• Vous passeriez-vous de votre frigo ?

     

    Micro-ondes ou chauffe-biberon, passe encore, tentons éventuellement de nous passer de la télé voire de la poubelle... Mais le frigo ?!

     

    Nous sommes 99,6 % à posséder cette armoire

  • Dans ce recueil de textes pionniers (1965-70) qui ont fait sa renommée, Murray Bookchin conjugue sa vision anarchiste et écologiste avec les possibilités prometteuses d'une société d'abondance. Une abondance envisagée non pas sous la forme d'un accès illimité à des biens de consommation pléthoriques, mais bien une par laquelle l'être humain a amplement les moyens de satisfaire ses besoins fondamentaux pour se consacrer à l'assouvissement de ses désirs réels.

    S'attelant à esquisser les contours d'une telle société, Bookchin appelle à dépasser l'économie politique marxiste, enracinée dans une ère de pénurie matérielle et soumise aux logiques de la rareté économique. Si les avancées technologiques du XXe siècle ont grandement accru la production, cela s'est fait au profit d'intérêts corporatifs et aux dépens des besoins humains et de la soutenabilité écologique. Et si l'émancipation pouvait jadis sembler passer par un certain productivisme sous l'égide de structures autoritaires, aujourd'hui les outils nécessaires à une auto-organisation de la société ont largement été développés et, combinés avec la perspective écologique, ils ont grandement modifié le paysage révolutionnaire. Les sociétés postindustrielles ont en effet le potentiel de se muer en des sociétés d'abondance favorisant l'accomplissement des potentialités sociales et culturelles latentes dans les écotechnologies. Avant-gardiste, Bookchin défendait en ce sens les énergies renouvelables et des institutions décentralisées.

    Lire Bookchin, c'est renouer avec une verve utopique rafraîchissante, qui rappelle avec force que d'autres voies sont envisageables pour le devenir de nos sociétés. "Au-delà de la rareté" est également une lecture incontournable pour comprendre les origines théoriques de l'écologie sociale, concept que cet intellectuel étatsunien a raffiné tout au long de sa vie de militant.

  • « Changer le système, pas le climat! » Ce slogan, scandé dans les rues de Paris lors de la COP21, exprime une réalité désormais implacable: les institutions politiques ne répondent pas adéquate­ment à la crise écologique. Dimitri Roussopoulos revient sur l'histoire des politiques environnementales qui ont mené à cet échec et rappelle la grande diversité des réponses citoyennes qu'il est possible d'apporter face à cette crise, de la lutte au logement dans le quartier montréalais Milton Parc dans les années 1970 au Kurdistan syrien d'aujourd'hui.
    Pour ce militant de l'écologie sociale, l'exploitation de la nature est d'abord et avant tout le miroir de l'exploitation de l'humain par l'humain. Autrement dit, cette relation trouble avec le monde naturel n'est qu'un symptôme des conflits socioéconomiques, ethniques, culturels et de genre ayant cours dans nos sociétés. C'est pourquoi les militant.e.s écologistes d'aujourd'hui ne se dédient pas seulement à la protection de l'environnement, ils et elles oeuvrent à bâtir de nouvelles communautés, de nouveaux modes de vie et de nouvelles façons de faire de la politique.
    Dans cette nouvelle édition revue et augmentée d'un classique d'Écosociété, l'auteur explore comment il est possible de canaliser les aspirations des écologistes vers de telles alternatives politiques. C'est une boussole indispensable pour nous orienter dans la confusion des discours qui sévissent actuellement autour de l'écologisme et pour agir, dès maintenant, sur nos styles de vie, nos quartiers et nos cités.

  • Les idéologies sont au coeur du politique. Véritables forces autour desquelles se configure le pouvoir, elles représentent des outils conceptuels pour penser tout le jeu politique. Elles permettent, comme nul autre schème théorique, de donner un sens à la réalité politique et servent de guide à l'action dans cette sphère.

    En 2008, Danic Parenteau et Ian Parenteau publiaient Les idéologies politiques, ouvrage qui offrait un survol des huit grandes familles d'idéologies politiques : le libéralisme, le conservatisme, le socialisme-communisme, l'anarchisme, le libertarianisme, le fascisme, le nationalisme et l'écologisme. Aujourd'hui, ils en présentent une édition actualisée dans laquelle ils ajoutent un panorama de la neuvième grande famille : le féminisme.

