Les Presses de l'Université d'Ottawa

  • La stabilité de la Malaysia -- gouvernée depuis 1957 par le même parti politique -- n´est pas assurée, ni par les mécanismes de la démocratie libérale, ni par des traits culturels, mais par l´État rentier et ses institutions. Les États rentiers puisent la majeure partie de leurs revenus à l´étranger, sous forme de rentes -- ces États sont redistributeurs et non pas extracteurs de ressources. Parce que leurs revenus ne proviennent pas de la taxation de la population, ils sont réputés autonomes et peu dépendants de la société dont ils sont issus. Cette étude compare les différentes périodes de l´histoire de la Malaysia, utilisant les indicateurs conventionnels pour classifier des États rentiers : les activités d´exportation, la structure de la taxation, les investissements publics et les choix gouvernementaux en matière de développement socio-économique, ainsi que le cadre législatif autoritaire. L´ouvrage analyse la stabilité politique du régime non-démocratique de la Malaysia. Cette analyse, qui puise à l´histoire du développement politique et économique, met en lumière la dynamique spécifique d´un État rentier.

  • Tours et détours examine linscription du mythe de Babel dans la littérature contemporaine de langue française. Le mythe savère une source dinspiration pour les auteurs examinés qui évoquent justement des phénomènes sociaux actuels, tels que le multiculturalisme, limmigration, lexil, la pluralité des langues, la traduction et lidentité. Les ouvrages étudiés, tous écrits en français mais issus de différents contextes linguistiques et culturels, mettent en lumière de nouvelles interprétations du mythe de Babel. Pendant longtemps le mythe de Babel et la pluralité linguistique et culturelle qui sensuivent ont été considérés une malédiction pour lhumanité, mais les romans à létude remettent en question cette vision négative. Sans exalter les bienfaits de la multiplicité, ils considèrent comment la pluralité linguistique et culturelle enrichit et façonne la production littéraire ainsi que le monde contemporain.

    Les auteurs et uvres étudiés sont Monique Bosco, Babel-Opéra Hédi Bouraoui, Ainsi parle la tour CN Francine Noël, Babel, prise deux ou Nous avons tous découvert lAmérique Ernest Pépin, Tambour-Babel Jorge Semprun, LAlgarabie

  • Quatre notables acadiens reçus tels des chefs d'État par Charles de Gaulle au palais de l'Élysée. Plus de 2000 personnes qui manifestent dans les rues de Moncton scandant « on veut du français ! ». Une confrontation très médiatisée à l'hôtel de ville entre quatre jeunes résolus et un maire francophobe. Une tête de cochon déposée sur le seuil de sa maison en guise de protestation. L'occupation du plus grand pavillon de l'Université de Moncton par des étudiants armés de boyaux d'arrosage. Voilà quelques images fortes du « moment 68 » en Acadie, des images ancrées profondément dans la mémoire collective des Acadiens.Le présent ouvrage relate l'histoire du mouvement étudiant de Moncton, qui a été, toutes proportions gardées, l'un des plus importants au Canada au cours des années 1960. La dimension nationaliste de ce mouvement étant déjà relativement bien connue, cet ouvrage, appuyé sur des sources inexploitées, apporte une contribution importante à nos connaissances du « moment 68 », en l'ancrant dans l'histoire de la nouvelle gauche. Il permet ainsi de mieux comprendre la genèse et la nature de ce mouvement qui a conduit à un changement de paradigme politique en Acadie. Car, comme nous le rappelle l'auteur, les actions et les paroles des étudiants acadiens représentent, aussi, une incarnation locale de ce large mouvement qui marque l'histoire contemporaine et qui secoue le Québec comme le Canada, les États-Unis et l'Europe.

  • Un jeune garçon avale les pages de cinq livres dans lesquels croit-il, se trouve le code qui pourrait permettre à un capitaine et à ses acolytes de retracer son père disparu. Afin de sauver sa vie, un explorateur se voit contraint de raconter à la tribu amérindienne qui le retient prisonnier les histoires qu´il connaît, qu´il crée ou qu´il combine. Une femme ravissante se plaît à réinventer sa propre histoire lors des soirées mondaines. Perdu sur les glaces à la dérive dans l´Atlantique Nord, un autre explorateur est tourment. Par les sempiternelles questions d´un enfant. Mais ce jeune garçon n´est-il pas celui qui a englouti des livres dans la bibliothèque ? Et cette femme qui joue des rôles n´est-elle pas le personnage d´un récit concocté par la machine à histoire mentionnée dans l´article d´une revue spécifique?

