Littérature générale

  • C'est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l'enfance où tout se vit intensément, où l'on ne sait pas très bien qui l'on est ni où commence son corps, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d'une guerre qu'il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d'autant plus forte qu'elle se fonde sur un déséquilibre : la famille de Baptiste est l'image d'un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui. Flanqué d'une grand-mère à l'accent prononcé, et d'une tante « monstrueuse », notre narrateur rêve, imagine, se raconte des histoires, tente de surpasser la honte sociale et familiale qui le saisit face à son nouvel ami. Il entre dans une zone trouble où le sentiment d'appartenance est ambigu : vers où va, finalement, sa loyauté ?
    Écrit dans une langue ciselée et très sensible, Un jour ce sera vide est un roman fait de silences et de scènes lumineuses qu'on quitte avec la mélancolie des fins de vacances. L'auteur y explore les méandres des sentiments et le poids des traumatismes de l'Histoire.

  • C'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise. C'est, aussi, l'histoire du roman français. Rien, dans ce tableau, n'avait de quoi choquer la société du Second Empire. Mais, inexorable comme une tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie, le livre s'était donné une arme redoutable : le style. Pour ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle.
    Aucun roman n'est innocent : celui-là moins qu'un autre. Lire Madame Bovary, au XXIe siècle, c'est affronter le scandale que représente une oeuvre aussi sincère qu'impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne : c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise.

  • À l'occasion des deux cents ans de la naissance de l'auteur de Madame Bovary, Thierry Dussard nous livre un récit original sur un voyage en Bretagne méconnu du jeune " Gust ".
    Avec ses 25 ans pour tout bagage, et son ami Maxime Du Camp comme compagnon de voyage, le jeune Normand Gustave Flaubert fait, en 1847, le tour de la Bretagne à pied. Les deux compères parcourent une région fière et sauvage, encore ignorée par le chemin de fer et l'école. Ils s'aventurent à travers champs, s'embarquent pour Belle-Île, découvrent le bagne à Brest, la manufacture de tabacs à Morlaix, et la tombe de Chateaubriand à Saint-Malo. De ce périple, ils tireront un livre méconnu,
    Par les champs et par les grèves, où l'on sent déjà toute l'ironie et les fulgurances du futur écrivain. Du brut de Flaubert, qui pétille tel un cidre breton - ou normand, on ne sait de quel tonneau.
    Parti sur les pas de Flaubert, Thierry Dussard confronte la Bretagne d'hier à celle d'aujourd'hui, évoque ses lectures et ses voyages, en prenant " Gust " par le col au passage, pour faire sortir de sa tanière l'ours qui avait voué sa vie entière à l'écriture. Son récit est un élixir de littérature buissonnière.

  • Chaque automne, un vieux chasseur régalait ses amis de bécasses. Les têtes de ces délicieux oiseaux étaient donnés à un seul convive désigné par le sort. Et ce dernier, pour dédommager les autres, devait raconter une histoire. Les seize nouvelles de ce recueil se situent presque toutes en Normandie où Maupassant vécut une jeunesse heureuse. Ses paysans chasseurs, ses aristocrates, sa rempailleuse, ses pêcheurs sont saisis sur le vif dans leur vie quotidienne. La folie de la femme qui a perdu toute sa famille, l'avarice sordide de la maîtresse du petit chien, la triste vieillesse des danseurs de menuets, la revanche de l'épouse bafouée, Maupassant voit tout dans les détails les plus poignants. Le célèbre auteur de Bel Ami nous donne dans ce recueil ses meilleurs contes.
    Préface de Jacques Chessex Commentaires et notes de Louis Forestiers.

  • Un couple de retraités parisiens vit au Havre, avec ses deux fils. Le cadet, Jean, est blond et sage ; l'aîné, Pierre, noir et emporté. Leur vie s'écoule paisible, agrémentée de parties de pêche en mer ou sur la plage quand un grain éclate. Le ciel s'obscurcit. Les vents se déchaînent, chassant le bonheur. En mourant, un vieil ami de la famille laisse à Jean sa fortune. Pourquoi à Jean seulement ? Pierre y pense nuit et jour. Il plonge dans le passé de sa mère, à la recherche du secret empoisonné.
    L'émotion intense, l'histoire cruelle et vraie, les odeurs de la mer, la lumière célèbre de l'embouchure de la Seine font de ce roman un des chefs-d'oeuvre de Maupassant.
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    Edition de Marie-Claire Ropars-Wuilleumier. 

