Religion & Esotérisme

  • La Bible, notre exil

    Frédéric Boyer

    Ce livre est né après la parution en septembre 2001, chez Bayard, de la Bible, nouvelle traduction, écrite par une vingtaine d´auteurs contemporains au côté de spécialistes des textes et des langues bibliques. À l´écoute, à la réception des critiques, des lectures de ce travail. Ce n´est ni un essai sur la Bible et sa traduction ni un règlement de comptes. Il s´agit plutôt d´une sorte de petit journal des réflexions, des pensées suscitées par la réception de cette traduction. Il s´agit surtout de s´interroger sur les peurs entendues. Peur de perdre une langue sacrée. Peur de l´oubli. Peur de la tentative, du travail collectif, de l´ouverture. Peur de l´exil des langues et des oeuvres. Peur de l´écriture elle-même, de ce que l´on pourrait lire et découvrir, et aussi peur du travail d´écriture engagé. Ce petit livre voudrait aussi proposer autre chose que la pensée patrimoniale qui se déchaîne aujourd´hui. On veut préserver, restaurer, transmettre coûte que coûte. Mais pour quels héritiers? Dans quelle langue? Pour faire quoi? Pour quel monde? On voudrait ne rien perdre de ce qui est déjà perdu. On voudrait surtout pathétiquement croire que nous possédons une langue sacrée à laquelle nous ne pourrions toucher, sans doute parce que précisément nous nous tenons aujourd´hui dans l´exil de toute langue, dans l´exil du travail de la langue. On voudrait transmettre sans travail, sans contestation, sans déplacement.

  • Cet ouvrage, considérable, monumental non pas tant par sa taille, que par la somme d'érudition et de savoir qu'il représente, l'ampleur de sa documentation et le très grand intérêt de son sujet, cet ouvrage est un événement.

    Jean Louis Schefer, écrivain, historien, critique d'art, philosophe, s'est engagé totalement dans cette recherche.

    Tout part de la célèbre prédelle de Paolo Uccello, Le Miracle de l'hostie (circa 1467) où l'on voit une hostie consacrée saigner à la suite du sacrilège qu'a commis sur elle un usurier juif à qui elle a été remise pour solder une dette. Jean Louis Schefer s'est interrogé sur la signification de cette réprésentation, ses origines, ses implications, sa postérité (jusqu'au mythe de Dracula, par exemple!). Elles mettent en cause la théologie, le rituel catholique à travers les sacrements, la monnaie (puisque l'agneau, par exemple a longtemps figuré sur les pièces frappées au Moyen-Âge et que la théorie monétaire de Moyen-Âge apparaît inséparable de l'évolution du signe sacré. Elles interrogent la fondation et la gestion morale des images dans notre culture. Elles démontent les mécanismes par lesquels s'est instauré le dogme de l'incarnation, de la transsubstantiation et aussi les stratégies d'accréditation qui s'en sont suivies (les miracles, les légendes).

    L'Hostie profanée, histoire d'une fiction théologique, abondamment illustré in texte et hors texte, contenant de nombreux documents légendaires, rituels ou doctrinaux pour la première fois traduits (du latin, de l'italien, de l'allemand) est un ouvrage irremplaçable pour la compréhension du monde occidental chrétien, notre monde.

  • Sexy lamb

    Frédéric Boyer

    'Il est possible que la naissance de ce qu'on appellera le christianisme soit comparable à l'apparition du rock'n'roll. J'imagine que le langage chrétien naissant fut de cet ordre. Il a en partie fabriqué et inventé une nouvelle culture à partir de vieux accords. Il mimait, il empruntait, il détournait. Il revendiquait les figures prophétiques, messianiques de la tradition, il reprenait les écritures de la vieille religion, mais avec des raccords vertigineux et dans des histoires de zombies, de traîtres, d'apostats, de femmes réprouvées et de prophètes itinérants, aux marges du Temple et de Jérusalem.

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