    Dans Le Dodécaèdre ou Douze cadres à géométrie variable, Paul Glennon manie douze genres littéraires (roman policier, journalisme d´enquête, récit d´aventure...), insufflant à chacun une part d´étrangeté pour créer douze univers distincts réunis dans une structure finement ciselée. Pour la version française de ce livre où chaque histoire apporte un nouvel éclairage sur celles qui l´avoisinent, douze traducteurs se sont livrés à leur tour au jeu des cadres à géométrie variable.

  • Comment une « petite nation » peut-elle exister et subsister dans l'espace culturel mondialisé actuel ? Par quels mécanismes une culture minoritaire peut-elle être exportée et se tailler un créneau dans un marché culturel central surchargé ? Voici les questions auxquelles María Sierra Córdoba Serrano tente de répondre dans ce livre.

    L'ouvrage examine les transferts culturels du Canada vers l'Espagne en analysant un corpus de 77 traductions d'oeuvres littéraires québécoises traduites en Espagne, en espagnol et en catalan, entre 1975 et 2004. Les assises théoriques de cette étude reposent sur la sociologie des champs de Pierre Bourdieu appliquée à la traduction et s'appuient, d'une part, sur les études de réseaux et, d'autre part, sur la recherche dans le domaine de la diplomatie culturelle.

    Ce livre met en lumière les différentes phases d'un transfert littéraire : d'abord l'initiation et la sélection des biens culturels, puis la circulation, la réception et la reclassification ou création d'une nouvelle image de marque de ces biens cadrant avec la logique des champs sociaux et littéraires cibles où ils se voient recontextualisés et resémantisés. L'auteure montre comment les intérêts propres à chacun des champs culturels concernés - source (canadienne et québécoise) et cible (espagnole et catalane) - se traduisent par des stratégies politiques, commerciales, éditoriales et textuelles différentiées. L'ouvrage porte en outre un regard inédit sur le rôle déterminant (mais non déterministe) des acteurs institutionnels, ici canadiens et québécois : ceux-ci développent des stratégies et des structures visant à promouvoir et à accueillir la littérature québécoise en Espagne et en Catalogne. L'auteure se penche aussi sur l'action d'autres agents (éditeurs, directeurs de collection, traducteurs, professeurs de littérature, etc.) qui jouent un rôle central dans le transfert concerné.

  • LEurope se trouve aujourdhui en position daccusée, souvent par les Européens eux-mêmes, du fait de sa prétention à luniversalité, de sa supériorité proclamée et de son arrogance intellectuelle. Quelle nait pas toujours été fidèle à ses principes, lors de la colonisation des autres peuples, ne met pourtant pas en cause sa légitimité. La critique de lEurope nest en effet possible quà laide des normes juridiques et des principes éthiques quelle a diffusés auprès de tous les peuples pour connaître le monde plutôt que pour le juger.
    Levinas navait donc pas tort de louer «la générosité même de la pensée occidentale qui, apercevant lhomme abstrait dans les hommes, a proclamé la valeur absolue de la personne et a englobé dans le respect quelle lui porte jusquaux cultures où ces personnes se tiennent et où elles sexpriment.» Il faut en prendre son parti : il ny a pas plus dégalité des cultures que de relativisme des valeurs. On ne saurait faire le procès de luniversel sans faire appel à la culture qui a donné cet universel en partage aux autres cultures.

  • Pourquoi le néopatrimonialisme est-il si fréquemment utilisé pour caractériser les systèmes politiques Africains ? Les pratiques auxquelles renvoie cette notion, qu´il s´agisse du clientélisme, de la corruption ou de la privatisation de l´État, sont pourtant présentes dans la plupart des pays, qu´ils soient ou non Africains. Afin de répondre à ce paradoxe, L´État néopatrimonial propose une exploration théorique et comparative de la diversité des trajectoires et usages contemporains du concept. À partir d´une discussion des références initiales de Max Weber au patrimonialisme, les différentes contributions abordent le néopatrimonialisme dans ses rapports avec l´analyse de la démocratisation, des relations internationales, de la sociologie des conflits et de l´économie du développement. L´ouvrage renouvelle les débats sur le néopatrimonialisme en Afrique, tout en les élargissant également à l´Asie, l´Europe et l´Amérique latine à travers des études de cas.

