Littérature générale

  • Ce volume réunit des travaux axés prioritairement sur le français innovant sous toutes ses formes, dans tous les styles communicatifs et dans toutes ses variétés diatopiques. La thématique de la variation et du changement en langue est appréhendée à travers des approches théoriques dans l'interface sémantique - lexique - syntaxe. Ces dernières sont mises à profit pour aider à éclairer, sous un angle parfois inédit, divers aspects du diasystème français.

  • Georges Hérelle (Pougy-sur-Aube, 1848-Bayonne, 1935) a contribué par ses traductions à la diffusion en France des oeuvres de Matilde Serao, Antonio Fogazzaro, Grazia Deledda, Vicente Blasco Ibáñez, et surtout de Gabriele d'Annunzio, dont il a traduit presque tous les romans, les pièces, les nouvelles et les poèmes. Hérelle a été critique et biographe de d'Annunzio qu'il considérait non seulement « le plus grand écrivain de son temps », mais aussi un personnage à la fois singulier et de génie. Le riche manuscrit inédit intitulé D'Annunzio ou théorie et pratique de la surhumanité (conservé dans la Médiathèque du Grand Troyes), publié pour la première fois dans ce volume, est le résultat d'une minutieuse activité de recherche sur l'homme et sur l'écrivain d'Annunzio. Georges Hérelle (Pougy-sur-Aube, 1848-Bayonne, 1935) fece conoscere in Francia, con le sue traduzioni, autori come Matilde Serao, Antonio Fogazzaro, Grazia Deledda, Vicente Blasco Ibáñez, e soprattutto Gabriele d'Annunzio, di cui tradusse quasi tutti i romanzi, opere teatrali, racconti e poesie. Convinto che d'Annunzio fosse non solo «le plus grand écrivain de son temps», ma anche un personaggio non comune per genialità e modi di vita, Hérelle si interessò altresì a lui come critico e biografo. Frutto di questa intensa attività di indagine sull'uomo e lo scrittore d'Annunzio è il corposo manoscritto inedito intitolato D'Annunzio ou théorie et pratique de la surhumanité (conservato presso la Médiathèque du Grand Troyes), che per la prima volta si affida ora alle stampe in questo volume.

  • L'étonnante diversité des possibilités esthétiques offertes par le livre comme support matériel de la fin du XIXe siècle aux expérimentations les plus contemporaines, est au coeur de la réflexion proposée dans ce livre. La page, le feuillet et le livre, l'écran aussi, débordent le cadre du codex et du livre relié (livre en éventail, leporello, recueil d'affiches, livre dressé, livre sculpté, livre éclaté, livre numérique, etc.), par l'hétérogénéité de leurs matières, de leurs formes et de leurs formats. Ils deviennent des supports actifs dans le processus de conception et de réception de l'oeuvre. Observer les processus de composition et de diffusion des oeuvres dans leurs singularités matérielles, tel est l'objet de ce livre. Cette recherche engage à prendre la mesure du rôle des différents acteurs dans la conception du livre, non plus seulement l'écrivain et l'artiste mais aussi le typographe, le relieur, l'éditeur ou le galeriste, chaque acteur pouvant lui-même être polyvalent. La porosité des frontières entre les activités, les métiers, engendre naturellement la porosité entre les genres littéraires et artistiques. The heart of the reflection in this book is the diversity of aesthetic possibilities of the book as material support, from the late nineteenth century to contemporary experiments. The page, the sheet and the book go well beyond the codex and the bound book, in the heterogeneity of their materials, forms and formats (fans, leporellos, poster collections, upright books, book sculptures, exploded books, electronic books, etc.): they are active supports in the design and reception process. This book observes the process of composition and distribution of works in their material singularities, including the role of the different stakeholders in the design of the book, not only the writer and the artist but also the typographer, bookbinder, publisher or gallery owner, each playing a multiplicity of roles. Such porous borders between roles and crafts generate porosity between the literary and artistic genres.

  • Ce volume s'intéresse à un phénomène très ancien mais qui a pris une grande ampleur de nos jours : la présence de langues ou dialectes autres que la langue de base du texte littéraire (ici le français). Les douze essais réunis dans ce volume analysent les différentes formes (alternance, assemblage, superposition de codes, etc.) et fonctions (ludique, comique, satirique, parodique, réaliste, esthétique, identitaire, revendicative, etc.) de l'hétérogénéité langagière à l'intérieur d'un même texte littéraire. Ces études s'intéressent à des textes français ou francophones appartenant à des époques différentes, qui vont des textes narratifs et dramatiques du XIIe et du XIIIe siècles jusqu'à des romans d'écrivains nés dans le dernier tiers du XXe siècle. D'autres chapitres analysent l'oeuvre de Rabelais, la comédie du XVIIe siècle, un récit de voyages du XVIIIe siècle, un roman populaire du XIXe siècle, les romans policiers de Fred Vargas, une pièce inédite d'Hélène Cixous, des romans d'Albert Cohen, d'Ahmadou Kourouma et de Laura Alcoba, ainsi que deux pièces dramatiques de Jean Marc Dalpé.

