Sciences humaines & sociales

  • Trop souvent encore les rapports de sexe sont considérés comme un sous-champ particulier de la sociologie alors qu'ils traversent l'ensemble de la discipline puisqu'ils interviennent dans tous les domaines de la société. Afin de l'établir, il ne suffit plus de s'en tenir à la notion de rapports sociaux de sexe qui, le plus généralement, est utilisée pour faire apparaître l'asymétrie entre les sexes à l'égard du travail, incluant le travail domestique. Le débat autour de la parité politique, dont la France n'a pas le monopole, a imposé la réflexion sur les rapports politiques de sexe. Cette réflexion ne peut être déliée de la prise en considération de la révolution qui s'est produite dans les rapports entre les sexes depuis un trentaine d'années : dorénavant, avec la reconnaissance par la loi et par la société du droit des femmes à contrôler elles-mêmes leur fécondité, elles ne sont plus marquées par les « déterminations de leur sexe », elles intègrent la catégorie de l'« individu abstrait ». Il devient alors visible que le peuple est composé de deux catégories sexuées instituées par l'état civil. Aussi la notion de sexe est-elle plus utile à l'analyse que celle de genre. À partir du moment où il est formellement admis que chaque femme, comme chaque homme, peut prétendre « mon corps m'appartient », les rapports entre les sexes empruntent le registre du différend plutôt que celui de la différence : les femmes ne sont plus victimes, elles sont plaidantes ; elles instruisent le procès de la démocratie moderne qui les a tenues à distance du principe « tous les hommes naissent libres et égaux en droits ».

  • Quatre notables acadiens reçus tels des chefs d'État par Charles de Gaulle au palais de l'Élysée. Plus de 2000 personnes qui manifestent dans les rues de Moncton scandant « on veut du français ! ». Une confrontation très médiatisée à l'hôtel de ville entre quatre jeunes résolus et un maire francophobe. Une tête de cochon déposée sur le seuil de sa maison en guise de protestation. L'occupation du plus grand pavillon de l'Université de Moncton par des étudiants armés de boyaux d'arrosage. Voilà quelques images fortes du « moment 68 » en Acadie, des images ancrées profondément dans la mémoire collective des Acadiens.Le présent ouvrage relate l'histoire du mouvement étudiant de Moncton, qui a été, toutes proportions gardées, l'un des plus importants au Canada au cours des années 1960. La dimension nationaliste de ce mouvement étant déjà relativement bien connue, cet ouvrage, appuyé sur des sources inexploitées, apporte une contribution importante à nos connaissances du « moment 68 », en l'ancrant dans l'histoire de la nouvelle gauche. Il permet ainsi de mieux comprendre la genèse et la nature de ce mouvement qui a conduit à un changement de paradigme politique en Acadie. Car, comme nous le rappelle l'auteur, les actions et les paroles des étudiants acadiens représentent, aussi, une incarnation locale de ce large mouvement qui marque l'histoire contemporaine et qui secoue le Québec comme le Canada, les États-Unis et l'Europe.

  • Comment une « petite nation » peut-elle exister et subsister dans l'espace culturel mondialisé actuel ? Par quels mécanismes une culture minoritaire peut-elle être exportée et se tailler un créneau dans un marché culturel central surchargé ? Voici les questions auxquelles María Sierra Córdoba Serrano tente de répondre dans ce livre.

    L'ouvrage examine les transferts culturels du Canada vers l'Espagne en analysant un corpus de 77 traductions d'oeuvres littéraires québécoises traduites en Espagne, en espagnol et en catalan, entre 1975 et 2004. Les assises théoriques de cette étude reposent sur la sociologie des champs de Pierre Bourdieu appliquée à la traduction et s'appuient, d'une part, sur les études de réseaux et, d'autre part, sur la recherche dans le domaine de la diplomatie culturelle.

    Ce livre met en lumière les différentes phases d'un transfert littéraire : d'abord l'initiation et la sélection des biens culturels, puis la circulation, la réception et la reclassification ou création d'une nouvelle image de marque de ces biens cadrant avec la logique des champs sociaux et littéraires cibles où ils se voient recontextualisés et resémantisés. L'auteure montre comment les intérêts propres à chacun des champs culturels concernés - source (canadienne et québécoise) et cible (espagnole et catalane) - se traduisent par des stratégies politiques, commerciales, éditoriales et textuelles différentiées. L'ouvrage porte en outre un regard inédit sur le rôle déterminant (mais non déterministe) des acteurs institutionnels, ici canadiens et québécois : ceux-ci développent des stratégies et des structures visant à promouvoir et à accueillir la littérature québécoise en Espagne et en Catalogne. L'auteure se penche aussi sur l'action d'autres agents (éditeurs, directeurs de collection, traducteurs, professeurs de littérature, etc.) qui jouent un rôle central dans le transfert concerné.