  • Le mythe de l'infanticide Médée a toujours connu une fortune littéraire et la littérature féminine contemporaine ne fait pas exception. L'analyse comparée de huit textes de femmes de divers horizons tente de cerner les enjeux de cette figure irréductible pour une pensée féministe actuelle sur la maternité, le sujet et l'écriture mythique.

    En s'interrogeant sur la pertinence particulière de la tragédie d'Euripide aux reprises médéennes, explicites ou sous-entendues, des femmes, cette étude comparée se penche sur des textes du théâtre de Marie Cardinal, de Deborah Porter, de Franca Rame et de Cherríe Moraga, et des romans de Monique Bosco, de Christa Wolf, de Bessora et de Marie-Célie Agnant. À travers ses incarnations transculturelles, le mythe de Médée éclaire les affres de l'exil et de l'exclusion, ainsi que certaines visions du maternel qui préféreraient peut-être rester dans l'ombre de nos présuppositions et de nos règles sociales. Bien qu'il n'y ait pas plus monstrueux ou fou que l'acte infanticide, Médée, elle, n'est pas monstre, pas folle, mais lucide, humaine à part entière, comme la voulait Euripide, alors qu'elle s'en prend à ses enfants, à la culture défectueuse, à l'histoire des hommes. La réécriture au féminin de Médée force aussi une conception du sujet qui ne revêt pas facilement sa cohérence. Mais la poétique même de cette Médée retranscrite au féminin fait preuve de sa flexibilité, son indétermination, son pouvoir de transcender la simple répétition de son mythe, vu ici autrement et différemment.

  • Le premier défi de la démocratie est de donner le «goût de lavenir» (Alexis de Tocqueville), de générer lenthousiasme qui poussera les jeunes desprit à progresser deux-mêmes vers de nouvelles quêtes de sens et de savoir, à renouveler peut-être surtout, dans le contexte des nouvelles connaissances et dune prise de conscience accrue des richesses des différentes cultures, les questions que lon appelle «ultimes et les plus hautes», pour citer Husserl, celles que la science exclut par principe et qui sont pourtant «les questions les plus brûlantes», portant «sur le sens ou sur labsence de sens de toute cette existence humaine». Le simple mot question évoque d'emblée le vieux français queste, c'est-à-dire la quête, du latin quaerere, «rechercher», «aimer»; il traduit le désir de voir et de savoir, impliquant du coup les deux dimensions à la fois les plus essentielles et les plus grandes de notre être proprement humain, la capacité daimer et celle de penser. Une éducation qui exclurait, comme tranchées davance, ces questions ultimes, ne serait nullement à la hauteur de lhumain. Les essais composant ce livre explorent six dentre elles, à savoir la dignité humaine, lintelligence, la liberté, le bonheur, la mort et la beauté.

  • Les fédérations abritent quarante pour cent de la population mondiale. Les 28 pays dotés d'un régime politique fédéral se révèlent des plus diversifiés : de la nation la plus nantie du monde - les États-Unis d'Amérique - à de minuscules États insulaires comme la Micronésie et Saint-Kitts-et-Nevis. Six des dix pays les plus populeux et huit des dix pays les plus vastes de la planète sont des fédérations.

    Ce livre d'une remarquable concision présente les notions élémentaires de ce système politique dans une langue claire et dépourvue de jargon-sans doute la raison pour laquelle il a été traduit en environ 20 langues. Il s'agit d'un ouvrage incontournable non seulement pour ceux qui étudient les gouvernements et oeuvrent dans le secteur public, mais aussi pour tout citoyen des fédérations du monde.

  • Ce dixième volume des Cahiers Charlevoix regroupe cinq études sur l'Ontario français, qui traitent du diocèse de Sault-Sainte-Marie dans le conflit franco-irlandais entre 1904 et 1934; des perspectives amoureuses et conjugales des jeunes du nord-est de l'Ontario; des aspects de l'histoire des Franco-Ontariens du Centre et du Sud-Ouest de 1970 à 2000; de l'art perdu de « faire des chansons » de la région du Détroit ainsi que des propos et confidences du jésuite ethnologue Germain Lemieux.

