• Alors que Younes n´a que neuf ans, son père, paysan ruiné par un spéculateur autochtone, perd ses terres ancestrales. Accablé, l´homme doit se résoudre à confier son enfant à son frère, un pharmacien parfaitement intégré à la communauté pied-noir d´une petite ville de l´Oranais. Le sacrifice est immense. En abandonnant son fils, l´homme perd du même coup le respect de lui-même.

    Mais les yeux bleus de Younes et son physique d´ange l´aident à se faire accepter par cette communauté aisée de province. Rebaptisé Jonas, il grandit parmi de jeunes colons dont il devient l´inséparable camarade. Il découvre avec eux les joies de l´existence et partage leurs rêves d´adolescents privilégiés que ni la Seconde Guerre Mondiale ni les convulsions d´un nationalisme arabe en pleine expansion ne perturbent. Jusqu´au jour où revient au village Émilie, une jeune fille splendide qui va devenir la vestale de nos jeunes gens. Naîtra ainsi une grande histoire d´amour qui mettra à rude épreuve la complicité fraternelle des quatre garçons, écartelés entre la loyauté, l´égoïsme et la rancune que la guerre d´Indépendance va aggraver.

    Avec la verve romanesque qu´on lui connaît, Yasmina Khadra éclaire d´un nouveau jour ce conflit ayant opposé deux peuples amoureux d´un même pays. La grande originalité de cette saga qui se déroule de 1930 à nos jours repose sur une courageuse défense de cette double culture franco-algérienne que l´Histoire a, de part etd´autre, trop souvent cherché à renier.

  • Salan

    Pierre Pellissier

    La première biographie du général Salan, militaire le plus décoré de France, à la fois dernière grande figure de la France coloniale et chef de l'OAS.
    Homme secret et controversé, le général Salan est à bien des égards un mystère. Son action, pourtant, illustre de façon éclatante l'histoire militaire de la France au xxe siècle, des tranchées de la Première Guerre mondiale à la bataille d'Alger. Aspirant en 1918, le conflit de 1940-1945 le trouve partout où un officier peut combattre. Vient ensuite le temps des incertitudes coloniales : en Indochine, il frôlera les sommets de la hiérarchie, sans jamais réunir sous son nom l'autorité civile et militaire. Salan ne séduit pas le pouvoir politique, qui lui refuse renforts et moyens. Il renâcle mais reste discipliné. La question algérienne change tout : il entre pratiquement en rébellion contre les derniers gouvernements de la IVe République, pour rejoindre ceux qui appellent au retour de Charles de Gaulle. Les évolutions de celui-ci, sa démarche incertaine, troublent et exaspèrent Salan. Il choisit alors l'exil avant d'aller compléter le " quarteron " de généraux révoltés puis de prendre la tête de l'OAS, ce qui le conduira dans les prisons de la République. Pierre Pellissier, en racontant ce parcours unique, livre les clés de lecture d'un homme passé de l'obéissance à la dissidence et, grâce à des archives inédites, lève le voile sur la personnalité d'un soldat admiré puis honni par la République.
    " [Une] étude précise, bien menée, intéressante. "
    Le Figaro littéraireAncien journaliste au Figaro, biographe reconnu, Pierre Pellissier a retracé la vie de plusieurs personnages controversés, dont Jacques Massu, Robert Brasillach ou de Lattre. Il est également l'auteurde Diên Biên Phu (Tempus, 2014)
    et de La Bataille d'Alger (Tempus, 2002).

