Septentrion

  • De tout temps, le crime et le despotisme ont menacé la sécurité et la liberté. Partout et toujours, des hommes ont dû affronter des criminels et des despotes dans une défense quelquefois désespérée de leur sécurité et de leur liberté. Comment des êtres peuvent-ils vivre ensemble sans que la liberté de l'un empiète sur celle de l'autre et sans que le conflit entre ces deux libertés les emporte dans une escalade fatale ? Comment la sécurité est-elle assurée contre les menaces que font peser sur elle les criminels ? Comment la liberté est-elle défendue contre les despotes, les dictateurs et autres oppresseurs ? Comment les professionnels de la sécurité nous protègent-ils contre les menaces que font peser les délinquants et les criminels ? Comment concilier la sécurité et la liberté ? L'auteur répond à ces questions dans une succession d'analyses empiriques sur la dynamique des rapports sécurité-liberté-criminalité.

    Maurice Cusson est criminologue, écrivain et professeur émérite. Il a écrit entre autres La Criminologie, L'Art de la sécurité et L'Art de l'enquête criminelle (avec Guillaume Louis). Il fut directeur de l'ouvrage collectif Nouveau Traité de sécurité. Il a reçu le prix du Gouverneur général du Canada pour son livre Le Contrôle social du crime. Il est membre de la Société royale du Canada.

  • Avant les années 1930, l'Allemagne, et en particulier sa capitale, Berlin, était l'un des endroits les plus tolérants envers les homosexuels. Des militants comme Thomas Mann et Albert Einstein ont ouvertement milité pour les droits des gais. Mais tout cela change quand le Parti nazi arrive au pouvoir. La vie des homosexuels devient alors rapidement un enfer : raids, arrestations, emprisonnement et expulsions deviennent monnaie courante. Lorsque les camps de concentration sont construits, les homosexuels sont emprisonnés en même temps que les autres groupes que les nazis veulent supprimer. Le triangle rose, cousu sur les uniformes des camps, devient ainsi le symbole de la persécution des homosexuels, une persécution qui continuera pendant de nombreuses années après la guerre.
    Ken Setterington relate ces événements à travers un mélange de recher­ches historiques, de témoignages et de récits individuels, avec l'espoir que ces histoires de bravoure devant la cruauté et d'amitiés trouvées dans les profondeurs du désespoir sauront à la fois éduquer et inspirer les futures générations.

    Ken Setterington est conteur, auteur, critique de livres pour enfants et biblio­thécaire. Il a été membre de nombreux comités d'attribution de prix littéraires.

  • Le bison est l'un des animaux mythiques de la faune nord-américaine. Plus gros des animaux des grandes plaines, il a failli disparaître sous la pression de la chasse. Malgré un vaste territoire, sa population reste encore surveillée. S'appuyant sur une riche iconographie, cet ouvrage guide le lecteur sur les traces de ce grand mammifère, si impressionnant et pourtant inoffensif. Les descriptions anatomiques et comportementales de l'animal donneront satisfaction aussi bien aux naturalistes exigeants qu'aux néophytes amoureux de la nature sauvage.

  • «Les armes et les corps s'entrechoquent à nouveau. Les cris fusent. Qui est ami, qui est ennemi dans ce salmigondis déchaîné ? Craignant de tuer ses alliés, Radisson s'accroupit contre un bout de palissade, son couteau à tête d'aigle brandi devant lui pour conjurer le mauvais sort.»

    En 1659, la Nouvelle-France est en crise. Le commerce des fourrures s'est effondré et les Iroquois menacent comme jamais la jeune colonie et leurs alliés des Premières Nations. En s'associant à son expérimenté beau-frère Des Groseilliers, Radisson veut se rendre dans les Grands Lacs pour pratiquer la traite des fourrures. Mais ce projet audacieux, dans des temps aussi incertains, comporte de nombreux risques. Saura-t-il relever cet exaltant défi ?

    Spécialiste de la Nouvelle-France, Martin Fournier a enseigné l'histoire à l'UQAR. Il a publié plusieurs ouvrages au Septentrion, dont la biographie de Pierre-Esprit Radisson et les deux premiers tomes des Aventures de Radisson. Le tome 1 a d'ailleurs remporté le Prix du Gouverneur général du Canada en 2011. Il coordonne depuis 2007 la réalisation de l'Encyclopédie du ­patrimoine culturel de l'Amérique française, un important ouvrage multimédia diffusé sur Internet.