  • La francophonie canadienne est un compte rendu exhaustif de la lutte pour le droit à l'éducation dans la langue de la minorité. Il décrit comment les minorités francophones ont obtenu, en s'appuyant sur la Charte canadienne des droits et libertés et avec l'aide de la Cour suprême et du gouvernement canadien, la pleine reconnaissance de leurs droits sur la gestion scolaire.

  • Au cours du Sylvicole supérieur (1000-1500), le secteur de lembouchure du Saguenay aurait été exploité par des Iroquoiens du Saint-Laurent en quête de ressources marines, plus particulièrement de phoque. Ces groupes provenaient vraisemblablement de la région de Québec où se trouvaient leurs camps de base et auraient ainsi développé une forme dadaptation aux ressources marines de lestuaire, faisant deux les groupes iroquoiens les plus mobiles de toute la vallée du Saint-Laurent. Dans cette étude, nous avançons que lexploitation des mammifères marins fut pratiquée en deux temps : dabord au printemps, lors de courtes périodes, par des chasseurs masculins attirés par le phoque du Groenland, puis en été, par des familles entières profitant de la présence de phoques gris et communs. Les pinnipèdes étaient probablement traqués sur la batture ou sur les glaces et abattus à la hache ou à larc et à la flèche. Puisque les résidus alimentaires retrouvés dans les vases de cuisson étaient surtout composés de poissons et de mammifères terrestres, les sous-produits de la chasse au phoque auraient été rapportés dans la région de Québec et utilisés comme réserves de nourriture, matière première ou monnaie déchange. Nous défendons également lhypothèse que ces excursions dans lestuaire nétaient pas nécessairement liées à la précarité de lagriculture dans la région de Québec puisque cette pratique aurait été adoptée tardivement, soit après 1300 et peut être même à partir de 1400.

  • LEurope se trouve aujourdhui en position daccusée, souvent par les Européens eux-mêmes, du fait de sa prétention à luniversalité, de sa supériorité proclamée et de son arrogance intellectuelle. Quelle nait pas toujours été fidèle à ses principes, lors de la colonisation des autres peuples, ne met pourtant pas en cause sa légitimité. La critique de lEurope nest en effet possible quà laide des normes juridiques et des principes éthiques quelle a diffusés auprès de tous les peuples pour connaître le monde plutôt que pour le juger.
    Levinas navait donc pas tort de louer «la générosité même de la pensée occidentale qui, apercevant lhomme abstrait dans les hommes, a proclamé la valeur absolue de la personne et a englobé dans le respect quelle lui porte jusquaux cultures où ces personnes se tiennent et où elles sexpriment.» Il faut en prendre son parti : il ny a pas plus dégalité des cultures que de relativisme des valeurs. On ne saurait faire le procès de luniversel sans faire appel à la culture qui a donné cet universel en partage aux autres cultures.

  • Pourquoi le néopatrimonialisme est-il si fréquemment utilisé pour caractériser les systèmes politiques Africains ? Les pratiques auxquelles renvoie cette notion, qu´il s´agisse du clientélisme, de la corruption ou de la privatisation de l´État, sont pourtant présentes dans la plupart des pays, qu´ils soient ou non Africains. Afin de répondre à ce paradoxe, L´État néopatrimonial propose une exploration théorique et comparative de la diversité des trajectoires et usages contemporains du concept. À partir d´une discussion des références initiales de Max Weber au patrimonialisme, les différentes contributions abordent le néopatrimonialisme dans ses rapports avec l´analyse de la démocratisation, des relations internationales, de la sociologie des conflits et de l´économie du développement. L´ouvrage renouvelle les débats sur le néopatrimonialisme en Afrique, tout en les élargissant également à l´Asie, l´Europe et l´Amérique latine à travers des études de cas.

