-à-dire qui lui permettent d'apprendre et de devenir autonome. En s'attachant plus particulièrement aux « publics qui résistent », il en tire des leçons pour tous. Plutôt que de rajouter sans cesse des prothèses nouvelles, il propose de s'interroger sur ce qui, à un moment donné, va vraiment contribuer à l'étayage d'une personne ou d'un groupe. Il se ressaisit ainsi des notions de « besoins », d'« aide », d'« accompagnement » de « dispositif » ou de « différenciation » pour proposer une conception globale de « l'étayage et du désatayage pédagogique » en termes d'écosystème. D'où son insistance sur le cadre (son caractère structurant et sa richesse), les rituels, les appuis au développement, les interactions de tutelle (avec le maître et entre pairs). D'où sa réfl exion sur les consignes, les niveaux de tâches proposés, la place de l'explicitation, les sanctions, l'évaluation, la stimulation de la réfl exivité et le processus de subjectivation.
    Ce faisant, Laurent Lescouarch donne matière à penser et à agir concrètement à tous les enseignants. Riche d'exemples, son livre nous montre comment tout éducateur doit devenir un constructeur d'architectures pédagogiques et un pourvoyeur de richesses culturelles qui permettront à l'élève de « s'instituer », c'est-à-dire de « tenir debout » par lui-même.

  • Les débats éducatifs s'organisent souvent autour de « lieux communs ». Issus de la tradition pédagogique, repris par les discours officiels, relayés par les médias, ils constituent une « vulgate pédagogique » bien connue : « l'élève au centre », « le respect de l'enfant », « les méthodes actives » ou « l'individualisation de la formation » sont ainsi présentés comme des évidences... avant de devenir des lignes de clivage, voire des objets d'épiques batailles idéologiques. Mais, ces « lieux communs » sont rarement explicités et l'on se garde bien de chercher comment ils sont apparus, dans quels sens ils ont été mobilisés et quelles différences, voire divergences d'interprétation, ils recouvrent. Que signifie « respecter un enfant » ? Qu'est-ce qu'un « élève actif » ? Que faut-il « individualiser » dans l'éducation et la formation ? Aussi est-il absolument nécessaire de regarder de près le sens et la portée de ces expressions. Derrière leur apparente simplicité, elles cachent des partis pris souvent contradictoires. C'est pourquoi il faut en débusquer les significations et, derrière les slogans, chercher les concepts. C'est tout l'enjeu de cet ouvrage : éclairer le pédagogue en lui permettant d'accéder aux véritables enjeux qui se cachent derrière les « lieux communs » pédagogiques. L'armer pour son métier, l'éclairer pour sa mission, lui fournir les « concepts clés » nécessaires pour mener à bien, le plus lucidement possible, l'entreprise éducative.

  • Si chacun convient que l'Ecole ne peut pas résoudre à elle seule tous les problèmes de la société, Sylvain Connac, en chercheur et en pédagogue, montre dans ce livre que l'enseignement peut lutter néanmoins contre toutes les formes d'exclusion qui gangrènent le
    lien social et compromettent l'avenir de nombreux enfants tout autant que notre avenir collectif.
    L'auteur tourne résolument le dos aux fausses solutions de la sélection précoce ou de l'externalisation des aides aux élèves. Tout au contraire, il propose de faire de l'hétérogénéité une richesse et d'investir la classe comme lieu possible d'une pédagogie authentiquement démocratique.
    Pour cela, il expose la « pédagogie du colibri » inspirée d'André de Peretti. C'est une pédagogie où chacun « fait sa part » en assumant délibérément une tension fondatrice entre la présence et la distance,
    l'engagement et la retenue, l'exercice de l'autorité et la promotion de l'autonomie. Dans la « pédagogie du colibri », le maître construit du collectif et encourage le travail personnel, il promeut un fonctionnement coopératif en interaction avec les plans de travail personnel, il programme rigoureusement son enseignement tout en étant attentif aux besoins de chacune et de chacun, il articule étroitement découverte et formalisation, tâtonnement expérimental et structuration des connaissances. Ainsi, la lutte contre l'exclusion ne relève plus de l'incantation : elle est à portée de main de tout enseignant.
    Remarquablement argumenté et informé, illustré d'exemples et de propositions concrètes, ce livre est, tout à la fois, une leçon d'optimisme éducatif et de créativité pédagogique.