  • Revue littoral v.12

    Collectif

    Ce numéro fait une large place à l'écriture innue. Que l'on pense aux premiers textes autochtones publiés en Europe au xviie siècle, ce dont Pierre Rouxel nous entretient dans son article sur les prières en montagnais, aux rituels quasi chamaniques décrits par Arthur Lamothe dans son texte « Scapulomancie » ou encore aux troublants souvenirs de Jules Bacon qui évoque son arrivée au pensionnat de Malioténam.
    Des voix actuelles s'élèvent pour dire, nommer ou proclamer la culture innue, ce qui est au centre des articles sur Natasha Kanapé-Fontaine, signé par Myriam St-Gelais, ou sur Manon Nolin, lue par Nathalène Armand. Bien que les voix de femmes innues semblent s'imposer, on pourra par ailleurs lire dans la section « Inédits » les mots de Marco Boudreault, dont les origines autochtones inspirent une prise de parole originale et une quête d'identité affirmée.
    La Côte-Nord ouvrière n'est pas en reste. L'univers minier d'une ville qui rappelle Gagnon est au centre du compte rendu de la pièce Fire Lake, ville minière, 1986 par Julie Gagné. De son côté, Erika Soucy, qui s'est inspirée de la vie de chantier des hommes de sa famille pour son recueil et son roman, fait l'objet d'un compte rendu critique dans la section « Dossiers ».
    Emmanuelle Roy livre une nouvelle inédite où exil, famille, chasse, souvenirs et Côte-Nord s'entremêlent pour nous rappeler la subsistance des racines, même si elles ont pris dans une terre bien peu fertile.
    En outre, le fidèle Jean Désy, qui fait la une de ce numéro, présente, dans un touchant récit aux allures de journal, une partie de son quotidien de médecin du Nord.
    Enfin, les amateurs du poète de la Minganie Roland Jomphe, dont on souligne les cent ans de sa naissance, pourront lire dans la section « inédits » certains de ses textes jamais publiés, alors que ceux qui veulent en apprendre plus sur lui découvriront les étapes et les détails de sa venue à l'écriture dans un texte signé par notre précieux collaborateur Guy Côté.

  • Édité et annoté par Mourad Djebabla-Brun
    De Québec aux rives du Rhin, en ­Allemagne, Joseph Alphonse ­Couture, jeune enrôlé volontaire du 22e ­Bataillon, dresse un portrait complet, calepin et crayon à la main, de ce qu'a été l'expérience d'un soldat canadien de la Première Guerre mondiale. Dans ses journaux, il raconte avec beaucoup de détails son recrutement et sa formation au Canada, sa traversée de l'Atlantique, les années de souffrance au front et dans les tranchées, puis la joie de la fin de la guerre et la hâte du retour au Canada et à la vie civile.
    «Nous sommes tous à bord depuis quelques instants et nous devons partir à 5 heures pm. Beaucoup de monde sur le quai pour nous dire un bon voyage []. Que de pleurs, de scènes déchirantes à voir»
    L'exceptionnelle richesse de ce témoignage en fait un ouvrage de référence pour les lecteurs voulant découvrir la guerre de 1914-1918 par le vécu et les émotions d'un jeune combattant du Québec.

    Mourad Djebabla-Brun est historien et professeur au Collège militaire royal de Saint-Jean. Il se spécialise dans l'étude de la mobilisation de la population civile canadienne pour l'effort de guerre du Canada durant la Première Guerre mondiale. En plus d'articles parus dans des revues canadiennes et européennes de recherche en histoire, il a publié les livres Se souvenir de la Grande Guerre. La mémoire plurielle de 14-18 au Québec (VLB, 2004) et Combattre avec les vivres. L'effort de guerre alimentaire canadien en 1914-1918 (Septentrion, 2015).

  • Raymonde Beaudoin a vécu une année dans un camp de bûcherons avec ses parents. Sa mère, Colette St-Georges, a toujours été fière de parler de son travail comme cook. C'est la tête haute qu'elle affirmait avoir cuisiné quotidiennement une tarte par homme, en plus des galettes et des gâteaux. Celles et ceux qui relevaient le défi de nourrir tous les jours une cinquantaine d'hommes héritaient d'une lourde tâche: les garder en bonne santé et leur offrir une cuisine roborative et goûteuse.