  • De quelle manière s´est transformée l´idée d´appartenance à une culture, une nation ou une ethnie particulière ? Peut-on encore parler d´ « exil » dans le contexte de cultures transnationales et d´identités plurielles ? Y a-t-il une écriture de l´exil ? Cet ouvrage cherche des réponses à ces questions à travers le regard nouveau que portent les écrivains francophones contemporains sur les problématiques identitaires. Un groupe international d´universitaires s´est penché sur des oeuvres d´auteurs francophone d´origines diverses - africaine, antillaise, canadienne, chinoise, maghrébine, libanaise, russe pour n´en citer qu´une partie - pour y interpréter le « discours de l´exil ». Ce qui ressort est une diversité immense mais une constante : l´exil est une mise en perspective qui ouvre la possibilité de constructions identitaires nouvelles et fait de ces littératures francophones un lieu de créations fertile en questionnements.

  • La recherche et la construction théorique de la reconnaissance professionnelle en éducation trouve dans ce volume sa première élaboration qui porte sur la distinction entre l´évaluation et la reconnaissance professionnelle. L´aversion pour l´évaluation dans l´éducation tient dans le fait que l´évaluation comme pratique vécue laissait à l´acteur le poids d´un regard critique, un poids trop lourd à supporter et dont les conséquences sont bien connues : pratiques de contournement et déni de l´évaluation par les évalués et les évaluateurs. La reconnaissance professionnelle devient plus attirante quand elle est le signe d´une évaluation positive, réalisant alors une reconfiguration identitaire des enseignants en formation et développement professionnel. De ce point de vue, la reconnaissance professionnelle pourrait être une nouvelle forme de l´évaluation professionnelle qui tienne compte des systèmes d´attentes interpersonnels, et qui suppose des processus de valorisation et de légitimation des qualités professionnelles en éducation.

  • Cet ouvrage étudie les conditions d´émergence historiques et discursives du « droit de (la) traduction » et du droit qui l´administre : le droit d´auteur. Privilégiant une approche essentiellement archéologique, l´auteur montre comment la conception classique de la traduction a joué un rôle sensible dans la formation du discours juridique qui a contribué à l´avènement de l´auteur et de son droit tels que conçus aujourd´hui. L´auteur examine les implications culturelles, politiques et éthiques du droit de traduire, surtout pour les pays en développement, engageant par là une perspective postcoloniale. Soucieuse d´une meilleure diffusion du patrimoine culturel mondial, la politique du droit de traduire qu´il propose n´interroge pas seulement le droit d´auteur comme catalyseur de la marchandisation de la production intellectuelle, mais également le droit international comme instrument de l´impérialisme culturel de la mondialisation. Conçu désormais hors du champ juridique traditionnel mais plutôt dans celui d´une résistance politique, l´auteur démontre comment le droit de traduction devient alors un « droit à la traduction ».

  • La subordination de la femme à l'homme est-elle réellement inscrite dans le Coran? Par l'étude des versets du Coran les plus pertinents par rapport à la condition de la femme, l'auteure D'un islam textuel vers un islam contextuel : la traduction du Coran et la construction de l'image de la femme montre que cette conception découle plutôt d'une construction humaine.
    L'analyse sémiotique de traductions du Coran en français et en anglais permet d'abord de dévoiler les écarts entre le Texte et ses traductions, et de reconstruire ensuite les réseaux sémantiques du Texte d'où émerge une conception divergente de la femme et du monde. À la lumière des résultats de cet examen, l'auteure procède à une analyse sociohistorique du discours social commun, discours qui se révèle empreint d'une vision androcentrique et auquel participe la traduction en tant qu'activité discursive.
    Ainsi, pour peu que le lecteur ou le traducteur parvienne à s'affranchir de ce discours, le Coran s'ouvre à une lecture autre où la subordination féminine fait place à l'" être-femme ".