    La démarche qui préside à l'organisation de cette édition est à la fois synthétique et comparative. Synthétique, puisqu'elle vise à présenter ce qui constitue les « idées maîtresses » de chacune des familles idéologiques. Comparative, car elle met en relation chacune de ces familles avec les autres, et cela, dans le but de mieux saisir leur particularité. À cette fin, l'ouvrage s'appuie sur un outil conceptuel classique qui permet une classification des neuf grands ensembles d'idéologies selon un même axe de référence, soit le clivage gauche-droite.

  • À l'ère de la mondialisation et de la crise écologique, la critiquerenouvelée du productivisme, du consumérisme et des inégalités internationales a ouvert un champ d'action à des formes inédites de mobilisation sociale et économique capables d'instrumentaliser les règles du marché au profit de causes associées au développement durable et à la responsabilité sociale des entreprises (RSE). La normalisation, la certification, la vérification, entre autres, se sont alors imposées dans un nouveau modèle d'encadrement des activités économiques qui laisse une grande place aux organisations non gouvernementales. La propagation rapide de ces pratiques, des firmes multinationales jusqu'aux communautés paysannes du Sud, exige qu'on se questionne sur leur institutionnalisation : à quoi ressemblera ce nouveau cadre de régulation? Va-t-il renforcer ou bien trahir sa prétention au développement durable et à la RSE? À quels principes doit-il sa légitimité?

    Ce livre, accessible aux citoyens intéressés, aux étudiants et aux gestionnaires, mais rédigé par des spécialistes, explore ces questions à travers quatorze études multidisciplinaires des nouvelles pratiques économiques se réclamant du développement durable et de la RSE.

  • Chapitre extrait du livre Développement durable et responsabilité sociale. Michel Capron offre une vision claire et concise de la double dynamique de dialogue et de confrontation entre les NMSE et les puissances économiques. D'un côté, les firmes transnationales et les entités économiques mondiales auraient subi un processus de délégitimation de leurs activités simultanément à l'élargissement de leur domination sur les activités productives et marchandes partout sur la planète. De l'autre côté, grâce à leur maîtrise et à leur maniement de l'information, les organisations de la société civile réussissent à la fois à alimenter cette crise de légitimité des puissances économiques et à représenter un horizon moral légitime auquel ces puissances ne peuvent qu'aspirer. C'est là qu'intervient l'essor des normes portant sur le développement durable et la responsabilité sociale des entreprises, au milieu du conflit entre les puissances économiques et une société civile qui attire de plus en plus les forces revendicatrices conventionnelles comme les syndicats, et les nouvelles comme les NMSE.

  • Chapitre extrait du livre Développement durable et responsabilité sociale. Gisèle Belem jette un éclairage sur la diversité qui existe parmi les modalités économiques que les NMSE peuvent expérimenter dans le but de provoquer des transformations sociales. Ainsi, l'auteure soutient que la distinction entre, d'une part, la finance socialement responsable et, d'autre part, la finance solidaire et les monnaies sociales renvoie à des défis différents. L'activisme actionnarial et la technique du tamisage pratiqués par des fonds d'investissement étant situés dans la sphère financière ellemême, ils sont soit relativement impuissants devant le poids de la finance conventionnelle, soit eux-mêmes instrumentalisés à des fins de légitimation par des acteurs de celle-ci. Quant à l'axe plus « solidaire » de la finance et des monnaies sociales, il se déploie souvent à une échelle trop locale ou marginale pour provoquer des changements sociaux et économiques systémiques. Malgré tout, l'auteure conclut que le potentiel régulatoire de toutes ces initiatives existe du fait de leur capacité à amorcer des changements de mentalité dans la sphère économique.

  • Chapitre extrait du livre Développement durable et responsabilité sociale. Thibault Daudigeos met en lumière, à travers une analyse comparative des institutions officielles de normalisation anglaise (le BSI) et française (l'AFNOR), la diversité des pratiques et des résultats que l'on trouve dans le champ du développement durable. À la base même de ces deux initiatives s'expriment des schèmes de pensée différents, ainsi que des notions divergentes de la légitimité des normes, ce qui donne à penser que si les nouveaux mouvements sociaux économiques (NMSE) sont importants pour mettre le développement durable et la responsabilité sociale de l'entreprise au programme de la régulation mondiale de l'économie, il faut aussi compter avec de nombreux autres acteurs et paramètres dans le processus de normalisation.
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  • Chapitre extrait du livre Développement durable et responsabilité sociale. Patrick Gabriel explore les formes et la structure du « système de légitimité » du développement durable et il y découvre deux axes de tensions qui semblent déterminer la mise en oeuvre et l'acceptabilité de ce concept. Tension, d'abord, entre les échelles mondiales et locales, qui se partagent les rôles de la définition du concept et de sa mise en oeuvre. De la distance entre ces deux pôles émerge une autre source de tension entre la prétention à l'universalité et la diversité des pratiques sur lesquelles s'appuie le développement durable. Ces tensions au sein du système de légitimité du développement durable peuvent, d'une part, expliquer son succès en mettant en lumière la flexibilité qu'il offre aux acteurs qui s'en réclament et, d'autre part, permettre de rendre compte de l'incertitude et de la confusion qui règnent autour des interprétations fragmentées de cette notion.