  • Ce recueil de portraits nous fait pénétrer dans l'intimité de dix traducteurs qui appartiennent à diverse époques : XVIe, XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Les textes traduits vont de l'article de presse aux Saintes Écritures, en passant par la tragédie grecque, le roman, la poésie, le conte, le « polar » et les traités de droit. Réintroduisant la subjectivité dans le discours sur la traduction, ces portraits contribuent au nécessaire recentrement de l'attention sur la personne de traducteur. Lorsqu'il a entrepris telle ou telle traduction, quelle était sa visée réelle ? S'est-il plié docilement aux contraintes inhérentes à cet exercice de réénonciation interlinguistique et interculturelle ? A-t-il transgressé certaines de ces contraintes ? Où a-t-il travaillé ? À quelle époque ? Pour qui ? À quelle fin ? Dans quelles circonstances ? Quels facteurs externes ont pu infléchir sa manière de traduire, l'amener à modifier le texte original, voire à s'autocensurer ? Autant de questions dont il faut chercher les réponses en dehors des textes traduits.

  • Le mythe de l'infanticide Médée a toujours connu une fortune littéraire et la littérature féminine contemporaine ne fait pas exception. L'analyse comparée de huit textes de femmes de divers horizons tente de cerner les enjeux de cette figure irréductible pour une pensée féministe actuelle sur la maternité, le sujet et l'écriture mythique.

    En s'interrogeant sur la pertinence particulière de la tragédie d'Euripide aux reprises médéennes, explicites ou sous-entendues, des femmes, cette étude comparée se penche sur des textes du théâtre de Marie Cardinal, de Deborah Porter, de Franca Rame et de Cherríe Moraga, et des romans de Monique Bosco, de Christa Wolf, de Bessora et de Marie-Célie Agnant. À travers ses incarnations transculturelles, le mythe de Médée éclaire les affres de l'exil et de l'exclusion, ainsi que certaines visions du maternel qui préféreraient peut-être rester dans l'ombre de nos présuppositions et de nos règles sociales. Bien qu'il n'y ait pas plus monstrueux ou fou que l'acte infanticide, Médée, elle, n'est pas monstre, pas folle, mais lucide, humaine à part entière, comme la voulait Euripide, alors qu'elle s'en prend à ses enfants, à la culture défectueuse, à l'histoire des hommes. La réécriture au féminin de Médée force aussi une conception du sujet qui ne revêt pas facilement sa cohérence. Mais la poétique même de cette Médée retranscrite au féminin fait preuve de sa flexibilité, son indétermination, son pouvoir de transcender la simple répétition de son mythe, vu ici autrement et différemment.

  • Cet ouvrage à voix plurielles se place résolument dans une perspective interdisciplinaire. Neuf auteurs de premier plan, oeuvrant sous des horizons diversifiés, se confrontent à la crise actuelle de la démocratie. Une thèse centrale ordonne le travail d'analyse : cette crise tire son origine de l'oubli de la notion même de démocratie, dans le rejet de toute problématique de fondements. Identité et différence, communauté et pluralisme, droits individuels et droit collectifs, discours public et légitimation de valeurs, autant de problèmes cruciaux pour le renouvellement de la démocratie et de sa pratique publique, autant de centres autour desquels gravite la réflexion de la philosophie politique contemporaine. C'est ce qu'interroge ici chacune des contributions. Un fil rouge les traverse : la question de la reconnaissance de l'identité et de la différence.

  • Le premier défi de la démocratie est de donner le «goût de lavenir» (Alexis de Tocqueville), de générer lenthousiasme qui poussera les jeunes desprit à progresser deux-mêmes vers de nouvelles quêtes de sens et de savoir, à renouveler peut-être surtout, dans le contexte des nouvelles connaissances et dune prise de conscience accrue des richesses des différentes cultures, les questions que lon appelle «ultimes et les plus hautes», pour citer Husserl, celles que la science exclut par principe et qui sont pourtant «les questions les plus brûlantes», portant «sur le sens ou sur labsence de sens de toute cette existence humaine». Le simple mot question évoque d'emblée le vieux français queste, c'est-à-dire la quête, du latin quaerere, «rechercher», «aimer»; il traduit le désir de voir et de savoir, impliquant du coup les deux dimensions à la fois les plus essentielles et les plus grandes de notre être proprement humain, la capacité daimer et celle de penser. Une éducation qui exclurait, comme tranchées davance, ces questions ultimes, ne serait nullement à la hauteur de lhumain. Les essais composant ce livre explorent six dentre elles, à savoir la dignité humaine, lintelligence, la liberté, le bonheur, la mort et la beauté.