  • Mai en automne Nouv.

    Mai en automne

    Chantal Creusot

    • Zulma
    • 3 Juin 2021

    Au gré des folies de l'adolescence, du jeu sans fin des fiançailles et des adultères, des petits et grands désastres du mariage bourgeois, s'entrelacent les destins heureux ou tragiques des femmes qui habitent ce roman gigogne, construit par bonds et retours fulgurants comme pour tout saisir de l'appel désespéré du désir, tandis que le bonheur se dérobe comme un rêve d'enfance. Tout commence avec l'innocente Marie Granville, servante d'une riche ferme du Cotentin pendant et après la Seconde Guerre mondiale. L'admirable portrait de cette ingénue ouvre le bal d'une grande fresque captivante et sensible. Mai en automne, l'unique roman de Chantal Creusot (1947-2009), est une inoubliable saga romanesque. « Un roman magnifique. » Sylvie Testud, Le Monde des Livres

  • L'Histoire d'un coeur simple est tout bonnement le récit d'une vie obscure, celle d'une pauvre fille de campagne, dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu'elle soigne, puis son perroquet ; quand le perroquet est mort, elle le fait empailler et, en mourant à son tour, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Cela n'est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste. Je veux apitoyer, faire pleurer les âmes sensibles, en étant une moi-même.
    Gustave Flaubert.


    Présentation et notes de Marie-France Azéma. 

  • Edition enrichie (Préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)Parricides, ivrognes, enfants pervers, maris aveugles, ravissantes idiotes, bourgeois lâches et mesquins, paysans cruels et cupides, vous ne trouverez dans ces contes, de jour comme de nuit, que bourreaux ou victimes.
    Mais s'ils sont tous à tuer, ils tuent aussi beaucoup, ou se pendent, ou se tirent à la rigueur un coup de revolver dans la bouche par peur de la mort...
    Maupassant serait-il le grand ancêtre méconnu du néo-polar ?

    Edition de Francis Marcoin.
    Préface de Louis Forestier.

  • En 1875, incompris depuis Salammbô, enlisé dans les ratures de Bouvard et Pécuchet, ruiné par sa nièce, Flaubert reprend un projet de jeunesse : La Légende de saint julien l'Hospitalier.
    Le feu de l'écriture lui redonne goût à la vie et à la création : il poursuit avec deux autres récits, pour réunir en une seule oeuvre " du Moderne, du Moyen Age et de l'Antiquité ". Un coeur simple, le volet " moderne " du triptyque, raconte la vie pathétique de Félicité, une pauvre servante au grand coeur. Coloré et étincelant comme un vitrail, énigmatique comme un rêve, le conte médiéval La Légende de saint julien l'Hospitalier retrace le destin sanglant d'un héros qui oscille entre sainteté et folie.
    /> Quant au volet " antique ", il fait revivre, avec Hérodias, l'époque évangélique, en donnant à la littérature la première incarnation d'un mythe qui, de Wilde à Nabokov, traversera la modernité : celui de Salomé. Dernière oeuvre publiée par Flaubert de son vivant, Trois contes peut être tenu pour son testament esthétique.

  • La collection Le Petit classique vous offre la possibilité de découvrir ou redécouvrir le chef-d´oeuvre de Gustave Flaubert, accompagné d´une biographie de l´auteur, d´une présentation de l´oeuvre et d´une analyse littéraire, rédigées par un spécialiste universitaire.



    Cet eBook contient :

    - Une table des matières dynamique - La biographie de Gustave Flaubert - La présentation de l´oeuvre - Le roman complet - L´analyse littéraire Notre travail éditorial vous offre un grand confort de lecture, spécialement développé pour la lecture numérique.