  • Par habitude ou par ignorance, nous sommes parfois amenés à reproduire dans les classes toujours les mêmes schémas. Ainsi se pérennise un modèle qui n'est plus interrogé et qui a de plus en plus de mal à mobiliser les élèves. Non que les « méthodes éprouvées » soient mauvaises, mais parce qu'elles sont souvent répétitives et, parfois, peu adaptées. Parce qu'aussi, l'enseignant qui n'améliore pas constamment sa manière de transmettre les savoirs est lui-même menacé de s'ennuyer... et d'être débordé par ses élèves !
    Mais, a contrario, l'improvisation permanente, le pragmatisme systématique et la fantaisie débridée ne sont pas des gages de réussite. C'est pourquoi le livre d'André de Peretti et François Muller est si précieux : il présente un ensemble raisonné des ressources auxquelles on peut faire appel pour enrichir sa panoplie méthodologique.
    Ce livre ouvre le champ des possibles, tout en respectant les fondamentaux de la pédagogie et de la didactique. Il permet de trouver une extraordinaire quantité d'idées et de propositions pour être, à la fois, plus à l'aise et plus effi cace dans sa classe. Il nourrit le travail quotidien, de manière très concrète, et stimule l'imagination.
    Conçu comme un véritable inventaire des ressources et des possibles, c'est, en même temps, un outil de travail et de formation. Utilisé seul ou en équipe, il permet de retrouver le goût d'un métier trop souvent encore considéré comme répétitif et taylorien... C'est un formidable livre de bord pour ceux qui veulent faire du métier d'enseigner une aventure éducative au service de la réussite de tous.

  • Quoi de plus émouvant mais aussi de plus stressant pour un jeune professeur débutant que de prendre en charge sa première classe à l'école ! D'autant plus que, depuis la rentrée 2010, les professeurs débutants se retrouvent face à une classe sans avoir bénéficié d'une formation suffisante Ils trouveront dans ce livre ce qu'ils ne trouvent pas dans leur formation et qui est essentiel pour enseigner. Il peut s'agir de notions concernant le savoir-être : attitudes vis-à-vis des élèves selon les situations ; ou le savoir-faire : quelles méthodes utiliser, comment gérer son temps, comment évaluer Cet ouvrage, véritable outil de soutien et de perfectionnement au quotidien, rédigé dans un style simple et direct, est facile d'accès, très opérationnel et synthétique. Le lecteur y trouvera de nombreux exemples et cas concrets, ainsi que des astuces et des modèles. À l'heure où de nombreux enseignants expriment leur désarroi devant l'évolution de la profession, « Réussir sa première classe » deviendra le compagnon indispensable du jeune professeur pour mener à bien son travail pédagogique.

