• Publié en 1576, Le Discours de la servitude volontaire est l'oeuvre d'un jeune auteur de dix-huit ans. Ce texte (ô combien actuel !) analyse les rapports maître-esclave qui régissent le monde et reposent sur la peur, la complaisance, la flagornerie et l'humiliation de soi-même. Leçon politique mais aussi leçon éthique et morale, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, bref contre l'armature même du pouvoir.Traduction en français moderne par Séverine Auffret

  • La Grève des électeurs est le titre d'une chronique, d'inspiration clairement anarchiste, de l'écrivain français Octave Mirbeau, parue le 28 novembre 1888 dans Le Figaro. Comme tous les anarchistes, Mirbeau ne voit dans le suffrage universel et le recours à des élections qu'une duperie par laquelle les dominants obtiennent à bon compte l'assentiment de ceux-là mêmes qu'ils oppriment et exploitent.
    S'adressant à l'électeur moyen, « ce bipède pensant, doué d'une volonté, à ce qu'on prétend, et qui s'en va, fier de son droit, assuré qu'il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin », il s'emploie donc à démystifier, discréditer et délégitimer le prétendu droit de vote, "grâce" auquel les opprimés, dûment aliénés et abêtis, choisissent "librement" leurs propres prédateurs : « Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n'espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. »
    Au lieu d'assumer sa liberté, l'électeur, cet « inexprimable imbécile », ne fait en réalité que se choisir un maître, qui l'éblouit de promesses impossibles à tenir et qui n'a pas le moindre souci des intérêts des larges masses : il participe, ce faisant, à son propre asservissement. Mirbeau appelle donc les électeurs à faire la grève des urnes et à se comporter, non en moutons grégaires, mais en citoyens lucides.

  • Démocratie

    Samuel Hayat

    À quoi sert le mot démocratie - ou plutôt à qui sert-il ? Dans cet essai incisif, il s'agit de redonner toute sa force au mot, en mettant en lumière les différents plans sur lesquels se joue le combat autour de la démocratie entre les puissants et le peuple, afin d'éclairer ce qui fait démocratie.
    À quoi sert le mot démocratie - ou plutôt à qui sert-il ? Dans cet essai incisif, il s'agit de redonner toute sa force au mot, en mettant en lumière les différents plans sur lesquels se joue le combat autour de la démocratie entre les puissants et le peuple, afin d'éclairer ce qui fait démocratie.
    " Le parti, le syndicat, le mouvement, l'organisation, le groupe affinitaire, l'association, aucune forme n'est prémunie de la captation oligarchique, mais aucune n'y est non plus condamnée. La démocratie est le pouvoir d'un peuple qui ne cesse de se reconstruire dans l'expérience collective d'un refus d'être gouverné. Ce refus préfigure un temps nouveau, celui du gouvernement du peuple et de la fin de la domination sociale. Adhérer à la démocratie au sens fort suppose de l'effectuer, c'est-à-dire de prendre parti, sans garantie de victoire. Là est le sujet collectif que cette compréhension de la démocratie construit : un nous partisan, fondé sur un commun attachement à la démocratie réelle, cette forme de gouvernement et de société qui repose sur la capacité de n'importe qui à prendre parti, pour mettre en échec collectivement les relations de pouvoir qui nous enserrent. Là est le pari de la démocratie, la condition pour que s'effectue, de manière toujours différente et inattendue, le pouvoir du peuple."

  • Cent-cinquante ans après sa mort, Alexis de Tocqueville reste un mystère. Trop libéral pour la droite, trop aristocrate pour la gauche, il est un démocrate de raison et non de coeur.

    Son génie est d'avoir pensé la démocratie dans toutes ses dimensions, notamment sa face sombre - la tyrannie de la majorité et sa passion pour l'égalité - qui peut la faire basculer dans le despotisme. Voilà pourquoi il est d'une actualité saisissante au moment où les nations libres traversent une crise sans précédent depuis les années 1930. Nul mieux que lui n'a montré que la démocratie peut s'effondrer de l'intérieur, sous l'effet de l'individualisme, des émotions collectives et de la fascination pour la violence. Nul mieux que lui n'a souligné qu'elle dispose de formidables ressources pour relever les défi s nés des transformations du capitalisme, des régimes ou des idéologies qui entendent la détruire. Car Tocqueville est aussi un combattant de la liberté, qui a lutté pour l'abolition de l'esclavage, la réforme du système pénitentiaire et l'enracinement de la République. Un combattant de la liberté qui nous rappelle qu'elle dépend de l'engagement de chacun à la défendre.