  • À l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, les Éditions La Découverte (Paris) et les Éditions Barzakh (Alger) ont publiéconjointement et simultanément en 2012, dans les deux pays, cet ouvrage collectif destiné à un large public sur l'histoire de l'Algérie à la période coloniale (1830-1962). En effet, en France comme en Algérie, celle-ci reste souvent mal connue des non-spécialistes, alors qu'elle est essentielle pour mieux comprendre la situation actuelle dans les deux pays, ainsi que leurs relations depuis l'indépendance en 1962. Or, depuis les travaux pionniers de Charles-André Julien et Charles-Robert Ageron, malgré la multiplication des publications, on manque aujourd'hui d'une vaste fresque synthétique de cette histoire, rendant compte notamment des travaux les plus récents. Ce livre, écrit principalement par des historiens (algériens, français et d'autres nationalités), a donc pour but de mettre à dis-position des lecteurs une histoire partagée et critique de cette période historique, qui tienne compte des interrogations actuelles des sociétés sur ce passé.
    Cet ouvrage replace ainsi la guerre d'indépendance dans le temps long de la période coloniale, car c'est bien dans cette longue durée que le conflit s'enracine. Il permet ainsi de rendre compte des résultats des nombreux travaux de recherche novateurs conduits depuis une quinzaine d'années sur la période comprise entre la fin de la conquête et le début de cette guerre. Dans ce cadre historique, l'ouvrage entend questionner comment l'histoire de ces deux pays et de ces populations s'est nouée, dans des rapports complexes de domination et de violence, mais aussi d'échanges, dans les contextes de la colonisation puis de la décolonisation. Il s'agit enfin d'interroger les héritages de ces cent trente ans de colonisation qui marquent encore les sociétés algériennes et françaises.

  • Dans les années 1970 et 1980, les dictatures militaires du Cône sud de l'Amérique latine ont férocement réprimé leurs opposants, utilisant à grande échelle les techniques de la " guerre sale " (rafles, torture, exécutions, escadrons de la mort...). C'est en enquêtant sur l'organisation transnationale dont s'étaient dotées ces dictatures -; le fameux " Plan Condor " -; que Marie-Monique Robin a découvert le rôle majeur joué secrètement par des militaires français dans la formation à ces méthodes de leurs homologues latino-américains. Dès la fin des années 1950, les méthodes de la " Bataille d'Alger " sont enseignées à l'École supérieure de guerre de Paris, puis en Argentine, où s'installe une " mission militaire permanente française " constituée d'anciens d'Algérie. De même, en 1960, des experts français en lutte antisubversive, dont le général Paul Aussaresses, formeront les officiers américains aux techniques de la " guerre moderne ", qu'ils applique-ront au Sud-Viêtnam.
    Des dessous encore méconnus des guerres françaises en Indochine et en Algérie, jusqu'à la collaboration politique secrète établie par le gouvernement de Valéry Giscard d'Estaing avec les dictatures de Pinochet et de Videla, ce livre -; fruit d'une enquête de deux ans, en Amérique latine et en Europe -; dévoile une page occulte de l'histoire de France, où se croisent aussi des anciens de l'OAS, des fascistes européens ou des " moines soldats " agissant pour le compte de l'organisation intégriste la Cité catholique...

  • Un beau récit qui nous conte un étonnant destin, entre l'Algérie coloniale et l'émigration vers la France.
    Meriem a quatre ans lorsque sa famille est massacrée, ainsi que tout son village, par l'armée coloniale française. Elle est miraculeusement sauvée par Slimane, le nomade, un "roi de l'horizon" qui guérit les chevaux et connaît les poèmes du désert...
    Prix France Télévision 2002 et Prix Sésame 2003.

  • À cinq mois de la fin de la guerre d´Algérie, Paris a connu, dans l´ignorance de presque tous, le plus grand massacre d´ouvriers depuis la Semaine sanglante de 1871. Des dizaines de milliers d´Algériens manifestant sans arme ont été violemment réprimés par des policiers aux ordres du pré-fet Maurice Papon : 15 000 arrestations, des hommes jetés à la Seine, peut-être deux cents morts. Et pendant une trentaine d´années, nul n´a parlé du drame. Pourtant, dès l´époque, des femmes et hommes courageux ont tenté de le faire connaître. En témoigne le texte inédit que Paulette et Mar-cel Péju devaient faire paraitre à l´été 1962 et publié ici pour la première fois. Nourri de nombreux témoignages d´Algériens recueillis à chaud, sa lecture ne laisse pas indemne.
    Il est précédé d´une introduction détaillée de Gilles Manceron, qui jette une lumière neuve sur la préparation d´un événement longtemps considéré comme une énigme. Papon était appuyé dans le gouvernement par ceux qui désapprouvaient les choix du général de Gaulle dans les négociations en cours pour l´indépendance de l´Algérie. Le préfet a constitué des «équipes spéciales » qui se sont livrées au mitraillage de cafés et de passants algériens, faisant des dizaines de victimes. Et il a or-chestré la violence de la répression de la manifestation pacifique appelée par le FLN en donnant aux policiers une sorte de permis de tuer. Gilles Manceron éclaire également les raisons qui expliquent la longue occultation du massacre : sa dissimulation par ses organisateurs au sein de l´État français ; l´effacement de sa mémoire par le Parti communiste au profit de celle de la répression de Charonne en février 1962 ; le silence des premiers gouvernants de l´Algérie indépendante, car les organisa-teurs de la manifestation étaient devenus leurs opposants - c´est d´ailleurs pourquoi le texte des Péju n´est pas paru comme prévu.
    Ce livre explique la logique implacable d´un événement qui correspond aux derniers feux de la folie coloniale. Le 17 octobre 1961 marque la fin et le paroxysme d´un épisode où la France s´est écartée des principes hérités des plus grands moments de son histoire.