    Les recettes manuscrites de sa grand-mère et de sa mère, ramassées d'un camp à l'autre, d'une génération à l'autre et d'une famille à l'autre, s'avèrent révélatrices d'une véritable tradition culinaire. Ces recettes du terroir québécois sont faciles à réaliser et demandent peu d'ingrédients. Agrémenté de commentaires, d'anecdotes et de photos d'archives inédites, cet ouvrage est plus qu'un livre de cuisine. L'auteure y offre une incursion culinaire dans le temps et y invite le lecteur à s'attabler avec les bûcherons pour partager leur repas.

    Originaire de Sainte-Émélie-de-l'Énergie, Raymonde Beaudoin est passionnée par la musique et le théâtre. En 1983, elle a créé avec ses parents un spectacle sur la vie dans les chantiers. Après une carrière comme enseignante dans les écoles secondaires, elle a publié La Vie dans les camps de bûcherons au temps de la pitoune publié au Septentrion en 2016, qui s'est mérité le Prix patrimoine des Grands Prix Desjardins de la culture de Lanaudière.

  • Combien de Québécois ont décou­vert, grâce à l'écrivain Henri Vernes, le plaisir de lire en dévorant les aventures de Bob Morane? Cela, ils le doivent en partie à Dimitri Kasan, diffuseur des ­Éditions Marabout au Québec de 1951 à 1973. Il a persuadé le hockeyeur Jean ­Béliveau de devenir porte-parole de ­Marabout et a convaincu Henri Vernes de visiter les chantiers hydro­électriques en construction pour y camper l'intrigue de Terreur à la ­Manicouagan. À la fois ­pédagogue et stratège en marketing, il a révolutionné le marché du livre de poche par ses démarches innovantes.
    Ce livre fait un tour d'horizon des publications-phares des Éditions Marabout dans les années 1950-1960 et permet ainsi de comprendre pourquoi Bob Morane et les autres livres à succès du célèbre éditeur belge ont autant conquis le coeur des Québécois.

    Jacques Hellemans est bibliothécaire à l'Université libre de Bruxelles et spécialiste de l'histoire du livre et de l'édition. Il est actif dans le domaine de la coopération bibliothéconomique internationale et a effectué de nombreuses missions en Afrique. Il est également collaborateur scientifique au Centre d'études nord-américaines et au Centre de l'édition et de l'imprimé contemporains.

  • Cet ouvrage livre un témoignage unique sur l'antisémitisme québécois des années 1930. La matière qu'on y trouve est non seulement très complète et équilibrée, mais elle est en plus livrée par un Juif pour un auditoire communautaire et dans une langue imperméable aux regards des goyim. L'ouvrage de Medresh livre sous ce rapport plusieurs éléments inédits et offre, en quelques dizaines de pages, une synthèse originale de l'impact des mouvements anti-juifs sur la communauté juive montréalaise. Plus encore, Medresh nous explique dans son ouvrage de 1964 lesquels, parmi les courants hostiles aux Juifs avaient été considérés au cours des années 1930 comme les plus menaçants et de quelle source ils tiraient leur inspiration.

  • À un Québec qui change, Jocelyn Létourneau propose ici un récit d'histoire au scénario changé. Qui pense la condition québécoise en la sortant de sa mémoire tragique et de sa culture de la séparation. Qui met l'accent sur les adaptations et actualisations d'une société plutôt que sur ses détournements et empêchements. Qui voit les oscil­la­tions québécoises non pas à l'origine d'une succession d'inhibitions nationales, mais comme un mode d'évolution par lequel une collectivité n'a cessé de passer à l'avenir.

    On lira cet ouvrage comme une tentative de cadrer le parcours historique du Québec en dehors des mythistoires et du schéma narratif qui accueillent et charpentent habituellement son déroulement. On le considérera aussi comme un essai visant à poser les bases d'une nouvelle référence historiale, si ce n'est mémorielle, pour les Québécois d'aujourd'hui, vecteurs de leur revitalisation identitaire en cours.


    Et si cet ouvrage constituait le point de départ d'une histoire décomplexée, voire décolonisée, de l'expérience québécoise dans le temps? Histoire non pas fondée sur l'axiome mélancolique d'une nation empêchée d'être et inaccomplie, en état continuel de survivance et de résistance, mais sur l'évidence d'une collectivité assurée et confiante, en état d'édification et d'élévation depuis longtemps?

    Jocelyn Létourneau est chercheur au CÉLAT et professeur à ­l'Université Laval. Pour sa contribution aux sciences humaines, il a reçu en 2018 le prix André-Laurendeau de l'ACFAS. En 2019-2020, à l'Université Yale, il a occupé la Chaire Fulbright du Canada sur l'étude des territorialités nationales et inter­nationales. Il y a aussi occupé le poste de Visiting Bicentennial Professor of Canadian Studies.

