Robert Laffont (réédition numérique FeniXX)

  • L'argent envahit tout, même les relations à l'intérieur des familles où l'on manipule la monnaie : piécette donnée à l'enfant pour laver la vaisselle ou faire les courses, argent de poche, tirelire. L'argent nous tend des pièges. C'est la tentation de la consommation-consumation qui fait basculer l'adolescent dans le vol, entraîne l'adulte dans l'endettement et le désir de vivre à crédit. Dans une perspective originale qui tient de la démarche anthropologique, l'auteur, psychiatre d'enfants et d'adolescents, explore des situations, révèle les jeux symboliques de la famille dans sa résistance aux tentatives d'appropriation de son enfant par l'État et le capitalisme. Quelles différences y a-t-il entre la nourrice - mère rétribuée - et la « tatie » d'une crèche, employée par la municipalité ? Entre la prostituée qu'on paie pour qu'elle s'allonge et le psychanalyste qu'on paie pour s'allonger soi-même ? Quelles stratégies recouvre notre idéologie de l'autonomie individuelle ? Un historique des formes que revêt l'argent et de l'évolution de la famille depuis un siècle permet enfin de dégager quelques vues prospectives sur le rôle économique de la famille comme alternative possible à la crise actuelle de l'État et à la mutation de la société que nous connaissons. L'introduction de Catherine Valabrègue, à partir de témoignages exceptionnels, étudie les nouvelles attitudes des hommes et des femmes d'aujourd'hui, en remettant en cause le mode de fonctionnement des couples. On comprendra grâce à ce livre que l'argent, c'est bien autre chose que de l'argent et que, derrière ses masques, se jouent des jeux de pouvoir, de culpabilité, d'identité.

  • Georges Hacquard, dont le nom est inséparable de l'École alsacienne qu'il dirige, est un des maîtres les plus écoutés de la pédagogie contemporaine. C'est son expérience - c'est-à-dire non seulement des idées, mais aussi des réalisations - qui a servi de base à cet ouvrage. Ouvrage d'une totale objectivité idéologique, où la passion, pourtant, perce en bien des endroits et, partout, l'amour et l'infini respect des enfants. Tous les problèmes concernant l'école - formation des maîtres, rôle des parents, discipline scolaire, méthodes d'enseignement, contrôle des connaissances, contenu des programmes, architecture scolaire - sont évoqués et débouchent sur des solutions pratiques, qui sont toutes (Georges Hacquard le souligne) des solutions de bon sens.

  • « Voir, se toucher, s'écouter, se parler, se sentir, c'est le quotidien de la sexualité, pour ne pas dire le mode d'emploi. » Hommes et femmes ne sentent pas, ne désirent pas, ne parlent pas avec le même langage du corps. La méconnaissance de cette divergence est flagrante aujourd'hui dans la tension qui se manifeste au sein des couples. Sans nos sens, pas de communication, ni avec les autres ni avec le monde. Reconnaître nos différences dans la façon d'apprécier « la beauté d'un paysage, l'harmonie d'une mélodie, la finesse d'un mets, la douceur d'une caresse, la senteur d'une fleur », c'est aussi admettre nos différences psychologiques et ainsi reconnaître l'autre et l'accepter. Communiquer, c'est partager. Dans la mesure où nous sentons et éprouvons autrement, nous ne sommes jamais sûrs de bien nous comprendre et nous nous sentons frustrés. Nous nous interrogeons : « Je sais que tu sens, mais je ne sais pas comment tu sens. » Les auteurs, trois femmes médecins, enseignantes en sexologie, psychiatres et sexothérapeutes, en explorant pour nous tous les registres de l'ouïe, du toucher, de la vue, du goût et de l'odorat, nous aident à découvrir ces nuances subtiles qui distinguent la sensibilité de l'homme et de la femme et, partant, à échapper aux pièges du féminisme et de la phallocratie.