  • Le 22 septembre 1997, au début de la nuit, quelque deux cents hommes armés investissent un quartier de Bentalha, une banlieue éloignée d'Alger. Méthodiquement, ils massacrent plus de 400 personnes, hommes, femmes et enfants. Les cris des victimes et les déflagrations de bombes s'entendent à des kilomètres. Les militaires, eux, prennent position à quelques dizaines de mètres de là avec des blindés et des ambulances, sans intervenir et empêchant même les voisins de porter secours. Ce livre est le témoignage poignant d'un homme, Nesroulah Yous, qui a vécu cette nuit cauchemardesque. À travers son récit, apparaît une tout autre version du drame que celle autorisée par le régime algérien. Ce qui semblait être un acte de folie barbare des groupes islamiques se révèle répondre à une autre cohérence : celle de la manipulation directe de la violence islamiste par les services secrets algériens. Et en faisant le récit de la vie quotidienne à Bentalha depuis le coup d'État de 1992, Nesroulah Yous montre comment ce massacre s'inscrit dans une évolution tragiquement logique, largement occultée par les médias algériens et français. Dans une postface, Salima Mellah et François Gèze replacent ce témoignage en perspective. Ils retracent le rôle joué par les groupes islamistes armés dans la « seconde guerre d'Algérie », qui a fait plus de 150 000 morts. Et ils proposent une synthèse à ce jour inédite de l'ensemble des indices qui laissent supposer l'implication des militaires algériens dans bien des massacres et des actions armées attribuées aux islamistes.

  • En Juillet 1961, Christophe, cantonné dans le port d'Oran par son père, capitaine, ne perçoit que les échos lointains des troubles qui agitent la ville. La rentrée scolaire est pour lui l'occasion de prendre conscience de la complexité de la hiérarchisation de la société nord-africaine. Quelques mois plus tard, la signature des accords d'Evian plonge Christophe et ses amis dans le chaos qui s'empare d'Oran...En replaçant le lecteur au coeur des périodes difficiles de notreHistoire, les Romans de la Mémoire, fondés sur une informationhistorique rigoureuse, proposés par la direction de la mémoire, dupatrimoine et des archives du ministère de la défense, en partenariatavec les éditions Nathan, se veulent une contribution à son approche dela citoyenneté.

  • Dans l´euphorie de la Libération et dans l´absence d´informations rapides et fiables, l´opinion ignore les graves événements qui se poursuivent pratiquement en même temps à Sétif, Hanoi et Damas. L´Empire colonial français craque de toutes parts. Les trois guerres coloniales qui viennent de se déclarer vont pourtant profondément marquer le destin du pays et peser lourdement sur son avenir. Brusquement, au Levant, en Indochine, en Algérie, d´immenses mouvements de foule, réprimés avec la plus grande violence, contestent la domination coloniale. La France est chassée de Damas au moment de la libération de Paris, ce qui se passe en Algérie est couvert par le secret militaire, et ce qui arrive à Hanoi passe inaperçu en métropole. Les trois guerres coloniales qui, pendant vingt ans, vont provoquer plusieurs dizaines de milliers de morts, déchirer l´opinion, troubler et modifier la conscience française, viennent de commencer. Seul à la tête du GRPF, le général de Gaulle considère ces dossiers comme relevant de son domaine particulier. S´agit-il pour lui de refuser une possible indépendance aux peuples colonisés ? Défend-t-il plutôt l´influence française contre les puissances étrangères, en particulier celle des Anglo-Saxons ? Quel rôle précis joue l'armée ? C´est à ces questions que répond ce livre.