  • Les expériences de « classe inversée » apparaissent aujourd'hui prometteuses. Alors que, dans les « classes traditionnelles », on « fait cours » à l'École avant d'envoyer les élèves « travailler » chez eux, dans les « classes inversées », le professeur propose aux élèves de prendre connaissance d'un exposé enregistré ou d'une séquence illustrée puis les accueille en classe pour répondre à leurs questions et les accompagner dans la réalisation d'exercices ou de projets... On comprend que ce modèle pédagogique soit particulièrement attractif : à l'ère du numérique, au moment où tant de ressources documentaires sont disponibles, le professeur voit ainsi son rôle renouvelé et peut se consacrer pleinement à l'appropriation des connaissances. Mais il ne faut pas, pour autant, basculer dans la naïveté spontanéiste. Prendre connaissance d'une information ou regarder une vidéo pour en tirer quelques enseignements ne vont pas de soi et le risque existe que beaucoup d'élèves n'en profitent guère. De même, interroger le professeur pour mieux comprendre un phénomène, faire un exercice de manière autonome ou travailler en petits groupes pour résoudre un problème ne sont pas des comportements faciles à mettre en oeuvre. Être intellectuellement actif, s'engager dans un travail et le mener à bien ne se décrète pas, cela se forme. Et, précisément, l'ouvrage d'Alain Taurisson et de Claire Herviou nous montre comment faire. Prenant appui sur des travaux scientifiques éprouvés et des expérimentations solides, présentant les références théoriques nécessaires et donnant de très nombreux exemples d'outils utilisables, les auteurs fondent une véritable « pédagogie de l'activité », garantissant pleinement l'engagement de chaque élève tant dans la prise d'information que dans l'assimilation et le réinvestissement des connaissances. Ils font ainsi de la « classe inversée » une véritable « pédagogie alternative ». Au service de la réussite de toutes et tous. Et pour retrouver le bonheur d'enseigner...

  • Ce livre propose une pédagogie de la médiation qui permette aux enfants et adolescents en « rupture de connaissances », de se réintroduire progressivement, pas à pas, dans « le monde commun ». Car, c'est bien de cela qu'il s'agit : être attentif à ce qui mobilise, chez un sujet, ses capacités d'intérêt et d'investissement pour le savoir. Réinitialiser sans cesse ce qui est, pour lui, « moteur d'apprentissage ». L'acclimater à la culture pour qu'il trouve dans le comprendre les moyens de grandir... Pour cela, il faut un enseignant soucieux de permettre à chacun de prendre sa place, et qui soit formé à une « clinique des apprentissages » nullement incompatible - bien au contraire - avec sa mission de transmission. Ce livre associe analyses de cas, évocation des contes de Grimm, données de la recherche, modélisations et propositions pour les praticiens. Contre tous les fatalismes, l'auteur plaide pour une pédagogie qui permette de passer du « non-apprendre » à « l'envie d'École »...

  • Cet ouvrage montre en quoi le vécu des différentes disciplines est un facteur susceptible d'engendrer des difficultés scolaires, et notamment des relations complexes, parfois même conflictuelles, à l'école. À l'insu des enseignants eux-mêmes, le vécu disciplinaire peut être source de blocages, avec leur lot de représentations et d'émotions, de réactions négatives et d'enkystement dans l'échec. Cet ouvrage se propose d'examiner ce phénomène, et cela à tous les niveaux de l'institution scolaire : enseignement primaire et secondaire, lycées professionnels et SEGPA... On apprend ainsi à quel point il est important de permettre aux élèves de dépasser certains stéréotypes qui opposent disciplines « principales » et « secondaires », « matières scientifiques » et « matières littéraires », etc. Ainsi, ce livre représente-t-il, tout à la fois, une approche complètement nouvelle s'appuyant sur la spécificité des enseignements disciplinaires et une manière de relire et de relier les principes pédagogiques permettant de prévenir efficacement le décrochage scolaire. L'ouvrage est coordonné par Yves Reuter. Ont collaboré : Sylvie Condette, Dominique Lahanier-Reuter, Oriana Ordonez-Pichetti, Xavier Sido, Liliane Szajda-Boulanger, Elisabeth Verfaillie-Menouar, JingjingYu.

