FeniXX réédition numérique (La Manufacture)

  • Avec sa sensibilité d'écrivain (il est l'auteur de La Promenade en mer) et sa pertinence de spécialiste (il est psychiatre des hôpitaux), A. Mauprat propose ici un Balzac au risque de la psychiatrie. Clinique, existentielle, psychanalytique, esthétique, son enquête se lit comme un roman policier.

  • Le défi, ce n'est pas seulement celui des deux évènements majeurs du 1992 espagnol : Exposition universelle à Séville et jeux Olympiques à Barcelone. C'est, aussi, l'occasion de réconcilier l'Andalousie avec la modernité, de retrouver pour le pays son rôle de nation créatrice, enfin de savoir s'il a réellement dominé son histoire depuis la mort du général Franco.

  • On a déjà beaucoup écrit sur ces bébés qui ont commencé leur vie dans des tubes de verre et qu'on a baptisés du triste nom de « bébés-éprouvette ». Même si les pourcentages d'échecs sont honnêtement cités, ils le sont si discrètement qu'ils paraissent secondaires, et c'est l'exploit scientifique qui est toujours mis en avant. Ces enfants sont pourtant le fruit d'un désir immense, d'une obstination hors du commun défiant angoisses, souffrances, déceptions et espoirs vains. Jusqu'à leur naissance, leurs mères ont eu « la peur au ventre ». L'une d'entre elles, Elisabeth Raumont, a vécu avec courage et persévérance cette bataille de la fécondation in vitro. Elle confie son aventure aux femmes et aux hommes qui ont presque fini d'espérer.

  • « Jean Paulhan, vous savez, était un simple membre du comité de lecture de la Nouvelle Revue française avec André Gide, mais on répétait à tous les échos que lui seul décidait du choix des manuscrits, car il passait pour être l'Eminence grise qui, en sous-main, gouvernait. Un jeune auteur ne songeait qu'à obtenir de sa part quelque encouragement et si possible une approbation et un appui qui assurent son accès dans le domaine des lettres et peut-être son avenir. Mais allez toucher ce personnage qui était entouré et s'entourait d'un mystère. Ses jugements apparaissaient spontanés, soudains et surprenants. Dans les entretiens, il ne manquait pas de vous mettre dans l'embarras car ses propos n'étaient pas d'un maître mais d'un curieux qui cherchait à vous surprendre et même à vous démonter tout en se tenant lui-même dans une extrême réserve. »

  • Vladimir Jankélévitch ne fait pas partie du troupeau. Il ne rompt pas avec la philosophie allemande, il fait pire, il l'oublie. C'est ce qu'on ne lui pardonnera jamais. Et le troupeau n'aura de cesse de l'isoler, de l'ignorer. Si le vrai sens de la philosophie est l'amour, l'amour est avant tout acte qui engage. Et l'engagement n'est pas pour le philosophe du « sérieux de l'intention », du « pur et de l'impur » un vain mot. C'est un mot grave, c'est un mot qui urge et brûle et consume, à l'image de l'amour. Il ne se galvaude pas. Il ne transige pas. Il s'oppose, il prend parti, il "engage" tout l'être : corps, âme, esprit. Jankélévitch s'oppose ici diamétralement à Sartre et à Merleau-Ponty, à propos desquels il ne livra jamais publiquement son sentiment sur cette question. Demeure un fait incontournable : ni Sartre, ni Merleau-Ponty ne s'engagèrent dans la Résistance. L'engagement est l'acte par lequel la liberté choisit.

  • Raymond Aron, philosophe et acteur de l'histoire du XXe siècle, laisse une oeuvre considérable et hybride. A la fois professeur et journaliste, il a profondément ressenti le caractère tragique du siècle ; patriote français, que le gouvernement de Vichy a exclu de la communauté nationale ; intellectuel d'origine juive, dont la pensée fut modelée par la philosophie allemande, la montée du nazisme et de l'antisémitisme durant l'agonie de la République de Weimar ; polémiste classé à droite, alors qu'il fut le premier à prendre publiquement position en faveur de l'indépendance algérienne ; athée, qui a rencontré certains catholiques dans la dénonciation des religions séculières. Contrairement à Jean-Paul Sartre, son "petit camarade" de l'Ecole normale supérieure, qui s'est toujours considéré comme un moraliste, Raymond Aron a voulu penser la politique du côté des acteurs, contre les "belles âmes", en soulignant la nécessité de l'engagement et la responsabilité des intellectuels, qui interviennent dans les affaires de la cité.

