FeniXX réédition numérique (Nouvelles éditions JMP)

  • Terreur et Rhétorique. Autour du Surréalisme. La fureur qui lançait naguère les avant-gardes à l'assaut de la littérature établie s'est récemment calmée. Pour comprendre ces anciens, et peut-être futurs, conflits, il convient de revenir sur les notions de Terreur et de Rhétorique que Jean Paulhan sut imposer dans les années quarante afin de rendre intelligible l'implacable lutte idéologique qui déchirait les Lettres en France depuis Baudelaire. Ici, André Breton et les surréalistes ainsi que Georges Bataille et Henri Michaux, proches du surréalisme en dépit de désaccords fondamentaux, incarnent la Terreur et la quête du Sublime, c'est-à-dire la volonté de changer la vie, plutôt que celle d'améliorer la littérature, si décriée d'ailleurs depuis Verlaine. Ancien partisan de la Terreur, Michel Leiris conçut enfin un compromis viable avec la Rhétorique. Ce processus passe par la découverte de l'anthropologie et de l'autoportrait. Il en ira de même, à tout prendre, pour Roland Barthes et Edgar Morin. Enfin, la Rhétorique, qui reste inséparable de la poétique occidentale, renaît de ses cendres au moment où pèsent les plus graves inquiétudes sur l'avenir de la littérature, reléguée dans les marges de la culture contemporaine par les médias électroniques.

  • Qu'est-ce que le surréalisme ? Question paradoxale, voire incongrue, à l'heure où rien du mouvement ne semble devoir échapper à l'oeil du chercheur penché sur ce nouvel objet d'étude. Et pourtant. À mesure que le surréalisme s'éloigne dans l'histoire, ce qu'il est devenu rend inintelligible ce qu'il fut et ce qu'il voulait être. Les éléments constitutifs de son utopie révolutionnaire apparaissent comme irréductiblement dissociés : d'un côté, la politique, de l'autre, l'art ; au mieux, l'art plus la politique. Comment la division qui s'est opérée a-t-elle transformé le surréalisme en une avant-garde artistique, puis en une micro-institution conservatrice ? Quelles forces sociales sont à l'oeuvre dans une telle évolution ? L'auteur répond à ces questions en prenant parti pour le surréalisme vivant, donc pour l'utopie surréaliste reléguée aux oubliettes.

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