  • Les fédérations abritent quarante pour cent de la population mondiale. Les 28 pays dotés d'un régime politique fédéral se révèlent des plus diversifiés : de la nation la plus nantie du monde - les États-Unis d'Amérique - à de minuscules États insulaires comme la Micronésie et Saint-Kitts-et-Nevis. Six des dix pays les plus populeux et huit des dix pays les plus vastes de la planète sont des fédérations.

    Ce livre d'une remarquable concision présente les notions élémentaires de ce système politique dans une langue claire et dépourvue de jargon-sans doute la raison pour laquelle il a été traduit en environ 20 langues. Il s'agit d'un ouvrage incontournable non seulement pour ceux qui étudient les gouvernements et oeuvrent dans le secteur public, mais aussi pour tout citoyen des fédérations du monde.

  • Au moment où le Québec s'intégrait aux circuits commerciaux internationaux et préparait son entrée dans l'industrialisation, un vaste changement socio-culturel plaçait la religion au coeur des conduites et de l'image que se fait le peuple de ce monde en changement. L'Atlas historique des pratiques religieuses étudie le Sud-Ouest du Québec, qui abrite maintenant les deux tiers de la population québécoise, au moment où se déroulent, entre 1820 et 1880, les phases d'un véritable réveil religieux. Par le moyen des cartes, de graphiques et de tableaux liés au texte des planches, on observe dans cet atlas le mouvement d'ensemble qui modifia les attitudes et les conduites religieuses populaires. Voici quelques-uns des thèmes présentés à partir d'informations inédites tirées d'archives religieuses : salaire des curés, nombre d'auberges et de maisons closes, capitalisation des paroisses, découpage des frontières des paroisses, transformations démographiques, fréquentation scolaire, pratique du jeûne et de la communion pascale, campagnes de tempérance, zones à forte pénétration protestante, architecture des églises, dévotions, paroisses fécondes en prêtres ou en soeurs. Voici, enfin, le portrait contrasté des transformations religieuses qui ont donné à la société québécoise, il y a un siècle, un fort sentiment de sa valeur et de sa sécurité. Ce surprenant tableau historique relance la question de la place du facteur religieux à l'ère où s'impose l'idéal du progrès.

  • Peint et chanté, voilé ou dévoilé, usé et abusé, le corps féminin est depuis toujours au centre de la création artistique occidentale. Qu'en est-il, cependant, de sa place dans les sciences sociales ? Comment le corps des femmes a-t-il été pensé et représenté en sociologie, en criminologie, en travail social ou en gérontologie, par exemple ? Cet ouvrage collectif a pour premier objectif d'amorcer ce travail critique en débusquant les logiques patriarcales qui dominent les discours savants développés dans les différentes disciplines des sciences sociales et mettant en scène le corps des femmes. Ce faisant, il montre également comment se sont historiquement construites, et se construisent encore, des représentations de corps de femmes illégitimes ou transgresseurs ou dangereux. Le second objectif de cet ouvrage est de repenser cette image en mettant en lumière les multiples façons que les femmes peuvent utiliser pour subvertir ces représentations dominantes et pour se poser comme sujets tant dans l'élaboration des savoirs que dans la sphère du politique.

  • Pour le profane, la gouvernance fait d'abord penser au fonctionnement des organisations, ou des institutions, et à la distribution du pouvoir dans ces structures. Le jargon dans ce domaine nous vient des spécialistes de la gestion des organisations, des sciences administratives et de la sociologie urbaine. Toutefois, en devenant de plus en plus un domaine privilégiant tant les analyses du politique que de la société, le thème de la gouvernance se révèle porteur d'une nouvelle ambition : celle de se présenter comme une solution de rechange à l'organisation du pouvoir. Le projet d'une nouvelle gouvernance distribuée se présente dorénavant comme une réponse aux transformations en cours du politique dans les sociétés démocratiques. La démocratie à l'épreuve de la gouvernance propose une réflexion dynamique et innovatrice sur l'idée de la gouvernance. Regroupés autour d'un texte central de Gilles paquet, treize chercheurs émérites apportent des perspectives variées et stimulantes qui invitent le lecteur à mener une réflexion riche et nuancée.

