• Contrairement à l'idée reçue qui fait de lui la figure de proue des avant-gardes du XXe siècle, Baudelaire fut à la fois moderne et antimoderne.
    C'est ce que montre son obsession pour certaines des nouveautés de son temps : la presse, la photographie, la ville et les manières de faire de l'art. Autant de facettes d'une même « chose moderne », fuyante et contradictoire, à laquelle il donne le nom de modernité. Face à ces bouleversements, le poète est partagé entre l'horreur et l'extase : les journaux à grand tirage le dégoûtent, mais il assiège ces « canailles » de directeurs pour qu'ils le publient ; il attaque la photographie, mais il pose pour des clichés de légende...
    Cette ambivalence constitue la toile de fond du Spleen de Paris, sommet des contradictions du dernier Baudelaire, véritable objecteur de la conscience moderne. Avec brio, Antoine Compagnon dessine le portrait d'un poète insoupçonné autant qu'irréductible.

  • L'histoire d'une passion aussi dévorante que mythique : celle qui unit le poète Charles Baudelaire et l'actrice Jeanne Duval. Une relation amoureuse qui inspira au célèbre écrivain certains de ses plus beaux poèmes.
    Quand, en 1842, Charles Baudelaire rencontre Jeanne Duval, comédienne au Théâtre de la Porte-Saint-Antoine qui peine à se faire un nom, le jeune homme âgé de vingt et un ans entame tout juste la rédaction des poèmes qui constitueront Les Fleurs du Mal.
    Si la relation passionnelle qui se noue lui inspire certains de ses plus beaux poèmes (" Le serpent qui danse ", " Les Bijoux ", " La Chevelure "...), elle est mal accueillie par ses contemporains. Jeanne est en effet une " mulâtresse ". La couleur de sa peau dérange autant que ses origines populaires, sa gouaille, son gout pour les faubourgs et les guinguettes.
    S'ils sont jaloux, se disputent, se déchirent, se trompent, en viennent même aux mains... les amants demeurent indéfectiblement liés.
    Cette biographie romanesque restitue les tumultes de cet amour, en s'appuyant notamment sur la riche correspon- dance de Baudelaire.

  • Comment on paie ses dettes quand on a du génie Nouv.

    Comment on paye ses dettes quand on a du génie rassemble deux textes de Baudelaire, encore jeune littérateur. Le premier de ces textes, qui donne son nom au recueil, est un exercice de jeunesse qui laisse apercevoir le grand talent de l'auteur, sous l'influence d'un Maître : Balzac, que Baudelaire admirait et qui, endetté jusqu'au cou, passa sa vie de forçat littéraire à fuir les créanciers. Le second texte est une parabole humoristique - grandeur et misère de l'écrivain en herbe - dont l'incipit donne le ton : « L'anecdote suivante m'a été contée avec prières de n'en parler à personne ; c'est pour cela que je veux la raconter à tout le monde. »

  • Kim, la narratrice, grandit dans le sud de la France, au bord de la mer ? qu'on voit danser de temps en temps dans ce roman. Elle est entourée d'adultes immatures, cruels et déraisonnables : affligée d'un bec-de-lièvre, sa mère se lance sur le tard dans une carrière de stripteaseuse ; son père, qui a tatoué ses cinq enfants d'une étoile bleue sur l'occiput, brille par sa faiblesse et son insignifiance ; son grand-père est un insupportable fanfaron, et sa grand-mère sombre peu à peu dans la folie avant de regagner l'Algérie fantasmatique de son enfance.
    Heureusement, pour l'aider à survivre à une enfance calamiteuse, Kim a l'amour inconditionnel de ses petits frères, la gymnastique rythmique, la lecture de Baudelaire, et ses nuits fauves avec son prince ardent. Sans compter qu'elle ne va pas tarder à rencontrer sa sorcière bien-aimée en la personne d'une sage-femme à la retraite ? à moins qu'il ne s'agisse d'une vieille pute sur le retour ? En fait de retour, on assiste aussi à celui de Charonne (déjà présente dans Hymen et surtout dans Une fille du feu) qui fait basculer (in extremis) cette histoire du côté de la beauté et de l'énergie vitale.

