• Alors qu'elle aime depuis l'enfance le duc de Guise, Marie de Mézières est contrainte d'épouser un autre homme. Elle devient la princesse de Montpensier et se résigne à son sort. Jusqu'à ce que son regard croise à nouveau celui du duc, ravivant une flamme qu'elle croyait éteinte... Sur fond de guerres de Religion, Mme de Lafayette tisse la tragédie d'une passion amoureuse qui se heurte aux lois de la société. Considérée à sa publication comme « un petit chef-d'oeuvre », La Princesse de Montpensier (1662), l'une des premières nouvelles de la littérature française, redéfinit les frontières du genre romanesque. Une oeuvre à la beauté insidieuse, dont l'adaptation cinématographique de Bertrand Tavernier restitue toute la violence. Dossier : 1. Histoire et fiction 2. Le roman et la nouvelle au XVIIe siècle 3. L'oeuvre vue par ses contemporains 4. Les héroïnes de Mme de Lafayette 5. L'adaptation cinématographique de Bertrand Tavernier

  • Dolmancé à Eugénie : "Soyez de même extrêmement libre avec les hommes ; affichez avec eux l'irréligion et l'impudence : loin de vous effrayer des libertés qu'ils prendront, accordez-leur mystérieusement tout ce qui peut les amuser sans vous compromettre ; laissez-vous manier par eux... ; mais, puisque l'honneur chimérique des femmes tient à leurs prémices antérieures, rendez-vous plus difficile sur cela ; une fois mariée, prenez des laquais, point d'amant, ou payez quelques gens sûrs : de ce moment tout est à couvert ; plus d'atteinte à votre réputation, et sans qu'on ait jamais pu vous suspecter, vous avez trouvé l'art de faire tout ce qui vous a plu."

  • À l'école du libertinage, quarante-deux jeunes gens sont soumis corps et âmes aux fantasmes des maîtres du château. Premier chef-d'oeuvre du marquis de Sade, tout à la fois scandale et révolution littéraire, chacune de ces cent vingt journées de Sodome est un tableau des vices et perversions les plus criminelles, découvrant avec un inimitable génie la face noire et inavouable de l'homme.
    " Sade est au clavecin, il improvise, il fait monter les mots, il compose, en vrai musicien baroque (c'est un génie baroque), une Suite française, à la Bach. Quel charme, quelle fraîcheur. " Philippe Sollers

  • "Irrités de ce premier crime, les monstres ne s'en tinrent pas là ; ils l'étendirent ensuite nue à plat ventre sur une grande table, ils allumèrent des cierges, ils placèrent l'image de notre sauveur à sa tête et osèrent consommer sur les reins de cette malheureuse le plus redoutable de nos mystères. Je m'évanouis à ce spectacle horrible, il me fut impossible de le soutenir."

  • Publié en 1771, L'An 2440, rêve s'il en fut jamais nous entraîne dans un voyage inédit : Louis-Sébastien Mercier, l'auteur des célèbres Tableaux de Paris,s'endort un soir à minuit et se réveille quelque sept cents ans plus tard, dans un Paris totalement nouveau. Sorte de Persan dans la capitale, il s'étonne de tout, est lui-même objet de curiosité et tire de sa vision de profondes réflexions, tant politiques que sociales et économiques. Le Paris de 2440, " auguste et respectable année ", apparaît au lecteur à la fois comme un songe merveilleux et la description d'une société idéale. Louis-Sébastien Mercier, nourri des Lumières, croit en effet en la mission prophétique des philosophes et écrivains et délivre, avec L'An 2440, sa vision d'un monde meilleur. À la fois premier roman d'anticipation, lançant une mode qui s'étendit rapidement à toute l'Europe, et peinture réaliste d'un univers quotidien, ce récit étonnant mêle une critique acerbe du XVIII e siècle et une description du " Monde comme il va ", selon l'expression de Voltaire. Le Paris futur décrit par Mercier peut nous sembler déjà dépassé en l'an 2015. Mais il est un témoignage politique, littéraire et moral essentiel sur les rêves d'une génération qui a voulu et fait la Révolution française, et espéré construire un monde meilleur. Ce guide de Paris en l'an 2440 - promenade à travers ses rues et ses monuments, rencontre avec ses habitants -, ce tableau d'un Paris futur, n'expriment pas seulement, sous la forme du songe, les aspirations et les idées du XVIII e siècle. Il nous invite aussi à considérer avec une certaine distance nos propres fantasmes du XXI e siècle.

