Sciences humaines & sociales

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'auteur, ancien résistant et chef de cabinet de Charles de Gaulle, nous fait suivre l'itinéraire des combattants pour la liberté, avec des anecdotes et des portraits des principaux acteurs de ces années.

  • Par un rappel des grandes étapes de l'histoire des Allemands au cours des deux derniers siècles, propose des repères qui permettront au lecteur de comprendre les rapports, parfois complexes, que les Allemands entretiennent avec le fait national et la démocratie. Une réflexion sur la réalité de la division et sur le processus de réunification.

  • Le Brésil a réalisé un grand nombre de performances économiques. Ce dynamisme n'est pas le fait du hasard : les Brésiliens l'ont voulu spectaculaire, rapide, largement international. Mais il est aussi risqué et paradoxal. Quel avenir peut-on imaginer pour ce Brésil et ces Brésiliens qui vivent constamment deux temps contradictoires : un temps court, fait d'espérances, d'exaltations affectives et de violence mal contenue ; un temps long, une foi profonde dans un destin exceptionnel ? Ce qui se passe aujourd'hui est à l'image des métropoles brésiliennes, passionnant et angoissant. L'opposition entre un Brésil en plein décollage économique et un Brésil pauvre et dominé reste au coeur du grand débat sur l'idéologie de développement. Pour aider le lecteur à comprendre ce pays, l'une des grandes puissances de demain, Raymond Pébayle a entrepris de décrire dans son livre une population de 138 millions d'habitants aux prises avec un espace immense : près de 8,5 millions de km2, une population polyethnique "pilier de la civilisation latine... imprégnée d'Afrique en même temps qu'irrésistiblement séduite par l'American Way of Life." (Pierre Monbeig). L'auteur a mené son enquête sur l'homme et l'organisation de l'espace selon un cheminement prudent et logique qui n'élimine jamais les pulsions, les dépressions, les exaltations des Brésiliens : la tradition d'abord, puis les grands changements contemporains, enfin les enseignements et l'ébauche d'un schéma géographique d'aménagement. La violence est annoncée, mais l'extraordinaire faculté d'adaptation reste une réalité spécifiquement brésilienne.

  • Ce volume de la collection "Questions d'Histoire" aborde un problème de l'histoire des civilisations, la naissance de l'oeuvre de Shakespeare dans le contexte de l'Angleterre élisabéthaine et sa diffusion dans le temps et dans l'espace à travers des sociétés fondamentalement différentes. Dans une synthèse des travaux anglo-saxons récents, il dégage les thèmes essentiels de l'ensemble de l'oeuvre et de chacune des pièces en les rapportant aux conceptions politiques, éthiques et métaphysiques de l'époque. Il montre ensuite comment Shakespeare a été reçu dans L'Europe classique, romantique et contemporaine et quel accueil lui ont fait les civilisations asiatique et africaine. Il discute enfin les problèmes qui ont fait l'objet de controverses : la personnalité de Shakespeare ses idées religieuses, l'organisation du théâtre élisabéthain, etc.

  • L'islam est devenu l'enjeu d'un combat sans merci entre un obscurantisme sans pitié et une vacillante modernité. Sur la rive arabe de la Méditerranée, les confréries intégristes ont resurgi, absurdes et violentes, hors du temps. Les chrétiens d'Orient ont été repris par leur millénaire angoisse. Les musulmans modérés se taisent. Mais en Occident les "Turcs de profession", orientalistes complaisants ou abusés, se sont donné pour tâche de présenter un "islam à l'eau de rose", à l'heure même où des musulmans de France sont confrontés, eux aussi, à la tentation fondamentaliste. Jean-Pierre Péroncel-Hugoz