  • Chapitre extrait du livre Développement durable et responsabilité sociale. Marie-Andrée Caron et Marie-France Turcotte s'intéressent aux pratiques novatrices de reddition de comptes et de divulgation des activités des entreprises comme suite aux pressions exercées par les nouveaux mouvements sociaux économiques. Ces innovations, qui se traduisent souvent par des rapports de développement durable, sont toutefois marquées par autant d'inertie que de transformation par rapport au modèle traditionnel de divulgation. D'un côté les rapports de développement durable présentent des informations non systématiquement rapportées et souvent trop superficielles pour véritablement aider les parties prenantes qui désirent évaluer la performance des entreprises en cette matière. Mais d'un autre côté, on peut concevoir les efforts investis par les firmes comme le gage d'un processus d'apprentissage et d'amélioration dans le contexte du dialogue avec les parties prenantes. En somme, les auteures considèrent que l'émergence de ce « nouveau marché de l'information sur la performance de développement durable » continuera d'évoluer et de se systématiser, d'où l'importance d'étudier de près ses variations et sa diffusion.

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale. Jean-Paul Bozonnet montre dans sa contribution que - en ce qui concerne la question environnementale - nous assistons, d'une part, à l'acceptation généralisée d'un « grand récit de l'écologisme » et, d'autre part, à une désinstitutionnalisation des formes d'action qui en découlent. Alors que l'institutionnalisation de l'écologisme avait donné lieu, à partir des années 1970, à l'élaboration de nombreuses politiques publiques, à la formation d'associations environnementalistes actives et, ultimement, à un premier « verdissage » des activités des firmes multinationales, la faveur des citoyens des pays développés serait dorénavant tournée vers des formes d'écologisme moins institutionnelles. Cette désinstitutionnalisation procède par l'association de l'écologisme à d'autres causes, par le refus croissant de l'organisation, par l'utilisation des médias, etc., et offre un contexte favorable aux nouveaux mouvements sociaux économiques faisant appel à de nouveaux acteurs du changement social, parmi lesquels le consommateur fait figure de proue.

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale. La contribution du Collectif d'études sur les pratiques solidaires (CEPS) - avec ses dimensions méthodologiques et analytiques exemplaires - replace certains NMSE dans le cadre plus large des pratiques économiques solidaires telles qu'elles se manifestent au Québec. À la réflexion sur les NMSE, ce chapitre apporte un important approfondissement des notions de producteur et de consommateur et montre que, dans un contexte de reconfiguration des modalités de régulation, ces notions se métamorphosent selon les objectifs socioéconomiques et les pratiques privilégiées par les initiatives. À côté de la distinction radicale entre producteur et consommateur qui est proposée dans le système économique dominant, il existe donc une multitude de phases intermédiaires permettant de rapprocher, voire de conjuguer, ces deux figures. Le travail du CEPS démontre aussi la présence d'une grande variabilité dans le degré de conformisme ou d'indépendance des pratiques solidaires vis-à-vis du système économique, ce qui influe d'autant sur leur potentiel de transformation. On pourrait dès lors considérer les NMSE comme des variantes plutôt conformistes de ces pratiques économiques solidaires.

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale. Mais existe-t-il, pour les mouvements sociaux, des réalités telles que des sphères politiques ou économiques, exclusives les unes aux autres et identifiables selon leur logique propre? Dans leur processus de développement, et parfois d'institutionnalisation, les mouvements sociaux chevauchent très souvent ces « mondes antagonistes » faussement présentés comme distincts. C'est dans cet esprit que l'étude de Sylvain Lefèvre sur la stratégie de la collecte de fonds de l'organisation non gouvernementale Greenpeace explore « la complexité d'une configuration fluctuante où s'enchaînent importation, réappropriation, contestation ou reconduction de logiques a priori contradictoires ». En conséquence de cette complexité croissante à l'échelle de l'organisation s'entremêlent des questions à saveur de dilemme que l'auteur ne manque pas de relever : la stratégie marketing de Greenpeace représente-elle l'incursion du marché dans la logique du mouvement, ou bien porte-t-elle les germes d'un verdissement de l'entreprise? Peut-on douter que cette complexité soit également le fait des logiques de justification ou de légitimation des NMSE?