  • Le mot littératie désigne l'ensemble des connaissances nécessaires à la lecture et à l'écriture. Nouveau en éducation, le concept des littératies multiples reflète notre ère de la mondialisation, où lire et écrire ne sont plus confinés à l'imprimé. Il s'agit de parler, de lire, d'écrire et de valoriser les réalités de la vie dans la multiplicité et la complexité, c'est-à-dire lire, se lire et lire le monde tout en tenant compte du visuel, de l'oral, de l'écrit, du tactile et de l'hypermédiatique. Ce recueil remet en question la culture de l'écrit et aborde les diverses dimensions des littératies multiples par rapport aux mathématiques, à la musique, aux sciences et à la santé, et ce, pour les enfants, les adolescents et les adultes en milieu minoritaire. Il s'adresse aux chercheurs, aux praticiens, aux intervenants et aux organismes gouvernementaux et communautaires qui doivent comprendre comment les minorités linguistiques lisent au 21e siècle.

  • Cet ouvrage propose une incursion dans le monde de la cour pontificale et des cours cardinalices au XVIe siècle. En quoi consistait ce monde, qui en faisait partie, comment y entrait-on, quels avantages pouvait-on espérer en tirer et pourquoi était-on à ce point attiré par lui? Autant de questions auxquelles l'ouvrage cherche à répondre à partir de nombreux documents d'époque, documents souvent peu connus ou peu exploités : des rôles de cour, des livres de comptes, des registres de salaires, des cérémonials, des correspondances inédites et des traités qui leur sont contemporains. Ces multiples regards sur un monde encore mal connu, sur les personnages, grands et petits, qui en font partie, y trouvant pour la plupart profit et intérêt pour eux-mêmes et leur famille, permettent de comprendre pourquoi la cour pontificale faisait l'admiration, puis surtout l'envie de tant de contemporains qui étaient prêts à tout pour y accéder.

  • Cette collection est le premier ouvrage par un autochtone canadien qui discute le concept d´histoire des peuples autochtones et l´expérience coloniale. Tout au long de ces textes, écrits dans plusieurs genres pendant vingt ans, Georges Sioui reprend les idées des Hurons-Wyandots au sujet de la place des Autochtones au Canada, dans l´histoire et le monde.

    This is the first collection written by an Aboriginal Canadian on the Aboriginal understanding of history and the colonial experience. These essays, stories, lectures, and poems, written over the last twenty years by Georges Sioui, present and explore the perspectives of the Huron-Wyandot people on the place of Aboriginal people in Canada, in the world, and in history.

  • La violence a multiples faces, toutes celles qu'on lui donne selon les soucis de l'heure et les jeunes font toujours partie de ces soucis. Le piège de la violence dans lequel le jeune peut tomber ne dépend pas uniquement de son agir, mais relève de la façon dont on appréhende cet agir en termes de violence. Ce piège ne dépend pas non plus uniquement de ce qu'est le jeune; il relève souvent de la manière dont on se saisit de sa personne pour en préciser le profil délinquant. Dans ce processus qui conduit souvent au pénal, le piège se referme sur le jeune et peut le détruire complètement. L'ouvrage examine comment cette violence particulière capable de détruire le jeune s'infiltre socialement. Cette violence n'a pas sa source dans quelque intervention extraordinaire de l'autorité étatique, mais bien dans un quotidien plus ou moins banal où rationalisations, peurs, intérêts, idéologies reconduisent les structures en place. La violence des jeunes prend la figure de l'institution qui la combat.

  • Depuis trois décennies le monde anglo-saxon a considéré sérieusement les Cultural Studies comme une analyse des pratiques quotidiennes et de la production de sens. Mais la production analytique en français dans cette discipline est restée presque absente. Les mondes francophones ont déjà vécu plusieurs événements qui auraient intéressé les Cultural Studies au XXIe siècle : les manifestations sociales de l´hiver 2006 et de l´automne 2007 en France, les mouvements migratoires d´Africains vers l´Europe et le débat sur « les accommodements raisonnables » au Québec entre autres. Pour tous ces événements, nous avions entendu s´élever plusieurs voix qui offraient des articulations généralistes de différentiation de nous à l´autre et des idiomes comme « ces gens-là », « les enfants issus d´immigration », « nous ne voulons pas accueillir la misère du monde » et bien d´autres. Nous n´avions pas entendu s´élever des perspectives provenant des Cultural Studies dans leur compréhension particulière d´événements politiques, ni en France, ni en Belgique, ni en Suisse, encore moins au Québec. Ces perspectives nous invitent à tenir compte des rapports entre discours et représentations, de placer les contextes politiques des pratiques quotidiennes comme prémisses de nos analyses, d´ouvrir les identités aux pratiques de production de sens et de revoir les groupes et formations identitaires. Cet ouvrage a pour but de souligner les repères utiles des Cultural Studies pour mieux comprendre les milieux politiques et culturels de la francophonie au XXIe siècle.