  • L'autonomie est aujourd'hui une injonction tant scolaire que sociale : il faut former les élèves à « devenir autonomes », les citoyens sont invités à se « prendre en main » et à « être autonomes », l'évolution des technologies est censée contribuer à nous «autonomiser», etc. Mais qu'est-ce donc que l'autonomie ? Le premier mérite de ce livre est d'en fournir une définition stabilisée : l'autonomie est la capacité d'agir, de choisir et de penser par soi-même afin de se diriger dans le monde. Son deuxième mérite est de nous permettre de comprendre la surchauffe idéologique autour de cette notion : dès lors qu'il n'y a plus de consensus sur le but de l'éducation, l'autonomie en devient une finalité nécessaire. Son troisième mérite est d'insister sur le fait que l'autonomie n'est ni un don ni le résultat d'un développement naturel, mais suppose une interaction avec l'environnement et les expériences qu'il permet, l'intégration de normes sociales, l'acquisition de connaissances scolaires. Elle requiert bien une prise en charge, un ensemble d'interventions éducatives assumées qui sont, ici, très précisément décrites. Car c'est grâce à l'éducation que l'enfant peut devenir autonome.

  • Les travaux du psychanalyste Jacques Lévine irriguent en profondeur depuis de nombreuses années la réflexion et la recherche pédagogique. On trouvera dans ce livre ses principaux apports et des témoignages essentiels de ses collaborateurs.
    À l'écoute des professionnels de l'éducation et convaincu qu' éduquer est une affaire complexe, qui met en jeu des personnes dans une relation toujours à réélaborer, Jacques Lévine a exploré, comme nul autre, les rapports de la pédagogie et de la psychanalyse.
    Ainsi, sa démarche préconise-t-elle un dialogue entre ces deux domaines, dialogue ouvert en permanence pour que l'enseignant et l'éducateur, plus lucides, mieux armés, capables d'entendre ce que disent leurs élèves sans renoncer à ce qu'ils ont à leur apporter, puissent toujours plus inventer eux-mêmes leur propre vie, leur propre métier, leurs propres méthodes. Il faut souligner que ce dialogue entre la pédagogie et la psychanalyse ne se fait au détriment de personne : la psychanalyse reste une ascèse exigeante qui requiert une longue formation et travaille avec ses procédés propres ; la pédagogie reste un métier spécifique centré sur la transmission, exigeant des connaissances solides sur les contenus à enseigner et une inventivité toujours plus poussée pour relever le défi de la réussite de tous.
    Et dans ce dialogue, les travaux de Jacques Lévine fonctionnent comme des « opérateurs d'ouverture ». Ils déverrouillent les pratiques enkystées dans les habitudes. Ils libèrent de bien des angoisses. Ils n'assujettissent pas, mais rendent leur vrai pouvoir à tous les professionnels de l'éducation.

  • Même les meilleurs élèves considèrent souvent l'écriture comme une corvée et ceux en difficulté comme une épreuve, voire une source de souffrance. Face à cela, l'injonction est impuissante, l'exigence a priori sur la forme et l'orthographe, fréquemment paralysante, et la bienveillance lénifiante guère motivante... Éveline Charmeux propose ici bien autre chose : en partant des deux sens du verbe « écrire » - l'activité de production de texte et l'acte graphique lui-même - elle met en scène de manière concrète ce qu'est, pour un élève, « entrer dans l'écrit ». Elle construit ainsi une « pédagogie des situations d'écriture » qui permet à l'enfant de s'engager et de comprendre ce qu'il fait, qui lui permet aussi de progresser sans cesse vers des écrits de plus en plus soignés et rigoureux.