  • Homme secret et controversé, à la fois dernière grande figure de la France coloniale et chef de l'OAS, la personnalité du général Salan est à bien des égards un mystère. Son action, pourtant, est connue. Elle illustre l'histoire militaire de la France au

  • L´engagement de L´Humanité contre la guerre colonialiste en Algérie lui valut un déferlement de procès, de censures, de saisies de la part des gouvernements successifs pendant huit ans, quelle que fût leur couleur, de droite ou socialiste. Saisi à 27 reprises, le quotidien fera l´objet de 150 poursuites.



    La première saisie de L´Humanité remonte au 24 août 1955. Le journaliste, ancien déporté de Buchenwald, est déclaré persona non grata et expulsé d´Algérie.



    Ceux qui n´ont pas connu cette époque auront du mal à imaginer la frénésie ayant alors saisi les autorités politiques et militaires en place. La cascade de saisies qui s´abattit sur L´Humanité s´accompagna régulièrement d´amendes au montant faramineux. Ainsi, du numéro en date du 7 mars 1961 sorti une nouvelle fois avec une page blanche, marquée en son centre de ce seul mot : « Censuré. »À l´origine de la saisie, un article de Madeleine Riffaud sur les tortures pratiquées à Paris même, en particulier dans les locaux du commissariat de la Goutte-d´Or, dans le XVIIIe arrondissement.



    Cette boulimie d´interdictions provoque parfois des effets contraires à ceux visés. Ainsi, lorsque L´Humanité est saisi pour la huitième fois, le 30 juillet 1957, pour la publication d´une lettre de l´ancien directeur d´Alger républicain, Henri Alleg, emprisonné et torturé dans l´immeuble d´El-Biar, la censure contribua-t-elle à amplifier l´émotion dans l´opinion.



    Une page noire de la liberté de la presse en France.

  •  0300Le texte intégral du documentaire événement de la rentrée sur France 3. Une histoire de la guerre d'Algérie claire et sans détours, avec des témoignages exceptionnels et l'éclairage des spécialistes sur une histoire encore à vif.50 ans après, la bataille des mémoires sur la guerre d'Algérie continue de faire rage alors que les premiers témoins directs commencent à disparaître. La "question des harkis", ces combattants algériens aux côtés de la France, n'est toujours pas réglée. Traîtres ou héros de la Nation? Engagés ou enrôlés? Français à part entière ou Français entièrement à part? Ces questions soulèvent encore de vives polémiques et controverses.Daniel Costelle et Isabelle Clarke présentent ici le fruit de leur longue et minutieuse enquête d'historien et de documentariste, au coeur des archives et au plus près des témoins. Ils donnent la parole à ces anciens combattants harkis, qui racontent sans tabous leur parcours, et complètent ces témoignages avec les interviews exceptionnelles de deux historiens de la guerre d'Algérie : Benjamin Stora et Jean-Pierre Gaildraud.Le livre reprend et complète le documentaire diffusé sur France 3 :La première partiede l'ouvrage reprend letexte du filmet présente une histoire chronologique de la guerre d'Algérie, de manière claire et pédagogique, sans occulter les questions douloureuses qui font encore débat : la torture, l'OAS, la mobilisation contingent dans les "opérations de pacification", les revirements politiques, ...La deuxième partiede l'ouvrage réunit lestémoignages inéditsde 12 anciens combattants harkis. On retrouve l'intégralité des entretiens de Kafi Messaoud, Serge Carel, Hacine Bouares, Mezrad Labandji et d'autres témoins dont les interviews n'ont pas pu être intégrées dans le film. A travers le récit de leur vie, de leur parcours et de leurs blessures, se dessine le drame humain de destins individuels bouleversés, toujours dans l'attente d'une reconnaissance pour entrer apaisés dans l'histoire.Un livre bouleversant et nécessaire, au coeur du débat.