  • Hier célébré pour son combat démocratique, l'homme de Wikileaks est aujourd'hui abandonné à l'arbitraire juridique. Dans cette plaidoirie qui est aussi le récit philosophique d'un engagement, son avocat, Juan Branco, pourfend nos lâches renoncements à une démocratie authentique. Un brûlot à lire et à relire.
    Juan Branco, proche conseiller de Julian Assange, prend la plume afin de raconter l'odyssée du fondateur de Wikileaks, menacé de 175 ans de prison pour avoir dit la vérité.
    En 2010, alors qu'il révèle sur Internet faits de corruption, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, Assange est courtisé par les médias, invité par des universités, honoré par des ONG, nommé pour le prix Nobel de la Paix. Il reçoit une dizaine de prix de journalisme.
    En 2019, après 2 487 jours à Londres, et surveillé 24h/24 par la CIA, Julian Assange est exfiltré de l'ambassade de l'Équateur où il avait cru pouvoir se réfugier. Des hommes en noir le mènent à la prison antiterroriste de Belmarsh. Depuis, selon l'ONU, il est soumis à une torture incessante.
    Que s'est-il passé en dix ans, pour qu'un hérault de la liberté devienne l'ennemi public numéro un ? Qu'a commis Assange de si terrible pour qu'on accepte ainsi le renversement de son destin ? En quoi se différencie-t-il d'Edward Snowden, que les révélations sur la NSA et la CIA ont propulsé sur tous les écrans, se voyant même récompensé par deux films hagiographiques.
    En s'appuyant sur ses expériences au Quai d'Orsay comme à la Cour pénale internationale, et tour à tour généreux, remonté, agacé, Juan Branco revient sur le parcours incroyable du plus grand lanceur d'alerte de notre époque, qui s'est peut-être brûlé les ailes, mais que nous pouvons encore sauver.

  • Au XIX e siècle, le saint-simonisme invente la société libérale et individualiste du bonheur régie par l'élite. Depuis 2017, Emmanuel Macron en a fait son programme. Du coup, tout s'éclaire de ses intentions, de ses actions et de ses échecs. Un pamphlet où la pensée le dispute à la formule.
    Quasi inconnu des Français deux ans avant d'être élu à la présidence de la République, Emmanuel Macron ne vient pourtant pas de nulle part. Il se rattache clairement à un courant progressiste remontant au xixe siècle, le saint-simonisme, qui, à l'époque, promouvait la résorption du politique dans l'économie, l'attribution du pouvoir aux experts et aux scientifiques, le dépassement des cadres traditionnels et la fusion des identités par l'abolition des frontières, l'intégration européenne et la globalisation financière.
    Ce lien étroit avec le saint-simonisme éclaire les choix politiques de l'actuel Président de la République. Plongeant dans le passé pour mieux décrire notre avenir, Frédéric Rouvillois dévoile ainsi le sens caché du macronisme : sa volonté de liquider les réalités anciennes afin de leur substituer, sur tous les plans, un " nouveau monde " fluide, ouvert, sans identités ni barrières, afin que rien ne vienne gêner le mouvement perpétuel des individus et des biens qu'exige la mondialisation.
    Voici, amplifié par la gestion erratique de la pandémie qui a frappé la planète et dérouté la France, un dernier inventaire avant liquidation.

  • La nouvelle série de Thierry Lenain !Chaque semaine, dans la classe , il y a le moment du Pourquoi. Ce matin, Tovi demande à la maitresse : "Maitresse, pourquoi tu es noire?" Tovi pense qu'il est blanc parce qu'il est français. Mais Miradie est noire et elle est française ! On peut aussi avoir les yeux bridés comme Chizuka et être français, s'appeler Brahim et être français, ou avoir des tâches de rousseur comme Tovi et être français... Est-ce que la France elle-même ne viendrait pas d'ailleurs ?

  • La nouvelle série de Thierry Lenain !Aujourd'hui la maitresse propose à la classe de pique-niquer tous ensemble. Tom veut apporter du saucisson, mais Tovi n'a pas le droit de manger du cochon. Le saucisson de cheval fait pleurer Alima qui a peur que l'on mange son poney. De toute façon, Malwen doit manger du poisson parce que demain c'est vendredi. Quel casse-tête !

  • Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De ­Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations ­inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française.
    Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les ­enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité.
    Elle nous propose une analyse critique du ­républicanisme français dont l'universalisme, ­inscrit en lettres d'or dans les textes ­constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées.
    Les victimes du racisme sont massivement les ­immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité.
    Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.

  • Le grand écart

    Pascal Perrineau

    • Plon
    • 21 Novembre 2019


    La France vit-elle un changement profond de son paradigme démocratique ?

    Au cours des trois dernières années, les vieux partis politiques ont presque disparu, le clivage entre la gauche et la droite s'est étiolé, de nouvelles forces et organisations ont émergé.
    L'année 2019 a vu trois registres de la démocratie opérer et tenter de dialoguer : la démocratie directe des Gilets jaunes, la démocratie participative du grand débat national et la démocratie représentative issue des urnes lors des élections européennes. Or tout laisse penser que leur complémentarité se fait de façon plus conflictuelle et fragmentée qu'auparavant.
    Fort de son expérience de garant du grand débat national - qui lui a permis d'entendre directement la parole de nombreux Français, leurs préoccupations comme leurs
    revendications, mais aussi d'être au coeur de l'expérience du pouvoir politique et d'en approcher les intentions et les doutes -, Pascal Perrineau prend ici la mesure de l'état de santé démocratique du pays.
    Et c'est le portrait d'une France politique changée, troublée, en certains points fracturée, dans un contexte de défiance politique majeure entre gouvernants et gouvernés, qui s'impose.

  • Des citoyens tirés au sort rédigent leur Constitution, des parlementaires travaillent avec les électeurs pour écrire les lois sur des plateformes collaboratives ; les start-up civiques se multiplient ; des partis politiques " nouvelle génération " redonnent le goût de s'engager ; des fonctionnaires et des élus construisent des services publics innovants avec la société civile... Partout dans le monde, un " coup d'État " citoyen est en marche. Abstention galopante, désertion des partis politiques, impuissance des élus face aux maux de notre société... : longue est la liste des symptômes de notre démocratie malade. Face à ces constats moroses sans cesse répétés, il est urgent d'agir. Quelles sont les alternatives crédibles pour sortir de l'impasse ? Pour répondre à cette question, les auteurs ont sillonné la planète pendant près de deux ans et sont allés à la rencontre de quatre-vingts défricheurs qui expérimentent de nouveaux remèdes en dehors des sentiers battus. Les initiatives qui ont fait la preuve de leur efficacité existent : en Islande, des citoyens tirés au sort rédigent eux-mêmes leur Constitution ; en Espagne, des partis politiques " nouvelles générations " redonnent le goût de s'engager ; en Argentine ou en France, des électeurs coécrivent les lois avec les parlementaires sur des plates-formes collaboratives ; un peu partout, des élus inventent de nouvelles manières de gouverner... À partir de ces expériences inédites, ce livre décrypte la transition démocratique à l'oeuvre. Il ouvre des pistes de réflexion pour renouveler notre démocratie et propose des solutions concrètes dont chacun peut se saisir. Et il apporte des raisons d'espérer.

  • En Inde, le jan sunwai orchestre des règlements de comptes entre fonctionnaires et victimes de l'administration devant un public qui rit, applaudit ou hue. À Grenoble et à Charleroi, les Parlons-en invitent les sans-abris à discuter de leurs difficultés avec leurs concitoyens. Au Chili, la Table de consensus offre aux peuples indigènes spoliés la possibilité de s'épancher auprès des agents du gouvernement... Les pratiques de démocratie participative qui se multiplient à travers le monde afin d'associer les citoyens à la décision sont de hauts lieux d'expression des émotions.

    Curieusement, la science politique s'est peu intéressée à cette dimension, la considérant comme résiduelle. Pour combler cette lacune, les auteurs ont choisi de révéler son rôle essentiel au sein des conseils de quartier, dialogues citoyens et autres jurys d'assises, ainsi que les interactions constantes entre affects et rationalité. Les cas empiriques qu'ils présentent montrent également que, proscrites ou prescrites selon les effets politiques escomptés, les émotions sont fortement normées dans ces nouvelles arènes de la démocratie, qui doivent bien plus à la volonté des experts de l'ingénierie participative qu'aux élans affectifs spontanés.