  • Trop souvent conçue comme un « supplément d'âme » ou une parenthèse récréative, la culture peine à trouver sa place dans les établissements scolaires. Les projets culturels restent trop fréquemment juxtaposés avec les « enseignements disciplinaires », quand ils n'apparaissent pas comme fauteurs de troubles ou générateurs de désordres au sein de la « machine école ».
    Or, précisément, le rôle de l'École est bien d'assurer l'entrée des élèves dans la culture. Les savoirs, connaissances et compétences ne doivent donc pas être vécus comme de simples « utilités scolaires », mais bien comme des objets culturels élaborés par les humains pour leur émancipation ; ils doivent permettre aux élèves de donner sens à leur présence et à leur engagement dans le monde.
    Pour favoriser cela, le livre de Thierry Delavet et Marie-Françoise Olivier met délibérément la culture au coeur des apprentissages scolaires et en fait le principe organisateur du fonctionnement de l'École. Il décrit l'action culturelle comme une démarche unificatrice, permettant de mettre en cohérence l'ensemble des activités d'un établissement sur son territoire. Les oeuvres et les pratiques culturelles ne viennent plus « illustrer » les enseignements, elles mettent en relation l'ensemble des savoirs et permettent d'accéder à leur spécificité. Les projets culturels deviennent les projets de l'établissement et sont les véritables projets d'enseignement.
    Dans cette perspective, sont repensés la place du chef d'établissement, le travail des enseignants, comme le rôle et les modalités d'intervention des partenaires territoriaux. Dans ce cadre, la notion de parcours et celle d'évaluation prennent un tout autre sens : l'École, par l'organisation collective de la rencontre avec une culture vivante, devient un véritable espace éducatif démocratique.

  • Préparer un cours, c'est concevoir un dispositif pédagogique capable de motiver ceux qui doivent apprendre, présenter des contenus rigoureux et permettre leur appropriation progressive, prévoir les évaluations nécessaires mais aussi organiser les systèmes de recours pour ceux qui sont en difficulté ou en échec.
    Pour ainsi dire, c'est se situer délibérément du côté de celui qui apprend et préparer le chemin pour son apprentissage. C'est interroger les savoirs pour trouver les moyens de les rendre accessibles et travailler à impliquer ceux qui apprennent...
    Destiné à tous les enseignants et à tous les formateurs, cet ouvrage répond concrètement aux questions qui surgissent dans la pratique quotidienne :
    - Comment préciser le projet d'un cours, d'une séquence d'apprentissage ?Comment en définir exactement les objectifs ?
    - Comment motiver les élèves ? Les impliquer tout au long du travail ?
    - Comment organiser une progression, choisir les bons exemples ?
    - Comment tenir compte de la diversité des élèves ? Organiser un cours en « pédagogie différenciée » ?
    - Comment concevoir un module de formation individualisée ?
    - Comment construire des outils d'évaluation ?
    - Peut-on enseigner des attitudes et, si oui, comment ?

    Afin d'être explicite, l'auteur livre onze exemples très détaillés, couvrant tous les niveaux d'enseignement (primaire, secondaire, supérieur en passant par le CAP et le BEP).
    Ainsi, le lecteur peut, tout en découvrant les principes à mettre en oeuvre, se les approprier sans difficulté.

  • Que l'on soit enseignant, formateur, responsable de formation, chef d'établissement, inspecteur, que l'on exerce son métier à l'école, dans l'enseignement supérieur, en formation continue, on est toujours amené à évaluer, pressé de toutes parts pour rendre des comptes et prouver son efficacité.

    Nul ne peut donc échapper à l'évaluation. Raison de plus pour la mettre en oeuvre de manière rigoureuse. Rien ne serait pire, en effet, que de laisser se développer dans ce domaine des procédures approximatives, des dispositifs dont on ne comprendrait ni le sens ni la portée, des outils dont l'utilisation permettrait toutes les manipulations.

    C'est pourquoi l'ouvrage publié sous la direction d'André de Peretti est absolument essentiel : c'est un véritable panorama exhaustif et critique des méthodes d'évaluation.
    Riche de multiples exemples, il permet à son utilisateur de choisir l'outil adapté à chaque situation, pertinent au regard des objectifs poursuivis, de la nature du public ainsi que de la démarche générale qui est mise en place.

