• L'acacia

    Claude Simon

    « En refermant LAcacia, le lecteur a la sensation davoir personnellement chevauché dans les clairières de lEst en 1940, les yeux brûlés dinsomnie ; davoir reçu une balle en 1914 au coin dun bois, tel un parfait poilu de LIllustration ; mais aussi davoir servi aux Colonies avant 14 ; davoir hanté les villes deaux de la Belle Époque ; davoir ouvert un télégramme avec des sanglots de veuve dans la gorge ; davoir visionné des bribes dActualités davant lautre guerre, sépia, tressautantes et muettes ; davoir remué ces réminiscences dans un claque miteux ; davoir senti monter la folie des deux dernières guerres du fond des trains à bestiaux de toute lEurope ; et de chercher à couler tout cela dans le présent immédiat de lécriture, devant une branche dacacia vert cru... » (Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde) L'Acacia est paru en 1989.

  • « Les Mémoires de Serge, plus que le récit minutieux et détaillé de sa vie - qu'il ne fait d'ailleurs pas -, sont l'exposé critique des événements historiques et sociaux auxquels les hommes de ce temps ont dû s'affronter, et dont il convient de tirer des leçons pour que, plus avertie et donc plus assurée, la marche vers un objectif ou un idéal sans doute jamais assuré se poursuive. Il s'agit de rendre compte et, ce faisant, de se rendre compte. »
    - Jean Rière

  • La bataille de Charleroi n'est ni Verdun, ni la Somme. Presque occultés par la longue guerre des tranchées qui s'en suivit, ces trois premiers jours de combat sont pourtant les plus meurtriers de la Première Guerre mondiale pour l'armée française. Opposant la 5e armée du général Lanzerac à la 1re, IIe et IIIe armées allemandes entre Sambre et Meuse, Charleroi ouvre la voie à l'invasion du Nord de la France.
    En ce vendredi 21 août 1914, sous une chaleur écrasante, des milliers de soldats tout juste mobilisés et engoncés dans leurs pantalons garance vivent là leur baptême du feu. Sous la puissance de feu inédite de l'artillerie allemande, l'armée française vit les heures les plus meurtrières de son histoire ? près de 7 000 soldats français sont tués le 22 août à Charleroi, presque 40 000 entre le 21 et le 23 août sur l'ensemble du front. La violence des combats n'épargne pas non plus les civils. Pour la première fois, les combats s'engagent dans les rues, les maisons, les usines.
    Désorganisée, l'armée française recule à l'intérieur de ses frontières. Ni prévue, ni anticipée, la bataille signe l'échec du plan stratégique, tourné vers l'offensive, conçu par des généraux, dont les postures sont héritées du XIXe siècle, quand Charleroi est « la première bataille du XXe ». Cette crise du commandement trouve son épilogue dans le renouvellement massif des chefs menés par Joffre début septembre.

  • Dimanche 28 juin 1914 : l'archiduc François-Ferdinand, en visite officielle à Saravejo, est abattu d'un coup de feu. L'assassinat de l'héritier du trône d'Autriche-Hongrie par un nationaliste serbe, prêt à tout pour déstabiliser la région, ne tarde pas à embraser le monde ; 34 jours plus tard, l'Europe entre en guerre.
    François-Ferdinand est devenu l'héritier de François-Joseph, sans y avoir été préparé, en quelque sorte par accident ou plus exactement dans des circonstances dramatiques : la mort de son cousin Rodolphe à Mayerling en 1889, puis celle de son père en 1896.
    Mort sans avoir eu l'occasion de donner sa mesure et de régner, François-Ferdinand se révèle une personnalité plus complexe qu'il n'y paraît. Connu pour ses coups de sang, l'homme est doté d'une incroyable énergie, affectionnant la vie familiale ? il s'est en outre mis au ban de la dynastie en épousant une jeune femme bien au-dessous de sa condition. Catholique conservateur, méfiant à l'égard des Hongrois et des Italiens, il s'est souvent prononcé en faveur de la paix, a tâché de moderniser l'armée et a suivi avec sympathie le renouveau artistique de l'époque. Enfin, il est convaincu de la nécessité de réformer la monarchie : François-Ferdinand, « l'homme qui aurait pu sauver l'Autriche » ?
    De multiples sources inédites ou mal connues du public français nourrissent ce portrait nuancé et équilibré dressé par Jean-Paul Bled, spécialiste incontesté des Habsbourg et de l'Autriche-Hongrie.

