• Du 10 juin 1940, quand le gouvernement s'enfuit de Paris, au 17, où Pétain annonce la demande d'armistice, huit jours qui ont défait la France.

    " Le niveau d'essence dans le réservoir baissait dangereusement. Mme Perret se plaignait en permanence, se disputait avec Bernard qui voulait lui prendre la carte. À l'horizon en face de la colonne montaient de grandes lueurs orangées : un bombardement ? des dépôts de carburant en flammes ? Exténuée, sentant le mal au coeur revenir, gênée dans ses vêtements moites de transpiration, sa combinaison trop serrée, Jacqueline a fini par s'endormir, la tête sur l'épaule de la domestique et le chien sur ses genoux, bercée par les grincements d'essieux, les hennissements et le claquement des sabots, et un choeur de filles qui, quelque part derrière, chantaient du Tino Rossi... "
    Jetés sur les routes de l'exode, une famille de grands bourgeois, un soldat, un avocat fasciste, une femme seule et beaucoup d'autres, dans une vaste chasse à courre à l'échelle d'un pays où nul ne sait encore qui sonnera l'hallali.
    Avec La Débâcle, tout à la fois fresque au vitriol, road-trip hyperréaliste, chronique d'une débandade et récit initiatique, Romain Slocombe ajoute une pièce maîtresse à son grand roman noir national.


  • Le pire des salauds, le meilleur des enquêteurs.

    Paris, mars 1943. Une femme est arrêtée dans un bistrot du 10e arrondissement. Elle aurait franchi la ligne de démarcation munie de faux papiers, pour un trafic de métaux précieux. L'inspecteur principal adjoint Léon Sadorski voit dans cette enquête une parfaite occasion de s'enrichir. Mais il a d'autres soucis, notamment protéger Julie, la lycéenne juive réfugiée chez lui depuis la rafle du Vél'd'Hiv.
    C'est alors qu'une affaire de lettre anonyme et d'adultère le conduit sur les plateaux du cinéma français de l'Occupation : parmi les jeunes actrices d'un drame tourné dans un couvent de dominicaines, l'inspecteur va rencontrer son " Ange du péché " et se transformer en criminel...
    Une enquête de Léon Sadorski, le sinistre et fascinant inspecteur des renseignements généraux.

    " Les mots sont des couteaux, l'encre coule comme de l'acide. " Gilles Martin-Chauffier, Paris Match

    " l'inspecteur Sadorski suit sa mauvaise étoile. " Abel Mestre, Le Monde

  • Le pire des salauds, le meilleur des enquêteurs. Avril 1942. Au sortir d'un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l'Occupation. Pétainiste et antisémite, l'inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d'un mari attentionné. Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy. De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d'intervenir contre les " terroristes ". Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison. Le but des Allemands est d'en faire leur informateur au sein de la préfecture de police... De retour à Paris, il reçoit l'ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d'appartenir à un réseau antinazi. Après le succès de Monsieur le commandant, Romain Slocombe nous entraîne dans les abîmes de la collaboration et de la mauvaise conscience française. " Slocombe offre au polar un immense roman qui résonne avec notre Histoire. Grandiose. " Benoît Minville, auteur de Rural noir, libraire Fnac Défense.


  • Après le succès de L'Affaire Léon Sadorski, une nouvelle enquête du sinistre et fascinant inspecteur des Renseignements généraux.

    Paris, 29 mai 1942 : une bombe explose devant le Palais de justice, dans un café fréquenté par les Brigades spéciales, faisant deux morts et plusieurs blessés. Quelques jours plus tard, le cadavre d'une inconnue est découvert en banlieue. Crime passionnel ou politique ?
    Chargé d'enquêter sur ces deux affaires, l'inspecteur Léon Sadorski voit ses projets de vacances contrariés

  • L'instruction

    Antoine Brea

    Patrice Favre a suivi les traces de son père magistrat. Sorti d'école, il est nommé temporairement juge d'instruction en banlieue parisienne - une banlieue lointaine, mi-réelle mi-fantomatique. On observe les débuts de Favre, ses premières audiences au Palais de justice, ses investigations dans le cas criminel dont il a hérité : le meurtre d'un détenu emprisonné pour crime sexuel. Son prédécesseur - Herzog, un magistrat décati, énigmatique, en tout cas plus expérimenté - s'y est épuisé avant de se donner la mort.