  • De quelle manière se transforment les Amériques à travers les discours publicitaires, les textes de vulgarisation économique et la littérature ? Que deviennent les cultures des Amériques dans le contexte de la nouvelle économie mondialisée ? Ces interrogations sont liées à la transformation des identités enracinées dans un territoire, en images de soi plurielles. Ces dernières rejoignent le développement des réseaux de communication multipliant les déplacements géographiques et symboliques et démocratisant des savoirs de plus en plus complexes. Dans cette dynamique analysée à partir de René Girard, de Homi Babhabha et de Néstor García Canclini, on analyse donc les stratégies pour devenir un producteur de significations plus efficace. Cette visée mène d'une part à la reconnaissance de l'autre et, d'autre part, à tenter de déterminer ce qui, en lui, n'est pas acceptable.

  • Depuis la fondation du premier hôpital par les Augustines en 1637, les infirmières ont grandement contribué à la qualité de vie des Canadiens. Des sages-femmes à l'aube de l'histoire du pays aux infirmières du réseau public de santé contemporain, des postes éloignés nordiques aux champs de bataille en Europe, Sans frontières dépeint les épreuves, les défis et les réalisations des infirmières canadiennes sur une période de quatre siècles. Documentée et écrite par les infirmières et des historiennes, cette oeuvre unique rassemble en un seul volume un vaste éventail de recherches. Quatorze chapitres et 28 vignettes, superbement rehaussés de photographies et d'illustrations d'archives, composent cet impressionnant portrait du nursing canadien. Sans frontières est un ouvrage fascinant et indispensable pour les infirmières, les férus d'histoire, et toute personne dont la vie a été touchée par une infirmière.

  • Cet ouvrage est consacré au parcours de vie des usagers réguliers et fréquents de cocaïne. Plus spécifiquement, les auteurs se sont fixés deux objectifs. Un premier consiste à mieux comprendre la trajectoire des consommateurs coutumiers de cocaïne en analysant les dynamiques qui sous-tendent ce processus. Ceci fait, il est alors possible d'approfondir la relation qui existe entre la consommation habituelle de cocaïne et la criminalité, ce qui constitue le deuxième objectif de l'ouvrage. Ce livre ne vise pas tant à décrire les phases de la trajectoire de consommation de cocaïne qu'à essayer de comprendre les raisons de cet itinéraire.

  • Ce recueil fait le point sur la gouvernance linguistique, c'est-à-dire sur la manière de gérer les aspirations, les droits et les contraintes touchant les minorités de langue officielle au Canada, notamment les minorités francophones ainsi que sur l'utilisation, la survie et l'épanouissement de leur langue. Dans un contexte de mondialisation qui, paradoxalement, peut pousser vers l'uniformité ou stimuler le dynamisme des cultures minoritaires, dans le contexte canadien de « chartisme » et de multiculturalisme, comment peut-on assurer la transmission et la vitalité des deux langues officielles, dont l'une compte relativement peu de locuteurs hors du Québec et du Nouveau-Brunswick ? On ne peut nier que la gouvernance linguistique s'est complexifiée au cours des dernières décennies dans une société multiculturelle et plurilingue où l'histoire, les traditions, les constitutions et diverses lois tissent autant de mailles souvent oubliées dans le filet sociétal où se meuvent les acteurs (individus et groupes plus ou moins organisés sur les plans linguistique, religieux, social, économique, etc.). Au surplus, l'ère de la mondialisation touche de nombreux pays où coexistent plusieurs langues et cultures. Ce n'est pas un hasard si la Commission de l'UNESCO sur la culture a invité les pays-membres à nourrir plutôt qu'à uniformiser les diverses cultures dans le monde, afin d'enrichir le patrimoine de l'humanité. Plusieurs conférenciers et conférencières de diverses parties du Canada et d'Europe se sont penchés sur les aspects théoriques et conceptuels, sur les constats en ce qui a trait aux politiques linguistiques et aux minorités linguistiques canadiennes, sur les problèmes et les avantages de ce que constitue le « chartisme » par rapport aux droits des minorités ainsi que sur les institutions de la gouvernance linguistique, sur les moyens de reproduction et de diffusion culturelles, pour enfin conclure sur les enjeux et défis pour la prochaine décennie.

