• Journal

    Hélène Berr

    Agrégative d'anglais, Hélène Berr a vingt-et-un ans lorsqu'elle commence à écrire son journal. L'année 1942 et les lois anti-juives de Vichy vont faire lentement basculer sa vie. Elle mourra à Bergen Belsen quelques jours avant la libération du camp. Soixante ans durant, ce manuscrit n'a existé que comme un douloureux trésor familial. Ce n'est qu'en 1992 que Mariette Job, nièce d'Hélène Berr, décide de reprendre contact avec le fiancé d'Hélène,  Jean Morawiecki. En 1994,  il décide de  lui faire don du manuscrit. Ce témoignage éclairé et d'une qualité littéraire exceptionnelle en fait un document de référence. Il a obtenu un très grand succès critique et public. « Au seuil de ce livre », écrit Patrick Modiano à propos du Journal d'Hélène Berr, «  il faut se taire maintenant, écouter la voix d'Hélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagneront toute notre vie. »

  • Persécution

    Alessandro Piperno

    «Savoir-vivre et discrétion.» Pour Leo Pontecorvo, brillant professeur de médecine et père d'une famille respectée de la bourgeoisie juive romaine, les excès et les incartades ne font pas partie du programme. Mais un soir il apprend, par le journal télévisé, qu'une gamine de douze ans l'accuse d'avoir tenté de la séduire. Un gouffre s'ouvre sous ses pieds. Rien dans sa vie ne l'a préparé à affronter une situation aussi humiliante. Rien ne l'a préparé à se battre en général. Au lieu de clamer son innocence, Pontecorvo se replie sur lui-même et se remémore comment le piège s'est refermé sur lui, entre sa trop raisonnable femme, la fillette mythomane et ses clinquants parents, l'intraitable magistrat, l'avocat pervers... Si la justice est aveugle, l'injustice l'est aussi.

  • Inséparables

    Alessandro Piperno

    Inséparables, les frères Pontecorvo, Filippo et Samuel, l'ont toujours été. Pourtant, ils sont très différents. L'aîné, paresseux patenté, collectionne les aventures. Le cadet, financier brillant, ne connaît en amour que des ratés. Et voilà que les destins s'inversent. Samuel subit un revers professionnel important, tandis que Filippo conquiert une renommée inattendue. Une renommée que les médias amplifieront pour de mauvaises raisons. Encore une fois les Pontecorvo vont devoir faire face aux pressions médiatiques. Alors que vingt-cinq années se sont écoulées, le passé refait surface. Un passé qu'il est temps pour eux d'affronter, tout en slalomant dans leur propre vie...

  • Trouville, Les Roches Noires et les pétroliers d'Antifer. Théodora Kats, la monitrice et l'enfant aux yeux gris de l'été 80. Yann Andréa. L'Indochine, l'alcool, l'amour. Le martyre juif. L'enfance. C'est par le fil rouge de toute l'oeuvre de Marguerite Duras qu'est traversé Yann Andréa Steiner.

  • Tout ou presque a été écrit sur le nazisme, faisant de celui-ci l'objet de recherche historique le plus commenté d'après-guerre. Nous pensons donc savoir, sentiment renforcé par l'incarnation symbolique de l'horreur conférée au nazisme depuis la Shoah : quiconque entre dans le débat politique et/ou historique se heurte tôt ou tard au danger du point Godwin. Or, si le nazisme se fait argument suprême, ne légitimant aucune contre-expertise car indépassable dans la représentation de l'horreur qu'il suscite, cela tient en grande partie aux idées reçues que le nazisme et sa mémoire ont suscitées pour justifier de son aberration, associé à une lecture parfois décontextualisée de l'histoire.

    Cette anatomie du nazisme propose donc de plonger aux racines du phénomène et de battre en brèche les idées reçues ayant pollué et fragmenté son histoire et sa mémoire. Derrière le scalpel de l'historien se joue le diagnostic d'une société éclairée.

  • Qu'est-ce qui réunit deux jeunes frères d'origine israélienne amateurs de hip hop, de metal et de films gore, la fondatrice d'un gang de filles et un prodige du vol de voitures ? Ils sont tous les quatre jeunes, blancs, juifs et déclassés, perdus dans l'enfer de Brooklyn des années 1990, coincés dans la guerre des gangs. Pour s'en sortir, tous les moyens sont bons - trafic de crack, vol à la tire, bastonnades. Leur énergie commune définira un courant du hip hop et de la culture urbaine : celui des goons. Les destins croisés de Ill Bill et Necro, J.J. et Ethan Horowitz sont des illustrations de ce mouvement. Pour s'en sortir, tous les moyens sont bons - trafic de crack, vol à la tire, bastonnades. Leur énergie commune définira un courant du hip hop et de la culture urbaine : celui des goons. Les destins croisés de Ill Bill et Necro, J.J. et Ethan Horowitz sont des illustrations de ce mouvement.

