Presses universitaires de France (réédition numérique FeniXX)

  • Il y a deux façons au moins de se prêter au jeu des influences et des affinités. La première est de les mentionner dès le départ et de ne plus s'en inquiéter après : on se sent quitte et l'on parle du reste. La seconde est d'une autre facture, elle fait voir un souci différent. Considérant que, si affinité il y a, influence peut-être, celles-ci doivent poursuivre leurs effets sur tout le long d'une carrière, elle s'efforce d'en toucher les conséquences et de marquer les points où les rencontres se précisent et peuvent s'éclairer. Zola a lu Darwin ; il a éprouvé pour Claude Bernard bien plus que de l'admiration. Qu'attendre cependant de ces rapprochements ? D'abord ce qu'une familiarité d'idées peut rendre par elle-même : un climat, des mouvements d'inspiration ; une capacité suggestive des images et des mots. Cet univers commun qui fait que des deux bords opposés de la science et de l'art, on voit le monde sous un même jour, dans un même regard. Mais il y a plus précis : une complicité dans les idées. Quelque chose qui se fait dans le silence de l'intelligence. Un espace muet, solide, fort, d'idées et de notions où se compose une façon de percevoir, unique, singulière, qui n'est ni de Darwin, ni de Claude Bernard ; qui est toute de Zola. Et qu'il faut essayer de restituer : une archéologie de l'intelligence créatrice.

  • Aucun des mouvements ou des groupements littéraires français depuis deux siècles n'a eu dans le monde un rayonnement égal à celui du Symbolisme. Avec Baudelaire, puis Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, Laforgue, la poésie française est devenue la plus originale de l'Europe. Sa poétique, reprenant quelques paradoxes lancés par Edgar Poe, a révolutionné les idées littéraires de plusieurs pays. Ce livre s'est proposé de jeter quelque clarté sur le mot et la notion de symbole et de réévaluer l'apport et l'oeuvre des poètes les plus considérables de la France entre les précurseurs et les grands héritiers du Symbolisme : Claudel, Valéry, Apollinaire. Les rapports entre la poésie et l'impressionnisme pictural et musical y sont précisés. Enfin le fécond héritage du Symbolisme français hors de France est retracé dans le dernier chapitre. L'auteur a ainsi tenté une mise au point de nos connaissances et de nos opinions sur cette révolution de la sensibilité littéraire que fut le Symbolisme.

  • Si le spectacle du changement est d'abord insupportable à l'homme qui « fait l'histoire » et oblige cette dernière à se « voiler de mythe », comme cela a été suggéré, on comprend que la production littéraire s'instaure dans la dénonciation d'un automatisme de répétition. L'analyse structurale qui n'a aucune raison de se refuser le plaisir d'une certaine « traversée » du texte, est donc à la recherche des effets du sens dans « l'après-coup » qu'elle assigne à l'évolution des formes et des différences. C'est bien la nécessité de fonder cet après-coup qui justifie le choix et oblige à trancher le problème de l'indécidabilité des codes dont parle Roland Barthes dans le sens d'une restriction voulue mais provisoire. Le sujet critique y assume néanmoins un rôle exceptionnel, inscrivant, grâce à la rencontre de l'imaginaire et du général de l'idéologie, les conditions de l'apparition de son objet. D'où l'importance des jumeaux comme fondateurs mythiques des cosmogonies, polarisant la logique binaire de cette pensée primitive de l'identification qui devient le moteur effectif de l'histoire. Une pensée de « poète » évidemment : celle qui, par exemple, dans la surdétermination d'une lettre (en trop) pousse le cadet Edgar Poe(t) à retourner le modèle historique de son double shakespearien. D'où encore, la Ménippée qui fonde secrètement l'empire des lettres elles-mêmes. Le mythe est ici le lieu stratégique d'une interrogation visant à établir, à travers la grille qui structure le texte littéraire, les rapports du symbolique et du social. Du théâtre de Plaute aux contes de Perrault d'une part, de Platon à Shakespeare et à Poe de l'autre, l'étude s'efforce d'explorer quelques fantasmes du monde culturel occidental.

  • Pour la plupart, la nouvelle ne serait qu'un vide-poche, où l'auteur déverse des histoires qui n'ont pu être exploitées dans un roman. Il ne saurait, estime-t-on, y avoir autant d'art dans un récit court que dans un roman, car tout, événements, situations, analyse des personnages, paraît demeurer à l'état d'ébauche. D'où la plus grande indifférence de la critique à l'égard de la nouvelle. On demeure stupéfait devant les lacunes qui existent dans le domaine des études françaises à propos de la nouvelle tant sur le plan de l'information (aucune histoire de la forme par exemple aux dix-neuvième et vingtième siècles) que sur le plan de son esthétique (aucune étude notamment qui approfondisse les rapports entre la nouvelle et le roman). L'auteur de ce livre se propose dès lors : d'une part, de préciser des cadres historiques encore peu connus ; d'autre part, de cerner la spécificité des conceptions successives de la nouvelle, grâce à leur confrontation et à une comparaison avec le roman et le conte. Le livre ne prétend pas épuiser tous les problèmes soulevés par la nouvelle ; c'est avant tout un ouvrage de synthèse, qui voudrait faire découvrir une forme d'expression si injustement négligée.

  • Parmi les littératures du monde francophone, celles d'Afrique noire revêtent une importance exceptionnelle, tant par la diversité des inspirations, que par le foisonnement des genres et des auteurs. La littérature orale, source essentielle d'inspiration, est en général méconnue et les précurseurs du XIXe sont ignorés. Au XXe siècle, une littérature, surtout sénégalaise et dahoméenne, débouche sur le mouvement de la négritude, qui s'affirme sur le plan littéraire et politique (Senghor...), et à travers une revendication sociale et nationale. Les années 1947-1949 marquent un tournant dans une évolution dont les années 1950-1955 (l'essor) et 1955-1960 (l'épanouissement) marquent les étapes vers l'indépendance. Aujourd'hui, dix-sept républiques africaines ont choisi, comme langue officielle ou nationale, le français et un grand prix littéraire de l'Afrique noire témoigne, depuis 1960, chaque année, de la vitalité des lettres africaines. Aussi convient-il de faire le point sur les recherches en cours et d'offrir un panorama des littératures de chaque pays, où des dizaines d'écrivains donnent aux lettres françaises une dimension nouvelle.

  • Parmi les littératures du monde francophone, celles d'Afrique noire revêtent une importance exceptionnelle, tant par la diversité des inspirations, que par le foisonnement des genres et des auteurs. La littérature orale, source essentielle d'inspiration, est en général méconnue et les précurseurs du XIXe sont ignorés. Au XXe siècle, une littérature, surtout sénégalaise et dahoméenne, débouche sur le mouvement de la négritude, qui s'affirme sur le plan littéraire et politique (Senghor...), et à travers une revendication sociale et nationale. Les années 1947-1949 marquent un tournant dans une évolution dont les années 1950-1955 (l'essor) et 1955-1960 (l'épanouissement) marquent les étapes vers l'indépendance. Aujourd'hui, dix-sept républiques africaines ont choisi, comme langue officielle ou nationale, le français et un grand prix littéraire de l'Afrique noire témoigne, depuis 1960, chaque année, de la vitalité des lettres africaines. Aussi convient-il de faire le point sur les recherches en cours et d'offrir un panorama des littératures de chaque pays, où des dizaines d'écrivains donnent aux lettres françaises une dimension nouvelle.

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