La découverte

  • Depuis 1992, l'Algérie est déchirée par une nouvelle guerre qui ne dit pas son nom. Elle aurait déjà fait plus de 100 000 victimes et semble ne devoir jamais finir. En France et en Europe, les opinions s'indignent et les manifestations de solidarité se multiplient. Mais elles restent encore entravées par l'insuffisance de l'information et surtout par les discours qui s'opposent pour tenter d'expliquer les causes de ce drame. Pourtant, si la réalité algérienne est particulièrement complexe, elle n'est pas indéchiffrable, pour autant que l'on dispose des bonnes clés. Celles que, précisément, le journaliste Djallal Malti - qui suit l'actualité algérienne depuis plusieurs années propose dans ce petit livre. Après une préface de José Garçon analysant le mode de fonctionnement très singulier du pouvoir algérien, Djallal Malti apporte des réponses précises et argumentées aux questions le plus souvent posées par les observateurs. Le régime algérien est-il une dictature ou une démocratie naissante ? La presse algérienne est-elle indépendante ? Quel est le projet politique de l'islamisme radical algérien ? Quelle est la responsabilité des groupes armés islamistes dans la violence ? Quelle est la responsabilité des forces de sécurité et des milices dans la violence ? Quel rôle joue la dimension économique (corruption, rente pétrolière, pressions du FMI) dans la poursuite de la guerre civile ? Quel est le projet social du pouvoir ? Pourquoi les démocrates algériens sont-ils divisés ? Pourquoi la communauté internationale - et en particulier la France - reste-t-elle si passive face au drame algérien ? Que peut-on faire ici concrètement pour venir en aide au peuple algérien ? (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1999.)

  • Montre de façon particulièrement convaincante pourquoi le krach, pourtant largement prévisible, a pris par surprise la majorité des experts occidentaux. Ceux-ci ont préféré fermer les yeux sur l'état de chaos dans lequel le pays était plongé depuis plusieurs années et ont encouragé les gouvernements russes à suivre des politiques qui ne pouvaient mener qu'à des impasses.

  • Bien que les médias ne lui portent qu'un intérêt à éclipses, la question des sans-papiers est désormais posée de façon permanente à la société française et à l'Europe. Et ce ne sont pas les régularisations partielles et temporaires intervenues ces dernières années qui peuvent laisser espérer une solution.



    Comme le montrent les auteurs de cet essai, le problème tient à des facteurs structurels, dont rien ne permet de penser qu'ils pourraient disparaître dans un avenir prévisible par un simple bricolage institutionnel : la persistance d'une offre significative de travail clandestin liée aux profits substantiels de la « délocalisation sur place », encourageant une « clandestinité officielle » ; l'illusion entretenue de la maîtrise étatique des phénomènes migratoires, au prix de l'insécurisation des populations d'origine étrangère ; le marasme de la coopération et l'ignorance dans laquelle notre système juridique tient les dispositions du droit international ; la tentation croissante d'un apartheid européen. Dans tous ces domaines, les auteurs proposent un « état des lieux », procèdent au recensement critique des idées reçues, avancent des contre-propositions nouvelles. Et, sur la base de ce solide argumentaire, ils dénoncent avec vigueur les contre-vérités du discours gouvernemental justifiant le maintien dans la précarité de dizaines de milliers de sans-papiers.