  • Alors qu'un brouillard de pauvreté et de désespérance couvre la Grèce depuis l'application de la cure de paupérisation absolue administrée par la l'Union européenne, une organisation, qui a fait d'Adolf Hitler son idole et de la violence de rue sa méthode, organise la terreur dans le pays.
    La Grèce est en effet le premier pays d'Europe à accueillir dans son parlement un parti ouvertement nazi ayant obtenu 7 % des suffrages.
    Comment cette extrême droite, décriée et marginale il y a quelques années encore, parvient-elle à présent à dicter l'ordre du jour politique du pays en imposant ses choix radicaux ?
    Comprendre ce terrible événement constitue un enjeu vital pour tous. Aube dorée n'est que le sommet spectaculaire de l'iceberg brun qui hante l'Europe.
    Ce livre apporte une analyse du phénomène Aube Dorée en s'appuyant sur les éléments d'une enquête approfondie. Il dresse un inventaire détaillé de son idéologie et de son action. Il décrypte ce qui se cache derrière les tee-shirts noirs et les gros bras des sections d'assaut de cette organisation qui, en dépit de ses récents problèmes judiciaires, est hante toujours la scène sociale et politique grecque.
    Un ouvrage d'alarme. Et de combat.

  • Le simple fait de prononcer le mot " islamophobie " provoque chez certains responsables politiques et médiatiques français de graves crises d'urticaire. Comme s'ils n'avaient pas constaté que les musulmans étaient la cible d'attaques de plus en plus violentes. Marwan Muhammad propose de travailler à une société plus juste, plus optimiste, dans laquelle celles et ceux qui sont toujours mis au ban de la société n'auraient plus à répéter chaque jour : Nous (aussi) sommes la Nation ! Directeur du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), créé en 2003, Marwan Muhammad livre ici son analyse de l'évolution récente de la société française. Il fait part également de ses inquiétudes comme de ses espoirs. Le simple fait de prononcer le mot " islamophobie " provoque chez certains responsables politiques et médiatiques français des crises d'urticaire. Comme s'ils n'avaient pas constaté que les musulmans étaient la cible d'attaques de plus en plus violentes. Comme si le simple fait de dénoncer les injustices et le racisme qui frappent des millions de Français vous rendait complice des pires terroristes. Marwan Muhammad entend sortir de ce piège, de ces chantages et de ces fantasmes. Revenant sur sa propre trajectoire de Français de confession musulmane et expliquant sans fioritures la mission que s'est fixée le CCIF, une mission à la fois modeste et ambitieuse, ce texte dégonfle utilement les " polémiques " souvent absurdes, mais toujours révélatrices, dont sont l'objet les musulmans, ainsi que les acteurs de la lutte contre le racisme et l'islamophobie. Face aux nostalgiques qui érigent le passé en projet d'avenir, Marwan Muhammad propose de travailler à une société plus juste, plus optimiste, dans laquelle celles et ceux qui sont toujours mis au ban de la société sont sommés de rassurer les autres en répétant chaque jour : " Nous (aussi) sommes la Nation ! " Une société où il ne viendrait plus à personne l'idée d'en douter.

  • Où va la démocratie aujourd'hui ? Pourquoi cette crise ? Qu'en est-il à l'échelle planétaire. Ce sont plus de 100 auteurs internationaux de tous bords que la philosophe Chantal Delsol a réuni dans cette somme sans précédent en France comme à l'étranger. Un livre événement. Ce sont cent intellectuels de France et des quatre coins du monde que Chantal Delsol et Giulio De Ligio ont réunis ici pour une enquête sans précédent sur l'état planétaire de la démocratie.
    À l'heure des isolationnismes, des autocraties et des populismes, qu'en est-il de la théorie et de la pratique de ce qui semblait hier encore le bien politique absolu, et le premier critère progressiste de l'ère moderne ?
    Embrassant de Washington à Beijing, de Dublin à Bucarest, sans oublier Bruxelles et Paris, mais aussi l'Amérique du Sud ; détaillant les concepts et les idéologies ; décrivant les institutions et les pouvoirs, cette somme, savante, libre et engagée, répond à cette question cruciale.
    Face à la tentation illibérale, un véritable ouvrage collectif de débat et un appel à la raison des peuples.

