Paradigme (réédition numérique FeniXX)

  • Vitale et rituelle, l'eau de l'homme du Moyen Âge irrigue plusieurs mondes. Qu'elle s'offre dans son immédiat surgissement - source, rivière, pluie -, ou dans la proximité d'une domestication encore élémentaire - puits, citernes, aqueducs, moulins -, elle baigne l'économie et la vie quotidienne, l'imaginaire et le religieux. Mer, fleuves, rivières, elle est moyen de transport, lieu d'échange et force motrice. Sources et lacs, elle est aussi le domaine des fées et du merveilleux qui resurgit dans la littérature : mer du Tristan, bain de Mélusine, fontaine de Barenton... Venus de différents horizons à l'initiative du CEMO (Centre d'Études Médiévales d'Orléans), neuf chercheurs éclairent ici quelques-unes de ses multiples facettes.

  • À la suite de Chrétien de Troyes, le roman évolue, la primauté du sens laisse la place au plaisir du récit et trouvera sa représentation dans un cycle de romans mettant Gauvain en scène. Dès lors, le neveu d'Arthur n'est plus la belle image des romans du XIIe siècle, il devient signe à lire et déchiffrer : les récits arthuriens cessent d'illustrer l'éthique chevaleresque, ils deviennent le lieu d'une initiation à l'art du roman.

  • « Les textes que réunit ce volume ont été présentés et discutés à l'Université de Reims, le 11 décembre 1991, à l'occasion d'une table ronde organisée par le Centre de recherches sur les classicismes antiques et modernes. Ce centre a été créé en 1990 par Georges Forestier, spécialiste de littérature française du XVIIe siècle, et par moi-même, dans l'intention de faire se rencontrer des chercheurs qui, ayant des orientations et des spécialités différentes, parlent du même sujet, notre culture. » J.-P. Néraudau

  • Naissance de l'esthétique, de "l'artiste", de la "littérature", effervescence encyclopédiste, avancées des matérialismes et des illuminismes, l'âge des Lumières est le lieu de ces divers mouvements dans les tensions desquels se forme notre modernité : les études ici rassemblées explorent quelques aspects de cette préhistoire.

  • La misère, impensable, est d'abord, dans tous les sens, l'innommable. Pour forcer sa réalité à accéder en nous à l'existence, Hugo emprunte, de façon récurrente, des voies obliques. Ce sont quelques-uns de ces chemins de traverse du discours romanesque que l'on essaie d'analyser ici : la poétique du nombre, abîme du quantitatif désocialisant ; le grotesque « bricolage », étrange médiateur du progrès ; les variations sur le thème du sujet des tréfonds, d'Eponine, héroïne de la République assassinée à Thénardier, irréductible « filousophe » ; les détours actanciels de l'affirmation auctoriale d'une Vérité. Ces paroles atteignent leur but par ricochets ; elles rompent le silence, en attente d'un progrès à venir, coïncidant avec le triomphe de « l'amour fou », le sacrifice du moi en chacun et son oblation.

  • « Transparent », inépuisable, Racine est de ces écrivains qui, loin de décourager les critiques, ne cessent de les solliciter. Il nous a donc paru utile de grossir la bibliographie racinienne par le présent volume. Le lecteur y trouvera un échantillonnage de ce qui s'est dit sur Racine au cours des dernières années, de ce qui se dit aujourd'hui, notamment à propos des trois pièces inscrites au programme de l'agrégation. Ce choix permet aussi de mesurer le chemin parcouru depuis que Mauron, Goldmann et Barthes ont renouvelé la lecture de Racine.

  • À la fin des années folles, un jeune aventurier sans ancêtres, sans enfance, sans diplômes - mais non sans culture - venait parler de la condition humaine... Dans son roman, c'étaient le monde même, et la sauvagerie des hommes, qui se trouvaient nerveusement sténographiés. Les articles réunis ici témoignent des réactions à la fois passionnées et lucides provoquées alors. Ils montrent aussi que l'oeuvre de Malraux mérite d'être lue pour elle-même et non parce qu'elle renverrait à la biographie mythique de son auteur. Il y a un univers romanesque, une écriture romanesque de Malraux, une voix de romancier étonnamment accordée avec la sensibilité moderne.