  • Le présent volume vise à questionner la place qu'entretiennent les textures dans le champ de l'expérience esthétique. Dans une image, un texte, un mouvement quelque chose se trame, achoppe, râpe, se défait et se déforme ; une couleur, une tache, une ligne, un tracé, une rupture syntaxique, un bégaiement, un bruit, un gros plan ouvrent à de multiples bifurcations sensorielles. Ainsi quelles techniques d'inscription, de composition - de tissage - sont à l'oeuvre en peinture, au cinéma, en musique, au théâtre, en vidéo, en performance et dans les lettres ? Comment les définir, les saisir, les approcher dans leur singularité ? Les articles ici rassemblés cherchent à décrire et rendre sensible la manière dont les textures forment-déforment-reconfigurent-réactualisent non seulement les objets dans lesquelles elles s'engagent, mais aussi nos manières d'être. Si la problématique des textures jouit d'une certaine actualité dans les domaines de la création et de la recherche, reste pour nous la nécessité de cartographier cette notion, et d'en proposer une constellation dans le ciel du présent.

  • L'enjeu de cet essai est d'entrer dans la poétique de Baudelaire par la voie du langage, spécifiquement par l'analyse d'une figure rhétorique dont la fréquence témoigne d'une nouvelle attitude poétique : la périphrase. Célébrée en tant que source du sublime par Aristote et Longin, mais successivement délaissée, au fil des siècles, en tant qu'instrument anodin de l'ornatus, la figure assume une dignité nouvelle sous la plume de Baudelaire : figure d'expansion par excellence - lexicale, syntaxique et sémantique - la périphrase est exploitée en tant qu'outil propice à l'extension des confins de la poésie, au niveau de forme comme du contenu. La fréquence et la pertinence de la périphrase chez Baudelaire donnent à voir l'essence de la quête littéraire moderne, à savoir l'aporétique recherche de l'Inconnu. Intimement liée au faire (poïein) poétique, elle conduit à nous interroger sur le sens du langage, ou plutôt sur la question du sens que le geste artistique laisse en suspens. Comme l'écrit Michel Deguy, en introduisant notre parcours par une préface, « la poésie (la périphrase) nomme, appelle périphrastiquement l'Inconnu. Elle y plonge, dit Baudelaire ».

  • Depuis les années 1960, maintes générations d'étudiant(e)s et de nombreux collègues ont pu apprécier les qualités humaines et scientifiques de Giuseppe Bernardelli. Ce volume d'hommage se propose comme une preuve d'un dialogue toujours vivant, sur les deux côtés de la littérature et de la linguistique, autour de cette passion pour « les mots », manifestée par l'enseignement et par les études que Bernardelli a toujours menées avec finesse et acribie. D'où le titre de ces mélanges : « Tout le talent d'écrire ne consiste après tout que dans le choix des mots » (Gustave Flaubert, À Louise Colet, 22 juillet 1852)

  • Si le sport a d'abord été considéré comme un « divertissement pour analphabètes », la littérature sportive émerge dès la fin du XIXe siècle et les collections qui lui sont dédiées se multiplient. En 1928, la Fédération française de football crée son concours littéraire. Dès la Première Guerre mondiale, les modes d'Outre-Manche s'exportent et le joueur de football devient une figure emblématique des années 1920. Avec le joueur de football, la littérature délimite les contours d'un nouvel idéal masculin. Dans les années 1970, le développement du spectacle sportif, la médiatisation des grandes rencontres et l'évidente démocratisation du sport invitent à repenser le sport comme un fait social total. La littérature ne reste pas sourde à cet appel : elle questionne les nouvelles formes du spectacle footballistique et le sens du jeu dans la société contemporaine. L'histoire du ballon rond mais également l'abondante production romanesque qui l'accompagne nous invitent à proposer ici une étude des discours littéraires sur le football et à sonder les modèles masculins qui y sont érigés.