  • Le pacte civil de solidarité (Pacs) est partout présenté comme l'une des grandes réformes sociales de la gauche française. La loi du 15 novembre 1999 a été adoptée à l'arraché après beaucoup d'incertitudes gouvernementales, de guerres d'experts, de mobilisations sociales, et après un marathon parlementaire très conflictuel. Avec deux ans de recul, la victoire finale est-elle aussi éclatante ? L'un de ses enjeux fondamentaux était la place que la société accorde à l'homosexualité. Certes, depuis vingt ans, nous sommes entrés dans l'ère de la tolérance que l'épidémie du sida a mêlée de compassion solidaire. Mais dès qu'il s'agit d'aller au-delà et de raisonner en termes d'égalité de droits ou en termes de respect des différences dans les orientations sexuelles, force est de constater que l'homosexualité retrouve une partie de sa marginalité. Dans cet ouvrage, Daniel Borrillo et Pierre Lascoumes montrent que, malgré l'adoption du Pacs, l'homophobie demeure une composante forte de nos sociétés qui, pour démocratiques qu'elles prétendent être, se révèlent en réalité incapables de se penser hors de la norme hétérosexuelle. Retraçant les grandes lignes de la controverse qui a conduit de la revendication d'un partenariat pour les concubins jusqu'au Pacs, ils s'attachent à montrer comment la gauche a finalement contourné l'une de ses valeurs cardinales, l'égalité : si la droite politique assume souvent une homophobie explicite, la gauche est " hétérosexiste " par sa croyance dans une hiérarchie des sexualités qui met l'homosexualité dans une place subordonnée. Les auteurs montrent comment homophobie et hétérosexisme se sont alors associés pour refuser de reconnaître l'existence d'un véritable pluralisme des orientations sexuelles justifiant une égalité réelle dans l'exercice de la citoyenneté, et pour cantonner l'homosexualité dans une place mineure.

  • Depuis les années quatre-vingt, la " modernisation " est partout à l'ordre du jour. Mais au nom de la nécessaire adaptation aux " mutations du monde contemporain ", c'est bien souvent une véritable " barbarie douce " que cette modernisation aveugle installe au coeur des rapports sociaux. Depuis les années 1980, la " modernisation " est partout à l'ordre du jour. Mais au nom de la nécessaire adaptation aux " mutations du monde contemporain ", c'est bien souvent une véritable " barbarie douce " que cette modernisation aveugle installe au coeur des rapports sociaux. C'est ce que montre Jean-Pierre Le Goff dans ce livre, dans deux champs particulièrement concernés par le phénomène : l'entreprise et l'école. La barbarie douce s'y développe avec les meilleures intentions du monde, l'" autonomie " et la " transparence " sont ses thèmes de prédilection. Elle déstabilise individus et collectifs, provoque stress et angoisse, tandis que les thérapies en tout genre lui servent d'infirmerie sociale. L'auteur met à nu la stupéfiante rhétorique issue des milieux de la formation, du management et de la communication. Et explique comment elle dissout les réalités dans une " pensée chewing-gum " qui dit tout et son contraire, tandis que les individus sont sommés d'être autonomes et de se mobiliser en permanence. L'auteur montre que cette barbarie douce a partie liée avec le déploiement du libéralisme économique et avec la décomposition culturelle qui l'a rendue possible. Et il explore les pistes d'une reconstruction possible pour que la modernisation tant invoquée puisse enfin trouver un sens.

  • La question de la lutte contre la violence et l'insécurité occupe depuis quelques années une place importante dans le débat politique français. Par ailleurs, les faits divers de délinquance des jeunes occupent une place croissante dans l'actualité médiatique et sont présentés comme les manifestations d'une sorte de " nouvelle barbarie ". Amalgamant les délinquances les plus bénignes et les plus graves, de prétendus " experts " réactivent la vieille peur du complot de l'" ennemi intérieur ". Laurent Mucchielli s'efforce d'abord d'expliciter les enjeux de ce débat, de décortiquer les discours et d'en montrer tous les artifices. S'appuyant sur les recherches menées depuis une trentaine d'années, il explique comment on doit lire les statistiques de l'insécurité et de la violence (atteintes aux biens, agressions, violences à l'école). Il retrace l'histoire de la délinquance juvénile depuis les années cinquante, resituant ainsi ce problème de société dans une perspective économique, sociale et politique. Loin de la crispation actuelle sur de simples recettes policières, mais sans nier l'existence des problèmes, il propose alors quelques réformes de fond pour réduire la délinquance juvénile.

  • Qu'est-ce que le Kosovo, et en quoi ses habitants, Serbes et Albanais, sont-ils si différents ? Les bombardements de l'Otan ont-ils provoqué le nettoyage ethnique ? Quels scénarios politiques pour l'avenir du Kosovo et de la Serbie ? Un essai qui tente de répondre avec clarté et concision aux questions le plus souvent posées à propos de ce conflit local mondialisé.