  • À partir de 1850, Nerval adopte une forme narrative qui renouvelle la tradition du récit excentrique, une forme qu'il fonde sur l'observation du monde contemporain. Aux errements du siècle, le narrateur oppose des ailleurs : le Valois, des pays étrangers, le monde des rêves. Moins nostalgique que critique, cette opposition anime une authentique pensée du progrès. Ce réalisme atypique trouve son achèvement dans « Angélique », « Sylvie », « Octavie », « Aurélia ». En 1854, réunissant certains de ces textes avec d'autres plus anciens et « Les Chimères », Nerval compose un des plus étranges « recueils » de notre littérature : « Les Filles du Feu ».

  • Qui sont les conseillers généraux de la Manche ? D'où viennent-ils ? Quelles sont leurs motivations, leurs préoccupations ? D'âge mûr, d'origine relativement modeste, d'extraction locale, de tempérament modéré, ils constituent un groupe homogène qui n'est pas toujours représentatif de la population électorale en raison notamment de l'inégalité du cadre cantonal. Le plus souvent ancrés dans leurs cantons, les conseillers généraux de la Manche jouent un rôle d'intermédiaire entre les citoyens et l'administration. Quelques-uns d'entre eux tirent parti de leur position cantonale pour entreprendre ou poursuivre une carrière politique. Trois d'entre eux accèdent à la présidence du conseil général. Maître Léon Jozeau-Marigné l'exerce depuis 1968. L'étude, menée de 1945 à nos jours, permet d'affirmer que les changements ne sont pas aussi négligeables qu'on le croit habituellement. Les professions agricoles déclinent au profit des professions libérales. Les élections cantonales et les débats au sein de l'Assemblée départementale se politisent. Les responsabilités des conseillers généraux se multiplient et les tâches s'alourdissent. Ces constatations sont le résultat d'une double démarche. D'abord, une quarantaine de conseillers généraux ont bien voulu remplir un épais questionnaire ; l'exploitation qualitative des réponses constitue la richesse originale de cet ouvrage. En outre, une analyse quantitative, portant sur tous les conseillers généraux élus dans la Manche depuis 1945, complète ce travail.

  • Le président Léon Jozeau-Marigné est le premier, le plus puissant, le plus titré, le plus sollicité, le plus présent de tous les notables de la Manche. Il est, sans aucun doute, le plus grand que la Manche ait connu depuis que le suffrage universel existe. Né le 21 juillet 1909 à Angers, Léon Jozeau-Marigné fait de brillantes études de droit jusqu'au doctorat. Renonçant au métier d'avocat, il choisit celui d'avoué et s'établit à Avranches en 1935 « pour ne pas faire de politique », Nommé conseiller municipal et maire-adjoint d'Avranches en 1941, élu sénateur indépendant en novembre 1948, il entre au conseil général de la Manche en octobre 1951. Il devient maire d'Avranches en mai 1953 et président du conseil général en octobre 1968. Régulièrement et brillamment reconduit dans ses fonctions de maire, de président du conseil général et de sénateur, Léon Jozeau-Marigné y ajoute notamment celles de vice-président du sénat, de président de la commission des lois du sénat et de président du conseil régional de Basse-Normandie. En mars 1983, il atteint les sommets de l'État en entrant au conseil constitutionnel ; ce qui l'amène à quitter le sénat, le conseil régional et la mairie. Une intelligence supérieure, une mémoire prodigieuse, un discours séduisant, une condition physique étonnante, des déplacements incessants, une longue et grande expérience du pouvoir départemental, un solide réseau de conseillers généraux et de maires fidèles et dévoués constituent les principales bases du « système Jozeau » qui se traduit par une parfaite connaissance des dossiers, un contact chaleureux, presque familier, avec la population et ses élus, des discours bien adaptés à l'auditoire, des dizaines, des centaines, des milliers d'inaugurations, de décorations, de banquets, d'interventions. Le bon fonctionnement de ce système est le résultat d'un minutieux « ciblage » et d'un savant « dosage ». Que de savoir-faire ! Ce système de pouvoir pyramidal, - dominé par un homme et basé sur la démocratie électorale, s'impose à tous.