  • Gustave Roud (1897-1976) est un des plus grands écrivains suisses d'expression française. Son oeuvre n'a pas subi l'ascendant de C.-F. Ramuz, dont il a été pourtant l'ami et le collaborateur. Elle est poétique élégiaque, introspective, elle puise son inspiration à la même source que les romantiques allemands du XIXe siècle. Roud a traduit les oeuvres principales de Hlderlin, de Novalis, et puis celles d'Eichendorff, de Trakl, de Rilke. Sa poésie (une poésie en prose, qui n'a pas son pareil en littérature française) est, comme la leur, une quête spirituelle, métaphysique, qui tend vers un absolu réel. inhérent au monde. Vers un paradis terrestre éparpillé dans la nature et que Roud n'a jamais voulu rechercher ailleurs que dans sa haute campagne joratoise. Il ne l'a jamais quittée. Il l'a décrite avec un talent de peintre et un coeur de musicien, avec un esprit de philosophe. Jean Paulhan disait : « Gustave Roud regarde le monde à l'oeil nu, et la nature ne le distrait pas. » Dans son extrême solitude, Roud a enduré toute sa vie la souffrance noble des grands visionnaires. La dizaine de livres qu'il a publiés de son vivant et son Journal posthume en sont la preuve rayonnante.

  • « De ce livre, je dirais qu'il s'achève là où commencent la plupart des histoires du vin de Champagne, sur la figure de dom Pérignon, au tournant du XVIIe et du XVIIIe siècle. Au siècle dernier, Charles Müntz a pu écrire que les vignes de Champagne poussaient leurs racines "dans un sol artificiel formé d'apports incessants", un sol né du labeur de la soixantaine de générations de vignerons qui ont peiné à "terrer" ces coteaux de la Rivière de Marne et de la Montagne de Reims. L'image me plaît infiniment, car elle évoque la solidarité profonde qui unit entre eux cette chaîne d'hommes et de femmes, dont les descendants oeuvrent encore sur un sol que tous ont nourri. Une chaîne d'hommes et de femmes qu'une tradition historiographique tenace avait brisée, au profit d'une légende où le champagne naissait des tours de main et des secrets d'un moine bénédictin de génie. » En ancrant son propos dans la Champagne rémoise, l'auteur nous permet de saisir les mécanismes de la viticulture médiévale. La mise en place des conditions qui en ont permis l'essor et son aboutissement dans « l'invention » du champagne. Nourri d'un incessant retour aux sources et aux textes anciens, ce livre, d'une grande érudition, apporte une contribution nouvelle à l'histoire de la viticulture, sans jamais se départir d'un souci de la narration et de la clarté du style. Il devrait intéresser non seulement le public champenois mais aussi les historiens et les spécialistes, professionnels ou amateurs, de la vigne et du vin.

  • Mireille Balin, l'une des plus grandes stars du cinéma français est morte en 1968, oubliée et dans la misère. Son destin, aussi tragique que celui de Rita Hayworth ou de Marilyn Monroe, fit de cette actrice suprêmement belle l'un des symboles des années 30. De G. W. Pabst à Jacques Becker, de Julien Duvivier à Jean Grémillon, elle a tourné avec les plus prestigieux cinéastes de son temps et fut l'héroïne de deux chefs-d'oeuvre : Pépé le Moko et Gueule d'amour. Ses amis ? Eric von Stroheim et Raimu. Ses amants ? Jean Gabin et Tino Rossi. Son livre de chevet ? Les Pensées de Marc Aurèle. Son orgueil dévorant et son goût de l'indépendance mirent souvent en péril sa carrière : à Hollywood, elle refuse aux producteurs le droit de modeler son visage et fomente une grève. Incarcérée et jugée à la Libération pour avoir connu une passion avec un officier allemand, Mireille Balin mènera, pendant vingt ans encore, une existence dans la ruine, la maladie et la solitude. La beauté de celle qui fut la femme fatale du cinéma de l'entre-deux-guerres est foudroyée. Suivre pas à pas l'itinéraire de Mireille Balin c'est, à travers les événements politiques et l'univers cinématographique, se sentir proche d'une femme qui, de son apogée à sa chute, fut égale à elle-même : lucide, insolente, libre, en perpétuelle quête d'absolu. Une biographie qui se lit comme un roman.