  • Décidée à devenir, coûte que coûte, éducatrice à l'Ecole orthogénique de Chicago qui accueille des adolescents psychotiques, Geneviève Jurgensen suit d'abord à l'Université les cours de Bruno Bettelheim. Puis, à sa demande, elle tente la grande aventure, celle qui va la confronter à ces filles-enfants étranges dont il lui faut patiemment, très patiemment, faire la conquête. L'expérience sera souvent douloureuse, bouleversante, désespérante. Mais peu à peu, tout en prenant conscience de ses faiblesses et de ses forces, elle deviendra capable d'assumer ses « shifts », ces longues tranches horaires au cours desquelles l'éducatrice a la charge totale des enfants. Elle apprendra à les aimer, à s'en faire aimer et à n'être plus vulnérable à leur agressivité ou à leurs humeurs. Derrière cet ouvrage attachant et sincère, on perçoit l'influence constante de Bruno Bettelheim, celle d'un homme exigeant qui demande à ceux qui vont à lui un engagement absolu, un homme avec lequel on ne peut jamais tricher et qui vous conduit, peu à peu, à ne plus pouvoir tricher avec soi-même.

  • Les handicapés mentaux ont un corps intact et une intelligence déficiente. Les handicapés moteurs doivent affronter la situation inverse. Et c'est sans doute beaucoup plus douloureux puisqu'ils sont conscients de leurs faiblesses physiques. Mais il y a aussi pour eux - compensation du destin - d'étonnantes victoires. Chaque progrès arraché à ce corps rebelle est une revanche qui les aide à « tenir ». Cet ouvrage, écrit par un handicapé moteur, ne laisse rien dans l'ombre, ni les problèmes moraux et affectifs de l'handicapé, ni l'aspect médical du problème, ni les plus infimes détails de sa vie quotidienne. Ce livre sera pour les handicapés le plus précieux des guides. Et pour les autres, les bien portants, à la fois le dossier qu'ils attendaient... et une leçon d'une qualité assez rare.

  • Notre monde a plus changé dans les dernières décennies que pendant les millénaires qui avaient précédé. Progressivement, nous sortons du monde patriarcal, du « paradis mâle ». Et, dans le même moment, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, nous vivons dans des sociétés qui ne sont plus fondées sur la religion et le sacré. Fin de cette invention masculine qu'était le Père, fin de la religion, tout au moins sous ses formes traditionnelles : ce sont là beaucoup de choses nouvelles, et en peu de temps. En comparaison, on serait presque étonné de la relative minceur des changements apparents. La famille est encore là, on se marie toujours autant, les mâles tiennent fermement les postes clés de la société et les églises sont presque pleines. Mais tout un ensemble de signes se développent, témoignant d'un très profond désarroi : l'ennui, le sentiment de solitude, la fatigue ; l'augmentation de l'angoisse, des dépressions, de l'insomnie, des maladies psychosomatiques, de la consommation des tranquillisants et des médicaments psychotropes ; l'alcoolisme et la drogue ; les difficultés entre adultes et adolescents, entre hommes et femmes ; certaines incertitudes du croyant quant à sa foi ou à son Eglise, du militant quant à son parti ou à son syndicat ; une allergie à la violence qui reflète un profond sentiment d'insécurité, alors qu'en même temps, se manifeste un véritable appétit pour l'imaginaire de cette même violence... Tout ces symptômes, comment chercher à les résoudre sans les comprendre en profondeur et par rapport à leur cause réelle : ce heurt du passé et du futur en chacun de nous ? Si, aujourd'hui, tout paraît être devenu problématique, confus, insaisissable, si rien, du plus simple au plus grave, ne parait plus aller de soi, c'est faute aussi d'une perspective d'ensemble. C'est à ce besoin général d'un tel éclairage qu'essaie de répondre ce livre, écrit avec les mots de tous les jours. Cette volonté de simplicité, non de simplification, va de pair avec le constant souci de l'auteur de faire partager, au travers des souvenirs et des anecdotes, une riche expérience personnelle de psychanalyste, de sociologue et d'homme profondément engagé dans son époque.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • La spasmophilie est une maladie complexe, difficile à définir et à cerner, dont l'existence même est contestée par certains médecins, et qui pourtant touche près de quinze pour cent de la population. C'est elle qu'aujourd'hui les Américains désignent sous le nom de « Syndrome de Fatigue Chronique ». Les symptômes sont multiples et invalidants : fatigue, angoisse, troubles du sommeil, troubles digestifs.... Traiter la maladie par les benzodiazépines et autres médicaments utilisés en psychiatrie - dont les effets secondaires ne sont pas anodins - procure peu de soulagement au spasmophile. Phytothérapeute, le docteur Belaiche a mis au point, après vingt-cinq ans de pratique, un traitement qui se substitue aux drogues chimiques. Il propose de recourir aux oligoéléments, à la phytothérapie et aux thérapies cognitives. Aborder ainsi la maladie avec bon sens et efficacité, selon des méthodes qui ont fait leurs preuves, c'est donner aux spasmophiles un nouvel espoir.