  • Saviez-vous que Gustave Eiffel avait soumis un projet pour la construction d'un pont à Québec? Que Von Ribbentrop, qui deviendra plus tard ministre des Affaires étrangères du IIIe Reich, a travaillé comme manoeuvre sur le pont en 1912? Que des wagons de l'Eurotunnel y sont passés de justesse? Est-il vrai que le jonc des ingénieurs du Québec est fabriqué avec l'acier provenant des débris de la première chute du pont?
    Michel L'Hébreux s'intéresse au pont de Québec depuis plus de 50 ans. Il a recueilli plus d'une centaine de faits inusités en lien avec cette emblématique merveille d'ingénierie qui possède une histoire riche en curiosités et en anecdotes. C'est aussi l'occasion de présenter des personnages qui ont été des témoins privilégiés ou même des acteurs de premier plan de cette histoire.

    Directeur d'école à la retraite, Michel L'Hébreux s'intéresse au pont de Québec depuis son enfance. En plus d'écrire l'histoire fascinante de ce pont exceptionnel, il a donné plus de 2 000 conférences sur le sujet. Il a reçu plusieurs prix et distinctions et son travail a été reconnu à l'échelle nationale pour sa contribution à l'histoire du génie civil au Canada.

  • Depuis toujours le pôle Nord fascine. Territoire hostile, ce nest quau xxe siècle que les explorateurs atteindront cette destination mythique. Et pourtant, en 1595, le génial cartographe flamand Gérard Mercator publie, dans son atlas mondial, une planche

  • En flânant dans les ports et aux abords des navires, en marchandant avec un négociant en vins, en s'attablant dans un cabaret aux côtés d'ouvriers, en s'immisçant dans une soirée de la noblesse coloniale, en visitant un village amérindien, Catherine Ferland reconstitue toute la chaîne de consommation de l'alcool en Nouvelle-France. Elle aborde la production et l'importation des boissons alcooliques, la manière dont elles se distribuent géographiquement et socialement dans la colonie et termine par l'ivresse. Que peut-on retenir de cette incursion dans les XVIIe et XVIIIe siècles canadiens? Quelles sont les continuités dans les manières de boire, de France à Nouvelle-France?

    «Bacchus en Canada s'avère une contribution marquante et extrêmement originale aux connaissances dans le domaine. À partir d'un très large corpus de sources manuscrites, imprimées et matérielles, et s'inspirant des travaux d'anthropologues et d'historiens américains et français, Catherine Ferland livre une histoire interculturelle, c'est-à-dire une histoire qui permet de suivre le parcours de cette substance psychotrope d'une culture à une autre. Cet ouvrage novateur marquera autant l'historiographie de la Nouvelle-France que celle du monde atlantique français et l'ethnohistoire nord-américaine.» Laurier Turgeon Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique Directeur de l'Institut du patrimoine culturel. CELAT, Université Laval Catherine Ferland est historienne, professeure associée au Département d'histoire de l'Université de Sherbrooke et membre de l'équipe de l'Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française. Elle a notamment dirigé l'ouvrage collectif Tabac et fumées. Regards multidisciplinaires et indisciplinés sur le tabagisme, XVe-XXe siècles (Presses de l'Université Laval, 2007) et a traduit un ouvrage marquant de David T. Courtwright, paru en français sous le titre De passion à poison. Les drogues et la construction du monde moderne (Presses de l'Université Laval, 2008).

  • L'alimentation en Nouvelle-France varie au gré des couches sociales, des saisons, du climat et des prescriptions religieuses et change avec l'amélioration des techniques agricoles. Prêts à emprunter aux Autochtones des ingrédients qui assurent leur survie, les colons français s'empresseront, aussitôt leur modèle culturel alimentaire bien implanté, de rejeter ces aliments. Plus tard, au contact des Britanniques et des loyalistes, les «Canadiens» connaîtront de nouveaux goûts et adopteront de nouveaux produits. Bref, l'alimentation coloniale évolue, de sorte qu'on assiste à la naissance non pas d'une alimentation traditionnelle, mais de traditions alimentaires.

    En complément de cette histoire, Yvon Desloges vous invite à plusieurs tables où vous pourrez découvrir et déguster des plats quotidiens ou extraordinaires: à la table du paysan, dans le sillage du missionnaire et du voyageur, chez les religieuses, chez le cuisinier du gouverneur français, chez le marchand, chez l'aubergiste, chez le cabaretier et chez l'administrateur britannique.