    Chacun y trouvera des instruments et une occasion de réflexion. Chacun pourra réinterroger son métier à la lumière d'une de ses dimensions essentielles : l'évaluation.
    Il faut donc, dans toutes les situations éducatives, avoir constamment ce livre sous la main. On y puisera, tour à tour, des outils d'autoévaluation pour des élèves, stagiaires, étudiants de tous niveaux, des outils de gestion de la classe, de l'établissement ou d'un plan de formation, des suggestions méthodologiques et des mises en garde essentielles.
    Mais on peut aussi progresser dans cet ouvrage en le lisant comme un véritable outil de formation en lui-même : des mini-tests, des pauses évaluatives, des mémentos le ponctuent et permettent de faire le point régulièrement sur ses acquisitions.

    Un livre dont personne ne peut se passer, lorsqu'on a le projet d'y voir clair dans ce que l'on fait et les effets que l'on produit.

  • Chacun s'accorde à dire que la question de l'apprentissage de la lecture est absolument essentielle. Et pourtant, aucun sujet ne se prête plus aux caricatures. C'est, par excellence, le domaine des fantasmes - les dégâts de la « méthode globale ! », des lieux communs - « les jeunes ne lisent plus ! », des simplifications faciles - « les élèves ne doivent même plus connaître les lettres ! »...

    En réalité, les méthodes de lecture n'ont guère évolué depuis des décennies et il convient de (re)faire de la lecture un véritable objet de travail et de recherche pédagogique.

    C'est précisément ce que fait cet ouvrage. Sous la direction d'Éveline Charmeux - qui a consacré toute sa vie professionnelle à cette question - des enseignants, des chercheurs, des militants pédagogiques s'efforcent de comprendre vraiment « ce que lire veut dire ».
    Ils identifient, à partir d'exemples précis et d'études approfondies, les différents « chemins » entre lesquels, en permanence, l'enseignant doit choisir s'il veut que l'élève accède aux textes. Ils débusquent les présupposés implicites qui obscurcissent les vrais enjeux. Ils pointent les obstacles que l'enfant doit surmonter et déterminent les moyens par lesquels l'enseignant peut l'y aider. Ils examinent une multitude de questions précises qu'ils mettent en perspective autour d'une vision authentiquement émancipatrice de l'accès au lire.

    C'est ainsi que les enseignants d'école primaire, mais aussi les parents et tous les éducateurs, trouveront ici un ensemble totalement sans précédent de réflexions et de propositions. Ils découvriront dans ce travail réellement collaboratif des raisons et des moyens d'agir. Des outils pour penser et des démarches pour accompagner l'enfant dans l'entrée dans la lecture.

  • Quiconque, aujourd'hui, est amené à décrire notre École ou à imaginer son évolution, pense que nos « classes » actuelles constituées d 'élèves à peu près du même âge et du même niveau, faisant tous la même chose en même temps, sous l'autorité d'un professeur, est la seule manière d'enseigner. Cette « forme scolaire » est tellement ancrée dans notre imaginaire collectif que nous avons oublié qu'elle n'est qu'une modalité parmi d'autres, historiquement datée, qui s'est imposée contre d'autres modèles, bien différents... et qu'elle est même, peut-être, devenue obsolète au regard de la réalité sociale et de nos ambitions éducatives contemporaines. Ainsi, Sylvie Jouan nous montre-t-elle brillamment à quel point nous sommes réticents à l'idée d'une « classe multiâge » et fascinés par le modèle d'une « classe homogène », d'ailleurs très largement introuvable. Cette fascination s'inscrit dans une conception de l'enseignement qui s'est imposée sous Guizot, dans les années 1830, et nous renvoie à une vision bien particulière de l'autorité du maître, des apprentissages des élèves, mais aussi, plus globalement, de leur éducation. La « classe homogène » se présente comme une configuration idéale qui nous fait considérer l'hétérogénéité des élèves comme un handicap majeur alors que cela pourrait constituer, au contraire, une ressource considérable et nous permettre d'imaginer un nouveau paradigme pour une École véritablement démocratique. Dans un style d'une belle limpidité, avec une érudition sans faille, Sylvie Jouan nous livre ici le récit d'une « aventure scolaire » essentielle et pourtant méconnue. Son ouvrage est nourri de multiples observations tirées de sa pratique de formatrice. Il permet de comprendre bien des difficultés que notre institution rencontre aujourd'hui et ouvre des perspectives particulièrement stimulantes. Sa lecture passionnera tout autant les enseignants, les cadres éducatifs, les parents et tous les citoyens. Voilà - et ils sont rares - un livre capable de nous faire changer complètement de regard sur notre École.