  • Camus écrit dans ses Carnets : « Nous devons à l'antiquité le peu que nous valons. » En se référant aux vastes lectures et aux nombreux commentaires d'Albert Camus sur les oeuvres philosophiques et littéraires gréco-latines et sur la Bible, ce livre entend montrer que l'antiquité constitue pour Camus le sol fertile dans lequel ses forces créatrices s'enracinent, le terreau où son oeuvre prend corps : plus il s'inspire de l'antiquité, plus son oeuvre devient originale. Une analyse détaillée de ses oeuvres philosophiques (Noces, Le Mythe de Sisyphe, L'Homme Révolté) et littéraires (L'Etranger, L'Exil et le Royaume, La Chute), permet à l'auteur de cet ouvrage de reconsidérer les thèmes majeurs de la pensée de Camus comme le bonheur, l'absurde et la révolte, et d'appréhender sous un jour nouveau ses grands personnages littéraires, tels Meursault, Caligula, Janine ou Clamence.

  • La discrimination des femmes constitue un phénomène universel, nécessitant une approche globale. La misogynie, qui en est le moteur, peut être traitée comme une pathologie, un mal exceptionnel affectant des singularités de façon plus ou moins étendue. Mais par-delà ses manifestations exacerbées et spectaculaires, elle est également une donnée structurelle, totalement incorporée par les institutions et les individus. Dans la première partie de l'ouvrage, « L'héritage », la misogynie est rapportée aux rôles, aux statuts et aux valeurs qui définissent une société et une époque : sa fonction structurante pour les sociétés et leurs institutions apparait clairement. La deuxième partie, « La misogynie dans son environnement », traite des mécanismes, des manifestations et des effets de la misogynie dans des environnements spécifiques. La troisième partie « Enjeux actuels », permet d'observer comment s'opèrent les négociations entre des fonctionnements misogyniques souterrains et les exigences actuelles, faisant valoir une égalité femmes/hommes. Résolument transdisciplinaire, cette étude aborde les problématiques afférentes à la misogynie dans divers territoires, tout particulièrement en Espagne et en France.

  • Dans l'après-guerre comme dans les années 80, la recrudescence des mythes grecs et latins dans une trentaine de romans de langue allemande entraîne un jeu passionnant de narration et de réécriture. Entre création et recréation, la redécouverte d'un mythe interroge à la fois un fondement culturel essentiel et le monde contemporain. Mais le recours au mythe laisse aussi affleurer toute une interrogation sur le genre choisi. Jusqu'où peut aller le roman contemporain quand il véhicule un mythe ? Quatre textes (Der blaue Kammerherr de Wolf von Niebelschütz, Amanda de Irmtraud Morgner, L'esthétique de la résistance de Peter Weiss et Medusa de Stefan Schütz) ont poussé la réflexion jusqu'à penser le renouveau d'un genre, l'épopée, alliant ainsi de façon plus conséquente et plus audacieuse que les autres romans une réflexion sur le fond et sur la forme. Du mythe à l'épopée, c'est le caractère singulier d'une récriture contemporaine qui ressort de cette étude.

  • Le jardin est l'espace le plus représentatif de la frontière entre l'homme et la nature où s'intègrent les éléments réels et imaginaires choisis par le savoir-faire des humains pour créer un objet de beauté. Il s'agit d'un lieu social s'offrant à l'artiste comme espace de lecture du monde. S'approprier à la fois le naturel et l'artifice, les organiser d'une manière intelligible, relève d'une volonté esthétique qu'il convient de déchiffrer comme étant le langage d'un amour de la mesure, d'une condensation du savoir, étant une écriture amoureuse. La solitude du jardinier semble s'accorder à l'investissement propre à l'acte d'écriture, à la place que les hommes s'accordent dans le monde.
    Les messages esthétiques que les jardins littéraires méditerranéens peuvent nous livrer évoluent au rythme des artistes. Des sources anciennes de la culture de l'hortus aux couleurs méditerranéennes chez Sorolla et Dalí, les textes de Chateaubriand, Sand, Hugo, Zola, Lorrain, Eberhardt, Siles ou García Montero rendent compte de l'expérience artistique de l'intimité et de la réflexion, de la théâtralisation, de l'exotisme et l'évasion, des expériences du corps et de la lumière dans les jardins.