  • Le divorce apparaît encore à beaucoup comme une aventure redoutable, éprouvante, coûteuse, longue et culpabilisante. Le premier pas qui conduit au cabinet de l'avocat représente toujours une peur et une honte surmontées. L'ouvrage de Simone et Jean Cornec guidera de la façon la plus claire et la plus humaine le candidat au divorce... et peut-être, parfois, le dissuadera d'aller jusqu'au bout. Ce livre répond à toutes les questions (durée, coût, droits, responsabilités), balaie les doutes, dissipe les idées fausses, rassure les trop scrupuleux et contraint les inconscients à assumer leur décision. Il propose en outre dès solutions nouvelles et des réformes pour une meilleure justice.

  • Ce livre, où une femme donne la parole à d'autres femmes, pourrait à première lecture paraître agressif aux hommes. Pourtant, il ne l'est pas. Sans doute ceux qui le liront seront-ils irrités par l'image d'eux-mêmes que toutes ces femmes leur renvoient, par la liberté de leur langage et de leur ton - colère et tendresse mêlées -, par ce besoin de dialogue, devant lequel ils se dérobent si souvent, qu'elles crient ici à chaque page. Pourtant, en rapportant avec simplicité et réalité le vécu de femmes qui ne sont ni des « cas » ni des extrêmes, en livrant l'aventure collective qu'elle a suscitée et au cours de laquelle elle s'est tant de fois interrogée elle-même, Claude Maillard montre que les ponts entre les femmes et les hommes ne sont pas rompus. Mais chacun doit savoir que les femmes - chaque jour plus conscientes de ce que leur dépendance affective représente pour elles d'aliénation, plus décidées à la surmonter par quelque moyen que ce soit, plus sûres de leur force - sont prêtes à un changement et y tendront avec l'énergie qui leur est habituelle. Les hommes en sont-ils au même point et accepteront-ils de se remettre en question ?