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  • Marc Augé poursuit ici l'exploration d'un univers païen, auquel il s'est intéressé à plusieurs reprises et dont l'Afrique lui paraît offrir quelques illustrations remarquables. "Comment peut-on adorer le bois et la pierre ?" se demandaient les missionnaires chrétiens et quelques ethnologues. Tout l'objet de ce livre vise à proposer une réponse à cette question un peu angoissée. L'auteur montre que l'univers animiste est une fascinante pensée de la relation. A l'interrogation ci-dessus, les prêtres des dieux du Bénin répondent qu'entre la matière et la vie, entre hommes et dieux, ou morts et vivants, il n'y a pas plus solution de continuité qu'entre le même et l'autre. Legba, par exemple, dieu personnel par excellence, est plus que tous les autres imprégné d'humanité. C'est dans le rapport aux autres, qui passe par les dieux, que s'éprouve la singularité de chaque destin et le rapport de soi à soi. Telle est la problématique de ce livre. Mais c'est de la manière la plus concrète que Marc Augé nous révèle que la religion africaine est également une philosophie aux profondes questions et aux subtiles réponses, que nous ne devrions pas trouver absolument étrangères à nos propres capacités symboliques.

  • Qu'est-ce que le peuple assemblé ? La question est majeure dans l'évocation des deux cents années qui nous séparent de la première Assemblée nationale que la France ait connue : c'était le 17 juin 1789. Mais ce n'est pas la première fois que le peuple était réuni. La monarchie, dans les périodes troublées, avait coutume d'assembler les États-Généraux. Leur histoire est indissociable de celle des Assemblées parlementaires, et l'éluder serait méconnaître le long itinéraire qui aboutit à cet été unique de 1789. Roland Dumas n'écrit pas seulement une histoire fouillée des États-Généraux ou du Sénat du Royaume, il prolonge sa recherche par une réflexion d'homme politique, habitué depuis trente ans des forums parlementaires et depuis dix ans des arcanes du pouvoir exercé au plus haut niveau. Toute la force de cet ouvrage tient précisément à ce qu'il n'est pas l'oeuvre d'un historien de métier mais d'un homme d'action et de réflexion. C'est-à-dire d'un homme d'État.

  • La mélancolie, cette « bile noire » que les Anciens considéraient comme constitutive de l'être, occupe une place de choix dans la théorie psychanalytique. Freud la définit comme une destruction, marque d'un deuil impossible qui touche à la structure même du sujet. Elle se signale effectivement comme suspens du désir, emprisonnement dans la mort, ressassement, apathie, cruauté - et jouissance - exercée à l'endroit de l'autre et de soi-même, et va de pair avec une réduction des fonctions du vivant au seul ordre du besoin et de la survie. La souffrance, la passion, la toxicomanie, la violence, le désespoir politique et l'appel à la tyrannie sont autant de manifestations d'une affection dont Jacques Hassoun entreprend ici d'analyser le fonctionnement et les causes à travers la clinique et la littérature.

  • Ce livre est un essai sur la civilisation nord-américaine : l'optique géographique permet d'en saisir les bases matérielles et les manifestations inscrites dans l'espace. Elle souligne comment paysages, sociétés et mentalités se combinent pour donner au Nouveau Monde son originalité. Paul Claval reconstitue les grandes étapes de la formation des États nord-américains et analyse leurs principes de base. Il montre ainsi que la source de leur dynamisme, ce n'est pas le gigantisme comme on le croit souvent, mais l'individu qui agit au sein d'une petite communauté démocratiquement gérée. Ces micro-structures permettent à chacun de faire l'expérience de la liberté dans une atmosphère d'inépuisable créativité. Depuis l'Église puritaine des Saints de Nouvelle-Angleterre, la dialectique du groupe local et des grands espaces n'a cessé de jouer : elle a fourni aux États-Unis le fondement de leur vie civique - et de leurs succès sociaux et économiques. Le Canada est aussi une terre de communautés, mais celles-ci y sont plus encadrées et ne génèrent pas autant d'initiatives sociales. L'atmosphère demeure subtilement plus européenne.