    Au fil de son enquête, où il progresse pour l'essentiel en reprenant l'instruction qu'a menée Herzog, Favre est renvoyé à ses dilemmes, à ses choix de vie, à sa propre histoire familiale et au récit national trouble, à toute la comédie sociale qu'il faut jouer pour tenir le rang dans son milieu et son métier.

    Roman empruntant parfois au documentaire, L'instruction questionne avec inquiétude la société française contemporaine à travers le prisme techno-cratique, judiciaire, carcéral et policier. C'est une manière d'anti-polar où l'enquête consiste surtout dans la recherche existentielle, voire métaphysique, d'une solution au malaise croissant de l'enquêteur.

  • Un disque de 3 minutes 33 secondes, c'est tout ce qu'il reste de ce temps-là. De ce Paris occupé où trois jazzmen planqués pour échapper aux nazis tentaient malgré tout d'enregistrer un morceau. Sid, Chip et Hiero, deux Noirs de Baltimore et un métis allemand, unis le temps d'un enregistrement frondeur. Avant, c'est à Berlin qu'ils jouaient, quand l'Amérique marquait le tempo des folles nuits européennes. Avant que Goebbels n'interdise cette «musique nègre» et qu'eux trouvent refuge en France et rencontrent le grand Armstrong. Mais, parfois, il ne faut guère plus de trois minutes pour qu'un destin bascule. Un regard enjôleur, une ligne de basse qui dérape, des papiers qui n'arrivent pas...

  • Quatre-vingts ans après la défaite de 1940, l'instauration du régime de Vichy et la politique de collaboration incarnée par Pétain et Laval, les mêmes questions continuent de se poser à l'historien. Spécialiste de la période, Jean-Pierre Azéma y répond point par point, dans un souci de clarté pédagogique. Le 30 octobre 1940, six jours après la poignée de mains échangée à Montoire entre Hitler et Pétain, le Maréchal annonçait aux Français : " J'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration. " Mais qui avait le plus d'intérêt à pratiquer cette collaboration, le Reich ou l'État français ? Quel fut, dans le régime de Vichy, le rôle de Laval, voire celui de Darlan ? Quels rapports entre la Révolution nationale et la Collaboration ? Qui étaient les collaborationnistes ? Quelle influence ont-ils eue ? Quels ont été les choix des forces politiques, religieuses et économiques ? La Collaboration a-t-elle facilité la mise en oeuvre de la " Solution finale " ? A-t-elle pesé dans l'évolution du conflit mondial ? L'épuration n'a-t-elle été qu'un règlement de comptes ? Autant de questions classiques reprises par Jean-Pierre Azéma, grâce à l'apport d 'archives d e plus en plus nombreuses à être ouvertes, afin d'éclairer l'ambivalence des choix, des attitudes, des opinions et des mémoires.

  • Pendant l'Occupation, Louis Calaferte a onze ans. Il raconte la guerre telle que la voit, telle que la vit un enfant. "Ils parlent. Ils tapent sur la table. Ils reniflent. Ils se grattent dans les poils. Ils se grattent la tête. Ils se renversent sur leurs chaises. Ils mettent leurs pouces dans leurs bretelles. Ils font semblant, mais ils ne sont pas bien. Ils griffent de l'ongle le bois de la table. Ils parlent. Ils se comprennent. Et pourtant, c'est quoi 14, c'est quoi l'Armistice, c'est quoi Daladier, c'est quoi les Boches, c'est quoi Hitler, c'est quoi la politique, c'est quoi le Taureau du Vaucluse, c'est quoi Chamberlain, c'est quoi le pape, c'est quoi la guerre ? - C'est quoi, la guerre ? - Occupe-toi de ta soupe. Mange."