    Comme les précédents livres d'Emmanuelle Bayamack-Tam, celui-ci se propose d'illustrer quelques unes des lois ineptes de l'existence. Le titre est emprunté aux Métamorphoses d'Ovide : comme Philomèle, Kim survit aux outrages, mais contrairement à elle, on ne lui a pas coupé la langue, ce qui fait qu'elle raconte, dans une langue qu'Emmanuelle Bayamack-Tam a voulue à la fois triviale et sophistiquée, comment l'esprit vient aux filles. Or, on sait depuis longtemps qu'il leur vient par les chemins à la fois balisés et inextricables du désir charnel. Pour Kim, il empruntera aussi ceux de la poésie du XIXe, ce qui fait que Si tout n'a pas péri avec mon innocence se veut aussi récit d'une vocation d'écrivain.

  • Une nouvelle collection de petits livres pour découvrir et aimer les grands écrivains !
    Parce qu'on l'a accusé d'" outrage aux bonnes moeurs " à la publication des
    Fleurs du Mal, parce qu'il a mis des mots uniques sur le spleen de l'âme, parce que, poète maudit, il écrivait au milieu des vapeurs d'absinthe, lire Baudelaire est comme un voyage intense dans les tréfonds de l'âme humaine. Ce petit livre vous y convie, grâce à ce tour d'horizon de la vie et de l'oeuvre d'un auteur essentiel.

  • L'hymne ne désigne pas dans ce livre une forme poétique particulière mais l'ensemble des dispositifs que la modernité a dû abandonner pour se tendre. Le mouvement des essais qui le composent est celui d'une généalogie, moins au sens d'une perspective proprement historique qu'à celui d'une récapitulation faisant la part au caractère dispersé des indices. Les noms qui jalonnent cette recherche - Hölderlin, Büchner, Baudelaire, Leopardi, Stendhal ou, plus près de nous, Benjamin et Mandelstam - définissent le réseau de sens où ces indices prennent consistance en se relançant les uns les autres. La Fin de l'hymne a précédemment paru dans la collection « Détroits » en 1991.

  • Livre, enfance, pays, langue, époque : les cinq parties de ce livre d'essais sont ici les noms de cinq formes d'expériences du temps. Par-delà l'étude des oeuvres Benjamin, Eisenstein, Platonov, Baudelaire, Büchner ou Lucile Desmoulins), ou des lieux (la Russie) ou des pratiques (la lecture, les arts), il s'est agi de configurer un temps qui ne serait ni celui des horloges, ni celui du souvenir, ni celui de la prophétie, mais celui qui confondrait en un seul cours ce qui est flux et ce qui est césure. Le cours de ce temps implique pour les signes qui émergent une tout autre vie que celle de l'actualité ou celle de la restitution historique. En lui l'actualité est permanente et consiste en une actualisation toujours latente. Cette actualisation prend la forme de l'éveil, qui révèle la connaissabilité à elle-même. Retracer les chemins de signes de l'éveil, en repérer l'émotion dans différents champs, tel est le propos de ce livre. Collection « Détroits » fondée par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch et Philippe Lacoue-Labarthe

  • Au-delà de l'analyse du récit appelée naguère narratologie, cet essai vise à mettre en lumière l'historicité des pratiques narratives en regard des modes de transmission de la mémoire culturelle. Pour cela, il propose d'interroger la résurgence des représentations cycliques du devenir depuis le XIXe siècle, dont on trouve des occurrences chez Hugo et Michelet, Baudelaire et Blanqui, Marx et Nietzsche, ou encore, au siècle dernier, chez Pierre Klossowski et Claude Simon. Pourquoi la modernité, qu'une vulgate historienne dit structurée par le temps cumulatif et linéaire du progrès, redécouvre-t-elle l'éternel retour des êtres et des événements ?
    Cet art du récit fondé sur la répétition est une réplique à la mutation des formes de l'expérience du temps amorcée au déclin des Lumières. En réponse au régime moderne d'historicité que Walter Benjamin et Hannah Arendt évoquaient dans les termes d'une crise de l'expérience et d'une rupture de la tradition, les poétiques de la répétition élaborent une singulière politique du deuil selon laquelle le passé qui revient ne réconcilie pas le présent avec l'autrefois, mais fait différer le présent d'avec lui-même. Or cette résistance mélancolique, qui multiplie fantômes, spectres et revenants, témoigne exemplairement de l'impact du régime moderne d'historicité sur les arts du récit depuis deux siècles.

    Revenances de l'histoire est paru en 2006.