  • « Un matin, j'eus une curieuse révélation sur moi-même : Moktir, le seul des protégés de ma femme qui ne m'irritât point, était seul avec moi dans ma chambre. Je me tenais debout auprès du feu, les deux coudes sur la cheminée, devant un livre, et je paraissais absorbé, mais pouvais voir se refléter dans la glace les mouvements de l'enfant à qui je tournais le dos. Une curiosité que je ne m'expliquais pas bien me faisait surveiller ses gestes. Moktir ne se savait pas observé et me croyait plongé dans la lecture. Je le vis s'approcher sans bruit d'une table où Marceline avait posé, près d'un ouvrage, une paire de petits ciseaux, s'en emparer furtivement, et d'un coup les engouffrer dans son burnous. » André Gide (1869-1951), Prix Nobel, est notamment l'auteur de : Les Nourritures terrestres, La Symphonie pastorale, Les Caves du Vatican, Les Faux-Monnayeurs, Si le grain ne meurt, La Porte étroite, Feuillets d'automne, d'essais critiques sous le titre de Prétextes et Nouveaux prétextes et du célèbre Journal.

  • Maison close où règne la vie réglée des habitués, lieu de débauche plein de bienséance bourgeoise, la maison Tellier est comme un deuxième foyer. Un jour, elle ferme "pour cause de première communion"... À la manière de Toulouse-Lautrec, Maupassant donne

  • Edition enrichie (Préface, notes et Dossier)
    Parce qu'il a cueilli pour sa fille cadette une rose dans le jardin de la Bête, un marchand ruiné se voit contraint d'échanger la vie de son enfant contre la sienne. La Belle, prête à sacrifier son existence pour sauver celle de son père, devient l'otage de la Bête, un monstre terrifiant. Mais dans ce château où règne la magie, la Belle va bientôt découvrir que l'amour éclôt parfois là où on ne l'attendait pas...Un récit intemporel et inoubliable sur la vertu, la modestie et la nécessité de voir au-delà des apparences.

  • Une saga romanesque populaire. Constance, réalisatrice pour la télévision, est une femme brisée par un divorce douloureux. Forte dans l'adversité, elle tente de se reconstruire en s'investissant dans son travail et tire un trait sur son passé. Sa rencontre avec un producteur renommé va bouleverser son existence. Réalisatrice pour la télévision, Constance Trianon est l'incarnation de la réussite, en apparence tout du moins. Car si elle est très appréciée dans son métier, sa vie privée est un chaos, entre un mari alcoolique et un père tyrannique. Lasse, elle quitte Rouen, entame une procédure de divorce et s'installe provisoirement chez sa meilleure amie à Paris. Elle se lance à corps perdu dans le travail et accepte de guider une jeune scénariste dont le projet a été retenu par France Télévisions. Sa carrière prend un élan inattendu lorsque le célèbre producteur Stellio Mirano la choisit pour coréaliser sa prochaine série. Veuf, Mirano n'a jamais refait sa vie et élève seul sa petite fille Alessia.
    Constance et Stellio se retrouvent par hasard à Yport, sur la côte d'Albâtre, où doit être tournée la série. Ils profitent de ce séjour pour faire ensemble quelques repérages. La réalisatrice est troublée par cet homme charismatique et lui-même tombe sous le charme de la jeune femme. Mais l'un et l'autre sont hantés par les douleurs du passé. Perdus dans leurs incertitudes et leurs questionnements, chacun préfère enfouir ses sentiments naissants. À la faveur du tournage qui bientôt va les réunir, sauront-ils trouver le chemin de l'amour ?

  • Principe de suspension

    Vanessa Bamberger

    « 10% de talent, 90 % d'efforts. » C'est la devise de Thomas pour défendre son usine et ses salariés. Depuis qu'il a racheté Packinter, une PME de la filière plastique, il lutte pour conjurer le déclin de l'industrie dans sa région du Grand Ouest. Un hiver pourtant, tout bascule, et il se retrouve dans la chambre blanche d'un service de réanimation, relié à un respirateur artificiel. À ses côtés, Olivia, sa femme, attend son réveil. Calme, raisonnable, discrète. Comme toujours. Dans ce temps suspendu, elle revit les craintes des ouvriers, les doutes de Thomas, les trahisons intimes et professionnelles qui les ont conduits à ce grand silence, ce moment où les machines et la mécanique des sentiments se grippent. Parce que la vie s'accommode mal de l'immobilisme, il faut parfois la secouer un peu, selon le « principe de suspension ».
    Un premier roman juste et subtil sur le blues du petit patron et le fragile équilibre du couple.

