• La première adaptation jeunesse dun classique de la littérature québécoise, Lamélanchier de Jacques Ferron. Trois grands noms de lécriture, de lillustration et du théâtre servent cette uvre majeure et fantasque: Denis Côté pour ladaptation, Anne Sol pour les illustrations et Johanne Marie Tremblay à la narration.

  • Les zombies sont partout, même sur la couverture du dernier Nuit blanche! Non seulement ils envahissent les jeux vidéos et le cinéma depuis longtemps, mais les zombies sont maintenant apparus au rayon « essais » des librairies. Patrick Bergeron nous parle de ce phénomène en analysant trois ouvrages québécois portant sur le sujet. De son côté, Laurent Laplante commente deux livres illustrant l'histoire du tourisme au Québec, tandis que Michèle Bernard analyse pour nous le récit autobiographique de Madeleine Gagnon, Depuis toujours, paru en 2013 et retraçant plus de 45 ans d'une vie vouée à l'écriture. À lire aussi, un portrait de la jeune écrivaine Néo-Écossaise Georgette LeBlanc et la critique du polar Blue Jay Way de Fabrice Colin.

  • Si le précédent numéro de Nuit blanche se penchait sur le Québec contre-culturel littéraire des grandes années 70, celui-ci met en couverture l'une des figures emblématiques de cette même époque : le poète Denis Vanier (1949-2000), dont l'oeuvre sulfureuse et révolutionnaire est sans cesse redécouverte. Le numéro propose également deux entrevues, l'une avec le romancier tardif Denis Thériault (L'Iguane) et l'autre avec l'indispensable Monique Proulx. Parmi les autres ouvrages décortiqués, La Vie d'hommage (Boréal), qui rassemble des textes inédits de Jack Kerouac écrits en français, nous invite à découvrir des aspects méconnus de la légende. La rubrique consacrée aux écrivains méconnus du XXe siècle rend hommage au maître à penser d'Albert Camus, Jean Grenier, et celle des classiques québécois, à Du fond de mon arrière-cuisine de Jacques Ferron. La revue propose également un tour d'horizon des nouveautés québécoises, canadiennes et étrangères, aussi bien en roman qu'en essai.

  • C'est un lieu commun de dire que la Révolution tranquille a divisé l'histoire du Québec en un « avant » et un « après ». Un avant irrémédiablement marqué par le sceau de l'Église catholique et un après... moderne? Libre et émancipé? Si les recherches récentes démontrent combien des aspects de notre société restent façonnés par le catholicisme, les études littéraires ont jusqu'à présent peu exploré l'héritage religieux dans l'oeuvre des auteurs contemporains. Avec son numéro 123, la revue Voix et Images a justement l'ambition de remédier à cette lacune et d'explorer les Destins de l'héritage catholique : « Force est de constater, en relisant quelques oeuvres modernes et contemporaines, que le matériau catholique occasionne un ensemble de représentations et de détournements qui témoignent d'un désir de s'approprier les signifiants d'une histoire, pour les inscrire dans la fiction et les enjeux fantasmatiques qu'elle suscite ». La publication explore les complexes dualités filiation/rejet qui caractérisent l'écriture des cinquante dernières années, par-delà la rupture : des textes de Jaques Ferron au cinéma de Bernard Émond, un dossier passionnant.

  • Une grande constante traverse le dernier numéro de l'année de la revue Nuit blanche : celle du voyage. En plus de toutes les nouveautés québécoises et internationales, voici le menu qu'elle nous propose. Premièrement un panorama de la littérature routière et vagabonde, de Okanagan de Sara Lazzaroni à L'Astronome dur à cuire de Jonathan Ruel en passant par Le Fil des kilomètres de Christian Guay-Poliquin. Ensuite une approche particulière de l'« indianité » à travers l'oeuvre de Louise Erdrich et Thomas King. Puis, un anniversaire : la maison d'édition L'Instant même fête ses 30 ans et se raconte à rebours. De nombreuses pages seront consacrées aux correspondances du clan Ferron. L'écrivain méconnu du XXe siècle mis à l'honneur sera le moderniste et voyageur Luc Durtain (1881-1959). La publication nous propose également de découvrir le poème inédit de Robert Yergeau Les Muses chauves ainsi qu'un portrait de l'écrivaine Gracia Couturier, entre théâtre, albums jeune public et romans.

  • « Que fait la parole ? » se demandent les auteurs de ce dossier de Voix et Images. Ce dernier aborde la parole dans l'écrit, au sens d'une « pratique littéraire qui insuffle rythme et corps au texte et, de ce fait, module et infléchit son discours ». Il vise autre chose que la transposition de la langue parlée, et s'attache plutôt à des oeuvres et des pratiques d'écriture où l'acte de parole et ses effets sont reconnus comme centraux, voire fondateurs. Lisez l'entretien avec Mathieu Arsenault et Hervé Bouchard, puis Anne Élaine Cliche sur Victor Lévy-Beaulieu, Jacques Ferron et Gilbert La Rocque; Louis-Daniel Godin sur la fonction de la parole dans Mailloux d'Hervé Bouchard; Laurance Ouellet Tremblay sur le scénario commenté de La bête lumineuse de Pierre Perreault; Lucie Robert sur La peau d'Élisa de Carole Fréchette; et Catherine Cyr sur les pièces Yukonstyle de Sarah Berthiaume et Nacre C de Dominick Parenteau-Lebeuf.

  • La revue Voix et Images consacre son plus récent numéro à Laure Conan et plus particulièrement à son roman Angéline de Montbrun. Ce cent-trentième numéro propose des réflexions inédites qui soulignent la contemporanéité du roman. Le premier article propose une relecture des fictions historiques de Conan à la lumière d'une reconstitution du paysage socioculturel de La Malbaie, à la fin du XIXe siècle. Le second approfondit la possibilité d'une lecture religieuse du roman. Les deux suivants abondent dans le même sens, tout en mettant au jour les voix discordantes qui minent l'hégémonie du clergé et du conservatisme religieux à l'intérieur du roman, l'un à l'aide de la figure mondaine de Mina, l'autre à l'aide du réinvestissement du féminin permis par la dissolution de l'utopie ultramontaine. Les articles suivants s'intéressent, eux, au personnage d'Angéline lui-même, au plan entre autres de ses désirs et de son identité. Ce numéro comporte aussi une étude sur les historiettes de Jacques Ferron ainsi que des chroniques sur les parutions récentes en littérature québécoise.

  • Le titre de l'ouvrage l'indique clairement, c'est essentiellement de l'incertitude narrative dont il est question : d'une ambiguïté atteignant en premier lieu le plan narratif du discours, c'est-à-dire la logique et le fonctionnement du récit et de l'histoire qu'il raconte. Dès lors, il ne s'agit pas de répertorier les différents procédés qui constitueraient une rhétorique de l'incertitude (l'ironie, le réalisme merveilleux, etc.), mais de montrer davantage comment, sous-jacents à ces différents moyens, ce sont le déploiement et le brouillage tout à la fois d'une cohérence narrative qui sont en jeu dans ces récits brefs de Ferron.

    Andrée Mercier est professeure au Département des littérature de l'Université Laval et directrice du Centre de rrecherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ).

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