  • Propose un bilan des années Clinton et des défis qu'elles laissent à son successeur. Ancienne journaliste au $$Monde$$, N. Bernheim raconte l'extravagant Monicagate, relate l'expédition au Kosovo, explique avec clarté le renouveau préoccupant du complexe militaro-industriel, ainsi que les limites et les illusions de la nouvelle économie.

  • Pour le première fois dans l'histoire de l'humanité, l'homme a construit un dispositif technique, Internet, capable de dispenser les hommes de toute communication directe. Personne n'aurait sans doute penséà un tel usage, si Internet n'était pas devenu l'objet d'un véritable culte, porté par la promesse d'un monde meilleur, celui du « cyber espace ». Ses thuriféraires, partisans du « tout-Internet », semblent aujourd'hui l'avoir provisoirement emporté face aux « technophobes », mais surtout face à tous ceux qui réclament un usage raisonné des nouvelles technologies. Ces militants fondamentalistes appellent de leurs voeux une « société mondiale de l'information », où le nouveau lien social serait fondé sur la séparation des corps et la collectivisation des consciences. Une vision où se mêlent l'héritage de Teilhard de Chardin, le bouddhisme zen et les croyances New Age. Et qui mobilise des valeurs propres à la culture américaine, comme le puritanisme, le manichéisme, la recherche de l'harmonie sociale et le jeunisme. Elle s'inscrit dans une nouvelle religiosité, qui célèbre l'utopie de la transparence, dans un contexte marqué par la crise du politique, mais également l'affaiblissement de l'influence du monothéisme et de l'humanisme. Telle est la thèse de ce livre provocateur. L'un des meilleurs spécialistes français de la communication y répond à des questions très actuelles : d'où vient ce nouveau culte, quelles sont ses racines historiques, pourquoi son succès ? N'est-il pas porteur, dans ses excès, d'un risque majeur pour un lien social déjà très fragilisé ?

  • Cet ouvrage trouve son origine dans un constat alarmant : l´écho puissant du conflit israélo-palestinien suscite la crispation croissante d´une partie importante de la communauté juive française et de certains de ses porte-parole, mais aussi d´un nombre important d´intellectuels. L´augmentation récente des actes d´agressions antisémites a fait naître une inquiétude légitime. Mais leur condamnation s´accompagne trop souvent d´une grave mise en cause de ceux qui aujourd´hui militent pour une paix juste dans la région et dénoncent la politique militaire et coloniale du gouvernement Sharon. Pris à parti par le livre de Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Judéophobie, les déclarations du président du CRIF, Roger Cukierman, ou le film Décryptage de Jacques Tarnero et Philippe Bensoussan, ces intellectuels et militants de gauche doivent aujourd´hui faire face au soupçon d´antisémitisme, aux accusations de désinformation, voire au harcèlement judiciaire.

    Convaincus de la nécessité de comprendre et de réagir à ces accusations brutales et injustes, les auteurs réunis dans ce livre ont souhaité apporter leur témoignage et leur analyse. Refusant les amalgames et les procès d´intention, ils montrent que derrière ces accusations se dissimule la mauvaise foi ou l´aveuglement devant la politique actuelle du gouvernement israélien. Sans céder à la polémique, ils répondent fermement à ces attaques et remises en cause et s´efforcent d´en comprendre la logique.