  • « Les livres ont donc constitué très tôt le territoire de mon imaginaire, de ma projection dans des histoires et des mondes que je ne connaissais pas. Plus tard, j'y ai trouvé le mode d'emploi de la vie, un mode d'emploi auquel j'accordais beaucoup plus de confiance qu'au discours scolaire ou au discours de mes parents. J'étais encline à penser que la réalité et la vérité se trouvaient dans les livres, dans la littérature. » A.E. (Retour à Yvetot, éditions du Mauconduit, 2013)

    Son enfance, sa mémoire, sont la matière même de ses livres. Pourtant, c'est seulement en 2012 qu'Annie Ernaux retourne à Yvetot sur invitation de la ville de Normandie qui l'a vue grandir. Elle vient y donner une conférence sur son travail qui y est intimement lié. Ce retour en tant qu'écrivaine est un véritable événement littéraire et c'est cet événement qui est retranscrit ici. À la suite de ce texte lu par Dominique Blanc, Annie Ernaux se remémore, dans un entretien inédit, des moments de son enfance et de sa jeunesse à Yvetot à travers des photographies qu'elle a choisi de commenter.

  • "Nous sommes tous dominés par notre sexe. Pourtant, nous autres médecins, devrions être indemnes de cette gourmandise insatiable que nous constatons si bien chez les autres, mais point ! Ce qui s’impose alors est si violent que l’esprit en est tout submergé."

    Formidable catalogue des mœurs, croyances et turpitudes du monde rural, Les trois saisons de la rage, qui se situe dans la Normandie de Maupassant, est autant le roman d’un médecin de campagne du XIXe siècle que l’évocation universelle de ce qui est à la source des conduites humaines. Tissant une foisonnante intrigue de destins, de situations et de révélations où la naïveté, le cynisme, la brutalité, l’égoïsme, l’avidité et le désir mènent la ronde, il confirme le talent de Victor Cohen Hadria, auteur des Chroniques des quatre horizons, à peindre une vision du monde impitoyable mais aussi lucide et pleine d’humanité.