  • « Le Majestueux », c'est le surnom donné en Indochine par ses camarades de l'armée française au père de Robert Djellal. Les pages sur cette guerre si méconnue (1947-1954), sur les tortures subies par les soldats français prisonniers des vietnamiens sont parmi les plus fortes de ce témoignage très émouvant où un fils cherche à retrouver la voix d'un père qui dissimulait ses blessures derrière une pudeur farouche.Trois récits se croisent, s'entrechoquent et se répondent. L'histoire du père qui connut aussi les prisons en Algérie pour avoir refusé de devenir le féal d'un régime dictatorial, celle du fils qui, envers et contre tous, deviendra un pur produit de la « méritocratie républicaine » et, enfin, un voyage en Algérie où Robert Djellal essaie de déchiffrer de quel désert il vient.

  • Sur les deux rives de la Méditerranée, les harkis restent, aujourd´hui encore, des inconnus. Le pouvoir algérien les assimile volontiers à des collaborateurs, tandis que les autorités françaises les ont bien souvent considérés comme des hommes de second plan, relégués dans des camps ou des cités de transit à la fin de la guerre d´Algérie.
    Pour la première fois, un chercheur, au terme d´une longue et minutieuse enquête, retrace leur histoire. Il montre toute l´ambiguïté de leur statut et la diversité de leurs conditions. Il dévoile le rôle ambivalent qu´ils jouèrent pendant la guerre d´Algérie, les chefs militaires hésitant à les armer. Les motivations, au vrai multiples, de ces supplétifs sont également scrutées : ces volontaires l´étaient-ils vraiment ? Combattaient-ils pour défendre la présence française ou pour assurer à leurs proches les moyens de subsister. Enfin, l´auteur évoque avec minutie les conséquences de la fin de l´Algérie française pour ces hommes et leurs familles déchirés entre l´Algérie et la France.
    Pour la première fois, une enquête sans parti pris permet de répondre à ces questions essentielles.

  • De 1956 à 1962, en Algérie, par obligation légale, sans avoir été sélectionnés et sans avoir bénéficié d´une préparation adaptée à leur mission, deux millions et demi de jeunes Français ont vécu une situation dramatiquement exceptionnelle. La politique dite de « pacification » a en effet amené une génération en armes, prétendument pour ramener l´ordre, à libérer des pulsions de destruction et, pour certains, à devenir des meurtriers.

    Comment des hommes « ordinaires » d´à peine vingt ans, appelés du contingent, en sont venus à commettre l´intolérable ou àêtre les protagonistes passifs d´exactions diverses, allant jusqu´à la torture ou à l´exécution sommaire ?

    Sur la base de lettres et de témoignages saisissants, inédits ou clandestins, Claude Juin, qui fut lui aussi soldat en Algérie et assista à de telles scènes, démonte les mécanismes tortionnaires. Il analyse comment vont naître chez ces hommes, pourtant forgés aux valeurs républicaines des Droits de l´Homme et de l´esprit de la Résistance, un fort sentiment de racisme et une haine viscérale à l´égard de la population musulmane - il observe notamment comment son « copain de régiment » Bernard en est venu à pratiquer régulièrement la torture. Il montre en quoi la soumission aux ordres, la peur, la vengeance, la frustration, l´accomplissement du devoir furent autant de prétextes pour justifier l´intolérable, pour faire taire les « cas de conscience ».
    « Les jeunes soldats, écrit Claude Juin, parce qu´ils vivaient un évènement hors du commun, ont pu devenir cruels, tout en restant des gens ordinaires de la condition humaine. J´ai vécu au milieu d´eux, ils étaient parmi nous. Dans l´abomination, ils demeuraient des hommes. »

  • Cinquante ans après la signature des accords d´Evian, voici une rétrospective qui a le réalisme et le rythme d´un reportage. Présenté et dirigé par Bernard Michal, qui a couvert la guerre d´Algérie pour Paris Presse de 1957 à 1962.


    Tout commence le 1er novembre 1954 sur une petite route des Aurès par l´assassinat d´un couple d´instituteurs et d´un caïd. Un fait divers, en apparence, mais qui donne le signal de l´insurrection, et lève le rideau sur une guerre de libération qui menaçait depuis longtemps d´éclater.

    Du catégorique « l´Algérie c´est la France » de François Mitterrand à l´ambigu « je vous ai compris » du général de Gaulle, du 1er novembre 1954 au 19 mars 1962, de la Toussaint rouge à l´OAS, cette guerre pas comme les autres est une longue tragédie en quatre actes, pleine de faux-semblants, de chausse-trapes, de traîtres et de victimes oubliées, dans laquelle plus d´un a perdu son âme. Tortures, massacres, guérillas, attentats sanglants, terreur, mais aussi amitiés perdues et rendez-vous manqués, l´enchaînement se terminera par une renaissance de l´Algérie et l´exode de quelque 800 000 Français nés en Algérie. Fin des combats mais non des attentats de l'OAS qui se poursuivront bien après l´indépendance jusqu´à celui perpétré au Petit-Clamart.