  • Les préfaces rédigées par le pédagogue depuis quarante ans sont présentées et contextualisées. Ces textes ainsi rassemblés mettent en avant l'actualité des problématiques traitées par D. Hameline concernant notamment l'évaluation, la différenciation, l'autonomie ou la formation.

  • Longtemps, le système scolaire fut dirigé de manière pyramidale, soumis à de nombreux contrôles hiérarchiques, mais sans évaluation de ses effets. Aujourd'hui, une frénésie évaluative s'est emparée de l'École au point que certains proposent pour elle un « pilotage par les résultats ». Mais les effets pervers de cette méthode sont bien connus : réduction de nos ambitions à ce qu'on peut en évaluer quantitativement, concurrence destructrice au sein du service public, prolétarisation des personnels, etc.
    Il est temps de s'engager résolument vers la « grande transformation » que François Muller et Romuald Normand décrivent ici : des « unités pédagogiques » capables de se transformer pour aller vers plus de démocratie et d'émancipation ; une évaluation construite et régulée par les acteurs eux-mêmes, impliquant les élèves, les enseignants et les cadres éducatifs ; la construction de véritables collectifs porteurs du projet d'« apprendre ensemble » ; un nouveau partage des responsabilités ; une mutualisation des réussites ; une formation délibérément centrée sur le développement professionnel ; un partenariat respectueux de chacune et de chacun.
    Nourris de nombreuses études françaises et internationales, les auteurs nous montrent que ce projet n'est pas une utopie. Ils en donnent de nombreux exemples de réussite ; ils en présentent les conditions ; ils en fournissent les outils. Très structuré et très concret à la fois, ce livre ouvre la voie d'une véritable transformation de l'École. Grâce à l'intelligence et à la créativité de tous ses acteurs.

  • En éducation, comme dans bien des domaines, « c'est la marge qui tient la page », selon la belle formule de Jean-Luc Godard. C'est dans les « banlieues » des grands systèmes que s'inventent les solutions qui permettent de penser les pratiques et les institutions de demain. Et c'est quand ils sont face à des défis difficiles, quand ils refusent de baisser les bras, que les pédagogues nous montrent le chemin.
    Le livre coordonné par Rémi Casanova et Sébastien Pesce nous confronte à des « pédagogues de l'extrême » qui, d'Argentine à Israël, de la France au Mozambique, du Portugal à l'Inde, se coltinent avec des enfants et des adolescents que beaucoup considèrent comme des « cas désespérés ». Ces pédagogues refusent toute fatalité. Ils croient en l'éducabilité de chacune et de chacun. Et ils imaginent pour cela des pédagogies qui démontrent qu'éduquer est une véritable « utopie concrète ». Des « enfants des rues » peuvent ainsi devenir des « ambassadeurs de la loi », des adolescents handicapés peuvent s'avérer les plus habiles sportifs qui soient, des décrocheurs peuvent être de formi dables tuteurs pour des élèves plus jeunes...
    Il faut absolument lire ce livre. On y trouve une formidable alliance entre générosité et rigueur, détermination et intelligence, ambition et modestie. On y rencontre l'aventure pédagogique dans ce qu'elle a de plus exaltant. Mais on y réfléchit aussi sur les « invariants pédagogiques » à partir desquels chaque éducateur et chaque enseignant peuvent travailler pour être plus lucides et efficaces à la fois.

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