  • Le succès de la Petite Anthologie de la poésie française témoigne d'un véritable goût des lecteurs pour le genre poétique qu'on dit un peu oublié, et même en voie de disparition... En poésie classique, les fables sont des valeurs sûres, celles de La Fontaine en particulier. Il est donc intéressant de rassembler les plus connues, les plus populaires de ces fables en un recueil de la collection " Le Petit Livre ". Ces fables seront commentées : les sources de La Fontaine, le vocabulaire de l'époque, le sens de certaines images... Parmi la cinquantaine de fables choisies, retrouvez : La Cigale et la Fourmi, Le Corbeau et le Renard, La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le boeuf, Le Rat de ville et le Rat des champs, Le Loup et l'agneau, Le chêne et le roseau, L'Âne chargé d'éponges et l'Âne chargé de sel, Le Lion et le Rat, et bien d'autres fables encore...

  • Sept dialogues mettant en scène trois débauchés : la voluptueuse Sainte-Ange, l'ardente Eugénie et le cynique Dolmancé. Sade détourne la forme du dialogue philosophique en vogue au XVIIIe siècle, au profit du libertinage. Il en profite également pour développer sa conception du gouvernement républicain qu'il estime incompatible avec la religion et avec toute forme de législation pénale.

  • Nous savons tous ce que nous devons aux Lumières : une certaine idée de la tolérance, de la liberté, du progrès... Mais avons-nous lu les textes qui sont à la source du grand soleil de la raison ? Comment s'y retrouver dans un siècle d'une richesse à donner le tournis ? Romans, contes, récits de voyages, correspondance, poésie, épigrammes... tant d'hommes et de femmes, dans tous les genres, toutes les disciplines, ont allumé le feu ! Certains sont universellement célèbres, comme Voltaire ou Diderot, d'autres sont moins illustres mais tout aussi fondateurs, comme Marivaux ou Buffon, Mme du Châtelet ou Bougainville, d'autres encore sont oubliés, et pourtant essentiels, comme le curé Meslier ou Mme de Lambert.
    En 208 pages, voici l'essentiel de ce qu'il faut en avoir lu.

  • Candide

    VOLTAIRE

    Candide, le fils supposé de la soeur du baron de Thunder-Ten-Tronckh, vit dans l'innocence d'une jeunesse protégée par l'enseignement de son précepteur, Pangloss. Pour ce dernier tout est au mieux dans le meilleur des mondes. Dans ce paradis, le jeune homme découvre l'amour en la personne de Cunégonde, la fille du baron. Les jeunes se font surprendre dans une position accablante et Candide est chassé, à grands coups de pieds dans le derrière. Notre héros se trouve de la sorte propulsé malgré lui sur le chemin de la vie qui ne sera pas aussi idyllique que celle annoncée par Pangloss. L'optimisme débordant du jeune Candide, va, au fil des aventures et des déconvenues, se transformer en une vision plus noire : notre héros découvrant, en mûrissant, à quel point le monde peut être mauvais.

    Candide, conte philosophique, fait évoluer les personnages à la fois dans un monde réel et fictif. Grâce à ce double niveau de lecture (récit d'aventure et dimension plus métaphysique) Voltaire, philosophe des Lumières, en profite pour critiquer et dénoncer différents aspects de la société. Il est notamment pour l´abolition de l´esclavage, de l´autodafé et veut rétablir une certaine égalité entre les hommes. Grâce à l'épisode de l'Eldorado, il dresse également une satire de l'utopie. Dans le dernier chapitre, Candide jettera un regard plus lucide et aura le mot de la fin : « Il faut cultiver notre jardin ».