  • Dans le désert, un ranch hors norme se dresse au milieu des sables. Des hommes armés veillent sur un mort-vivant. Un homme qui incarnait autrefois la force armée et la puissance. L'ex-Premier ministre d'Israël, Ariel Meron. Il n'est plus qu'un corps sans chair. Son visage émacié disparaît sous la barbe et les cheveux longs. Les côtes saillent sous sa peau nue, blanche et fine telle une feuille de papyrus. Les médecins assurent que son cerveau est mort.
    Pourtant, un matin, il se réveille. Arrache ses perfusions. Se lève.
    Ariel serait-il le Messie? Il en est convaincu. Il a été envoyé du néant pour ramener la paix.
    La nouvelle se répand dans tout le pays. Et le miracle a lieu : sépharades, ashkénazes, Russes, Arabes, Éthiopiens, religieux, laïcs, pacifistes ou va-t-en-guerre, les Israéliens célèbrent tous le réveil du grand homme.
    Cette liesse sera de courte durée...

    Cette fable tout à la fois grave et légère, qui met en scène la diversité de la société israélienne, s'inspire librement du destin d'Ariel Sharon, plongé dans le coma depuis 2006.

  • Quatre-vingt lettres écrites à son épouse par le Dr Mass, interné au camp de transit de Drancy du 16 octobre 1941 au 31 juillet 1943, nous font entrer dans l´intimité d´un médecin de la cité ouvrière de Maisons-Alfort victime de la persécution antisémite. Pour sa femme Élisabeth et leur fille Gabrielle qu´il aime profondément, le Dr Mass nourrit l´espoir d´une libération, alors que planent parmi les internés juifs, la famine, la terreur d´être fusillé comme otage puis, à partir de mars 1942, la peur d´être déporté.

    Aucune des protections que pourraient lui valoir son passeport roumain, la Roumanie étant un allié du Reich, ni même son état de santé précaire ou sa volonté de tromper ses bourreaux ne lui épargnent la déportation. Envoyé dans les mines de charbon de Jaworzno, Zacharie Mass, à bout de force, est transféré à Auschwitz-Birkenau où il sera gazé et son cadavre brûlé.

    Cet ouvrage saisit de l´intérieur ce que fut la vie dans le camp de Drancy, où transitèrent la grande majorité des déportés juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale.

  • Charles Palant a été arrêté à Lyon en août 1943, par la Gestapo, avec sa mère et sa soeur Lily âgée de 17 ans. Internés au Fort Montluc, ils sont déportés début octobre vers Auschwitz via Drancy , lui seul est revenu en 1945 après avoir connu la « marche

  • Les Juifs de Tunisie sont les seuls Juifs au monde à être tombés massivement sous le pouvoir de l´Allemagne hitlérienne et à avoir échappé à la Shoah. Pourtant l´anéantissement de cette Communauté était prévu, comme le prouve la présence à la tête des for

  • Alain-André Bernstein, né de parents juifs en mars 1940, est caché dans une famille catholique du Val de Loire dix jours seulement après sa naissance. Grâce à la correspondance conservée par sa mère et retrouvée à sa disparition, il reconstitue ici sa pet

  • À l'aide de témoignages soutenus par un appareil critique extrêmement précis, il est possible de faire oeuvre d'historien. La Tunisie est un pays que la Shoah européenne a effleuré de son souffle et où les persécutions subies par les Juifs du fait des Allemands ont été, hélas, bien réelles, même si les nazis n'ont pu infliger au judaïsme tunisien le traitement spécial réservé aux populations juives tombées sous leur domination. Sachant à quoi ils avaient échappé, les Juifs tunisiens ont eu le tact de ne pas insister sur les souffrances et les angoisses qu'ils ont endurées. Il nous a paru nécessaire de publier, en trois volumes de notre collection, des récits rédigés dès la libération de la Tunisie en mai 1943. Le premier témoignage est celui de Robert Borgel, avocat au barre

