Olivier (L')

  • Maxim Biller aime appuyer là où ça fait mal, gratter les plaies pour éviter qu'elles se referment un peu trop vite sur le silence et l'oubli. Pas d'euphémismes ni de circonlocutions hypocrites, le romancier attaque frontalement, assène ses coups avec une ironie féroce. Voilà plus d'une vingtaine d'années qu'il joue le rôle d'aiguillon de la bonne conscience allemande. Journaliste et écrivain né à Prague en 1960 de parents juifs originaires de Russie et émigré en Allemagne à l'âge de 10 ans, il se fait connaître à la fin des années 80 avec une chronique dans le magazine Tempo : "Cent lignes de haine".

    Un concentré de provocations et de fulminations politiquement incorrectes mais rarement gratuites. L'une de ses dernières tribunes était ainsi dirigée contre le regain d'un patriotisme décomplexé dans le football, incarné par des supporters allemands agitant fièrement leurs drapeaux noir, rouge, jaune. C'est l'inquiétude qui nourrit la colère de Biller. La crainte de voir l'Allemagne, son pays, tourner un peu trop vite la page Hitler, Goebbels, Birkenau, et réattribuer la responsabilité à l'Histoire. La peur du retour d'un antisémitisme dont les relents nauséabonds le prennent parfois à la gorge, charriés par des phrases assassines.

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