  • L'Ingénu

    VOLTAIRE

    Le conte philosophique L´ingénu(1767) met en scène un Huron, né de parents français au Canada, et devenu orphelin. Débarquant un beau jour à Saint-Malo, il retrouve sa famille. Ce jeune sauvage est surnommé« l´ingénu » car « il dit toujours naïvement ce qu´il pense et... fait ce qu´il veut ». Il jette un regard rempli d'étonnement autour de lui et fait preuve d'une telle franchise que les préjugés de la société bretonne en sont ébranlés. Mais le Huron n'en est pas moins un homme et il s'éprend de Mlle de Saint-Yves. Elle deviendra son épouse lorsque, ayant été présentéà la cour, un état lui est accordé. Mais, à Paris et à Versailles, il est victime de son « ingénuité» car il dénonce les vices de la cour de Louis XIV, et est mis en prison. Au cours de sa captivité, il fait connaissance avec un janséniste nommé Gordon qui ne manque pas de philosophie, mais que la franchise et la raison naturelle du Huron embarrassent grandement, car il révèle l´inanité des querelles religieuses. Le jeune sauvage s'instruit avec une rapiditéétonnante. Mlle de Saint-Yves, ayant appris que son fiancéétait en prison, accourt à Paris, se sacrifie pour obtenir sa libération, avant de mourir.

  • Zadig - Micromégas

    VOLTAIRE

    DansZadig (1748), le héros éponyme, jeune Babylonien aussi honnête que sagace, affronte tous les coups d´une Providence qui semble récompenser le mal. Successivement déçu auprès des femmes (Sémire qui épouse l´homme qui avait essayé de l´enlever, Azora qui se révèle infidèle ou encore la Reine) et auprès des princes, il est sans cesse contredit dans son désir de sages réformes par l´envie et l´injustice. Après moult péripéties (il est fait prisonnier, il remporte un tournoi, résout diverses énigmes...), l´ange Jesrad lui révèle que le mal est nécessaire à l´ordre du monde, et Zadig, devenu sage, connaît enfin le bonheur.

    Micromégas (1752) : les habitants de Sirius ont deux caractéristiques principales : ils sont démesurément grands et doués d'une longévité infinie. L'un d'eux, Micromégas (les deux préfixes accolés signifient « petit-grand »), va d´astre en astre et se rend notamment sur Saturne dont les habitants ont une taille et une longévité bien moindres. D'où une conversation avec le secrétaire de l´Académie de Saturne sur la relativité des idées. Ils voyagent alors ensemble et, arrivés sur la Terre, ils découvrent des êtres très petits mais infiniment orgueilleux, capables d'évaluations scientifiques exactes sur lesquelles ils sont d'accord mais qui se perdent dans de vaines spéculations métaphysiques divergentes...
    Au-delà de l'intrigue de ces deux contes philosophiques, Voltaire se livre avec délectation à l'art de la satire.

  • Le Supplément au voyage de Bougainville est une oeuvre de fiction composée d'une suite de dialogues. Deux personnages discutent du Voyage autour du monde de Bougainville et, soulevant le problème du colonialisme, opposent la vie sauvage, ici célébrée, à l'homme civilisé. Ils présentent alors l´oeuvre de Diderot comme étant la suite du récit de Bougainville.
    Au centre du récit apparaît un vieillard qui se déclare indifférent au départ des blancs de Tahiti. S´adressant successivement aux tahitiens puis à Bougainville, il souligne l'opposition entre les qualités des Tahitiens devant les défauts de la culture blanche. S´amorce un dialogue entre l´aumônier de l´expédition et Orou, son hôte. Ce dernier propose comme il est d´usage à son invité de dormir avec l´une de ses filles. L´aumônier refuse, invoquant sa religion. S´ensuit une discussion entre les deux protagonistes sur la religion, le mariage et le libertinage amoureux.
    Par la voix de ses personnages, Diderot dénonce ici une société colonisatrice, injuste, immorale, violente face à un monde libre, simple, et tolérant. L'art oratoire est utilisé pour faire triompher son point de vue, c´est-à-dire celui de l'esprit des lumières. Diderot réhabilite l'idée que ce qui est naturel est spontanément vertueux. Cette réflexion s'inscrit dans le débat du XVIIIe siècle où l'individu est au coeur d'une société dénaturée.