  • Un Journal est une source d'exception pour l'historien et pour tous, une approche à l'échelle humaine des conditions d'existence à un temps donné. Lorsqu'il écrit le sien, Otto Gerard (plus tard Gerry) Fischl est un adolescent juif en pleine croissance ca

  • Il est fréquemment arrivé après la Shoah que des couples se forment sur un terrain de douleur commune. Fanny et David, enfants juifs pris dans la tourmente exterminatrice nazie, partagent plus que le traumatisme des persécutions et la disparition de leurs

  • Le sang de Venise

    Maud Tabachnik

    Avril 1575. La communauté juive de Venise est en danger. Le cadavre d'un petit garçon est découvert près du ghetto. Attisée par un moine franciscain fanatique, une odieuse rumeur circule : cet assassinat serait un crime rituel. Si la rumeur se révélait fondée, ou si, simplement, il était avéré qu'un Juif était le meurtrier, cela contrain¬drait les autorités de la ville à se débarrasser de la communauté toute entière. Or ses activités financières enrichissent considérablement la cité...
    Rachel Modena est née dans le gh, etto et n'hésitera pas à se mettre en péril, même vis-à-vis des siens, pour débusquer le véritable tueur et innocenter son peuple...

  • Comme enfant du peuple allemand, Günter Gallisch a été un témoin privilégié de la progression politique d'Adolf Hitler et des conséquences de sa dictature pour son pays, le fameux IIIe Reich. Prétextant dès 1933 que le Traité de Versailles et ses conditions trop sévères interdisait à l'Allemagne toute renaissance, le Führer mettra en oeuvre des mesures qui promettaient au peuple un avenir meilleur.

    Or, dès le début de la Seconde Guerre mondiale, le régime qui devait durer mille ans connaît des ratés. Discipline, obéissance et par la suite brutalité, peur et mouchardage deviennent la norme tant en campagne que dans les villes. La débâcle qui s'en suivra frappera les Allemands de plein fouet et causera leur défaite aux mains des Alliés.

    Tout ce temps, Günter Galisch était aux premières loges. Pour une des premières fois, un témoin privilégié de cette fascinante époque raconte ce qui se passait vraiment en Allemagne, non pas parmi les bonzes militaires ou les classes politiques dominantes, mais au niveau de la rue, chez une population qui a longtemps cru que l'avenir passait par le nazisme.

  • Jacques Saurel, Jahrgang 1933, hätte ohne weiteres das gleiche Schicksal erleiden können wie zahlreiche Kinder von Eltern, die in der Zwischenkriegszeit aus Polen nach Frankreich ausgewandert waren: Auschwitz und die Gaskammer. Seinem Vater verdankt er es, zunächst nicht behelligt worden zu sein: Dieser hatte sich freiwillig zum Militärdienst verpflichtet, war in Kriegsgefangenschaft geraten und deswegen - wie auch seine Familie - durch die Genfer Konvention geschützt. So wurden Jacques, seine ältere Schwester (die jüngste war versteckt) und sein kleiner Bruder drei Monate lang in Drancy interniert und dann mit ihrer Mutter in das "Sternlager" von Bergen-Belsen deportiert.

  • La vérité sur la fin des grands dignitaires du régime nazi
    À l'occasion du soixante-dixième anniversaire de l'ouverture du procès de Nuremberg, le 20 novembre 1945, voici le parcours d'une trentaine de hauts dignitaires du régime nazi, de leur engagement au service du Führer jusqu'aux dernières heures qui ont précédé leur mort.

    C'est au cours des derniers instants qu'une question essentielle se pose : ces hommes ont-ils compris, au crépuscule de leur existence, le but ultime du projet dévastateur et inhumain de Hitler ?
    Certains n'ont pas vu la fin de la guerre, qu'ils aient été assassinés sur ordre du Führer lui-même - comme Röhm trahi au cours de la Nuit des longs couteaux ou encore Rommel, fidèle parmi les fidèles -, ou bien victimes de la Résistance comme Heydrich, dont le meurtre sera payé le prix fort par les Tchèques et les Polonais à l'été 1942. À la toute fin de la guerre, nombreux sont ceux qui trouveront la mort : volontairement, à l'image du Führer, comme c'est le cas de Göring, Himmler ou encore Goebbels - qui condamne avec lui ses cinq enfants au suicide -, ou suite à leur condamnation à la peine capitale au procès de Nuremberg : douze hommes, dont Rosenberg, Jodl ou Kaltenbrunner.
    D'autres ont survécu : qu'ils aient été emprisonnés, comme Hess et Speer dans la prison de Spandau, ou bien rattrapés par la justice des hommes de nombreuses années après - Eichmann et Barbie en sont les figures les plus emblématiques, bien sûr. Enfin, nombreux sont ceux qui ont échappé à toute forme de procès : le terrible docteur Mengele en est évidemment l'un des exemples les plus outranciers.
    Luc Mary et Philippe Valode tentent, à travers ces pages, de comprendre comment ces hommes ont été emportés dans cette entreprise de mort et ce qui a pu les déposséder si complètement de tout sens critique.