  • Les républiques d'enfants ont existé dans des pays et des contextes politiques différents. Leurs fondateurs ont soutenu le projet de libération et d'émancipation de l'enfant dans un cadre démocratique. Aujourd'hui de telles expériences peuvent surprendre car l'enfant y est convoqué à une place de « citoyen » qui fait de lui un sujet que l'on ne se contente pas seulement d'instruire de ses droits et de ses devoirs envers lui-même et les autres mais qui prend une part active dans l'administration et le règlement de la communauté dans laquelle il vit. Le projet des républiques d'enfants anticipe d'ailleurs l'avènement après la deuxième guerre mondiale des droits de l'enfant et va beaucoup plus loin dans l'exercice actif de ces droits et de l'apprentissage de son autonomie. L' enfant en effet ne saurait être reconnu comme un citoyen, comme un sujet de droit, dans une société dont les fondements ne sont pas démocratiques mais inversement une société ne saurait se penser comme démocratique si elle n'accorde pas à l'enfant un vrai statut de citoyenneté.

  • Depuis près de quarante ans, Pierre Manent trace une voie originale et féconde. Ses livres interrogent les formes politiques qui donnent sens à l' expérience historique, de la cité grecque aux nations européennes, en passant par l' Empire romain et l' Église chrétienne.

    Cet ouvrage, le premier entièrement consacré à Pierre Manent, aborde les grands thèmes de son oeuvre, autour de trois axes : la philosophie, la politique et la religion. Il examine également les principales étapes de la pensée politique : Aristote, Machiavel, Pascal, Tocqueville... L' histoire et la philosophie politique éclairent les enjeux du présent, en particulier la crise de la démocratie et de la nation en Europe. Pour Pierre Manent et ceux qui s' en inspirent, la politique constitue le fait générateur des sociétés humaines.

    Elle façonne l' humanité de l 'homme, qui se réalise dans la vie en commun. Aller vers la politique, c'est aller vers l 'âme.

    Une incitation à lire et relire une oeuvre forte et pénétrante.

  • Daniel Innerarity relie la notion de démocratie à la connaissance de deux façons. Dans un premier temps, en avançant que les problématiques résolues par la science concernent tous les citoyens. Dans un second temps, en expliquant que les problèmes fondamentaux rencontrés par toute démocratie (comme la crise économique) ne sont pas liés à un manque de volonté politique, mais plutôt à un échec cognitif, qui doit se résoudre à la fois par une meilleure connaissance des réalités à travers lesquelles le politique agit, et par un usage fin des outils de gouvernance. La connaissance doit être au service de l'homme pour permettre d'améliorer le vivre ensemble et in fine, le fonctionnement démocratique. Cet ouvrage est la traduction de l'ouvrage du philosophe Daniel Innerarity, La Democracia del conocimiento. Por una sociedad inteligente (Paidos, 2011, également traduit en anglais et en allemand.)

  • Quelle est la place laissée à la pratique religieuse, à la foi, dans notre société démocratique ? Dieu peut-il être l'affaire de chacun sans être l'affaire de tous ? Avec les attentats de Charlie Hebdo et du 13 novembre 2015 à Paris, un conflit surgit avec violence au coeur d'une société civile dont on croyait qu'elle avait définitivement entériné la séparation de l'Église et de l'État. Sur un autre plan, avec le mariage pour tous ou la GPA (gestation pour autrui), chaque incursion de l'éthique dans le débat démocratique vient poser question à la laïcité, réinterrogeant la vieille opposition raison/croyance. Pour Thierry Vincent, reposer la question religieuse est devenu indispensable dans ce moment clé de l'histoire de nos démocraties. Convoquant les concepts de la foi, du sacré et du divin par opposition au religieux, questionnant athéisme et laïcité, Thierry Vincent tente dans ce livre de dessiner les contours d'une nouvelle position de principe dans laquelle une relation à Dieu est possible en dehors de tout poids institutionnel. Il répond ainsi autrement à cette question centrale dans nos sociétés contemporaines : comment vivre ensemble ?

  • Les gouvernements élus répondent-ils aux attentes des citoyens ? Les institutions démocratiques favorisent-elles l'adoption et la mise en oeuvre de politiques publiques en adéquation avec les préférences citoyennes ? Selon le modèle de la représentation démocratique, les élus doivent élaborer et mettre en oeuvre les politiques publiques souhaitées par les électeurs. De leur côté, les électeurs devraient récompenser ou sanctionner les élus en fonction de leurs performance et de la satisfaction de leurs attentes.
    En s'intéressant à la relation qui unit la démocratie et les politiques publiques, cet ouvrage offre un éclairage nouveau sur les enjeux relatifs à la réactivité et à l'imputabilité des élus. Les contributions rassemblées dans cet ouvrage expliquent les défis qui affectent la représentation démocratique. Il s'agit notamment du peu de place accordée à la participation du public dans les processus décisionnels, du fonctionnement et de l'organisation des administrations publiques et des difficultés d'accéder à une information crédible et fiable au moment de prendre une décision.