  • Jean Barois participe de l'effervescence esthétique qui caractérise 1913, en multipliant les expérimentations formelles, telles que la composition hybride, l'art du collage, le régime dialogué, l'esthétique documentaire, les jeux typographiques et le style coupé. Chronique mélancolique du modernisme intellectuel, faisant l'inventaire de l'affaire Dreyfus, s'interrogeant sur la puissance des liens religieux, c'est aussi un roman de la conscience malheureuse, méditant sur l'identité perdue et la responsabilité impossible. Arracher des bribes au réel, pour constituer une masse puissamment vivifiante, capable de remémorer le passé et de porter le lecteur à approfondir sa propre conscience de soi, et cela dans une forme neuve, composite et expressive : l'ambition de Roger Martin du Gard a fortement retenu la critique contemporaine, et continue, cent ans plus tard, à nous requérir.
    Ce livre réunit ainsi des analyses nouvelles sur les enjeux de la fragmentation et de la composition dans Jean Barois, et les archives d'une réception critique singulièrement attentive à l'originalité de ce roman.

  • L'ouvrage analyse les représentations littéraires de celui qui incarne l'autorité par sa maîtrise de la culture et du langage, l'enseignant, qui a une longue histoire dans la littérature italienne, depuis l'Atlant du Roland Furieux en passant par les pédagogues des comédies du XVIe s. et les précepteurs du XVIIIe s. (Parini, Il giorno), les maîtres d'école du roman du XIXe s., jusqu'aux fréquentes variations sur le thème dans la littérature du XXe s. Si le premier est un sage, aux facultés supérieures voire magiques, le précepteur de la comédie n'est qu'une caricature, comme le pédagogue vaniteux et pédant du XVIIIe s. Puis le maestro se transforme en figure du malheur : suspendu dans une position ambiguë, entre maître et serviteur, il suscite la suspicion des autres ; plein d'ambitions frustrées, il ne dispose que de sa culture et de son talent pédagogique pour tenter d'échapper à son rôle subalterne. Pour le XXe s., entre autorité reconnue ou contestée, les exemples retenus sont nombreux : G. Mosca, Ricordi di scuola ; L. Mastronardi, Il maestro di Vigevano ; N. Ginzburg, Lessico famigliare ; la lettre à Gennariello des Lettere luterane de Pasolini, etc.

  • Les études réunies dans ce volume examinent les possibilités et les modalités de transmission du sacré, dès lors qu'il n'est plus considéré comme objet exclusif du discours religieux et qu'il apparaît lié à la création littéraire. Il s'agit de voir comment les écrivains en renouvellent le sens selon les périodes et les traditions. L'approche envisagée n'est pas seulement littéraire, mais aussi philosophique, sociologique et théologique.

  • L'étude porte sur les catégories signes (Zeichen) et traces (Spuren) dans l'oeuvre poétique et les textes poétologiques de Günter Eich (1907-1972). Signes naturels, linguistiques, traces biographiques et intertextuelles, relevé de stigmates historiques (Spurensicherung) imprègnent l'oeuvre sous forme d'images poétiques et de concepts poétologiques. Complémentaires ou opposés, ils éclairent le parcours complexe du poète, du déchiffrement des signes naturels au souhait tardif de « ne pas laisser de traces », de la collecte de traces au tracé de l'écriture (et à son effacement) dans des textes lus comme des palimpsestes d'écrits antérieurs. A partir de documents d'archives inédits, de bibliothèques d'auteurs et d'entretiens avec des proches du poète, le rôle des signes et des traces dans les relations entre écriture poétique et réalité exogène est examiné en croisant processus d'écriture et réception des textes, celle-ci orientant à son tour les tracés poétiques ultérieurs. Le traitement des signes et traces est à la fois un acte de déchiffrement et l'esquisse d'un nouveau balisage poétique (Zeichen-Setzung) du langage et du réel. Cette nouvelle approche de l'évolution de la poétique et de la poésie de G. Eich éclaire le rapport problématique du poète au réel, à la tradition lyrique et à l'histoire de son temps en situant son oeuvre au confluent de problématiques romantiques anciennes et d'une nouvelle fonction de la poésie née de la situation historique.

  • Cette étude est consacrée aux pratiques imitatives qui continuent de caractériser un grand nombre d'oeuvres littéraires et de films issus de l'immigration dans la France postcoloniale. L'imitation de la culture française dans la production artistique des immigrants et de leurs descendants a généralement été interprétée de deux manières par les critiques : soit comme le signe d'un manque de talent et parfois aussi d'intégrité, soit comme un acte politique à travers lequel les artistes en question exprimeraient leur mécontentement par rapport à la société et à la politique françaises passées et présentes. L'intervention de ce livre consiste à mettre en relief un aspect souvent ignoré des pratiques imitatives, y compris le plagiat, à savoir leur dimension éthique. Les artistes dont l'oeuvre est analysée dans ce livre ont des liens avec le Vietnam, le Cameroun, l'Algérie, le Liban et la Tunisie.

empty