  • Pourquoi Louis Engelmann, raflé à Paris et interné à Compiègne, a-t-il échappé au premier convoi de Juifs parti de France pour le camp d'extermination d'Auschwitz le 27 mars 1942 ? Comment, le 8 août, a-t-il été libéré du camp de transit de Drancy ?

    Inédit, le journal intime de cet ingénieur, ancien combattant de 14-18, révèle les terribles conditions d'internement au camp militaire de Royallieu à Compiègne des notables parisiens juifs raflés le 12 décembre 1941. Il témoigne ensuite de celles du camp de Drancy au moment où affluent les victimes de la rafle dite « du Vél' d'Hiv' » (16-17 juillet 1942). En parallèle, le journal tenu par son épouse Mariette nous fait vivre sa détresse et ses démarches insensées pour arracher Louis à la déportation.

    Longtemps, les journaux de Louis et Mariette ainsi que les lettres qu'ils ont échangées, sont restés au fond d'un tiroir. Philippe Bernard, leur neveu, les a réunis et entrelacés pour transformer ce drame personnel en un récit haletant. Il tente de comprendre les mécanismes qui ont conduit à l'enfouissement de ces événements dans la mémoire familiale, et les raisons de leur redécouverte récente.

    Préface de Serge Klarsfeld
    Présenté par Philippe Bernard

  • Térèsa Stiland a 14 ans quand l'armée allemande envahit la Pologne, en 1939. Comme tous les Juifs de Lodz, Térèsa et sa famille vont connaître les persécutions, l'enfermement dans le ghetto, le travail forcé et la faim. Dans le ghetto, le désespoir et la mort sont omniprésents mais la solidarité reste vivace. Cette entraide et ce soutien moral seront les clés de la survie de Térèsa. Déportée à Auschwitz-Birkenau lors de la « liquidation » du ghetto, elle est ensuite envoyée en Allemagne dans les camps de Hambourg, Sasel et Bergen-Belsen où elle sera libérée en avril 1945.

    Profondément attachée à la culture de son pays, elle décide de revenir en Pologne après la guerre. Malgré la disparition de tous ses proches, malgré le nom aux consonances moins juives qu'on lui impose, elle y reprend ses études et devient infirmière, prolongeant ainsi les engagements altruistes qui furent les siens pendant la guerre. Avec le temps, le malaise qu'elle ressent en Pologne grandit et la pousse à l'exil. À Paris, elle est accueillie par un oncle et une cousine, sa seule famille encore vivante.

    Surmontant de nombreuses difficultés, elle s'installera, se mariera et s'épanouira en France. Énergique, émouvante et drôle, Térèsa a dominé sa discrétion naturelle pour nous livrer son histoire et les tourments de son coeur ; un coeur toujours tourné vers les autres, qui restera à jamais fidèle à la mémoire de ses chers disparus.

  • Voici le déroulement d'une enquête de proximité sur les traces tangibles du crime contre l'Humanité perpétré par les nazis. Des élèves du lycée catholique Saint-Rémy de Soissons (Aisne) s'y sont investis dans le cadre de travaux pédagogiques sur la mémoire de la Shoah proposés par leur professeur documentaliste passionné qu'est Stéphane Amélineau.

    Celui-ci a mené, seul ou avec ses cohortes d'élèves volontaires, telle une enquête policière, des investigations dans toutes les archives disponibles ou des entretiens avec les derniers témoins des Années noires de l'Occupation en France entre 1940 et 1944. Quoi de plus émouvant et marquant pour des jeunes que de rencontrer ceux qui enfants, adolescents ou jeunes adultes, comme témoins ou acteurs, ont été traumatisés par la peur, l'angoisse, l'incompréhension ? Pour ces derniers aussi, cette démarche a permis de découvrir ou de répondre à des questions longtemps sans réponses. Le projet pédagogique s'est mué au fil du temps, de découverte en rencontre, en une aventure humaine relatée dans ce livre.