  • Cet ouvrage reprend le texte intégral d'une thèse d'État soutenue en Sorbonne en décembre 1991. Elle avait pour but d'analyser l'éclat prestigieux de la Champagne au XIIIe siècle sous la lignée des comtes Thibaut, en associant l'interprétation des textes à un milieu culturel, social et naturel. Ce milieu, nous le discernons tout d'abord à travers le réseau très dense des relations humaines. Du goût des publics, des oeuvres qui leur sont offertes se dégagent alors les traits de ce que l'on peut appeler une esthétique champenoise, qualités sensibles et intellectuelles qui s'épanouissent dans un style très caractérisé. L'image de la Champagne telle qu'elle se découvre à travers ses historiens (de Villehardouin à Joinville), dans la poésie lyrique de ses trouvères, illustrée surtout par le chevalier briard Gace Brulé et le Prince-Poète Thibaut IV, et dans la fascination qu'exerça cette lyrique sur le roman (Jean Renart, Renaut...) ou sur la littérature pieuse et didactique (Guiot de Provins, Gautier de Coinci...), voilà quelques-unes des pistes que cette recherche s'est donné pour tâche d'explorer, avec l'espoir de susciter bien d'autres travaux encore en ce domaine d'une richesse exceptionnelle.

  • Cet ouvrage reprend le texte intégral d'une thèse d'État soutenue en Sorbonne en décembre 1991. Elle avait pour but d'analyser l'éclat prestigieux de la Champagne au XIIIe siècle sous la lignée des comtes Thibaut, en associant l'interprétation des textes à un milieu culturel, social et naturel. Ce milieu, nous le discernons tout d'abord à travers le réseau très dense des relations humaines. Du goût des publics, des oeuvres qui leur sont offertes se dégagent alors les traits de ce que l'on peut appeler une esthétique champenoise, qualités sensibles et intellectuelles qui s'épanouissent dans un style très caractérisé. L'image de la Champagne telle qu'elle se découvre à travers ses historiens (de Villehardouin à Joinville), dans la poésie lyrique de ses trouvères, illustrée surtout par le chevalier briard Gace Brulé et le Prince-Poète Thibaut IV, et dans la fascination qu'exerça cette lyrique sur le roman (Jean Renart, Renaut...) ou sur la littérature pieuse et didactique (Guiot de Provins, Gautier de Coinci...), voilà quelques-unes des pistes que cette recherche s'est donné pour tâche d'explorer, avec l'espoir de susciter bien d'autres travaux encore en ce domaine d'une richesse exceptionnelle.

  • De l'érotique des troubadours à l'« heurétique » (Platon), des trouveurs en roman, « ce que le coeur me dit avec la langue d'Amour » (Dante) m'installe au coeur du « mystère dans les lettres », qui sont d'amour, à force d'être hantées par la mort : « le Beau trouvé » s'entend de l'enfant trouvé dans le roman familial comme des heureuses rencontres dans l'art de bien dire. C'est une nouvelle naissance comme une nouvelle lumière. Apprendre ainsi à lire « avec d'autres yeux » (les cristaux de la Rose) ce qu'on ne cesse pas de récrire à son tour, pour entendre non pas, comme le veut l'allégorie, autre chose que ce qui se dit, mais l'Autre Chose qui ne cesse de ne pouvoir se dire, serait-ce une nouvelle façon de « remuer l'Achéron » à défaut de « percer les portes d'ivoire ou de corne » ? Charles Méla