  • Dans tout ouvrage sur l'enfance, nous voyons les adultes se pencher sur ces « chers petits », les regarder vivre et se faire de leur univers une certaine idée. Les auteurs ont entrepris la démarche inverse. Si nous demandions aux enfants ce qu'ils pensent des « parents » ? Et si nous les écoutions nous dire ce qu'ils pensent de nous, du monde que nous leur avons construit ? Anne-Marie Coutrot et Jean Ormezzano, tous deux collaborateurs de l'Ecole des Parents, connaissent particulièrement bien les problèmes qui se posent dans le groupe familial. Mais ils ont voulu cerner de plus près l'opinion des enfants, entre huit et treize ans, par une très importante enquête de l'IFOP, et de nombreux entretiens. Nous allons de surprise en surprise. Car les enfants ne nous voient pas comme nous nous l'imaginons généralement. Et de leurs réponses touchantes, drôles, critiques et indulgentes se dégagent des « lignes de force » essentielles que les auteurs ont remarquablement bien analysées, plus riches d'enseignement, pour nous, que n'importe quelle théorie éducative ou psychologique. Lorsque le livre est refermé, nous découvrons que non seulement nous connaissons mieux nos enfants, mais que nous nous connaissons mieux nous-mêmes, avec nos travers et nos vertus. Et que l'indulgence de nos enfants, leur tendresse, leur besoin d'amour, nous rassurent infiniment mieux que ne le feraient de savants spécialistes. Nos enfants réussissent ce miracle : nous réconcilier avec nous-mêmes, nous, ces « chers parents »...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • On a écrit sur l'adoption, certes. Mais on a rarement donné la parole aux adoptés. Il allait de soi qu'ils avaient eu beaucoup de chance, reçu de leurs parents adoptifs tout l'amour sans lequel ils n'auraient peut-être par survécu. Grâce à ces parents adoptifs, ils avaient échappé à la misère ou à la mort. Au pire, ce pire qu'ont vécu parfois les délaissés, les pupilles de l'État, les enfants de l'Assistance publique ou du Bon Pasteur. Mais est-ce si simple ? Fait-on impunément l'impasse sur ce couple fantasmatique qui existe "en amont", grâce auquel on a vu le jour et qui n'a pas plus de réalité que des fantômes ? Est-il si aisé d'échapper au poids de la gratitude obligée, à la peur de l'abandon recommencé ? Comment se vit l'enfant trouvé, comment vit-il ses rêves, son adaptation au monde ou à la réalité, telle qu'il ne peut l'assumer ? Comment peut-il dépasser le rejet, l'abandon maternel dont il a été l'objet ? Nous avons plongé à deux dans cet univers - parfois déroutant. L'un partant de sa condition d'adopté ; l'autre cherchant à réintroduire, non sans mal, du réel dans ces récits ambigus.

  • Les femmes sont victimes de multiples et persistantes pressions exercées par la société qui les enferme dans des fractions de vie au cours desquelles elles doivent se marier et enfanter. D'où l'angoisse de celles qui, à l'approche de la trentaine, n'étaient ni épousées ni mères. Or la maternité devrait s'inscrire dans un projet global de vie. L'enfant n'est pas là pour combler le vide d'une existence ou entraver l'évolution personnelle de sa mère. Les femmes qui vont prendre demain des responsabilités dans la famille et la société vont-elles avoir leurs enfants entre vingt-quatre et vingt-six ans, comme c'est encore le cas, au moment où s'ouvrent à elles des perspectives professionnelles plus riches ? Divers facteurs devraient contribuer à un changement des mentalités face à l'âge "idéal" de la maternité : nouvelles techniques médicales ou détection des risques pour l'enfant, allongement de l'espérance de vie, divers traitements - hormonaux notamment. Mieux insérées dans la société, ces mères plus mûres et autonomes auront aussi des relations différentes au père de l'enfant et aux institutions dont elles subissaient le pouvoir. De nouvelles questions se posent aux femmes qui auront appris à ne plus se soumettre au hasard.

  • Que seront demain nos consommations d'énergie ? On n'en sait trop rien. L'extrapolation du passé n'est plus valable, l'imagination de l'avenir ouvre la porte à trop de possibles. Face à cette inconnue fondamentale, il nous faut pourtant choisir les systèmes énergétiques de demain. Le débat, passionné - trop parfois ! - tend à se réduire à une opposition entre le nucléaire et le solaire. Le nucléaire, centralisé, centralisateur, est l'aboutissement d'un long processus d'industrialisation et de concentration qui débouche sur la « civilisation du térawatt ». Le solaire, d'autant plus prometteur qu'il est plus nouveau, semble mieux correspondre aux civilisations post-industrielles que nos sociétés commencent à rechercher. Le choix est difficile, et nécessite réflexion. Devons-nous nous engager à fond, et sans attendre, comme essaient de nous en convaincre les promoteurs du nucléaire ? Ou bien pouvons-nous nous offrir le « luxe » de la réflexion ? Tout dépend d'une meilleure appréciation des ressources fossiles disponibles et de nos possibilités d'y accéder. Ce livre s'adresse d'abord à l'« honnête homme », à celui qui veut comprendre, que les passions agacent et que la mauvaise foi offense. Il ne propose pas la solution ; il veut seulement aider à en choisir une, expression possible de l'équilibre entre la société et son système énergétique.