  • " La " biographie de Pétain.Ce que l'on sait du maréchal Pétain (1856-1951) se résume souvent à Vichy, sa rivalité avec de Gaulle, Verdun, sa condamnation à mort, sa réputation d'homme à femmes. On trouvera ici une biographie très complète, nourrie d'éléments nouveaux, qui met en perspective la trajectoire lente mais extraordinaire d'une personnalité d'apparence mystérieuse. Pétain l'orphelin fut d'abord un jeune homme sportif, épris d'études et d'enseignement. Août 1914 changea sa destinée : en quatre ans, le colonel à la veille de la retraite devient le chef des armées françaises. Dès lors commence un lien particulier avec les Français, qui durera jusqu'à l'été 1944, et parfois après.
    A la fois politique, militaire, intellectuel et physique et psychologique, le portrait évolutif auquel aboutit l'auteur est bien différent des images d'Epinal en noir et blanc.

  • Littoral

    Bertrand Belin

    L'armée d'un pays, informée par la rumeur, est montée chez lui en fin de journée quand la femme était là avec un seau de patates toute seule debout.

  • En 1940, la déroute militaire de la France s'accompagna d'un bouleversement politique qui vit disparaître
    la République. Né de la défaite, le nouvel État français fi t le choix de l'armistice et se proposa de conduire une « Révolution nationale », construite sur le socle idéologique de l'extrême droite. La haine de la démocratie et l'antisémitisme d'État furent deux des marqueurs de cette dictature, placée de bout en bout
    sous l'autorité du maréchal Pétain.
    Soucieux de voir reconnue sa souveraineté, le régime de Vichy opta pour la collaboration avec une Allemagne nazie perçue comme maîtresse du continent européen. Des rafles de juifs de l'été 1942 à l'État milicien en 1944, la dérive fascisante de Vichy était inscrite dans ce choix premier.
    En montrant la complexité d'un régime aux acteurs multiples et aux orientations parfois contradictoires, cet
    ouvrage saisit l'ensemble de la période, depuis les réalisations du régime jusqu'aux conditions de vie des Français occupés, sans oublier la lutte menée contre la France libre et la Résistance.

  • " Donc, je me promène, et, naturellement, je rêve en me promenant. Si Paris, le soir, s'enroule de deuil, il rayonne le jour comme si l'enfantement de l'Histoire ne lui travaillait pas, à lui aussi, les tripes. Il y a dans les pas, le guet des yeux, l'ondulation des hanches, la grâce des cous, le choix des cravates et des écharpes, une allégresse quand même et le voeu de revivre. " L.-P. F.
    Max Jacob le saluait comme " un grand ingénieur du rêve ", Claudel qualifiait son style de " jet de cocasserie splendide ", Proust affirmait son " admirable talent " et Rilke le considérait comme l'une des plus belles plumes de son temps. Léon-Paul Fargue était à la fois aristocrate et artisan, individualiste et humaniste, vagabond ami du confort et farouchement anti-bourgeois.
    De 1941 à 1943, au plus sombre des années noires, ce maître de la chronique poursuit son travail de mémorialiste amorcé depuis le mythique Piéton de Paris. Avec sa lanterne magique, il projette ses souvenirs et raconte les fiacres des boulevards, les causeries chez Mallarmé, la mode féminine, les impressionnistes ou la tendresse des soirs de printemps. Grâce à la fulgurance de ses images et à l'acrobatie de ses inventions, Fargue nous entraîne dans une fête où la rêverie intime se confond avec la vie réelle.

