12-21

  • Madame Bovary

    Gustave Flaubert

    Charles Bovary, officier de santé médiocre malgré de laborieuses études, épouse en secondes noces Emma Rouault, la fille d'un gros fermier des environs de Tostes. Élevée dans un couvent, Emma aspire à vivre dans le monde de rêve dont parlent les romans à l'eau de rose qu'elle a lus. Un bal au château de Vaubyessard la persuade qu'un tel monde existe, mais le décalage qu'elle découvre avec sa propre vie déclenche chez elle une maladie nerveuse. Constatant le dépérissement de sa femme, Charles décide donc de « changer d'air » et accepte un nouveau poste dans le gros bourg de Yonville-l'Abbaye. Là, elle fait connaissance des personnalités locales, Homais, pharmacien progressiste et athée, le curé Bournisien, Léon Dupuis, clerc de notaire, Rodolphe Boulanger, gentilhomme campagnard. La naissance d'une fille la distrait un peu. Emma se prend, lors des comices agricoles de Yonville, d'une passion effrénée pour Rodolphe Boulanger, un hobereau des environs aux allures de dandy. Homme à femmes, celui-ci est vite impressionné par les excès passionnels d'Emma et rompt brutalement avec elle après quelques mois d'une liaison exaltée. Emma croit en mourir, traverse d'abord une crise de mysticisme, puis plus tard, au théâtre de Rouen, revoit Léon, revenu de Paris. Elle devient très vite sa maîtresse, lors d'une promenade dans un fiacre. Installée dans sa liaison, Emma Bovary invente des mensonges pour revoir Léon, et dépense des sommes importantes, qu'elle emprunte à un marchand trop complaisant, Lheureux. Un jour, celui-ci exige d'être remboursé. Emma, par peur du jugement qui va être prononcé contre elle, tente d'emprunter auprès de Léon, puis de Rodolphe. Tous deux la repoussent, et Emma s'empoisonne avec l'arsenic dérobé chez le pharmacien.

  • Une partie de pêche réunit le père Roland, sa femme, leurs deux fils, Pierre et Jean, unis et opposés par «une fraternelle et inoffensive inimitié»qui rivalisent à la rame devant une jeune veuve, Mme Rosémilly. Au retour, les Roland apprennent que Jean est le seul héritier désigné par Maréchal, un ancien ami de la famille. Cet héritage est d'autant moins justifié que Pierre connaissait bien Maréchal depuis depuis qu'il était tout petit. Il décide alors de mener sa vie par ses propres moyens et trouve un appartement pour aménager son cabinet médical. Mais manquant d'argent, il ne eput l'acquérir et c'est à Jean que revient le cabinet pour son travail d'avocat. Pierre retrouve alors un portrait de Maréchal qui avait été décroché du mur après la naissance de Pierre. Il découvre la terrible vérité : Jean est, en fait, le fils de Maréchal...

    Alors que Jean annonce à Mme Rosémilly qu'il veut l'épouser, Pierre, ne pouvant se retenir, révèle à Jean et à leur mère la vérité. Quelques temps après, lors d'un dîner, Jean annonce qu'un bateau transatlantique a besoin d'un médecin. Pierre, voulant prendre un peu de distance avec sa famille, prend ce poste et part, laissant son père dans l'ignorance...

  • Trois contes

    Gustave Flaubert

    Ces trois contes publiés en 1877 se composent de :
    - Un coeur simple,qui relate la vie parfaite d´une famille banale. « L'histoire d'Un coeur simple est tout bonnement le récit d'une vie obscure, celle d'une pauvre fille de campagne, dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu'elle soigne, puis son perroquet ; quand le perroquet est mort, elle le fait empailler et, en mourant à son tour, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Cela n'est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste. »Flaubert, 19 Juin 1876 - La légende de St Julien l'Hospitalier est une variation flaubertienne autour du mythe d´OEdipe. Julien est pris très jeune par la passion de la chasse. Un jour, il commet un immense et cruel carnage animalier. Un grand cerf lui prédit alors qu'il assassinera son père et sa mère. Pour fuir cette malédiction, il tue sur les champs de bataille, loin de sa famille. Un empereur, qu'il a sauvé, lui donne sa fille en mariage, ainsi qu'un château. Une nuit, il sort, repris par le démon de la chasse. Mais il se révèle incapable de tuer un seul des animaux de la forêt. Pendant ce temps, ses parents, qui le cherchaient depuis longtemps, se présentent dans sa demeure, et sa femme leur offre son lit. À son retour, Julien croit trouver un homme couché avec sa femme et les tue, réalisant ainsi la prédiction du grand cerf...
    - Hérodias. Dans sa citadelle de Machærous, au bord de la Mer morte, le Tétrarque Hérode-Antipas, excellent militaire, retient prisonnier un homme que les Juifs appellent Saint Jean-Baptiste, qui condamne publiquement son union incestueuse avec Hérodias, sa nièce, femme ambitieuse qui craint d'être répudiée. Lors d'un grand festin, Salomé, fille d'Hérodias, danse pour Hérode. À l´issue de cette danse envoûtante des sept voiles, Hérode demande à Salomé ce qu´elle désire ; il lui accordera ce qu´elle veut. Elle obtient ainsi la tête de Jean-Baptiste, l´ennemi de sa mère dont elle était secrètement amoureuse et qui méprisait son amour

  • " Ce qu'il nous faudrait, c'est un mort. " " I will survive ". C'était le dimanche 12 juillet 1998. À quel prix ? Ça, la chanson ne le dit pas. Cette nuit-là, trois garçons pleins d'avenir ont renversé une femme, une étudiante s'est fait violer, un jeune flic a croisé son âme soeur et un bébé est né. Près de vingt ans plus tard, voilà que tous se trouvent concernés par la même cause. On est à Vrainville, en Normandie. L'usine centenaire Cybelle va fermer ses portes. Le temps est venu du rachat par un fonds d'investissement. Cybelle, c'est l'emploi de la quasi-totalité des femmes du village depuis trois générations, l'excellence en matière de sous-vêtements féminins, une réussite et surtout, une famille. Mais le temps béni de Gaston est révolu, ce fondateur aux idées larges et au coeur vaste dont les héritiers vont faire une ruine. Parmi ces héritiers, Vincent, l'un des trois garçons pleins d'avenir. Il a la main sur la destinée de quelques centaines de salariés. Mais il n'a pas la main sur tout, notamment sur ce secret étouffé dans un accord financier vingt ans plus tôt par son père et le maire de Vrainville, père du 2e larron présent la nuit du 12 juillet dans la voiture meurtrière. Le 3e gars, Maxime, n'a la main sur rien, personne n'a payé pour lui et surtout il n'a pas oublié. C'est l'un des seuls hommes employés par Cybelle et un délégué syndical plutôt actif. Côté ouvrier, on connaît déjà le prix de la revente de Cybelle. Ca signifie plus que la fin d'une belle histoire entrepreneuriale : la mise au ban, la galère et l'oubli. Alors c'est décidé, ils n'ont plus le choix : puisque personne ne parle d'eux, ce qu'il leur faut, c'est un mort.

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