FeniXX réédition numérique (Séguier)

  • Tout en respectant la chronologie des événements, Céline Debayle a conçu cette biographie grâce à une documentation importante et de nombreux voyages sur les lieux de la révolte arabe animée par celui qui est resté dans l'Histoire sous le nom de Lawrence d'Arabie. Par un style alerte et efficace, l'auteur plonge le lecteur au coeur de l'action tout en le confrontant à la nature tourmentée du personnage. « Sur les traces de Lawrence d'Arabie » est donc, à la fois, un livre d'aventures et le portrait d'un homme qui, un demi-siècle après sa mort, fait encore rêver.

  • Jean Sénac est né en 1926 à Béni-Saf, en Algérie, au sein de la communauté espagnole installée dans ce petit port d'Oranie. Dès ses premiers poèmes il est remarqué par René Char et Albert Camus. Il consacre alors sa vie à la création poétique qu'il ne séparera jamais d'un engagement politique de tous les instants. En 1962, il choisit l'Algérie indépendante dont il devient un acteur essentiel de la vie littéraire. Il réalise des émissions de radio et organise des récitals où se révèlent de nombreux et nouveaux talents. Celui qui signait parfois Yahia el Ouahrani, fut assassiné, à Alger, le 30 août 1973. Cet ouvrage réunit hommage, études et une correspondance inédite (lettres et poèmes) entre Jamel-Eddine Bencheikh et Jean Sénac.

  • James Mallahan Cain (1892-1977) restera dans l'histoire de la littérature pour avoir écrit Le facteur sonne toujours deux fois. Le facteur n'a, en fait, pas cessé de sonner depuis sa parution il y a plus d'un demi-siècle, et son héritage est considérable. En France, il a influencé Albert Camus et inspiré L'étranger ; en Italie, il a servi de prétexte à Luchino Visconti pour critiquer le fascisme ; en Amérique, il a fait trembler la censure cinématographique pendant plus de dix ans. Aujourd'hui, un écrivain comme James Ellroy se réclame plus de Cain que de Raymond Chandler ou Dashiell Hammett. Mais l'éclat du Facteur a tendance à occulter le reste de l'oeuvre, vaste et diverse. Journaliste, scénariste, auteur dramatique, romancier, historien, Cain n'a cessé d'entretenir des relations complexes avec le monde, dont il s'exclura les trente dernières années de sa vie. Et c'est peut-être dans cette existence, apparemment sans histoires, qu'il faut chercher la clé d'une oeuvre dont on ne cesse de mesurer la modernité.

  • L'activité littéraire de Proust paraît s'être accomplie parallèlement à ce qu'on pourrait appeler un travail de réparation psychique interne : écrire pour lui c'était tout autant élaborer une oeuvre que tâcher de s'ouvrir à lui-même et c'est bien pourquoi il lui a fallu tant de temps pour accéder à cette réalité de salut qu'a été à ses yeux la littérature. Or, si dans l'immense chantier des commentaires proustiens ces aspects sont parfois abordés, ils le sont presque toujours de façon dissociée. Faisant de Proust un malade ordinaire, les psychologues (et plus précisément les psychanalystes) finissent par tenir pour négligeable le travail d'ouverture à soi que, par la rédaction de la Recherche, Proust a accompli sur lui ; et quant aux théoriciens de la littérature, ils se préoccupent peu de la misère que Proust aurait pu vouloir surmonter par l'élaboration de son oeuvre. Cette misère pourtant est essentielle ; car c'est à condition de la décrire dans toute son ampleur qu'on peut par contrecoup mesurer toute l'immensité du travail de Proust. Pour avoir à ce point la main heureuse, Proust devait peut-être n'avoir d'abord la main sur rien, et c'est sur le fond de cette condition délaissée qu'à l'aide notamment d'une psychanalyse débarrassée de son jargon, cet ouvrage se propose de restituer les traits les plus saillants de la jubilation proustienne.

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