  • Engagées en première ligne dans la politique de contrôle et d'exclusion du gouvernement de Vichy entre 1940 et 1944, la gendarmerie et la police françaises ont, plus que toute autre institution, dû affronter le dilemme  : «  servir face à l'ennemi ou servir l'ennemi  ». Car désobéir à ses supérieurs, pour un gendarme ou un policier, c'est aller à l'encontre de l'essence même de sa formation.Mais si une partie d'entre eux ont appliqué les ordres par discipline, par antisémitisme, par peur ou par intérêt, nombreux sont ceux qui ont aidé à faire passer la ligne de démarcation ou la frontière à des Juifs, à cacher des résistants, à dissimuler des armes... Même s'ils n'ont pas rejoint un réseau ou un mouvement de résistance, leur action a permis de sauver de nombreuses vies. Or cette histoire-là est totalement ignorée.Face à un discours traditionnel qui met en avant l'activité des policiers ou des gendarmes ayant appliqué avec zèle les lois et les ordonnances en vigueur pendant l'Occupation, cette fresque sans concession ni faux-semblant, basée sur de nombreux documents d'archives étudiés par l'auteure depuis une dizaine d'années, met à mal nombre d'idées reçues et montre que, même au coeur du système vichyssois, il était possible de contrevenir aux ordres.  Limore Yagil est professeure habilitée à diriger des recherches d'histoire contemporaine et chercheuse à la Sorbonne. Spécialiste de l'histoire culturelle et politique de la France sous l'Occupation,  elle a publié une dizaine d'ouvrages, parmi lesquels Chrétiens et Juifs sous Vichy (Cerf 2005) et Au nom de l'art 1933-1945 (Fayard, 2015). 

  • Lucien Rebatet est l'auteur d'un livre " maudit " qui fut le best-seller de l'Occupation, Les Décombres : six cents pages de violence et de colère, où il s'en prend à tous ceux qu'il tient pour responsables de la décomposition du pays. Rebatet fut un antisémite et un anticommuniste parmi les plus virulents. Mais il fut aussi antiparlementaire, antibourgeois, anticatholique. Bref, un intellectuel fasciste typique, qui partagea les rages et les phobies de toute une génération d'écrivains, sur laquelle ce Dossier fournit un document historique édifiant. Le texte des Décombres est ici livré au public dans son intégralité pour la première fois depuis 1942, accompagné d'un important appareil critique qui permet de le lire " en connaissance de cause ". L'autre intérêt de cette édition est un inédit de Rebatet qui constitue la suite des Décombres. Écrit en prison, à Clairvaux, ce récit des illusions perdues et des haines intactes nous plonge dans l'univers halluciné des partisans les plus acharnés de la collaboration. Peu courageux devant la justice qui le condamna à mort avant qu'on ne le graciât, sous la pression, entre autres, de Camus ou encore de Mauriac - qu'il avait injurié -, Rebatet n'est jamais sorti de son statut de paria. Il échoua à se faire reconnaître comme le grand écrivain qu'il aspirait à devenir. Mais l'ensemble de son oeuvre - dont Une histoire de la musique, qui figure déjà au catalogue " Bouquins " -, jusqu'à ses écrits les plus ignobles, témoigne d'une qualité d'écriture qui fut saluée, y compris par certains de ses adversaires les plus résolus. Fallait-il s'interdire de republier ses textes les plus sulfureux ? On peut croire que les rééditer ou les révéler, avec les éclaircissements indispensables, contribuera à les démythifier, tout en rappelant que le talent n'est pas incompatible avec la faute morale, voire le crime pénal. Pascal Ory

  • La France occupée

    August von Kageneck

    L'occupation de la France par les Allemands racontée par un témoin de premier ordre devenu historien.Dans son dernier ouvrage, August von Kageneck nous livre un récit particulièrement précieux : c'est le soldat allemand qui raconte la France occupée, et non l'inverse - la période prend donc une autre teinte. Son double regard d'historien et de témoin conjugue la narration des réactions et des attitudes de la population française et des hommes de la Wehrmacht obligés de vivre ensemble ; les relations entre occupés et occupants deviennent rapidement tendues à l'extrême, malgré des premiers mois relativement calmes.
    Le récit s'interrompant en 1942, à l'invasion de la zone libre, Jean-Paul Bled, après une remarquable préface, signe une postface qui complète l'oeuvre de Kageneck en déroulant les événements jusqu'à la Libération.

