• Les trente-six ans de règne d'un dictateur que rien ne prédisposait au pouvoir, mais qui a su s'imposer par sa tenacité et son habileté manoeuvrière.
    Né en 1892 dans une famille de la classe moyenne, méprisé par son père, Franco fut un élève banal et anonyme, plutôt timide. Or, sous l'uniforme, au Maroc, il va s'illustrer immédiatement par son courage et son sens du commandement, jusqu'à sa promotion comme général en 1926, à trente-quatre ans. Rallié de dernière heure à l'insurrection de juillet 1936, préparée sans lui, il en devient le chef unique. Il régnera trente-six ans au terme d'une guerre civile de trois ans, qu'il a peut-être fait durer pour asseoir son pouvoir, parce que, viscéralement catholique et anticommuniste, mais pas dogmatique, il a su selon les cas s'appuyer sur l'une ou l'autre des forces contradictoires du régime. Grâce aussi à une presse soigneusement contrôlée, à une répression d'abord très dure puis vigilante, à sa prudence pendant la Seconde Guerre mondiale, à son inculture économique qui l'a conduit à "laisser faire" des techniciens conservateurs, mais libéraux, qui ont ouvert l'Espagne à l'économie de marché, grâce enfin à la crainte du pays de voir renaître la folie collective qui avait produit la guerre civile, et dont le spectre fut longuement entretenu par le régime franquiste.
    Bartolomé Bennassar est un spécialiste éminent du monde méditerranéen au XVe et XVIe siècles. Parfait connaisseur de l'Espagne, il a publié notamment : L'Homme espagnol. Attitudes et mentalités du XVIe au XIXe siècle ; l'Inquisition espagnole XVe-XIXe siècles ; Histoire des Espagnols, et chez Perrin : Les Chrétiens d'Allah (1989) et 1492. Un monde nouveau ? (1991).

  • À la fin du mois d'août 1937, le reporter de guerre Robert Capa débarque à New York par le paquebot. Il a 23 ans, il est déjà veuf : un mois plus tôt, sa compagne photographe Gerda Taro a été tuée lors de la guerre d'Espagne à Brunete, près de Madrid, alors qu'il se trouvait à Paris.

    À la fin du mois d'août 1937, le reporter de guerre Robert Capa débarque à New York par le paquebot. Il a 23 ans, il est déjà veuf : un mois plus tôt, sa compagne photographe Gerda Taro a été tuée lors de la guerre d'Espagne à Brunete, près de Madrid, alors qu'il se trouvait à Paris.

    Ce séjour new-yorkais est l'occasion pour Robert Capa de s'extraire de son désespoir. Il retrouve sa famille – mère et frère notamment, qui ont fui Budapest –, ainsi que ses amis, dont le photographe hongrois André Kertész qui avait été son mentor à Paris, il tente de se faire engager par le nouvel hebdomadaire Life Magazine.

    Mais c'est surtout l'occasion pour lui de mener à bien un projet de livre. Un album à la mémoire de Gerda, intitulé
    Death in the making, conçu avec André Kertész, pour évoquer en images les douze derniers mois que Capa a passés en Espagne à couvrir la Guerre civile avec Gerda. Sous l'hommage du combat des Républicains espagnols, cet ouvrage raconte aussi – implicitement – leur amour agité, ainsi que leur collaboration où la cause révolutionnaire devint une cause intime.

    Après Gerda, livre sur la naissance d'un livre, roman où se mêle histoire et fiction, recrée le tourbillon de ces six semaines à New York, une ville en paix, dans laquelle remontent les souvenirs de cette année 1936-1937, ses violences, ses déchirements qui bouleversèrent aussi bien le couple Taro-Capa que l'Europe entière.