  • « Quand je pense à la douleur du monde, j'estime que j'ai une chance inouïe de pouvoir faire naître un sourire, un rire. La piste est un coin de paradis où nous entrons pour faire oublier aux autres et à nous-mêmes le malheur. » Cet aveu est de la première femme clown de la légende du cirque, Annie Fratellini, héritière d'une famille illustre. Durant plus de quarante ans, Paul, son grand-père, Albert et François formeront le plus célèbre trio de clowns de l'histoire du cirque, reconnus par les plus grands artistes : Sarah Bernhardt, Darius Milhaud, Jean Cocteau, Radiguet, Fernand Léger, Calder, etc. Après la guerre, le cirque tourne une page de son histoire. Annie Fratellini, « enfant de la balle », choisit d'autres horizons : le jazz, la télévision, le cinéma où elle tournera sous la direction de Louis Malle, Pierre Granier-Deferre et Pierre Etaix (Le Grand Amour). Son destin de clown la rattrape, favorisé par sa rencontre avec Pierre Etaix. Ils seront mari et femme et clowns, offrant le duo le plus surprenant du cirque contemporain. Annie Fratellini sera l'auguste, trente ans après Paul Fratellini, Pierre Etaix sera le clown blanc. En 1972, ils créent l'Ecole nationale du cirque, assurant ainsi le renouveau de cet art. Parce qu'il y aura toujours une Fratellini en piste, cette autobiographie est une invitation au voyage.

  • « Je considère un livre, même le plus personnel, comme une oeuvre en partie collective : tout ce qui est en nous y entre, mais aussi tout ce que nous avons entrevu ou deviné, les livres lus et les voyages faits, l'observation d'autrui autant que les expériences traversées par l'écrivain lui-même, les notes marginales du correcteur d'épreuves, les lecteurs, les amis ou hostiles. Nous sommes tous trop pauvres pour vivre uniquement des produits de ce lopin d'abord inculte que nous appelons moi. » Cette oeuvre de haute exigence est un retour à l'essentiel : l'humain. Elle s'accommode d'un peu d'austérité, de dépouillement ; elle s'enrichit de culture et de réflexion. Elle sollicite, et s'édifie sur le refus de la médiocrité, de la lâcheté et de nos limites et faiblesses. Comment ne pas entendre sa haute voix ?

  • Rédigeant ce livre, j'ai constamment pensé à tous ceux qui, bergers ou laboureurs, ont depuis six mille ans façonné le visage de la Champagne. Sans le savoir, ils produisaient en respectant la terre, tandis que nous la massacrons en le sachant, et en nous en accommodant. Naturellement méfiant vis-à-vis de toutes les sociétés, fussent-elles traditionnelles ou pastorales, j'avoue ressentir jusqu'à la fascination la souveraine harmonie de nos paysages ruraux, de leur architecture permanente et des drapés successifs que les saisons y couchent. A la suite du naufrage des valeurs paysannes anciennes, la sagesse et la culture se sont réfugiées dans quelques personnalités d'exception, bergers et paysans authentiques. De ces témoins je parlerai surtout. Leurs leçons vivent encore en moi. Ils sont les derniers hommes de la terre et du ciel. Je ne peux les arracher à leurs vergers croulant sous la neige de l'aubépine en fleurs, à leurs champs étroits qui fuient et restent comme suspendus à la limite des nuages, à leurs vallées tourbeuses où les tempêtes automnales plaquent par milliers les sarcelles. J'écris ces lignes pendant l'été 1985, vingt ans jour pour jour après que mon grand-père eut définitivement posé sa houlette de berger et rattaché son chien à sa niche, mais je pourrais mettre en épigraphe la phrase des Mémoires d'outre-tombe : « Du temps présent au temps que je vais peindre, il y a des siècles. »