  • Une présentation exhaustive et inédite du rapport complexe qu'entretient Hitler avec la France.Premier ouvrage à donner la priorité à la vision de la France chez Hitler, ce livre novateur présente trois originalités : il repose sur des documents de la main d'Hitler et de son entourage ; il remonte à la Première Guerre mondiale et aux premières publications du Führer ; il suit pas à pas les dernières années, à partir de 1940.
    Autant de traits d'une personnalité kaléidoscopique qui reflètent en creux le visage d'une France mal remise du traumatisme de la Grande Guerre et se révélant incapable de saisir le phénomène hitlérien dans sa réalité profonde.
    " Une étude définitive bousculant clichés et idées reçues. "Le Figaro

  • La prison des chefs politiques dans la France de Vichy (1940-1944)Dès l'été 1940, Georges Mandel, Léon Blum, Édouard Daladier, Guy La Chambre, Paul Reynaud et le général Gamelin ont été emprisonnés par Vichy pour plus de deux ans ; Jean Zay, quant à lui, a passé toute la guerre en prison jusqu'à son exécution. Figures emblématiques de la vie politique nationale de la IIIe République, ils sont tenus par le nouveau régime comme " responsables de la défaite ".
    À partir de sources largement inédites,
    Prisonniers d'État sous Vichy reconstitue de façon détaillée et concrète l'évolution de leurs conditions d'enfermement et de transfert et retrace minutieusement les dérives de l'État français et de sa justice pour mettre en évidence le moment où celle-ci se mue en justice d'exception, avec la complicité d'une magistrature sous influence - à l'image du parquet général de la Cour suprême de justice de Riom. Vichy introduit par exemple un dispositif subtil qui consiste à accorder à ces personnalités, afin de mieux les discréditer, nombre de privilèges - notamment sur le plan matériel - qui sont ensuite livrés en pâture à l'opinion publique, et inaugure par ailleurs un mode d'enfermement particulièrement anxiogène, fait de vexations et de déplacements imposés en raison de supposées menaces extérieures.
    Il ressort de cette étude novatrice que l'emprisonnement de ces hommes, loin d'être un élément secondaire dans la ténébreuse histoire de Vichy, constitue au contraire un laboratoire du contrôle et de la manipulation de l'opinion.
    Christophe Lastécouères révèle d'une plume alerte et passionnée les difficiles conditions de captivité de ces boucs émissaires proclamés et rend à ceux-ci justice et dignité.


  • " Un pays qui manque son épuration se prépare à manquer sa rénovation. "
    Albert Camus, 1945, Combat


    Dès les années 1940, avant même la libération de Paris et la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'épineuse question de l'épuration s'impose : Comment sanctionner ceux qui ont collaboré avec l'Allemagne nazie ? La France se déchire entre les défenseurs du pardon et les partisans d'une justice punitive pour les soutiens de Vichy. Brossant un tableau de la France de l'après-guerre couvrant tous les milieux - intellectuels, politiques, ecclésiastiques, etc. - Emmanuel Pierrat dépeint ici un pays au bord de la rupture et analyse les tourments d'une société qui cherche à sortir d'une situation d'exception, violente et chaotique. Des femmes tondues aux lois d'amnistie en passant par les exécutions sommaires et les internements administratifs, ce livre nous fait revivre des années décisives à travers les destins de Pétain, Laval, Brasillach ou encore du constructeur automobile Louis Renault. S'appuyant sur de nombreuses sources judiciaires et journaux de l'époque, Emmanuel Pierrat nous plonge au coeur des désillusions, exécutions et reconstructions qui ont bouleversé la France pendant une décennie et qui entretiennent, encore aujourd'hui, de multiples tabous.