  • La Faute du général De Gaulle.
    8 juin 1970, Madrid. Francisco Franco, 77 ans, reçoit Charles de Gaulle, 79 ans. L'un est au pouvoir de façon implacable depuis trente et un ans, l'autre ne l'est plus depuis un an.
    Franco, l'allié des nazis ; de Gaulle, symbole de la Résistance. Tout semble les opposer, pourtant ils se rencontrent à la demande du Général... Pourquoi ce tête-à-tête ? Et pour quelles raisons déjeunent-ils en familiers ? Qu'ont-ils bien pu se dire ?
    L'auteur imagine ici l'échange de ces deux hommes peu ordinaires - entre diplomatie et guerre d'ego, dialogue tendu et conversation anodine - et questionne la figure de De Gaulle comme héros national. Ce déjeuner ne serait-il pas la " Faute du Général " ?
    Avec Un déjeuner à Madrid, Claude Sérillon nous fait entrer dans les coulisses d'un fait historique méconnu et nous livre un roman aussi ingénieux que passionnant.

  • À la fois roman d´espionnage, histoire d´amour tragique et somptueux tableau du Madrid exsangue de l´hiver 1940, une oeuvre magistrale, sombre et ambitieuse, entre Graham Greene et le Hemingway de Pour qui sonne le glas.





    1940. La guerre civile espagnole a pris fin. Madrid est en ruines, la population est affamée, et les Allemands poursuivent leur offensive à travers l´Europe.

    Au coeur de ce chaos, Harry Brett, vétéran de la bataille de Dunkerque et interprète à l´ambassade britannique, est chargé par les services secrets anglais d´espionner Sandy Forsythe, un ancien camarade d´école qui se livre à de louches transactions avec des membres de la Phalange, l´organisation nationaliste fascisante.

    Alors qu´il accepte à contrecoeur ce jeu dangereux, Harry va se retrouver confronté aux fantômes de son passé, et surtout repartir sur les traces de Bernie, son meilleur ami, fervent communiste engagé dans les Brigades internationales et porté disparu lors de la bataille sanglante du Jarama.

    Avec Barbara, une ancienne infirmière de la Croix-Rouge, qui était autrefois la maîtresse de Bernie, Harry va tenter de faire évader son ami du camp de détention secret du régime franquiste où il est prisonnier...

    Mais Harry et Barbara ignorent encore qu´ils ne sont que des pions manipulés par des politiciens sans scrupules, dans une partie d´échecs où tous les coups sont permis. Chacun d´entre eux y perdra quelque chose : ses illusions, ses certitudes, ses espoirs, voire la vie, tandis que l´Europe gronde du bruit de l´avancée nazie...

  • Noces de larmes

    Gilles Fontaine

    Lucas ne sait presque rien de l'histoire familiale de sa mère, d'origine espagnole. Un jour, il la découvre lors d'un voyage avec ses parents à Muriente, petit village espagnol de la province de Navarre, où il trouve le carnet intime de Francisco, son grand-père, qui retrace les événements qui se sont déroulés en pleine guerre d'Espagne. En 1936, Francisco Torrès a dix-huit ans et rêve de progrès social. Fils du plus riche propriétaire terrien de Muriente, Francisco est en désaccord avec son père et les autres notables qui refusent d'accorder aux paysans des terres inoccupées pour les cultiver. Parmi ces villageois pauvres, il y a Dolorès, qui travaille au dispensaire et dont Francisco est amoureux. Tandis que la guerre civile s'étend dans le reste du pays, les revendications des paysans de Muriente, poussés par des militants communistes, créent des conflits de plus en plus violents.

  • " Nuria Amat est la meilleure romancière espagnole actuelle. " Juan Goytisolo, El País. Juillet 1936, Barcelone. Dans l'exaltation du combat contre les militaires putschistes, la jeune anarchiste Valentina fait la connaissance du militant des Jeunesses communistes Ramon Mercader (qui se rendra célèbre quatre ans plus tard en assassinant Trotski). Mais c'est du cousin de Mercader, Artur, un jeune bourgeois romantique, que Valentina tombe éperdument amoureuse. Elle est prête à remuer ciel et terre pour le faire sortir des geôles clandestines staliniennes où, accusé de collaboration, il est torturé. Dans une Barcelone acculée, bombardée quotidiennement, encerclée par les forces de Franco, et tandis que s'annonce la défaite des républicains, Valentina sait qu'elle devra prendre tous les risques pour sauver son amant. Inspirée par les chefs-d'oeuvre de Tolstoï, Nuria Amat nous plonge au plus sombre de la guerre d'Espagne. Sous le feu des balles, deux jeunes gens que tout oppose réinventent l'amour et défient l'Histoire...

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