    Yvon Desloges est historien retraité de Parcs Canada. Diplômé de l'Université Laval, il a travaillé à l'histoire du canal de Lachine pendant plusieurs années et a coécrit, avec Alain Gelly, le livre Le Canal de Lachine: du tumulte des flots à l'essor industriel et urbain (Septentrion, 2002). Historien polyvalent, il compte plusieurs publications sur l'histoire de l'alimentation, sur les fortifications et sur la ville de Québec.

  • Publié en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec.


    Cette version de l'atlas est une réimpression à un format légèrement réduit (9,5 x 11,5), avec une reliure cousue et présentée sous une couverture caisse enchemisée. Le doré a été remplacé par une équivalence couleur tandis qu'un nouveau papier a été retenu. L'entièreté des textes et des illustrations sont repris dans ce volume.

    En mars 1493, Christophe Colomb rentre d'un long voyage, persuadé d'avoir touché les Indes. Pour atteindre l'Orient et ses trésors, il a fait le pari de traverser l'Atlantique. En réalité, il s'est heurté à un obstacle de taille, un immense continent qui lui barre la route de la soie et des épices. Des cartographes français le baptisent America. C'est le début de grandes explorations.

    À la recherche d'un passage vers l'Ouest, coureurs des bois, missionnaires, militaires, navigateurs et autres scientifiques en explorent les confins. Ils sillonnent les rivières, franchissent les portages, gravissent les montagnes et parcourent les plaines. Ils dessinent et cartographient le territoire en même temps qu'ils présentent et racontent ses habitants. Ils découvrent au passage les richesses de ces terres. Avec le poisson, le castor, le bois, les métaux précieux, de passage, le continent se fait habitat. Il faudra attendre 1793, soit trois siècles après Colomb, pour qu'Alexander Mackenzie puisse inscrire sur un rocher face à l'océan Pacifique : « from Canada by Land ». Mais la route qu'il a suivie est impraticable. Dix ans plus tard, ce sont les Américains Lewis et Clark qui réussissent une autre traversée du continent, en passant du Missouri au Columbia, deux majestueux cours d'eau hélas séparés par d'immenses chaînes de montagne.

    En 1814, chacun de leur côté, William Clark et le Canadien David Thompson feront sous forme de carte la synthèse des connaissances accumulées. La voie navigable tant recherchée n'existe pas. Il y a bien le passage du Nord-Ouest, depuis peu ouvert quelques semaines par année, qui permet de contourner l'Amérique et qui devient actuellement un enjeu international. Mais c'est une autre histoire.

    Pour l'instant, la parole est à ceux, Blancs et Indiens, qui ont marché, exploré et cartographié l'Amérique. oeuvres d'art, oeuvres de sciences, mais aussi pièces stratégiques d'un échiquier mondial, les cartes géographiques qu'ils nous ont laissées sont d'irremplaçables témoins de cette quête de savoir. Elles tracent une nouvelle histoire de l'Amérique du Nord, nous permettant de prendre la mesure d'un continent.

  • « L´air qui nourrit les Sauvages, leur exemple, ces déserts immenses, tout inspire,tout offre l´indépendance », écrit Bougainville en janvier 1759. Et ces Sauvages,comme il les appelle, ont déteint sur les Canadiens qualifiés de «peuple le plus indocileet le plus indépendant ». Ils ont inspiré aussi un nouvel art de faire la guerre. « Ils [lesCanadiens] sont braves, leur genre de courage, ainsi que [celui] des Sauvages, est des´exposer plus, de faire des embuscades ; ils sont fort bons dans les bois, adroits à tirer[...] Il faut convenir que les Sauvages leur sont supérieurs dans ce genre de combat,et c´est l´affection qu´ils nous portent qui jusqu´à présent a conservé le Canada ».Bougainville a compris l´importance des alliances franco-indiennes, mais il réaliseaussi que la cruauté des Indiens et la terreur qu´ils font régner en Nouvelle-Angleterresont en soi des motifs pour les Anglo-Américains de chercher à vaincre le Canada afinde jouir à jamais des douceurs de la paix. À titre d´aide de camp de Montcalm, Bougainville est en excellente situation pourtout savoir, tout voir. Il raconte avec finesse, parfois avec malice. Du tout puissantBigot, il dira qu´il est «homme d´esprit, travailleur [...] qui s´occupe bien de ses amiset de leur fortune. Je crois qu´il retournera en France riche », ne peut-il s´empêcher delaisser tomber, ajoutant toutefois «mais il sert bien le Roi ». Montcalm sera passablementmoins indulgent à l´endroit de Bigot !La présente édition reprend les Mémoires publiés dans le Rapport de l´archivistede la Province de Québec pour 1923-1924 et qui sont attribués à Bougainville. Aujournal de l´expédition d´Amérique ont été ajoutées une note sur la mort de Montcalmet une autre par laquelle Bougainville relate sa mission auprèsdu ministre Berryer, « ce ministre qui aimait les paraboles »,et qui aurait lancé, rapporte-t-il, «qu´on ne cherchait pointà sauver les écuries quand le feu était à la maison ». Viennentenfin une vingtaine de lettres écrites entre mars1756 et septembre 1759.Outre une carte générale du nord de la Nouvelle-France, un index détaillé permet de mieux exploiter larichesse d´informations des Écrits sur le Canada deBougainville.

