Arts et spectacles

  • Depuis les débuts de la photographie, des amateurs se consacrèrent à la pornographie. Véritable musée des frasques libertines de notre société, la collection constituée d'abord par Pierre Louÿs fut enrichie par l'acteur Michel Simon qui ne faisait pas mystère de ses goûts et de ses appétits en la matière. Deux ans après la mort de cette légende du cinéma français, ce ne sont pas moins de treize mille pièces ayant appartenues à l'acteur qui sont dispersées par ses héritiers. Photos mais aussi éditions originales de Sade, godemichés fameux, automates «entreprenants» composent ce qui constitua la plus importante collection au monde sur le sujet. Ne se contentant pas de collecter, Michel Simon tenait à enrichir son patrimoine des souvenirs de sa sexualité hors norme. Cet album présente pour la première fois au public les photos personnelles de l'illustre pornocrate. Complexe, parfois effrayant, souvent attachant, l'exceptionnel Michel Simon fut tout autant un monstre sacré qu'un sacré monstre...

  • Pigalle

    Yan Morvan

    Yan Morvan est reconnu comme l'un des grands spécialistes contemporains de la photo de guerre, qui constitue ses premiers reportages. Il collabore à Libération, puis, membre de Sipa Press, correspondant permanent de l'hebdomadaire américain Newsweek, il couvrira les principaux conflits dans le monde. Périodiquement, il revient en France et réalise des reportages sur les marges de la société. En 1994, il se consacre à une immersion à Pigalle, ses cabarets, ses sex shops et autres boites échangistes. Il en ramène des portraits de personnages de la nuit, des images en couleurs ou noir et blanc de l'envers du décor, des marginaux des trottoirs où se pressent hommes et femmes venus chercher le frisson de la transgression dans la nuit.

  • En 1769, l'Endeavour de Cook jette l'ancre à Tahiti. Les marins y assistent à l'étrange cérémonie du «tatau» qui consiste à décorer le corps de marques bleutées en injectant de l'encre sous la peau. Envoûtés, ils succombent à leur tour à la coutume locale. À leur retour, ils décrivent avec enthousiasme et nostalgie cette vie paradisiaque : l'attrait pour le tatouage est né, définitivement accolé à l'exotisme et à l'érotisme. Bientôt, le phénomène se propage et on assiste à une véritable rage du tatouage : les exhibitions de marins tatoués obtiennent un immense succès, la classe ouvrière se laisse séduire. Dans les villes portuaires s'ouvrent les premiers studios et la folie du tatouage gagne l'Amérique, envahissant le port de New-York avant de se propager à la côté Ouest. Des spécialistes de ce nouvel art imposent leur nom et leur style. À travers plus de cent vingt photographies de marins américains, ce beau livre nous présente l'histoire de cette pratique, décryptant les différents motifs et dessins des tatoués avec une série d'illustrations originales, mêlant esthétique du portrait photo et archives uniques.

  • Après la première guerre mondiale, Paris devient la ville où tous les plaisirs sont à portée de main. Place à la fête ! Les autorités ferment les yeux, encourageant la natalité qui doit repartir au secours du pays affaibli. De nombreux artistes des quatre coins du globe tentent l'aventure de la libéralisation des moeurs et deviennent les rois de Montparnasse. Les Années folles, « décade de l'illusion », vont donner lieu à dix ans de fêtes, d'orgies, de créations et d'inventions. L'autonomie féminine qui s'est révélée pendant l'absence des hommes mobilisés entre 1914 et 1918 a irrémédiablement perturbé les relations entre les sexes. Émancipation féminine, homosexualités qui s'affichent, banalisation du divorce, prostitution... C'est à cette époque que l'image du nu entre dans les moeurs. Photographes professionnels ou amateurs s'adonnent à l'érotisme. Plus que jamais Paris est la capitale de l'amour, du vice et des plaisirs.

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