  • Dans Les lieux de mémoire, Pierre Nora affirme que « la mémoire s'enracine dans le concret, l'espace, le geste, l'image et l'objet » (1984, xix). Entre lieux et mémoire adopte une perspective semblable et jette un regard sur les expériences concrètes, géographiquement situées, par lesquelles les francophones du Canada construisent leur identité à partir des réminiscences de leur passé. Ce questionnement est essentiel, car la géographie de la francophonie canadienne évolue rapidement, consolidée au Québec au cours notamment des dernières cinquante années, mais fragilisée dans les milieux les plus dynamiques de la francophonie hors Québec, là où les francophones se confrontent quotidiennement à l'Autre : anglophone, immigrant et allophone. Dans ces lieux consolidés et fluides se tissent les appartenances et les identités de ceux qui les occupent. Les auteurs abordent les lieux de mémoire du Canada français selon trois approches : l'histoire, la géographie et les arts. Tous mettent en évidence que la fondation d'un lieu de mémoire est un acte politique. Enfin, ils montrent qu'une étude des lieux de mémoire, par l'entremise des individus et des groupes qui les instituent, constitue un préalable à la compréhension de l'identité francophone canadienne, dans son unité comme dans sa diversité.

  • Plusieurs recherches et approches novatrices en matière de formation et de développement professionnel des enseignants dans le domaine des sciences, de la technologie et des mathématiques cherchent actuellement à travailler à partir des acteurs, dont les enseignants ou les élèves. Le présent ouvrage témoigne de cette nouvelle approche par la mise en commun d´exemples de formations et de développement professionnel provenant du Canada, de la Belgique et de la France. Les auteurs donnent des descriptions détaillées de démarches et de modèles de formation ainsi que des résultats de recherche éclairants en matière de retombées et de pistes de développement. Par la mise en commun d´exemples internationaux, cet ouvrage intéressera tout intervenant concerné par la formation et le développement professionnel des enseignants dans le domaine des sciences, de la technologie et des mathématiques.

  • Au cours de la dernière décennie, l´enseignement scolaire au Québec et en France a été profondément renouvelé et reconfiguré par des actions publiques en matière d´éducation et par les missions affectées à l´enseignement obligatoire. Les auteurs de cet ouvrage considèrent cette problématique en éducation scientifique et technologique. Ils montrent à la fois la diversité et la complémentarité des reconfigurations contemporaines de l´éducation scientifique et technologique dans la scolarité, touchant des sujets tels que l´enseignement général, l´enseignement agricole, la formation des enseignants, la formation citoyenne et l´éducation à l´environnement et au développement durable. Par les thématiques abordées, ils questionnent autant les curriculums dans leurs relations aux pratiques d´enseignement en classe que les impacts sur les objets et les questions de recherche en didactique.

    Avec des articles rédigés par Pierre Degret, Marc Boutet, André Giordan, Jean-Louis Martinand, Ghislain Samson et Laurence Simonneaux.

  • Cet ouvrage souligne le 40e anniversaire du Département de criminologie de l´Université d´Ottawa, fondé en 1968. On y relate l´histoire du département de ses origines à nos jours en mettant l´accent sur les débats théoriques qui ont influencé son approche critique et autoréflexive de la criminologie. Les articles qui le composent s´inscrivent dans cet ordre d´idée en mettant en question la perspective traditionnelle de la criminologie sur divers sujets, notamment les études policières, la santé mentale, la violence politique, le suicide et la prévention du crime. Droits et voix souligne le rôle primordial que joue l´Université d´Ottawa dans la redéfinition de la criminologie et la promotion du militantisme, de la justice sociale et de la compassion. -- This volume commemorates the 40th anniversary of the University of Ottawa´s Department of Criminology, founded in 1968. It relates the history of the department from its origins to today, focusing on the theoretical debates that have influenced its critical and self reflexive approach to criminology. The contributions to this volume continue in that vein by questioning the traditional perspective of criminology on a variety of topics including police studies, mental health, political violence, suicide, and crime prevention. Rights and Voices reveals the significant role that the University of Ottawa has played in redefining criminology to advocate activism, social justice, and compassion.

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