  • Le 20 janvier, comme tous les quatre ans, le président nouvel­lement élu des États-Unis d'Amérique prendra (ou reprendra) les rênes du pouvoir. Or la conquête de la Maison-Blanche est une saga qui s'étire sur de longs mois, qui absorbe des sommes astronomiques et qui remue les eaux saumâtres du passé des candidats et de leur famille. Elle est désormais suivie, un peu à la manière des Hunger Games, comme une série télévisée où seul le candidat le plus rusé, le plus connecté, le plus nanti ou le plus agressif survivra.

    2020 est une année exceptionnelle à plus d'un titre. À la tête de la Maison-Blanche, un homme prêt à tout pour conserver son siège dans le bureau ovale, qui est parvenu à lui seul à redéfinir la manière dont on pense la présidence, la façon dont les États-Unis se positionnent dans le monde, et les termes du débat politique dans le pays. Face à lui, une société frappée par des événements bouleversants, qui doit se repenser sur fond de polarisation extrême. Et la démocratie américaine, qui fait face, comme elle semble le faire une fois par siècle, à des défis sans précédent.

    Élisabeth Vallet est professeure au Collège militaire royal de Saint-Jean et directrice de l'Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand. Elle est aussi associée au Département de géographie de l'UQAM et au groupe d'études des frontières de l'Université de Victoria. Elle est chroniqueuse au Devoir et à Radio-Canada et a reçu le Richard Morrill Public Outreach Award 2017 de l'Association des géographes américains.

  • La Conquête de 1760 a été perçue comme une catastrophe par les uns ou comme un bienfait providentiel par les autres. Gaston Deschênes et Denis Vaugeois ont eu l'idée de vérifier comment des gens de toutes conditions avaient vécu cette période. Une trentaine de collaborateurs se sont attelés à la tâche afin de rédiger de courtes biographies de personnages nés avant le début de la guerre de Sept Ans et morts après son dénouement.
    Cette fois, le lecteur n'est pas en face d'une histoire théorique et abstraite, mais en présence de vrai monde tel que Madame Péan, la maîtresse de Bigot, Marguerite d'Youville, fondatrice de l'Hôpital général de Montréal, Noël Voyer, un forgeron qui a su s'enrichir en profitant de cette période trouble. On y découvre aussi le parcours de militaires, de cuisiniers, de religieuses et religieux, d'Amérindiens, de captives, de veuves fort débrouillardes, de médecins, de nobles, de marchands, d'aventuriers, de voyageurs, etc. L'ensemble du tableau est passionnant.
    Denis Vaugeois est historien. Il partage son temps entre l'édition et la recherche. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont La Mesure d'un continent et Les Premiers Juifs d'Amérique.
    Né à Saint-Jean-Port-Joli, Gaston Deschênes est titulaire d'une maîtrise en histoire de l'Université Laval. Il a publié de nombreux ouvrages dont Le Parlement de Québec et L'Année des Anglais.
    Avec la collaboration de Yvon Desloges, Marcel Fournier, Fernand Grenier, Madeleine Juneau, Jacques Lacoursière, Jonathan Lainey, Robert Larin, Jean-Marie Lebel, Rénald Lessard, Raymonde Litalien, Jacques Mathieu, Mario Mimeault, Thomas Peace, Liliane Plamondon, Hélène Quimper, François Roy, Serge-Patrice Thibodeau, Auguste Vachon, Laurent Veyssière.