  • Entre 2001 et 2003, un thème a brutalement envahi les médias : les viols collectifs, rebaptisés « tournantes ». À l´instar d´autres manifestations de l´« insécurité» qui dominait alors tous les débats, ces comportements ont été présentés aux citoyens français comme un phénomène nouveau, en pleine expansion et imputable aux « jeunes issus de l´immigration » habitant les « quartiers sensibles ». La dénonciation des « nouveaux barbares » des banlieues a fait alors l´objet d´un consensus médiatico-politique d´autant plus fort que le lien a rapidement été fait avec le thème de l´oppression des femmes et l´Islam. Au terme d´une contre-enquête mobilisant toutes les données empiriques disponibles et s´appuyant en outre sur une études de dossiers judiciaires, Laurent Mucchielli fait la lumière sur ces comportements juvéniles. Il en conteste la nouveauté autant que leur aggravation et réfute, preuve à l´appui, la liaison fondamentale faite entre viols collectifs, origine maghrébine, religion musulmane. Il révèle ensuite que l´apparition soudaine de ce thème dans le débat public peut être reliée à d´autres débats qui lui ont succédé, sur le « voile islamique » et sur le « nouvel antisémitisme ». L´auteur montre que la mise en scène médiatique du thème des tournantes participe en réalité d´une peur et d´un rejet croissants des jeunes hommes français issus de l´immigration maghrébine et d´une banalisation contestable de l´interprétation des problèmes économiques et sociaux en termes « culturels », voire « ethniques ». Ce livre se veut donc autant une contribution à la sociologie de la délinquance juvénile qu´un essai politique sur les habits neufs de la vieille « question de l´immigration » et sur les formes contemporaines de la xénophobie.

  • En novembre 2005, une émeute d'une ampleur sans précédent dans l'histoire contemporaine de la France a été gérée politiquement de façon désastreuse : le " retour au calme " est aussi un retour à toutes les difficultés de la vie ordinaire pour les habitants des quartiers populaires. C'est pourquoi des sociologues de terrain ont voulu montrer qu'il est possible et indispensable d'analyser ces événements et ce qu'ils révèlent de l'état de la société française. Le livre montre notamment le rôle joué par Nicolas Sarkozy, pompier-pyromane, dans le développement de l'émeute. Il révèle aussi que la première personnalité politique à demander la mise en place de l'état d'urgence fut... Marine Le Pen. Contre les idées reçues, et notamment celle que ces émeutes furent le fait de jeunes instrumentalisés par des " caïds ", des " barbus " ou des rappeurs, les auteurs montrent enfin que nombre d'habitants des quartiers ont témoigné d'une forme de solidarité avec les jeunes émeutiers. Au-delà de l'événement, le livre soulève un certain nombre de questions essentielles : pourquoi l'école n'est plus perçue par une partie de la population comme un lieu de promotion sociale mais comme un lieu d'échecs et d'humiliations ? Quelle est la situation sociale et économique réelle des habitants des quartiers, en particulier les jeunes ? Pourquoi la façon dont la police remplit ses missions dans les quartiers " sensibles " est-elle devenue un problème plus qu'une solution ?
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la nouvelle édition augmentée de 2007.)

  • Les années 1997-2002 furent celles du " tournant sécuritaire ", marqué par l'évolution du Parti socialiste puis par la surenchère électorale sur le thème de " l'insécurité ". Mais, depuis 2002, la France est engagée dans une véritable frénésie sécuritaire, que l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République n'a fait qu'aggraver.
    Répression accrue des étrangers, enfants placés en zone de rétention administrative et répression accrue des mineurs, libertés sacrifiées sur l'autel de la lutte antiterroriste et contrôle croissant du pouvoir politique sur la justice, disparition définitive de la police de proximité et explosion de la population carcérale, recours croissant au fichage, à la vidéosurveillance et à la biométrie, montée en puissance des technologies et des doctrines sécuritaires d'origine militaires (drones), etc.
    Les auteurs de ce livre, spécialistes reconnus dans leurs domaines, analysent dans le détail toutes les facettes de cet activisme policier et de ses nouveaux boucs émissaires. À partir de leur travaux et recherches, ils montrent que cette frénésie ne répond en rien aux besoins réels de la population dans ce domaine, et ils dressent le portrait à venir d'une nouvelle société sécuritaire.
    Avec des contributions de : Danièle Lochak, Christian Mouhanna, Mathieu Rigouste, Pierre Piazza, Eric Heilmann, Christine Lazerges, Denis Salas, Pierre Tournier.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008)

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