  • En 1762, le Parlement de Paris condamne l´Émileàêtre brûlé ce qui contraint Jean-Jacques Rousseau à se réfugier à Môtiers-Travers. Il est alors invité par son éditeur à rédiger l´histoire de sa vie. Il commence son oeuvre en 1763 et c´est sa querelle avec Voltaire qui va en précipiter l´écriture. Rousseau y raconte ses années d'enfance et d'adolescence, qu'il clôt d'une conclusion provisoire, légitimant que l'on s'intéresse à ces quatre livres comme à un ensemble autonome :
    Livre I : 1712 à Mars 1728.
    Livre II : Mars à Décembre 1728.
    Livre III : Mars 1728 - Avril 1730 Livre IV : Avril 1730 à Octobre 1731

  • "L'Anti-Justine, un des ouvrages les plus obscènes qui existent dans toute la littérature ", écrit John Rives-Childs. Et Gilbert Lely : " Un des rares chefs-d'oeuvre de la littérature obscène et peut-être l'ouvrage le plus saisissant du Restif. " Curieusement, cet ouvrage n'est pas souvent réédité, sauf dans des versions négligentes et fautives, recopiées plus ou moins bien les unes sur les autres. Il faut dire que la typographie très personnelle de Restif de la Bretonne n'est pas facile quelquefois à interpréter. La présente édition a été scrupuleusement revue sur l'une des meilleures éditions clandestines, elle-même collationnée sur l'unique exemplaire complet possédé par la Bibliothèque nationale.

  • Jean de La Fontaine aura toujours côtoyé les fossés de l'interdit jusqu'à y tomber, en 1675, avec de Nou veaux contes objets d'une sentence très sévère du lieutenant de police La Reynie, qui en décréta la saisie comme " remplis de termes indiscrets et malhonnêtes, et dont la lecture ne peut avoir d'autres effets que celui de corrompre les bonnes moeurs et d'inspirer le libertinage ". Sans compter quelques critiques puritaines qui le poursuivirent jusqu'à sa mort.
    Mais quelque grâce veillait aussi sur sa tête, jusqu'à lui accorder, après quelques hésitations de Louis XIV, son entrée à l'Académie en 1684 - accompagnée il est vrai du reniement formel de ces textes sulfureux mais " inimitables ", comme disent Bayle et Chamfort.
    Il fallait en rassembler les plus caractéristiques afin qu'on puisse enfin " juger sur pièces ". En voici donc un choix, encadrant le texte intégral de ces Nouveaux contes autrefois interdit. Jugeons à notre tour.

  • Oeuvres d'humour

    VOLTAIRE

    Voltaire a manié l'humour comme arme de combat contre l'intolérance et l'obscurantisme. Les contes, pièces de théâtre et textes philosophiques de ce volume en témoignent.Intellectuel engagé dans la lutte contre l'intolérance, Voltaire a utilisé les ressources de l'humour pour mettre en valeur ses idées. Pour lui, l'ironie a une vertu pédagogique, en démontrant l'absurdité des croyances nées de l'obscurantisme, de la dictature des religions, et les dangers du fanatisme.
    Ce volume regroupe les textes où Voltaire a manié sa verve légendaire comme arme de combat : l'intégrale des quarante contes, un choix de pièces de théâtre, introuvables et méconnues, ainsi qu'une sélection de textes philosophiques.
    Styliste hors pair autant qu'homme d'esprit, Voltaire n'a jamais semblé aussi moderne qu'aujourd'hui.

    Choix et présentation de Clémentine Pradère-Ascione

  • En tout cas, le texte de l'avocat Pierre-Jean Grosley (1718-1785), collaborateur de L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, avait suscité bien des débats à sa parution en 1768.Ce discours burlesque est présenté avec érudition et malice par Michel Delon.

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