  • Infatigables les Iroquois sont partout. Ils ne souffrent aucune concurrence. Après avoir éliminé les Hurons, les Pétuns et les Ériés, ils s'installent tout autour du lac Ontario.    Leur objectif : contrôler le commerce des fourrures. Sous l'impulsion de La Salle et Tonty, les Français amorcent des relations avec les Illinois et les Miamis. Les Iroquois ne l'acceptent pas et ripostent.    Les Français tentent d'intervenir. Leur principal problème reste les prix offerts par les marchands d'Albany. Pourquoi les Indiens y reçoivent-ils davantage pour leurs peaux ? Un transport moins couteux ? Des taxes moins élevées ?    La construction d'un poste de traite doublé d'un fort, à l'entrée nord du lac Ontario, comporte des avantages à la fois commerciaux et militaires. Encore faut-il des administrateurs éclairés pour en tirer parti. Frontenac est de cette trempe. La Barre, non.    Cette période s'ouvre sur les expéditions cruelles de Courcelles et de Tracy. Les Iroquois apprennent à craindre les Français. Mais ils refusent de se jeter dans les bras des Anglais. Ils savent les utiliser et jouer Français contre Anglais. Dongan, gouverneur de New York à partir de 1683, comprend vite et innove en se faisant le promoteur d'une politique de présence en milieu indien.     En somme, une période cruciale où se révèlent de grands chefs comme Teganissorens, Garakonthié, Otreouti ou de clairvoyants missionnaires comme les frères de Lamberville, Pierre Millet, Jacques Frémin. Quel avenir attend les Iroquois, peuple libre et qui entend le demeurer ?

  • «Louis Hébert, quelle belle histoire que la vôtre! Auriez-vous pu imaginer qu'en 1917, trois cents ans après votre installation à Québec, l'on vous aurait érigé un superbe monument en plein coeur d'une capitale nationale?»
    C'est en posant des questions directement à Louis Hébert que Jacques Mathieu troque son chapeau d'historien pour le bloc-notes du journaliste. Et Louis Hébert se prête avec plaisir, et parfois malice, à cet entretien virtuel. Car il a tout vu, tout analysé, et peut autant corriger les erreurs factuelles que redonner leur place à ceux qui l'ont accompagné durant sa vie.
    Louis Hébert et Marie Rollet ont marqué la mémoire québécoise à titre de première famille de souche française à s'établir en Nouvelle-France et Louis Hébert fut le premier agriculteur; mais ils étaient bien plus que cela. Apothicaire et innovateur scientifique, Louis Hébert a fait parvenir en France des plantes jusque-là inconnues qui, en moins de 40 ans, se sont retrouvées dans toute l'Europe. Marie Rollet a pris soin de jeunes Amérindiennes et leur a partagé une nouvelle forme d'éducation. Ils se sont montrés ensemble ennemis de l'intolérance, de la discorde et des dissensions; une oeuvre digne de notre mémoire.

    Jacques Mathieu est professeur émérite de l'Université Laval. Son domaine d'expertise est l'histoire de la Nouvelle-France et les études multidisciplinaires. Il a publié une vingtaine de volumes. En 2014, il a reçu le prix Gérard-Morisset pour sa contribution à la connaissance du patrimoine culturel.
    Alain Asselin est professeur à la retraite du Département de Phytologie de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'Université Laval. Il a publié de nombreux articles scientifiques dans divers domaines des sciences des plantes.

  • Luxure et ivrognerie

    Six Associes

    Le temps d'une promenade, retournez en 1870 pour découvrir la faune agitée qui animait les nuits de Québec. Arpentez les sites oubliés des maisons closes et des tavernes et les hauts lieux des mondanités bourgeoises. Voyagez de la haute société au petit peuple des faubourgs et abreuvez-vous de détails croustillants sur les moeurs de l'époque. Une façon ludique de découvrir Québec entre adultes consentants!
    Facile d'utilisation et abondamment illustré, ce guide donne au lecteur des indications précises sur le parcours à suivre. Celui-ci peut s'effectuer d'un seul coup (environ 90 à 120 minutes, incluant marche et lecture) ou par sections, selon l'agenda du visiteur !
    Les Services historiques Six-Associés se consacrent depuis 2000 à la communication et à l'animation historiques : www.sixassocies.com
    />