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'art épique a été pratiqué en Europe et particulièrement en France pendant toute la durée du Moyen Âge ; aussi peut-on parler d'une tradition qui, intimement mêlée aux systèmes de représentation du monde et aux codes sociaux, inspire des oeuvres variées, depuis ce poème parfait qu'est le « Roland » d'Oxford jusqu'aux oeuvres fleuves du XIVe siècle et aux mises en prose du XVe. C'est à rendre compte de quelques aspects de l'histoire et de l'esthétique du genre que s'attache le présent recueil d'articles, issu d'une fréquentation de plus de vingt ans avec les diverses manifestations d'une veine épique qui, si éloignée qu'elle soit de nous, reste pourtant étrangement accessible.

  • Cet ouvrage se propose d'offrir un panorama de ce que le cheval a pu représenter dans la société et dans les mentalités du Moyen Age. Les auteurs proposent un parcours à travers différents textes et documents à partir desquels seront évoqués trois domaines essentiels : le cheval dans le monde socio-économique (échange, valeur, utilisation dans le monde rural, etc.) ; le cheval dans la littérature (vocabulaire, fonction littéraire, etc.) ; la médecine vétérinaire, autour de l'édition d'un manuscrit du XIVe siècle : la « Cirurgie des chevaux ».

  • Ce recueil, qui reprend un ensemble de conférences proposées au colloque de mai 1992 du Centre d'Études Médiévales d'Orléans, voudrait être à l'image de la multiplicité du corps médiéval, en proposant différentes études s'attachant à un aspect particulier, à une énigme singulière, suscités par des approches qui bien souvent échappent à la mentalité de notre temps.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Marivaux a écrit son oeuvre pour faire parler la femme et pour parler avec elle, par personne interposée. Au théâtre, le dialogue amoureux, la rencontre ouverte et périlleuse avec autrui, est l'enjeu de l'action, où le « double registre » réside le plus souvent auprès de la femme, confidente de l'homme. Dans les journaux, le Spectateur ou le Philosophe, délégué de l'auteur, remplit la fonction de confident et parfois même de sujet dans les confrontations amoureuses. Mais malgré les propos quasi-auctoriaux émis autour d'elle, la parole de la femme, ni idéalisée - ou si peu - ni récupérée par son auteur, continue à résonner avec un éclat particulier. L'analyse fait appel à la psychanalyse, qui permet de mieux comprendre les formations et déformations du langage aussi bien que l'ambivalence foncière de l'homme envers la femme.

  • Cet ouvrage expose avec clarté la temporalité de l'éducation au Congo Brazzaville de la période coloniale à nos jours et dresse un bilan exhaustif et critique sur l'efficacité du système scolaire. L'auteur ne se contente pas de décrire simplement la crise du système, aux différents niveaux et chez les différents partenaires, il situe également le système scolaire dans son contexte socio-économique et culturel. Il apporte surtout quelques précisions sur les perspectives d'avenir, celles de lier le projet pédagogique au projet politique ; en effet, préparer le jeune pour une responsabilité à prendre dans la cité, c'est en même temps l'inscrire dans un projet d'indépendance qui conditionne l'avenir de l'école congolaise et du Congo lui-même, avenir fondé sur le pluriculturalisme et organisé en un système porteur d'autres voies que celles de la reproduction du modèle occidental et de la formation des élites.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Reflets de l'évolution de la pensée d'un chercheur, témoins de l'avancée des connaissances, de nombreux articles de base, souvent éparpillés au fil des revues spécialisées, parfois devenus introuvables, sont nécessaires au travail du chercheur, de l'étudiant, de l'érudit. Regrouper ces textes fondamentaux, c'est le but que se propose la collection Varia, en réunissant sous forme de recueils d'articles les travaux des plus éminents spécialistes d'un domaine de la recherche et du savoir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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