  • L'écriture est un mode d'expression qui met en jeu la personnalité tout entière, aussi bien physique que psychique. C'est un mode de communication, et à ce titre elle doit respecter des formes convenues. Toutefois ces formes ne sont pas reproduites comme une calligraphie, mais adaptées par chacun pour produire un tracé personnel dans lequel vont s'inscrire les expériences, les goûts, les modèles d'identification, également l'état de santé physique et mental du scripteur. Il est donc normal de trouver dans l'écriture des signes qui témoignent d'états pathologiques divers et plus sélectivement la pathologie mentale. Les auteurs du livre, qui sont à la fois graphologues et psychologues de formation, ont une longue expérience clinique, ce qui leur a permis de rassembler un nombre très important d'écritures de personnalités ayant des troubles psychiques plus ou moins graves. Grâce à son titre d'expert près les tribunaux, Denise de Castilla a eu l'occasion de tester en milieu carcéral aussi bien des escrocs, des drogués que des criminels. Fruit d'années de recherche, cet ouvrage souhaite apporter, avec une illustration abondante, une connaissance aussi bien théorique que pratique à tous ceux que ces questions interpellent : graphologues, psychologues, médecins, magistrats, cabinets de recrutement, responsables de personnel et des relations humaines dans les entreprises, éducateurs, et à tout le public curieux ou préoccupé par les problèmes d'équilibre mental.

  • Violence et sexualité. Liées ensemble dans l'esprit du public, de notre temps, de l'art lui-même. L'acte sexuel contient toujours un condiment d'agressivité et un désir de subjuguer, mais il importe de distinguer l'agressivité légitime, nécessaire, et la violence pathologique qui s'enracine dans les passions humaines. L'auteur démontre l'identité des mécanismes neurophysiologiques qui président, au niveau de notre cerveau archaïque, aux comportements sexuels et érotiques et explique comment l'inhibition de l'agressivité s'accompagne d'inhibition dans la réponse sexuelle. Dans tout scénario pervers, du voyeurisme au sadomasochisme, de la prostitution à la pornographie, existent des sentiments d'hostilité et de revanche. On retrouvera dans la jalousie des processus de rivalité. L'osmose entre violence et sexualité est soulignée dans les délinquances sexuelles et notamment dans le viol. Gilbert Tordjman analyse enfin le rôle de la télévision et des mass media en matière de violence et de pornographie et les solutions qui pourraient faire obstacle à l'escalade de la violence. Seuls l'amour de la vie et l'amour lui-même peuvent vaincre la violence et la haine.

  • Nées d'un mariage entre le laboratoire et la psychologie clinique, les thérapies comportementales tendent à faire du patient un partenaire du psychothérapeute, responsable, autonome et adulte. Il s'agit avant tout de définir un but, de préciser un traitement et d'apporter un résultat concret au problème posé. Les comportementalistes cherchent à informer le patient pour lui permettre un choix. Ils lui proposent une thérapie brève et pragmatique visant des objectifs limités et définis : maigrir, s'affirmer devant les autres, surmonter son angoisse, sa phobie, son impuissance, bref remplacer un comportement ou un état mal vécu par un autre plus satisfaisant. Prenant en compte non seulement les comportements observables, les aspects situationnels et relationnels des problèmes, mais aussi les sensations corporelles, les affects, l'imagerie mentale, les fantasmes et les pensées des individus, les comportementalistes proposent, face aux thérapeutes de tendances psychanalytiques, une alternative moins coûteuse, moins longue et sans doute plus efficace. Le but de la thérapie comportementale n'est pas « établi selon quelque idée essentielle, platonicienne, sur le sens ultime de la vie » (Watzlawick), mais sur la vie à vivre chaque jour, le moins mal possible. Une psychothérapie de bon sens et qui entend guérir. Et à cet égard, prometteuse.