  • «Des dizaines d'Iroquois pénètrent dans le fort, tous sur le qui-vive. Ils se dispersent par groupes de dix ou quinze pour inspecter les lieux. Aucun ne trouve de Français, ni la moindre trace de leur passage. Les canots ont disparu, comme envolés. Les Français se sont en apparence volatilisés. Comment ont-ils fait? Par où sont-ils passés?»Grâce à son excellente connaissance de la culture iroquoise, Radisson est recruté par les jésuites pour les aider à mener à bien leur nouvelle mission d'évangélisation en Nouvelle-France. Mais rien ne se passe comme prévu. Radisson devra faire preuve d'astuce et de ruse pour déjouer le mauvais sort qui guette les Français vivant en territoire hostile.Dans cette deuxième aventure du célèbre coureur des bois, le lecteur retrouvera l'ardeur, la détermination et la débrouillardise du jeune héros, animé par la plume habile de Martin Fournier.Spécialiste de la Nouvelle-France, Martin Fournier a enseigné l'histoire à l'Université du Québec à Rimouski. Il coordonne depuis 2007 la réalisation de l'Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française, un important ouvrage multimédia diffusé sur Internet. Il a publié plusieurs essais historiques aux éditions du Septentrion.

  • Le 19 juillet 1629, Champlain et son fidèle compagnon François Gravé, sieur du Pont, signent l'acte de capitulation de Québec. Fait prisonnier par les frères Kirke, des corsaires anglais, Champlain est transféré à Londres, avant de rentrer en France. À Paris, il s'emploie à permettre la récupération de Québec et de l'Acadie, tombée entre les mains de l'Écossais William Alexander. Malheureusement pour Champlain, le roi Louis XIII ne tarde pas à le disgracier: on le soupçonne d'avoir facilité la chute de Québec.
    Humilié, il se bat, la plume à la main, pour retrouver l'estime de son roi. Il rédige une histoire de ce que les Français ont entrepris en Amérique du Nord depuis Jacques Cartier et montre que, contrairement à ses prédécesseurs, il a, lui, réussi à y bâtir une Nouvelle-France, de 1603 à 1629. S'il a dû abandonner Québec aux Anglais, c'est parce que la cupidité des marchands huguenots l'a privé des moyens de faire prospérer la colonie française, et non parce qu'il a démérité.
    Ce dernier grand livre de Champlain est paru en 1632. Grâce à Éric Thierry, il est désormais possible de le lire intégralement en français moderne et de découvrir, au fil de l'introduction et des notes, les dessous de la disgrâce du père de la Nouvelle-France. Champlain a été la victime de la volonté d'expansion de l'Angleterre de Charles Ier, mais il a aussi pâti des divisions de la France de Louis XIII, encore en proie aux guerres de religion, et des agissements de l'entourage du cardinal de Richelieu, désireux de lui faire payer chèrement ses affinités avec le parti des dévots.
    Né en 1964, Éric Thierry enseigne l'histoire et la géographie au Lycée Paul-Claudel de Laon. Docteur de l'Université de Paris-Sorbonne, il est l'auteur d'une biographie, Marc Lescarbot (Honoré Champion, 2001), qui a été couronnée par l'Académie française, et de La France de Henri IV en Amérique du Nord (Honoré Champion, 2008). Il a déjà publié, dans la collection V, deux tomes des oeuvres de Champlain en français moderne: Les Fondations de l'Acadie et de Québec (2008) et À la rencontre des Algonquins et des Hurons (2009).

  • «À peu de distance, assis sur le tronc d'un arbre déraciné, le lièvre nous regarde. Un copain décoche une flèche qui projette l'animal derrière l'arbre. Craintive, ma soeur s'approche de l'arbre mort, se penche et fait signe que non! Voilà le lièvre qui réapparaît, tout près de nous. Nous avons échangé un regard et avons plongé à l'unisson. Mais nos mains se sont refermées sur le vide! [] Ma mère a écouté notre récit en classant des piquants de porc-épic fraîchement teints dans une boîte en os. Elle réfléchit longuement et dit d'un ton sérieux: C'est Matigoué, le lièvre joueur de tours. L'oiseau, c'était aussi Matigoué. Pour l'attraper, il faudra vous montrer plus rusés que lui.»
    Onze nations amérindiennes vivent tout près de nous dans la forêt, près d'une rivière ou d'une montagne. Vous découvrirez, à travers des personnages attachants et des histoires amusantes, les moeurs et coutumes de ces Premières Nations.
    Yvon Codère est né en 1959 à Sherbrooke. Il a obtenu une maîtrise en archéologie à l'Université de Montréal en 1992. Il a mis sur pied le Centre de référence lithique du Québec et a également fondé Archéoanima, une entreprise qui avait pour mission de présenter la culture amérindienne aux enfants. C'est au contact de milliers de jeunes qu'il a été en mesure de constater la fascination qu'exerce sur eux l'aventure amérindienne.

empty