Archipel

  • Abraham Lincoln (1809-1865) occupe une place à part dans l'Histoire des États-Unis. De la cabane en rondins de son enfance à son assassinat, l'ascension du « bûcheron devenu roi » est l'exemple même du rêve américain, au point d'être l'objet d'un véritable culte laïc.
    Tenu à l'écart des études, promis à une existence sans relief, cet autodidacte, devenu avocat par son seul mérite, se lance en politique à 23 ans et sera élu à la Maison Blanche en 1860, à cinquante et un ans. Il y accomplira l'impensable : remporter la victoire militaire contre les États du Sud, sauver l'Union fédérale du naufrage et proclamer l'abolition de l'esclavage, pratique indigne d'une nation formée pour « éclairer le monde ».
    Tant de courage vaudra à Abraham Lincoln d'être assassiné, le 14 avril 1865, quelques jours après la fin des hostilités. Deux siècles après sa naissance, il demeure dans la mémoire américaine une figure mythologique, un « père de la nation » au même titre que Washington.
    Distinguant l'homme de sa légende, Bernard Vincent restitue cette épopée sans dissimuler les échecs politiques, les ambiguïtés philosophiques et les tourments personnels qui n'empêchèrent pas Lincoln d'aider son pays à surmonter la période la plus tragique de son Histoire. Première parution : 2009.

  • Golda Meir

    Dominique Frischer

    Sait-on que Golda Mabovitch (Kiev, 1898 - Tel-Aviv, 1978) a fui à 8 ans la faim et les pogroms de sa Russie natale pour rejoindre le Wisconsin, aux Etats-Unis ? Que ses parents s´opposèrent à ce quelle fasse des études et voulurent la marier à 15 ans ? Qu´à 20 ans elle participa activement au Congrès juif américain ? Qu´à 23 ans elle entraîna son mari Morris Myerson contre son gré vers un exil en Palestine ? Qu´elle se sépara bientôt de celui-ci ?
    Celle qui fonda avec David Ben Gourion l´État juif en 1948 n´a pas toujours été la vieille dame inflexible dont le visage est dans les mémoires.
    En revenant sur son parcours politique, mais également en levant le voile sur sa vie privée, Dominique Frischer dresse le portrait d´une révoltée, de la Russie des tsars au Jérusalem de la Guerre du Kippour.
    Racontée sous un jour nouveau, une personnalité hors du commun, avec ses failles.

  • Le matin du 24 juin 1859, la France et l'Autriche s'affrontent en un combat sanglant aux portes de Solférino. Un jeune commerçant genevois est témoin de la bataille et des souffrances qui lui font cortège. Il racontera trois ans plus tard combien la désorganisation de l'intendance médicale militaire fut fatale à des milliers de soldats, de part et d'autre du front. Hanté par cette vision d'horreur, Dunant n'a de cesse, de faire accepter par les chancelleries son idée d'aide humanitaire, neutre et bénévole, en temps de guerre. Et cette oeuvre novatrice, pour laquelle il réclame " un haut degré de dévouement ", va progressivement s'immiscer dans les consciences et s'étendre à tous les États du monde.
    Aussi, en 1901, pour le premier Prix Nobel de la paix, le nom de Henry Dunant (1828-1910) est naturellement sur toutes les lèvres... même si le fondateur de la Croix-Rouge ne fait pas l'unanimité parmi les pacifistes.
    Poursuivi par les créanciers, Dunant s'est réfugié dans la solitude et l'anonymat sur les hauteurs du lac de Constance. Il ne recherche plus que la tranquillité lorsque les projecteurs de Stockholm viennent rappeler au monde ce que fut sa vie...

  • L'Amérique a eu toutes sortes de présidents, mais elle n'a eu qu'un roi. Héritier de deux familles irlandaises parmi les plus puissantes de Boston, John Fitzgerald Kennedy a été, jusqu'au jour de son assassinat, un personnage construit par son entourage.Désigné par son père pour accomplir son propre destin présidentiel raté, après la mort tragique du frère aîné qui devait prendre la relève, John a été le premier homme politique inventé par le nouveau média dominant de l'après-guerre, la télévision, et façonné par le marketing.Après sa mort, sa légende a été soigneusement entretenue par une censure puissamment organisée par sa famille, puis véhiculée par les historiens. Pourtant, les maladies qui le rongeaient depuis l'enfance, son obsession des femmes, ses relations dangereuses, les errements de sa pensée politique, les ressorts de son accession au pouvoir, représentent tout ce que l'Amérique déteste : la dissimulation, le parjure, la trahison, la corruption.Cinquante ans après sa mort, le mystère le mieux caché de l'icône des Américains ne réside pas dans son assassinat, mais dans une existence totalement occultée par le mythe.

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