  • Jürgen Habermas a sans contredit marqué la philosophie contemporaine. Défenseur d'une éthique de la discussion, il a lui-même sans cesse poursuivi un dialogue avec des théoriciens de divers horizons. Ces dernières décennies, il a accordé une attention toute particulière à la démocratie et à la religion. C'est à partir de sa réflexion sur ces thèmes, mais aussi d'écrits d'autres penseurs, que l'auteur dégage un cadre théorique et normatif permettant de penser la place et le rôle de la religion dans les démocraties libérales d'aujourd'hui. Le pluralisme des valeurs et des convictions étant devenu une caractéristique de notre époque, il importe en effet d'aménager celui-ci de manière juste. Cherchant à éviter les écueils du laïcisme et du communautarisme, l'auteur mobilise ici la philosophie morale et politique contemporaine, en particulier les travaux de Jürgen Habermas, pour définir les principes constitutifs et les conditions de réalisation d'une laïcité « bien comprise ».

  • L'oeuvre sociologique de Joseph Yvon Thériault fournit une aide aussi rare que précieuse pour penser les défis des sociétés modernes. Elle porte plus de quarante ans de réflexions sur le Québec, l'Acadie, la francophonie canadienne et les « petites nations ». À l'instar de celles d'autres grands penseurs, elle fournit un « monde commun » suffisamment riche et partagé pour penser avec acuité et diversité les enjeux sociopolitiques d'hier et d'aujourd'hui. C'est à l'explicitation de cette oeuvre originale au service de l'intelligence du contemporain que portent ces conversations tenues entre deux jeunes universitaires, l'un historien, l'autre sociologue, et Joseph Yvon Thériault. Elles retracent le chemin parcouru par le prolifique sociologue, en suggérant ce que son oeuvre doit à son terreau acadien comme à ses études parisiennes, en autant de thèmes qui relèvent l'importance, pour la quête intellectuelle comme pour la constitution des sociétés, de cette « autre moitié de la modernité », ce monde social, historique et culturel qui donne chair aux grands principes et processus modernes.

  • Alors que la démocratie est souvent perçue comme la seule option politique envisageable, quelle serait la position de Machiavel en 2020 sur l'utilité de la dictature ? Dans quelles circonstances jugerait-il nécessaire de concentrer le pouvoir entre les mains d'une seule personne et quels devraient être les objectifs de ce prince ?
    Grâce aux exemples de Charles de Gaulle, Abraham Lincoln, Vladimir Poutine, Lee Kuan Yew ou Noursoultan Nazarbaïev, Jean-François Caron, dans cette version imaginée du Prince en 2020, montre que le recours à un prince tout-puissant peut encore s'avérer la meilleure solution lorsqu'une nouvelle société doit être établie ou afin de sauver une société menacée d'implosion. 

  • Il est communément admis que nous vivrions une ère mondiale où un réseau économique et technologique relie toujours davantage les quatre coins du globe et où la démocratie s'impose comme la condition nécessaire de la vie politique

    Il est communément admis que nous vivrions une ère mondiale où un réseau économique et technologique relie toujours davantage les quatre coins du globe et où la démocratie s'impose comme la condition nécessaire de la vie politique. Pourtant, cette image d'un âge global aussi avancé que civilisé est loin d'aller de soi ou d'être anodine. Enracinée dans un champ de forces sociopolitiques et économiques, elle sert souvent de véhicule clandestin pour des projets redoutables. Une telle vision du temps présent, ainsi que l'imaginaire historique et politique qui l'a produite, demandent à être interrogés, en particulier les concepts clés de mondialisation, technologie et démocratie. Et ceci non point pour présenter une description alternative de notre époque à partir des mêmes phénomènes de base mais pour développer une contre-histoire visant à reconfigurer le possible historique. Tenter d'ouvrir une brèche pour participer à un véritable futur, autre que celui qui s'impose à nous, en nous enfermant dans le destin intransigeant d'un avenir à subir, tel est l'objet de ce livre.

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