  • Avec vue sur la mer

    Didier Decoin

    «J'ai fait ce livre pour dire que je n'habite pas une maison mais que je suis habité par elle»0500La lumière du jour avait disparu lorsque la voiture, dont la carrosserie gémissait sous la griffure des fougères, s´engagea sur la route étroite qui, à travers une lande courue de murets de pierre sèche, dévalait en longues virgules jusqu´au hameau de La Roche. À un virage, juste à l´amorce du raidillon de terre qui menait au premier des chalets, le pinceau des phares éclaira, l´espace d´un instant, quelque chose de livide et de furieux. ? C´est la mer, annonça Mme T* du ton à la fois respectueux et embarrassé qu´on prend pour présenter une aïeule acariâtre.Sans doute voulait-elle plaisanter. Car j´eus beau écraser mon nez contre la vitre, je ne vis que les cheveux blancs d´un vieil ogre hurlant sa faim, une gigantesque marmite de vomi en ébullition d´où montait un remugle sauvage et musqué, un charivari de bêtes écumantes qui crachaient au ciel. ? La mer n´est pas du tout comme ça, dis?je avec assurance à la fille de la cuisinière (Baptistine, Bathilde, Bénigne? Un de ces vieux prénoms, c´est sûr...) qui, elle, ne l´avait encore jamais vue que sur des calendriers.Déjà la voiture s´engageait dans une allée envahie par les hortensias qui poussent dans la Hague avec une insolence d´ivraie. Avec sa courte tour trapue et ses gros murs de granit, la maison semblait sortie tout droit d´un roman de Daphné du Maurier dont je venais de lire, avec des frissons de terreur jubilatoire, «L´Auberge de la Jamaïque». On n´imaginait pas y arriver autrement qu´en calèche à capote de cuir attelée à des chevaux squelettiques menés par un cocher patibulaire, tandis que des nuées effilochées couraient devant la lune et que des chiens féroces hurlaient sur la lande. Le menton presque dans la mer ? enfin, dans cette fureur qui tenait lieu de mer ?, le chalet où nous allions loger calait sa nuque contre une falaise pâle qui évoquait irrésistiblement ces canyons sur la crête desquels on voit soudain, dans les westerns, se profiler des silhouettes d´Indiens. D´ailleurs, comme pour forcer letrait, des hordes de chevaux y galopaient en liberté. La fille de la cuisinière (Calixte? Camille? Caroline?...) se serra contre moi. Bien qu´on fût en été, le gardien avait allumé un feu dont les hautes flammes, attisées par le suroît, se contorsionnaient dans la cheminée. Ce n´était pas tant, nous appritoeil, pour assainir la maison restée longtemps inhabitée, que pour empêcher le Diable de descendre par le conduit, tout en rendant service, à peu de frais, aux gnômes des bruyères qui sont toujours en quête de tisons pour rallumer leur pipe. Il était toujours utile, en un lieu aussi éloigné des bienfaits ordinaires de la civilisation, de se concilier les faveurs des gnômes, conclut le gardien du chalet sur le ton le plus sérieux du monde.Les embruns avaient mis sur les vitres des fleurs de sel pareilles aux cristaux de neige. Un volet, quelque part, claquait au vent. La mer était invisible, mais on l´entendait feuler comme une bête féroce.0300Lorsqu´il était enfant, Didier Decoin a passé des vacances dans la Hague, au Nord du Cotentin. Il est tombé amoureux de cette région et a passé des années à y rechercher une maison. Il nous raconte joliment ses mésaventures immobilières, les péripéties inévitables liées aux travaux, les tempêtes, son jardin, les petits bonheurs du voisinage et des nourritures terrestres qu´offre ce pays normand battu par la mer et le vent.«D´une certaine façon, ce livre est traduit d´un autre livre ? de granit celui-là, où depuis vingt-cinq ans je grave quelques unes des plus belles pages de l´histoire de ma vie.» Pour un écrivain, parler d´une maison que l´on aime, c´est une autre façon de parler de soi... Le Combourg de Chateaubriand, la Treille Muscate de Colette, le Malagar de Mauriac, le Manosque de Giono ou les Charmettes de Rousseau appartiennent autant à la biographie de ces auteurs qu´à leurs oeuvres. Ici, Didier Decoin nous offre de très belles pages autobiographiques où se retrouvent, mêlés aux souvenirs d´enfance et aux évocations d

  • 'Gaston est un très grand prématuré. À sa naissance, il a été séparé de son jumeau. Dans le service néonatal de l'hôpital de Rouen dont l'entrée est gardée par la statue de Gustave Flaubert, il lutte pour respirer. Gaston, c'est mon fils.
    Gustave est le "patron" des écrivains. Il refusa d'être père pour écrire Madame Bovary et L'Éducation sentimentale. Il y a des moments où l'on aimerait se débarrasser de la littérature parce qu'elle ne console jamais des catastrophes. Et pourtant, à la naissance de Gaston, la statue de Flaubert s'est avancée vers moi. Gaston et Gustave se sont retrouvés unis dans la tempête et le naufrage, peau contre peau. Je n'ai pas eu d'autre choix que d'écrire ce livre. J'avais quitté le monde des vivants pour celui des limbes où je réchauffais mes deux fils.' Olivier Frébourg.

  • Le Chevalier Des Touches est un roman de Jules Barbey d'Aurevilly, publié en 1864, inspiré de la vie du héros de la chouannerie Jacques Destouches.
    Extrait
    | C'était vers les dernières années de la Restauration. La demie de huit heures, comme on dit dans l'Ouest, venait de sonner au clocher, pointu comme une aiguille et vitré comme une lanterne, de l'aristocratique petite ville de Valognes.Le bruit de deux sabots traînants, que la terreur ou le mauvais temps semblaient hâter dans leur marche mal assurée, troublait seul le silence de la place des Capucins, déserte et morne alors, comme la lande du Gibet elle-même...|
    |Source Wikipédia|

  • La Hague, entre labours et usine, les années 1960, et le déroulement d'une vie, celle d'une enfant abandonnée par sa mère puis épouse malheureuse, qui choisit, envers et contre tous, le droit au bonheur.