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  • Le Sahel est-il un piège à peuples ? La sécheresse de 1969-1974 en a révélé les risques pour ceux qui ignoraient que la vie collective y a toujours été suspendue dramatiquement à l'irrégularité des pluies. Jean Gallais étudie ici une région apparemment privilégiée, la plaine saisonnièrement inondée du Delta intérieur du Niger, dont il suit l'évolution depuis 1956. Plusieurs peuples y furent attirés et s'y imbriquèrent tout en conservant leurs techniques et leurs cultures propres. Le maintien d'une ethnicité aussi vigoureuse n'est compréhensible qu'en reconstituant pour chaque groupe la perception particulière de l'espace et du temps. Ainsi « l'espace-temps » du pêcheur bozo se glissant dans le labyrinthe des eaux n'a rien de commun avec celui de son voisin Peul, pasteur sédentaire. Mais tous sont confrontés à une certaine dégradation du milieu. Les tensions traditionnelles s'aggravent, la concurrence entre les divers pouvoirs s'accroît. L'auteur analyse les multiples opérations de développement régional et constate leur faible impact et leur détournement par la classe urbaine. Il pose une question essentielle, rarement abordée parce que "scandaleuse" : y a-t-il réellement une société dans le Delta qui identifie son projet, ses objectifs au développement régional ?

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  • La paix de Versailles... ses décisions commandent tout l'entre-deux-guerres... Ont-elles été mûries, pesées, "programmées" ? L'histoire nous montre qu'elles ont été, au contraire, négociées difficilement, dans la confusion, au jour le jour. Les réactions de l'opinion publique ? Comment les mesurer sinon essentiellement à travers la presse de l'époque, multiple, souvent véhémente, la plupart du temps impuissante. Car si la presse est un "pouvoir", elle se trouve confrontée, quotidiennement, avec les autres pouvoirs, le Parlement, le Gouvernement, accessoirement le Président de la République, l'État-Major (derrière le Maréchal Foch), le pouvoir économique. La presse, et singulièrement la presse quotidienne, est ainsi à la fois le reflet d'une opinion qui cherche à tâtons vérité et sécurité, mais aussi le creuset où viennent se mesurer et s'affronter les différents pouvoirs, tout au long des négociations. Que l'opinion publique, à travers la presse, ait été informée, plus ou moins. de l'élaboration de la paix, c'est un fait ; qu'elle n'ait pas eu les moyens de définir et d'imposer une certaine conception de la paix, c'est un autre fait. Mais cette impuissance n'est-elle pas, d'une manière générale, la caractéristique commune des mentalités françaises de l'entre-deux-guerres ?

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  • Dans une civilisation où l'on s'ennuie, que reste-t-il d'autre pour se divertir - c'est-à-dire finalement pour subsister - que la collection. La collection est une passion, "une passion qui lève les barrières de l'âge, du sexe et de la société, qui peut occuper entièrement les esprits les plus profonds comme les plus superficiels...". Le monde des collectionneurs est immense et ce que nous propose Philippe Jullian, c'est un voyage amusant amusé, passionnant passionné dans ce qui est réellement, pour quelques centaines ou milliers d'individus, le "meilleur des mondes". Il le fait avec sa vertu et sa férocité habituelles, passant en revue les manies innocentes et les passions dévorantes qui poussent l'être humain à amasser les billes, les timbres-poste, les boutons, les étiquettes d'hôtel, les soldats de plomb, les autographes, les tableaux, les livres, les gravures ou les objets les plus insolites. Sans avoir l'air d'y toucher il esquisse une psychologie, une sociologie, une géographie, une morale et une philosophie de la collection pour terminer sur un "Dictionnaire des Collections et des Collectionneurs" qui évoque à la fois La Bruyère et Flaubert. C'est donc un livre riche et désinvolte à la fois, un livre excitant pour l'esprit et qui agacera prodigieusement certains lecteurs mais, comme le dit l'auteur, "ayant déjà la réputation d'être snob et méchant, je ne me soucie pas de paraître prétentieux".

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