• Edition enrichie de Claude David comportant une préface et un dossier sur le roman.

    "Lorsque Gregor Samsa s'éveilla un matin au sortir de rêves agités, il se retrouva dans son lit changé en un énorme cancrelat. [...] "Que m'est-il arrivé?" pensa-t-il. Ce n'était pas un rêve. [...] "Et si je continuais un peu à dormir et oubliais toutes ces bêtises", pensa-t-il, mais cela était tout à fait irréalisable, car il avait coutume de dormir sur le côté droit et il lui était impossible, dans son état actuel, de se mettre dans cette position. Il avait beau se jeter de toutes ses forces sur le côté droit, il rebondissait sans cesse sur le dos."

  • Le procès

    Franz Kafka

    Un matin, au réveil, alors qu'il n'est coupable d'aucun crime, Joseph K. est accusé et arrêté. Arrêté, mais laissé entièrement libre. Accusé, mais sans savoir ni de quoi ni par qui. Ainsi s'ouvre Le Procès, qui dépeint les affres d'un personnage aux prises avec un adversaire aussi implacable qu'insaisissable, la Loi.
    Terreur, mépris, révolte, indifférence : quoi qu'il éprouve ou fasse, le prévenu s'enferre, aggrave son cas, court à sa perte. Et, à mesure que s'effondrent toutes ses hypothèses, la réalité se dévoile pour ce qu'elle est... un univers de faux-semblants.
    Roman de la justification impossible, Le Procès nous invite à emboîter le pas à Joseph K., au narrateur et à Kafka lui-même, pour méditer sur le destin d'un individu, le sens de la vie et la question du salut.
    © 1983, Flammarion, Paris, pour la traduction française.
    VO : "Der Process" Édition corrigée et mise à jour en 2011 Couverture : Virginie Berthemet © Flammarion

  • Force de Kafka. Politique de Kafka. Déjà les lettres d'amour sont une politique où Kafka se vit lui-même comme un vampire. Les nouvelles ou les récits tracent des devenirs-animaux qui sont autant de lignes de fuite actives. Les romans, illimités plutôt qu'inachevés, opèrent un démontage des grandes machines sociales présentes et à venir.
    Au moment même où il les brandit, et s'en sert comme d'un paravent, Kafka ne croit guère à la loi, à la culpabilité, à l'angoisse, à l'intériorité. Ni aux symboles, aux métaphores ou aux allégories. Il ne croit qu'à des architectures et à des agencements dessinés par toutes les formes de désir. Ses lignes de fuite ne sont jamais un refuge, une sortie hors du monde. C'est au contraire un moyen de détecter ce qui se prépare, et de devancer les « puissances diaboliques » du proche avenir. Kafka aime à se définir linguistiquement, politiquement, collectivement, dans les termes d'une littérature dite « mineure ». Mais la littérature mineure est l'élément de toute révolution dans les grandes littératures.

    Kafka est paru en 1975.

  • Le psychanalyste

    Leslie Kaplan

    Simon est psychanalyste, il est vif, joueur, ouvert au hasard. Avec lui, dans son cabinet, nous suivons un certain nombre de ses analysants, ce qui se passe pendant les séances et dehors, parfois (et de toute façon, pendant une séance d'analyse le monde ne se prive pas de rentrer). En contrepoint une femme, Eva, qui, elle, essaie de penser le monde et la vie à travers la lecture et la relecture de Kafka. Car dans l'un et l'autre cas, c'est de cela qu'il s'agit : penser. Vivre et penser, ne pas vivre sans penser. Tous les personnages de ce livre sont des héros (peut-être même est-ce le premier roman qui contient autant de personnages et dont aucun ne soit secondaire?) parce qu'ils affrontent le conflit entre leur désir de vérité et leur passion pour l'ignorance : ils sont des héros par la pensée, des héros de la pensée. En même temps ils sont tout le monde, chacun de nous. Si on pense on est vivant, on change, on peut changer. Alors, évidemment, il arrive plein de choses, exit le ressassement, exit l'ennui de l'absence de questions : le récit est toujours en train de se faire, comme l'identité, jamais donnée car c'est dans chaque détail que tient le sens et le sens est lié à chaque détail. C'est pour ça que le dernier mot est au monde, cette accumulation innombrable de détails révélateurs.

  • Refuge 3/9

    Anna Starobinets

    • Agullo
    • 19 Mai 2016

    PRIX IMAGINALES 2017 "Alors tout commença. Mais moi, je disparus.' Dans ce roman servi par une langue belle et pure, la Russie contemporaine est gouvernée par des forces occultes, la réalité prend l'allure d'une hallucination absurde, tandis que le monde des contes a quelque chose d'affreusement réel...
    Masha est une jeune photographe russe en reportage à Paris. Oppressée par une sensation de malaise provoquée par des cauchemars et des trous de mémoire inexplicables, elle décide de rentrer en Russie, malgré les mises en garde d'un collègue : il se préparerait des événements préoccupants à Moscou. Alors qu'elle entame son périple de retour, elle se métamorphose en clochard atteint de pneumonie...
    Yasha, petit garçon victime d'un traumatisme crânien après une chute dans un parc d'attraction moscovite, se retrouve admis dans un étrange hôpital peuplé de créatures inquiétantes tout droit sorties du folklore russe...
    Joseph, joueur de cartes et tricheur professionnel russe, est emprisonné en Italie et décide de s'évader pour regagner la Russie. Au cours de cette évasion, il se transforme subitement en araignée avant de grimper à bord d'un paquebot qui
    le ramènera à bon port. À peine débarqué, il constate que le pays est plongé dans un profond sommeil...
    Quels liens unissent ces trois personnages égarés entre deux mondes qui se font écho, et parviendront-ils à se rejoindre dans ce labyrinthe de l'irrationnel ?
    Dans ce thriller métaphysique servi par une langue belle et pure, la Russie contemporaine est gouvernée par des forces occultes, la réalité banale prend l'allure d'une hallucination absurde, tandis que le fantastique d'inspiration
    folklorique a quelque chose d'affreusement réel.
    - Le précédent roman de l'auteur, "Le Vivant", est finaliste du Prix Une autre Terre 2016 (remis au festival les Imaginales à Epinal) est lauréat du prix Portal 2012 (grand prix littéraire ukrainien)
    - Son recueil de nouvelles "Je suis la reine" a été finaliste du Grand Prix de l'Imaginaire en 2014