    Cette page d´histoire, sombre déchirure, demandait àêtre racontée avec clarté, intelligence, mais sans passion. Structuré en quatre parties (54-56 ; 56-58 ; 58-60 ; 60-62), qui correspondent à quatre moments aisément repérables, le livre est émaillé de témoignages vécus et d´archives, mais aussi de résumés qui récapitulent au fur et à mesure l´ensemble des événements précédents pour une compréhension parfaite de l´issue à venir.

    Paru en 1970 et jamais réédité depuis, L´Histoire du drame algérien est l´oeuvre d´une équipe de journalistes réunie autour d´un directeur d´ouvrage, Bernard Michal, qui a couvert toute la guerre.

  •  0500Quand, en 1868, Angelina et Vincenzo quittent la Sicile pour l´Algérie, ils sont réduits à la misère par le phylloxéra qui a détruit l´ensemble du vignoble européen. Le pays qu´ils découvrent alors n´a pas grand-chose à voir avec ce dont ils rêvaient. Plus dur, plus âpre, moins hospitalier. Pour Angelina, mariée à seize ans à un être violent, tout n'est qu'épreuves et désillusions. Elle apprendra pourtant à se libérer de ses peurs et à aimer cette terre qui lui offrira, malgré tout, un étonnant destin. Un roman dense et vibrant dans une Algérie rebelle et majestueuse, qui place ses personnages au coeur d´une thématique universelle : l´espoir d´une vie meilleure.0300 « La jeune femme avait réussi à produire de l´eau de rose en faisant macérer des pétales puis en distillant la solution obtenue. Matteo lui avait acheté dans le quartier juif de Tlemcen, de jolis flacons produits par un souffleur de verre et décorés à la main. Elle les remplit d´eau parfumée, colla une étiquette dessinée par Dalia et les vendit comme des petits pains. » En 1868, le phylloxéra détruit l'ensemble du vignoble sicilien et réduit Angelina et Vincenzo Padovani à la misère. Ils fuient leur île natale et gagnent les côtes de l´Algérie conquise par les Français en 1830. Est-ce pour eux la fameuse « terre promise » ?Après un itinéraire particulièrement éprouvant, Vincenzo commet un acte qui le pousse à se cacher. Il est sourcier et intéresse les nomades du désert car il sait trouver l'eau si précieuse au Sahara. Recueilli par des Touaregs du Hoggar, il partage leur quotidien. Abandonnée, Angelina cherche à rejoindre sa famille installée à Tlemcen. Mais elle est enlevée par une tribu. Amoureuse de Sofiane, le jeune chef, elle s´enfuit et met tout en oeuvre pour édifier une somptueuse roseraie et crée un parfum « Les roses de Tlemcen » aux capiteuses fragrances. Après tant d´obstacles, ce rêve accompli mènera-t-il Angelina vers la paix, vers de possibles retrouvailles avec Vincenzo ou Sofiane ?

  • "Je crois que nous entrons dans la nuit", lui avait dit un ami algérien. Depuis dix ans Jean-Paul Mari, né à Alger, correspondant de guerre rompu aux grands conflits, a vu la confirmation de ce pressentiment. Voyage après voyage, il plonge au coeur d'un pays où les islamistes armés des GIA affrontent les militaires et les Ninjas du régime. Il explore les banlieues de la capitale, la Casbah, la plaine de la Mitidja et les montagnes de Kabylie. Il observe les partis politiques, les élections et les manifestations, écoute les cris des torturés et des tortionnaires, militants islamistes, miliciens pro-gouvernementaux, jeunes, chômeurs, femmes, journalistes ou écrivains d'un peuple pris en otage. Loin du sectarisme et d'une vision monolithique, il se livre à une enquête des profondeurs sur les lieux des meurtres, des grands massacres, dans les rues, les villages, les cimetières et les mosquées. Avec en tête une question, obsédante: quelle est la nature de ce mal algérien, de cette violence cruelle et délirante? Dangereuse enquête à la fois rigoureuse et pleine de compassion. Comment l'auteur ne se tournerait-il pas aussi vers le passé, le sien et celui de la guerre d'indépendance. Pour mieux comprendre pourquoi aujourd'hui, là-bas, on assassine l'Algérie.
    Ce livre a déjà été publié sous le titre Il faut abattre la lune.