  • Vivre et créer « sur la pointe de l'épée », faire feu et flèche de tout bois : ce qui frappe, face à l'oeuvre de Pasolini, c'est son incomparable diversité. La notoriété du cinéaste a occulté, en dehors de l'Italie, les autres champs d'activités d'un créateur qui fut en premier lieu poète et journaliste, et le resta jusqu'à sa mort, mais également peintre, romancier, dramaturge, scénariste, essayiste, traducteur, acteur. Treize films, vingt et un scénarios, quarante-deux volumes publiés attestent l'ampleur d'une oeuvre qui s'accomplit en trois décennies et qui se clôt par un assassinat sordide sur un terrain vague proche de Rome. Pasolini, que l'on trahit quand on l'enferme dans une vérité solitaire, a surtout voulu transgresser ce qu'une époque se donne comme limites : langages, techniques et disciplines artistiques, idéologies, morales. A ce titre, il n'est peut-être que la forme qu'a prise un certain visage de l'Italie - visage, aussi, de l'Europe occidentale tout entière - depuis l'effondrement du fascisme et les illusions de la Libération jusqu'aux désenchantements des années soixante-dix. « Pasolini » est peut-être le nom du désarroi, de l'incertitude et des espoirs qu'éprouvèrent plusieurs générations venues à l'âge d'homme entre 1945 et 1975.

  • En 1955, la thèse révolutionnaire de Valère Catogan éclata comme un coup de tonnerre dans le ciel de la lupinologie. Depuis lors, elle n'a pas cessé de provoquer des débats passionnés, se révélant, à l'expérience, proprement « infalsifiable ». Pour reprendre la formule de l'inspecteur Ganimard, on ne sait ce qu'il faut y admirer le plus, la hardiesse de la conception d'ensemble ou l'ingéniosité des détails. François George a pu parler d'une « coupure épistémologique ». Au-delà même des cercles érudits, quelle que soit leur extension prévisible au moment où vient de se fonder l'association des amis d'Arsène Lupin, l'honnête homme se sent interpellé par un texte qui s'enfonce jusqu'aux sources de l'identité nationale pour rejaillir dans l'avenir lumineux d'une vie humaine inespérément prolongée. Trente ans après, le secret des rois de France n'a rien perdu de sa puissance ni la démonstration catoganienne de sa stupéfiante audace.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Il y a quelque ironie à présenter Michel Foucault dans la collection "Qui suis-je ?". De son vivant, il répondit à cette question : « Je ne sais rien de moi. Je ne sais même pas la date de ma mort. » Mais il nous laisse son oeuvre et cette trajectoire éblouissante, précocement interrompue, qui mène de Normale Supérieure au Collège de France, en passant par l'agrégation de philosophie, la recherche, les voyages, les thèses et l'enseignement universitaire. A l'origine, une enfance sage à Poitiers, de solides études classiques chez les bons pères et la ferme volonté de se tailler sa propre voie, de n'obéir qu'à sa curiosité. Ainsi Foucault nous conduira-t-il à nous interroger sur la folie, sur la sexualité, sur l'archéologie du savoir. Nul plus que lui ne fut animé par une telle fringale de connaissance, une telle soif de liberté. Il les communique au lecteur qu'il contraint à regarder en face les visages contradictoires de la vérité.

  • Certains s'obstinent à l'appeler Alexis Leger, et c'est déjà signe d'estime. Le collaborateur de Briand, le diplomate sans peur et sans reproche, la bête noire de Hitler dans les négociations internationales, le chantre de l'Europe trente ans avant le traité de Rome : il fut tout cela, et au plus haut de ce qu'il pouvait être. D'autres ne connaissent et ne veulent connaître que Saint-John Perse, l'immense poète de la pluie et du vent, de la mer et des oiseaux, des flagellations de tous les exils. Il se trouve peut-être encore des gens qui ignorent que ces deux identités concernent une seule et même personne, mais deux vocations. Comme nul n'est prophète en son pays, les Français l'admirent de loin sans trop le fréquenter. Mais le prix Nobel de littérature, obtenu en 1960, consacre Perse comme le plus grand poète de langue française du vingtième siècle. Aux Etats-Unis, dans les pays d'Europe du Nord et dans tout le domaine hispanophone, il est traduit, lu, admiré. En France, son heure viendra quand ses compatriotes se réconcilieront avec la haute poésie, quand ils sauront faire rimer culture avec ouverture et avec nature. Saint-John Perse a le vingt et unième siècle pour lui.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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