  • Demain est écrit

    Pierre Bayard

    La littérature peut-elle prédire l'avenir ? La question se pose devant le nombre d'écrivains qui, d'Oscar Wilde à Virginia Woolf ou de Proust à Kafka, anticipent sur les événements majeurs de leur existence ? rencontres, accidents, disparitions ? et ne semblent pas seulement marqués par ce qui s'est produit hier, mais par ce qui leur arrivera demain.
    S'il est vrai que la littérature puise une partie de son inspiration dans le futur, il convient d'en tenir compte dans notre perception des oeuvres et de découvrir des conjugaisons nouvelles, de rechercher les traces stylistiques des événements qui n'ont pas encore eu lieu et de raconter la vie des écrivains dans le bon sens, c'est-à-dire en commençant par la fin.

  • Et si Kafka pratiquait la critique sociale la plus radicale? S'il s'était attaché à la question du pouvoir, notamment sous sa forme la plus invisible : le pouvoir symbolique ? S'il avait cherché à nous aveugler par des narrations qui soient des sortes de

  • Désormais, les corridors moisis s'emplissent d'échos, les lumières vacillent le long des balustrades et les passions commencent à butiner dans les alvéoles ankylosés du temple. On entend des pleurs. Mais sous le plafond ombrageux, il y a aussi d'étranges rires. Et des rêves. Et de la barbarie. Quelque part, quelque chose vient de se briser. Quelque chose de lourd et de fragile, un globe de verre peut-être ; et une autre présence, libre, clandestine, remplit maintenant l'atmosphère. Le charme maléfique est rompu. C'est une insurrection. Une guerre des mondes. Sans le moindre bruit, une vague ultra-terrestre envahit la forteresse de pierre, monte à l'assaut des escaliers glacés et, chargée d'une intarissable moquerie, se précipite vers d'autres ouvertures béantes, vers d'autres déserts de solitude, tel un nuage inquiétant, magnifique, incontestable, uniquement soucieux de faire trembler la chair et de restituer au pouls les battements d'une vie nouvelle.

    Un excellent essai sur la pensée et sur la littérature.

    Filippo Palumbo est l'auteur de Saga gnostica : Hubert Aquin et le patriote errant (2012). Il enseigne la philosophie au Cégep Édouard-Montpetit à Longueuil.

  • Ce recueil surprendra peut-être plus d'un lecteur. Pourquoi? Parce que les sujets singuliers qui se présentent à tour de rôle dans les poèmes-portraits nous livrent leurs Confessions sans pénitence. Le Mal, qui sévit dans nos sociétés comme une tare endémique, nous est révélé sous plusieurs facettes et de manière parfois déconcertante. Mais comme l'auteur Franz Kafka l'affirmait: «On ne devrait lire que les livres qui nous piquent et nous mordent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d'un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ? »

  • Celle qui se métamorphose Nouv.

    Une femme peut en cacher une autre... Avec cette fantaisie littéraire, Boris Le Roy explore le mystère de la féminité et prône en creux la réinvention permanente de soi au sein du couple. Un beau matin, Nathan se réveille aux côtés d'une femme qui n'est plus " ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre " en tout cas pas exactement la sienne, Anne, auprès de laquelle il s'était endormi la veille. Serait-il victime d'hallucinations ? Ou n'est-il pas naturel qu'un corps subisse quelques légères altérations au fil du temps ? Sauf que, chez Anne, altération ne veut pas dire dégradation, bien au contraire. En elle, tout est désormais plus affûté, ses traits semblent plus lisses, sa bouche plus pulpeuse, son corps plus musclé... Pourquoi s'en plaindre ? Les choses se gâtent lorsque Nathan découvre qu'Ann, en perdant la voyelle finale de son prénom, a également changé de statut : elle est maintenant sa supérieure hiérarchique. Une consultation psychiatrique s'impose pour le pauvre Nathan, d'autant que tout au long de l'histoire, Ann ne cessera de se métamorphoser (successivement en Nina, Haïna, Anna, Han, Hannah), jusqu'à se démultiplier, remettant en question toutes certitudes.
    Entre comédie psychanalytique, fable surréaliste et digression philosophique, ce roman, aussi inclassable que jubilatoire, convoque tour à tour les univers d'Ovide, de Kafka, de Freud et de Woody Allen, tout en mêlant la physique quantique et la transfiguration du Christ, pour le plus grand plaisir du lecteur.
    Rentrée littéraire Julliard 2021.

  • Le sillage de Kafka, c´est la postérité paradoxale d´un écrivain dont la stérilité en tous domaines était devenue le tourment, et qui n´en a pas moins inexorablement transformé notre manière de lire, d´écrire, et d´appréhender le monde. L´oeuvre de Kafka

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