    Puisse cette oeuvre utile et captivante faire des émules parmi les collègues de Stéphane Amélineau qui, comme lui, apporteront l'esprit des Lumières aux jeunes générations et compléteront, voire corrigeront, les réalités de la Shoah dans chacun des territoires de la patrie des droits de l'Homme.

  • Varsovie, 1940, la population juive est contrainte de s'entasser dans le Ghetto mis en place par les nazis. David Klin, qui est l'un des dirigeants du mouvement socialiste juif du Bund, est déjà entré dans la Résistance. Par la suite, il se nommera Pan Bronis aw Marczak pour agir dans l'ombre.

    Délégué de l'organisation humanitaire American Jewish Joint Distribution Committee, cet homme mûr, aguerri aux rouages administratifs, organise les secours à la population juive dans le Ghetto et au-delà. Et, pour la soutenir moralement, il contribue au bulletin clandestin du Bund en yiddish.
    Doué d'une intelligence et d'un aplomb sans faille, David Klin accepte les missions les plus périlleuses. Grâce à lui, de nombreuses personnes parviendront à échapper au pire. Condamné à mort par la Gestapo, il rejoint la zone « aryenne » peu avant le soulèvement désespéré du Ghetto. Là, grâce à ses liens avec les partisans socialistes polonais, il apprend le maniement des armes et participe au soulèvement de la capitale à l'été 1944.

    Document exceptionnel, inédit en français, le récit de David Klin nous plonge au coeur des résistances juives et polonaises dans la Varsovie martyrisée. On y croise les dirigeants historiques du Bund mais aussi des héros méconnus de l'insurrection du Ghetto.

  • Leonhard Bundheim est né en 1923 dans une famille juive de Hambourg. La « Nuit de cristal » marque pour lui la fin de l'innocence : son père est arrêté et le reste de la famille opte pour l'exil en Belgique. Leonhard est emprisonné seul à Bruxelles au premier jour de l'invasion allemande. En France, où il est envoyé, il va connaître trois camps différents avant celui de Drancy, avec une parenthèse de près de dix-sept mois à Limoges grâce à l'OSE.

    Cette organisation sauvera sa mère et ses quatre frères et soeurs mais pas son père, assassiné à Majdanek en mars 1943. Leonhard, déporté depuis déjà six mois, a été extrait de son convoi à destination d'Auschwitz, à Cosel, pour servir l'industrie du Reich. La solidarité de certains codétenus lui permet de survivre aux différents camps de travail forcé puis de concentration, sans oublier l'épouvantable « marche de la mort ». Laissé pour mort dans un convoi abandonné par des SS en fuite, il est libéré après près de trois ans sous le joug nazi.

    Après la guerre, en chemin vers la Palestine, Leonhard est interné avec son épouse dans un camp britannique à Chypre. Parvenu en Terre promise, il s'engage rapidement dans l'armée de défense juive. De nos jours, le lieutenant-colonel en retraite de Tsahal et guide touristique en six langues Nathan Ben-Brith, de son nom hébraïque, voit dans sa descendance sa victoire contre le nazisme qui l'a privé de son père, de son adolescence et de plus de la moitié de son peuple vivant en Europe.

  • Ce premier volume consacré au travail collectif de « France... douce France de notre enfance ? », un groupe de parole né à Buenos Aires, rend compte à travers le parcours de neuf de ses membres des multiples formes que prit la persécution des Juifs dans l´Hexagone à l'heure allemande. Enfants cachés, internés, sauveurs d´enfants, résistants ou déportés, ils avaient alors entre deux et dix-sept ans. Les lettres, documents et photos qu'ils ont précieusement gardés témoignent des séparations, des déportations, mais aussi de la solidarité. Ils honorent ici la mémoire des Français qui les sauvèrent et le courage de leurs parents.

    Hélène Gutkowski, elle-même enfant cachée, a mis en oeuvre ses talents d'écoute et de plume pour évoquer le chaleureux creuset des réunions où les souvenirs fragmentés se confrontèrent et s'unirent pour peindre cette France qui ne fut pas la « douce France » de la chanson. Elle a également pris soin de nous rapporter l'histoire des Juifs dans le pays des juntes et du péronisme, intelligente introduction qui nous permet de découvrir cette communauté juive florissante où elle et ses amis-témoins ont pu s'épanouir malgré les incurables meurtrissures.

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