  • Dans cet ouvrage, rédigé à partir d'une abondante documentation de première main, Jesús Biagorri Jalón retrace les origines de l'interprétation de conférence et analyse avec la rigueur et la minutie de l'historien et l'expérience de l'interprète les principaux enjeux, politiques, sociaux et culturels ayant entouré la naissance de cette profession au début du XXe siècle. À notre époque où se multiplient les échanges internationaux dans tous les domaines, cette histoire intéressera non seulement les langagiers que sont les traducteurs et les interprètes, mais aussi les étudiants et les professeurs des écoles de traduction et d'interprétation ainsi que tous ceux qui s'intéressent des près ou de loin aux relations internationales des points de vue linguistiques, culturels et politiques.

  • Le dictionnaire est certainement l'une des plus grandes inventions intellectuelles de l'humanité. Ce livre retrace son histoire depuis ses humbles origines au milieu du IVe millénaire av. J.-C. jusqu'en 1539, date de la publication du premier dictionnaire du français par Robert Estienne. Un itinéraire culturel et historique de 5000 ans qui entraîne le lecteur à travers de grandes civilisations : la Mésopotamie, l'Égypte, la Grèce, Rome et l'Europe. L'optique retenue favorise deux dimensions : d'abord, le récit historique chronologique à partir de l'invention de l'écriture vers 3500 av. J.-C. jusqu'à l'invention de l'imprimerie au milieu du XVe siècle ; ensuite, l'étude critique des ouvrages marquants et innovateurs sur le plan des principes et des méthodes lexicographiques, et cela pour chacune des époques et des civilisations mentionnées. Les créatures de dictionnaires ne sont pas oubliés : chaque fois qu'un lexicographe a laissé son nom, une courte notice biographique le situe dans la longue lignée des bâtisseurs de dictionnaires.

  • Lexicographie et terminologie : Compatibilité des modèles et des méthodes est un ouvrage portant sur les points de convergence et de divergence des deux disciplines. Les auteurs, tous spécialistes de l'une ou de l'autre, proposent une réflexion historique, théorique ou méthodologique sur diverses préoccupations actuelles les concernant, sur ce qui les rapproche ou, au contraire, sur ce qui les sépare. Chacun d'entre eux jette un éclairage différent et inédit sur les objets en cause (unités lexicales ou termes), ainsi que sur les cadres théoriques et les méthodes auxquelles elles souscrivent.

  • Bien que le phénomène de la publicité soit au coeur de maints débats dans plusieurs disciplines, aucune étude historique d'envergure, au Canada comme au Québec, ne lui avait encore été consacrée. Tirant leurs données de trois grands quotidiens des années 1920-1960, soit La Presse, Le Soleil et The Montreal Daily Star, les auteurs retracent l'intégration économique et socio-culturelle du Québec à l'« American way of life », qui aboutit à la Révolution tranquille. Dans une double perspective, quantitative et diachronique d'une part, qualitative et synchronique de l'autre, ils montrent que l'offre marchande au Québec s'est considérablement accrue sous la « masse publicitaires », surtout depuis la Seconde Guerre mondiale, et expliquent pourquoi celle-ci constitue une « publicité de masse » en faisant ressortir le rôle crucial du marché dans l'existence des consommateurs. Avant l'appropriation d'une certaine spécificité québécoise par les publicitaires au début des années 1960, c'est la continuité dans les représentations stéréotypées qui l'emporte sur l'adaptation à la conjoncture : la publicité nord-américaine qui envahit alors le Québec applique la raison marchande aux images de l'employé et de la ménagère en quête de bonheur matériel. À bien des égards, le Québec apparaît comme un laboratoire privilégié pour saisir la publicité dans une optique pluridisciplinaire.

  • Ce livre propose une articulation originale des champs du travail, du privé, des rapports sociaux et de la famille, et constitue une avancée majeure dans le champ de la sociologie des rapports sociaux. Monique Haicault rejette la stérilité de la binarisation traditionnelle, en tenant compte, concrètement et théoriquement, des processus de différenciation sociale de sexe. Son épistémologie « cubique » analyse la triade corps-temps-espace dans le contexte du quotidien et à travers les activités professionnelles, les activités familiales de socialisation, les déplacements urbains et les relations intergénérationnelles. L'utilisation de l'image vidéo donne vie à cette expérience. L'image contribue à montrer comment par leurs comportements, leurs actions, leurs propos et le sens qu'ils donnent à leur expérience, les acteurs sociaux participent de la construction de la société et de sa reproduction dynamique. L'auteure apporte une nouvelle contribution à la socialisation sexuée et à la théorie des rapports sociaux entre sexes et intra-sexe. Elle débouche sur un questionnement qu'il sera désormais difficile de passer sous silence.

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