• Pour les hommes du 231e régiment d'infanterie, les différences d'âge et de condition sociale n'importent plus. Tous sont venus s'enterrer dans les tranchées boueuses de Crouy, sous la pluie et le feu de la mitraille allemande. Leur seule certitude face aux armées ennemies : « I' faut t'nir. » Barbusse fut l'un des leurs. Tiré de ses carnets de guerre, ce roman, prix Goncourt 1916, révéla à ceux de l'arrière le quotidien des poilus : leur courage, leur camaraderie, leur argot, mais aussi la saleté, l'attente et l'ennui. Cette guerre, l'état-major, le gouvernement et la presse patriotique la censurent. Il faudra un roman comme Le Feu pour en dire toute la barbarie mécanique, mais aussi l'espoir : celui d'en sortir vivant... Couverture Virginie Berthemet © Flammarion

  • Du point de vue de l'histoire comme de la science politique, les élections générales du 8 février 1871 et les élections partielles qui les ont suivies, de juillet 1871 à février 1875, présentent une grande importance et un vif intérêt. Importantes, elles le sont parce que l'Assemblée nationale à laquelle elles ont donné naissance, élue après l'armistice de janvier 1871 pour statuer sur la continuation de la guerre ou la conclusion de la paix, et composée en grande majorité de conservateurs monarchistes, a pris les options décisives par lesquelles le régime politique français, jusqu'à nos jours, a été orienté dans la voie d'une certaine forme de République parlementaire. Quant à leur intérêt, il tient en premier lieu à ce qu'elles ont constitué en France la première manifestation d'un suffrage universel à la fois libre et suffisamment conscient de lui-même et des possibilités pour que son verdict, ou plutôt, des verdicts successifs (car les élections partielles, surtout celles de juillet 1871, portant sur cent treize sièges, ont eu à cet égard autant de portée au moins que le scrutin initial de février) eussent une cohérence et une signification susceptibles d'agir de façon décisive sur l'évolution des événements. L'ouvrage de J. Gouault dresse le tableau nuancé et complet de la géographie de l'opinion politique en France au lendemain de la guerre de 1870-1871 ; il montre en même temps comment cette géographie se relie à celle du dernier plébiscite impérial, et comment les transformations qu'elle subit de juillet 1871 à 1875 annoncent celle qui caractérisera les scrutins de la Troisième République jusqu'en 1898.

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