  • Tout comme nous aujourdhui, Marcel Proust a vécu une période de grande mutation technologique. La voiture automobile permet de parcourir le territoire à sa guise et transforme le rapport espace-temps ; lavion aussi ; la photographie inonde limaginaire ; le téléphone relie miraculeusement les êtres séparés. Lélectricité modifie les pratiques quotidiennes. La Recherche du temps perdu se fait écho de ces innovations, et Proust est un contemporain attentif.François Bon fait parler les témoins et la volumineuse correspondance, nous renseigne sur lépoque. Relisant ses gros volumes en papier, exploitant les possibilités de recherche, notamment lexicales, offertes par le numérique, il fait affleurer des thèmes, des obsessions, explore les techniques romanesques, prend la mesure de l'indémodable modernité de l'univers proustien. Mais il va aussi plus loin. En romancier, il se libère des réalités chronologiques pour faire dialoguer Proust et Baudelaire, dans une complicité stimulante et doublement révélatrice. Il nous rappelle aussi quelques grands lecteurs posthumes, notamment Beckett et Koltès.En fin de compte, et à chaque ligne de ce livre, François Bon nous dit en quoi la lecture de Proust a été déterminante pour lui, et combien cette uvre continue de retentir dans nos vies et de les éclairer.

  • Recueil de 21 articles, essais, analyses, chroniques, Coupable est une plongée dans l'intimité de Poppy Z. Brite. Sexe, drogues, rockn'roll, décadence, passions et influences littéraires de Baudelaire à King ou Burroughs, culture gothique, underground fantastique... de quoi comprendre l'univers et les ressorts secrets d'un écrivain au romantisme noir qui bouscule l'Amérique depuis son premier livre.

  • Après le succès d'Un été avec Montaigne, Antoine Compagnon s'inscrit à nouveau dans le sillage de l'auteur des Essais. Ces entretiens révèlent un homme au parcours atypique et d'une curiosité hors norme : du statut de la citation dans les textes littéraires à Proust et Brunetière, en passant par Montaigne et la littérature « antimoderne » de Joseph de Maistre à Roland Barthes.
    On découvre l'enfance et l'adolescence de ce fils de militaire expatrié, qui a fait très vite des bibliothèques ses vraies demeures. Devenu polytech¬nicien, il se passionne pour la linguistique. Auditeur de Lévi-Strauss, Foucault et Lacan, il raconte ces années décisives et s'attarde sur son amitié pour Barthes et pour Marc Fumaroli. Il explique comment une discipline s'est alors imposée à lui dans les trois sens du terme : l'enseignement, la littérature et une certaine règle de vie.
    Professeur au Collège de France, essayiste et romancier, voyageur infatigable, Antoine Compagnon jette aujourd'hui un regard rétrospectif sur les livres et les figures qui l'ont marqué. Il fait revivre avec brio et humour le Paris intellectuel des années 1970, mais aussi l'effervescence des universités anglaises et américaines. Il se prononce enfin sur la place des études littéraires en France, et sur la littérature contemporaine.

  • Hubert Reeves n'est pas un astrophysicien tourné vers le ciel et oublieux de son appartenance terrestre et humaine. Il peut tout aussi bien nous conduire vers notre lointaine origine stellaire, et redescendre le long de l'échelle de l'organisation de plus en plus complexe de la matière, jusqu'à l'histoire humaine, si problématique et tourmentée. Hubert Reeves est un praticien du non refoulement : il ne refoule pas la question humaine au nom de la science et de la technique. Le langage scientifique n'oublie pas non plus le langage poétique. Le titre - L'heure de s'enivrer -, inspiré par une phrase de Baudelaire, rappelle que la création poétique vise depuis toujours ce rapprochement entre ciel et terre, fini et infini, destinée individuelle et destinée cosmique. Et, dans ce mouvement, l'être humain reconnaît son existence et en jouit. L'Heure de s'enivrer, Le Seuil, 1986

  • Le Spleen de Paris, également connu sous le titre Petits poèmes en prose, est un recueil posthume de poèmes en prose de Charles Baudelaire, établi par Charles Asselineau et Théodore de Banville. Il a été publié pour la première fois en 1869 dans le quatrième volume des OEuvres complètes de Baudelaire publié par l'éditeur Michel Levy après la mort du poète.
    |Wikipédia|

  • Couleur Pourpre

    Marie Louise

    Elle passe une enfance joyeuse dans un petit bourg, la Sainte-Guélaine. Elle part à la découverte de ses semblables et grandit dans ce milieu un peu foufou. Une cadence harmonieuse et des couleurs qui s'accordent et se mélangent. En apparence, tout paraît agréable, un grand frère pour l'épauler, une mère qui essaie de tout contrôler et un avenir qui semble propice aux événements.

empty