  • C'est par le regard et les paroles d'Apollinaire qu'Annette Becker nous fait traverser la Première Guerre mondiale. Elle suit le poète pas à pas, depuis son engagement à l'été 1914 à sa mort de la grippe espagnole le 9 novembre 1918, et nous donne à voir à la fois le combattant ordinaire et l'artiste nourrissant son oeuvre de son expérience du feu. Avec lui, nous partageons l'ennui militaire, la peur en première ligne, le désarroi après sa blessure à la tête en 1916.

    À ses côtés, on croise, entre autres, Picasso et Cendrars, Duchamp, Breton, Éluard, mais aussi des engagés volontaires et des embusqués, des anonymes qui ont partagé son quotidien dans les tranchées.



    /> « Annette Becker retrace avec vivacité les années 1914-1918 du poète si fier d'être devenu soldat. Un ouvrage passionnant. » Canard enchaîné « Apollinaire aimait l'audace. Cette biographie n'en manque pas. » L'Histoire La première édition de cet ouvrage a paru sous le titre Apollinaire, une biographie de guerre.

  • Enrôlé dans une compagnie de sapeurs
    en fin d'été 1914, suite à la tragédie d'un
    amour naissant, Cleffe Roy, âgé de vingt
    ans et jeune employé à l'usine d'allumettes
    Eddy, est intégré à la première division de
    la Canadian Expeditionary Force. Il croit,
    comme des milliers de jeunes canadiens,
    se rendre au front, faire la guerre, voir
    l'Europe, et revenir à la maison en
    chantant pour la fête de Noël.
    D'Ottawa à Valcartier, puis sur les plaines
    de Salisbury en Angleterre, et durant près de quatre années éprouvantes, affligeantes, sur le front de l'Ouest en France, Cleffe,
    chauffeur d'ambulance à moteur au milieu des bombes, des gaz toxiques et des rafales de mitrailleuses, nous livre une vision inusitée de la Grande Guerre.
    Ses déchirements, ses croyances, ses amours, ses sentiments bouleversés,
    et son courage sont étalés sans vergogne, dans une intrigue parsemée de rebondissements parfois drôles, souvent tragiques; et cela autant en bordure des effroyables tranchées, que dans le salon affriolant d'un bordel à Paris. Un roman qui évoque l'atrocité des boucheries abominables, des carnages, certes, mais qui offre aussi une impérissable leçon de bravoure, de fortitude et de générosité.

  • Du point de vue de l'histoire comme de la science politique, les élections générales du 8 février 1871 et les élections partielles qui les ont suivies, de juillet 1871 à février 1875, présentent une grande importance et un vif intérêt. Importantes, elles le sont parce que l'Assemblée nationale à laquelle elles ont donné naissance, élue après l'armistice de janvier 1871 pour statuer sur la continuation de la guerre ou la conclusion de la paix, et composée en grande majorité de conservateurs monarchistes, a pris les options décisives par lesquelles le régime politique français, jusqu'à nos jours, a été orienté dans la voie d'une certaine forme de République parlementaire. Quant à leur intérêt, il tient en premier lieu à ce qu'elles ont constitué en France la première manifestation d'un suffrage universel à la fois libre et suffisamment conscient de lui-même et des possibilités pour que son verdict, ou plutôt, des verdicts successifs (car les élections partielles, surtout celles de juillet 1871, portant sur cent treize sièges, ont eu à cet égard autant de portée au moins que le scrutin initial de février) eussent une cohérence et une signification susceptibles d'agir de façon décisive sur l'évolution des événements. L'ouvrage de J. Gouault dresse le tableau nuancé et complet de la géographie de l'opinion politique en France au lendemain de la guerre de 1870-1871 ; il montre en même temps comment cette géographie se relie à celle du dernier plébiscite impérial, et comment les transformations qu'elle subit de juillet 1871 à 1875 annoncent celle qui caractérisera les scrutins de la Troisième République jusqu'en 1898.

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