  • Denis Pelletier constate que nous consacrons beaucoup de temps à ce qu'il y a en nous de plus négatif, à nos défauts, à nos manques, au lieu de nous efforcer de libérer toutes les forces qui ne demandent qu'à éclore et nous assurer la jouissance de se sentir encore passionné et fier. Cette voix nous vient du Canada. Une voix que nous devons écouter et qui nous dit dans quels pièges notre civilisation s'est engluée parce que nous avons collectivement renoncé à la joie de vivre et que nous n'avons plus rien à célébrer. C'est de cela qu'il s'agit : retrouver le goût de la fête et des grands partages. L'individu s'identifie à sa frustration ; il n'est qu'elle ; il la dramatise, mais les choses changent pour lui quand il cesse d'être ce vide et qu'il devient présent à sa peine. L'arc-en-soi, c'est aussi la présence à soi-même, la nécessité de prendre joyeusement, et sans culpabilité, parti pour soi-même.

  • La plupart des ouvrages sur l'adolescence sont destinés aux parents ou aux éducateurs. Les jeunes qui pourraient être en quête d'informations sur cette période difficile, qui doit aboutir à l'éclosion d'une identité adulte, sont rebutés par la lecture de ces manuels - rares au demeurant - qui les étudient comme des papillons ou des chrysalides observés par des entomologistes à l'oeil froid. L'ouvrage du Dr Jeanne-Françoise Bayen nous parle des adolescents avec respect, compréhension et justesse de ton, sans jamais les juger et en les éclairant, comme il peut éclairer les parents et les aider à jeter le pont nécessaire entre générations. Il y est question de sexualité, de contraception, de risques vénériens et d'autres maladies ou handicaps, car l'auteur est médecin. Mais aussi de problèmes affectifs et familiaux, si éprouvants pour tous. Pourtant, l'essentiel aujourd'hui est ailleurs. Il a trait à l'avenir, à l'inadaptation des jeunes due à une sélection abusive et prématurée, aux troubles de la scolarité dus à un enseignement dont on a dénoncé déjà l'ennui ou l'inefficacité. L'épouvantail du chômage, l'angoisse devant les choix d'orientation, dont on sait qu'ils risquent de déboucher sur une impasse, tout cela crée un malaise dont les jeunes sont les premières victimes sur le plan psychologique. Il était opportun d'en analyser les causes et les effets, afin de suggérer des solutions et de réveiller un espoir.

  • Qu'est-ce que l'imagination créatrice ? Qu'est-ce qu'un homme créatif ? De nouvelles recherches en psychologie et en méthodologie commencent à donner des éléments de réponse. Cela constitue un événement intellectuel important, car rien ne limite l'homme, sauf les limites de sa sensibilité et de son imagination. Il est aujourd'hui possible de faire reculer ces limites. Cela vaut pour l'homme de science, pour l'artiste, pour l'ingénieur, pour le stratège, et pour bien d'autres. C'est en prenant ses rêves pour des réalités que l'homme les a fait devenir réalités. C'est faute d'imagination qu'il végète, s'abrutit ou échoue. Florence Vida s'efforce de montrer que cette nouvelle science de l'imagination, bien comprise et bien appliquée, peut conférer à chacun et à tous un nouveau pouvoir : celui de faire changer les choses, d'affronter avec des meilleurs outils les problèmes complexes du monde moderne.

  • "La réforme de l'enseignement n'aura pas lieu". Titre pessimiste, ouvrage objectif, écrit par un homme de coeur qui a passionnément aimé son métier et qui dresse un bilan. Est-ce sa faute si le bilan devient réquisitoire ? Pourtant Henri Wadier - tout en dénonçant le scandale et le sabotage des écoles maternelles, le fiasco du "premier cycle", les perversions séculaires (notation, discipline, attitudes sadiques de certains enseignants), les bonnes volontés découragées, le mensonge des examens - cherche aussi à construire. Il rend justice à la "véritable" méthode globale d'enseignement de la lecture, si souvent mise en accusation, et propose des solutions plus modernes et mieux adaptées aux besoins de l'enfant pour l'enseignement des mathématiques modernes.

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