    Petite, Margriette portait constamment un bonnet de laine rouge. Pas par coquetterie mais pour que sa mère puisse la repérer, au loin, entre les murets de pierres sèches de La Hague. Ce petit bonnet, la petite fille le portera toujours en souvenir de sa mère qui, désireuse de refaire sa vie ailleurs, quittera la ferme familiale pour vivre un nouvel amour. Elevée par un père aimant, Margriette grandit dans un univers rural à la fois rude et chaleureux. A vingt ans, enceinte de son premier amour " disparu " en Algérie, elle épouse sous les conseils des siens Maurice Lanicole, agriculteur. Mais ce dernier, plus âgé, au sérieux penchant pour la bouteille, ne lui a jamais inspiré de l'amour. En aurait-elle eu le temps entre une ferme à gérer et sa progéniture à élever ? Margriette endure le travail de la terre, sa pénibilité, son exigence dans cet environnement du Cotentin quasi insulaire dont les terres fertiles sont presque toutes réquisitionnées par l'industrie nucléaire. Même coupée du monde, au bas du bas de l'échelle sociale, privée d'affection, Margriette est un coeur qui bat, qui espère....
    Le salut viendra-t-il de leur départ pour la région du Gers ?

  • L'histoire vraie d'Audrey, 31 ans, une jeune fille de Basse-Normandie, devenue dealeuse, passée par la case prison, qui enseigne désormais aux enfants en primaire à devenir des hommes et des femmes, des êtres dignes. Une rédemption.
    Originaire de Caen, Audrey est une jeune fille qui réussit à l'école. Mais le cadre familial n'est pas brillant, entre un père maniaco-dépressif et une mère qui ne s'en sort pas. Pour ne pas sombrer avec le navire, Audrey décide de prendre sa vie en main et de quitter la maison. Mais à 16 ans, comment gagner sa vie ? Elle a deux choix : vendre son corps, pas son genre, ou dealer ; c'est la seconde option qu'elle choisit, sans états d'âme... Et sa clientèle, elle la recrute naturellement dans le lycée où elle étudie, qu'elle continue de fréquenter. Qui soupçonnerait cette bonne élève qui réussit à passer son bac de science éco ? La drogue, c'est juste un moyen de gagner sa vie. C'est l'escalade. Et ce qui devait arriver, arrive, et son réseau tombe : direction la prison. Versailles puis Fresnes, où elle découvre l'univers carcéral féminin. Sa brutalité, mais aussi, pour la première fois, la solidarité entre femmes. La prison la révolte, elle se heurte de front à l'administration pénitentiaire, mais la rencontre d'un vieux prof qui anime des débats lui permettra de se reconstruire - et de découvrir sa vocation d'enseignante.
    Aujourd'hui, après avoir réussi à faire purger son casier judiciaire - un véritable parcours du combattant - Audrey est institutrice dans une école primaire à Bondy où en plus de l'enseignement classique, elle initie les enfants à la boxe, sa passion. Toute une philosophie de la vie : la maîtrise de soi, apprendre à esquiver les coups, se sentir forte ; des principes fondateurs, qu'elle veut transmettre aux enfants pour survivre dans ce monde de brute.
    C'est la belle histoire d'une fleur poussée au milieu du béton, celle d'une rédemption...

  • Le narrateur de cette histoire a décidé de mettre fin à ses jours et de disparaître dans l'océan. Sur la côte normande, il s'accorde quelques heures de sursis, s'installe dans un restaurant, commande un plateau de fruits de mer et entame une innocente conversation avec une femme assise à la table voisine.
    Entre le grand amour, toujours incertain, et le grand plongeon, sans cesse différé, se tisse un roman en équilibre, virtuose dans l'autodérision et l'humour noir... où l'on apprendra qu'à trop attendre de se jeter à l'eau, on ouvre la porte à l'aventure.

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