  • Comment se construit l'imaginaire de la guerre, à travers, notamment, sa rerésentation au cinéma.
    La guerre française en Algérie (1954 et 1962) et la guerre américaine au Viêt-nam (1964 et 1975) ont laissé des séquelles profondes dans l'histoire contemporaine. Elles ont causé la mort de 30 000 soldats français, 59 000 soldats américains, de près de 400 000 Algériens, et de 1,7 million de Vietnamiens. Elles ont provoqué la chute de la IVe République en France, la démission de Richard Nixon aux États-Unis, et l'accession à l'indépendance de deux grands pays du tiers-monde. Et entraîné des déplacements massifs de populations. Au-delà de leurs dissemblances, ces deux guerres présentent un étrange point commun : elles n'ont jamais été déclarées officiellement. Dans les deux cas, la mémoire de ces conflits dans les deux sociétés, française et américaine, en a été profondément affectée. Benjamin Stora propose dans ce livre une ambitieuse comparaison de la façon dont l'imaginaire de la guerre s'est construit en France et aux États-Unis, pendant les conflits eux-mêmes, et après. Il s'appuie pour ce faire sur l'étude des dizaines de films et des milliers d'ouvrages consacrés à ces guerres de part et d'autre de l'Atlantique, mais aussi sur celle de documents inédits retrouvés dans les archives vietnamiennes. Il montre comment se sont construites des images distordues des deux guerres pendant qu'elles se déroulaient et explique comment ces distorsions ont ensuite conduit à l'oubli des conséquences de la guerre. Un livre d'histoire original, qui est aussi une réflexion profonde sur le rôle des images et des écrits dans les sociétés modernes.

  • Ce roman au souffle épique emporte le lecteur au coeur d'une France déchirée par la guerre d'Algérie, des villages de Kabylie aux faubourgs de Paris, jusqu'aux massacres d'octobre 1961.
    Algérie, 1956, la répression et la torture font rage, l'administration française abandonne les pouvoirs de police à l'armée. Nedjma, 20 ans, doit fuir en France avec sa mère, laissant son père aux mains des paras. Elle y rencontre Léo, sympathisant de l'Algérie indépendante. Ensemble, ils s'engagent dans la résistance aux côtés des " porteurs de valise ", multipliant les actions non violentes. Les années passent, noircies par les exactions, les tortures, les attentats... En Algérie comme en métropole, les conditions de vie des " Français musulmans d'Algérie " se dégradent. En poste à Constantine, Maurice Papon est rappelé à la tête de la préfecture de Paris. Depuis la " nuit rouge ", un grand nombre de policiers sont sur les dents. Pour les soutenir, il crée la force de police auxiliaire. Composée exclusivement de harkis, elle est chargée du sale boulot. Au moment où se profilent les accords avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne, les Algériens s'élèvent contre le couvre-feu raciste du préfet Papon et manifestent pacifiquement dans Paris. 17 octobre 1961 : c'est le jour qu'ont arrêté Léo et Nedjma pour mettre en oeuvre leur périlleux dessein. Ce jour restera dans l'Histoire comme celui des " massacres d'octobre ", funeste jour de pogrom passé sous silence depuis lors...
    Par les questions qu'il soulève sur la décolonisation, le roman d'Éric Michel s'inscrit dans un débat contemporain. Il interroge le rapport que nous entretenons à la mémoire, à la culpabilité, à la légitimité de la torture au prétexte de l'urgence militaire. Il nous fait revivre avec un réalisme saisissant les répercussions de la guerre d'Algérie en France. Ce roman historique documenté ouvre donc une voie. Et si, derrière les représentations que nous avons de la guerre d'indépendance, planaient encore des mensonges ? Il fallait le souffle romanesque pour se ressaisir du passé et oeuvrer à une réconciliation profonde. Une urgence. Pour ne pas que la dernière génération de témoins disparaisse dans l'oubli...

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