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale. Dans plusieurs pays en développement, des mouvements citoyens se réapproprient les enjeux économiques et environnementaux qui les concernent directement et dont la responsabilité échoit normalement aux mains démunies de gouvernements qui n'arrivent pas à contrôler les activités des firmes transnationales qui font affaire sur leur territoire - ou qui n'ont pas l'intention de le faire. C'est ce que relate le chapitre de Myriam Laforce sur les mobilisations communautaires contre les activités des sociétés minières étrangères au Pérou, qui se traduisent par l'émergence de mouvements sociaux organisés qui réussissent à s'imposer comme interlocuteurs incontournables dans un secteur économique de première importance. S'il faut bien sûr comprendre le contexte dans ses aspects historiques et politiques, notamment en tenant compte de l'impact des politiques d'ajustement structurel qui ont été appliquées dans plusieurs pays du Sud, il faut aussi considérer ces mouvements comme des manifestations originales de revendications faisant appel à la notion de développement durable et jouant stratégiquement sur les intérêts des États et des entreprises multinationales, selon un objectif commun à ces derniers et aux NMSE : repolitiser la sphère économique.

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale. Si la récupération des idéaux des mouvements sociaux semble si facile, c´est peut-être parce que leurs fondements sont compatibles avec « l´esprit » de la société libérale. La question est traitée ici par Fabrice Flipo sous l´angle du rapport entre altermondialisme et libéralisme. Le mouvement altermondialiste est-il une forme de libéralisme?
    La question est pertinente parce que c´est dans un contexte de libéralisme économique - ou encore de néolibéralisme - qu´émergent les NMSE.
    Quant au mouvement altermondialiste, il semble nettement apparenté à un libéralisme politique de conception lockéenne, mais aussi fortement opposé au néolibéralisme. La réflexion de l´auteur sur les défis que cette position implique alimente généreusement les interrogations de l´ouvrage concernant les différentes directions empruntées par les NMSE ainsi que leur cohésion. Plus largement, la pertinence des considérations sur le mouvement altermondialiste pour l´étude des NMSE est évidente dans un contexte où les mouvements sociaux semblent prendre de plus en plus d´espace à l´échelle planétaire : tous tentent de combler le déficit qu´accusent les États en matière de régulation et de contrôle des firmes transnationales.

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale. Par l´analyse de l´émergence des mouvements alternatifs en Allemagne au cours des décennies 1970 et 1980, notamment des « nouvelles » mobilisations écologistes, Florence Rudolf aborde de front une question à la fois préalable et centrale à l´objet de l´ouvrage : jusqu´où les mobilisations peuvent-elles être efficaces à l´égard de leur mission de transformation sociale? L´auteure révèle clairement que les écueils auxquels se heurtent les NMSE pourraient ne pas être étrangers aux expériences des nouveaux mouvements sociaux qui les ont précédés : difficultés d´autoaffirmation, problèmes d´institutionnalisations, inévitabilité de la récupération par des acteurs plus puissants de l´industrie, etc. Si en Allemagne - malgré l´énorme défi qu´a représenté la réunification - les nouveaux mouvements sociaux, et particulièrement ceux d´inspiration écologiste, ont réussi à contribuer à l´inflexion de la modernité, il demeure pertinent de s´inquiéter de l´absorption et de la mutation de l´idéal militant par la société de consommation.

  • Chapitre tiré du livre Développement durable et responsabilité sociale.
    La sociologie de l´environnement a largement contribué à l´analyse des mouvements écologistes depuis leur émergence, dans les années 1960, jusqu´à aujourd´hui, et à la compréhension de leur rôle dans l´apparition du concept de développement durable. Dans le cas du Québec, Jean-Guy Vaillancourt est sans doute celui qui a le plus développé cette « écosociologie » du mouvement vert. Dans un texte faisant le point sur l´évolution du mouvement vert québécois, il montre que la diversité idéologique reste de mise au sein de la pensée écologiste actuelle, mais que cela n´empêche pas la construction d´alliances et de coalitions ponctuelles touchant à toutes les thématiques liées aux luttes pour la protection de l´environnement. C´est d´ailleurs la question du passage de la mobilisation à l´institutionnalisation qui se profile en trame de fond, d´où l´importance d´une telle analyse des mouvements écologistes dans le contexte du présent ouvrage.

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