  • Le livre événement sur la collaboration française
    À la libération, le colonel Paul Paillole, responsable du contre-espionnage français, entreprend de dresser la liste des personnes ayant collaboré avec l'occupant allemand.
    En 1945, il donne dans deux volumes de plus de 2 000 pages les noms des 96 492 "suspects et douteux". Ce fichier très secret était connu du résistant Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, et d'Alexandre de Marenches, patron des services secrets français de 1970 à 1981.
    Il fut communiqué aux parties civiles lors du procès de Maurice Papon en 1997 et retourna dans le silence des archives en raison de son contenu explosif, et ce jusqu'à aujourd'hui, grâce au déclassement en 2015 des dossiers concernant cette période. Dominique Lormier nous raconte l'extraordinaire histoire de ce fichier des collabos, ce qu'il contient, ceux qui y figurent en bonne place comme ceux qui en sont bizarrement absents. L'analyse des différents types de collaboration et de leur répartition sur l'ensemble du territoire métropolitain apporte un éclairage étonnant sur la période de Vichy.
    Un document exceptionnel.

  • L'exposé des destins croisés de deux figures emblématiques du XXe siècle.

    Les vies de Philippe Pétain et de Charles de Gaulle commencent à s'entremêler en 1912 lorsqu'un sous-lieutenant fraîchement émoulu de Saint-Cyr rencontre son premier commandant de régiment. Débute une relation tour à tour complice, rivale puis fratricide, une histoire exceptionnelle où le pouvoir s'inverse et où la raison d'Etat domine le sentiment sans jamais l'abolir. Herbert Lottman la raconte et l'éclaire dans cet ouvrage qui s'inscrit dans la grande lignée des " vies parallèles ".
    " On est loin de la légende sulpicienne. " Eric Roussel, Le Figaro littéraire

  • Parce qu´elle repose sur l´engagement et se construit sur le secret, la Résistance reste à la fois un mystère et un enjeu de polémiques partisanes.

    Amorcée dès juin 1940, elle parvint à s´unir à l´ombre de la croix de Lorraine, grâce aux patients efforts de Jean Moulin, tout en affirmant son indiscutable pluralisme. Elle resta néanmoins de bout en bout minoritaire, se préoccupa peu du sort des juifs et joua un rôle limité sur le plan militaire. Son apport politique fut en revanche immense : la Résistance évita à la France les affres de la guerre civile et favorisa, à la Libération, une transition pacifique du pouvoir au profit d´une Résistance regroupée derrière l´altière figure du général de Gaulle.
    />
    Ce livre aborde sans tabous l´ensemble de ses enjeux, de la formation des premiers réseaux au couronnement de 1944. Il ne dissimule ni les conflits, ni les ambitions qui animèrent les promoteurs de l´armée des ombres, du rôle de la presse clandestine à l´efficacité des réseaux, de la répression allemande aux motifs de l´engagement, des idées politiques de la Résistance à sa mémoire dans la France contemporaine. Pour la première fois, un ouvrage à la fois complet et accessible, synthétique et vivant, offre une vision globale sur un phénomène majeur qui reste curieusement méconnu malgré le rôle que la Résistance a joué dans l´histoire et la mémoire nationales.

  • Les portraits, fouillés et saisissants, de vingt-six personnalités, connues et moins connues, qui ont fait le régime de Vichy. Au long de quatre années, dans un pays occupé, il s'est trouvé des hommes qui ont entendu, en dépit ou à cause des circonstances, diriger ou orienter la vie du pays au nom d'une légalité et d'une légitimité nouvelles, après soixante-dix ans de république : les hommes de Vichy, dont vingt-six sont ici présentés à frais nouveaux. Personnalités plus ou moins expérimentées, vieux politiques et jeunes technocrates, le régime né de la défaite, que tous acceptent, a recruté dans des milieux très différents. Ici, des pacifistes venus de la gauche, comme Marcel Déat et Paul Marion, là des gens de droite, souvent extrême, tels que Xavier Vallat et Raphaël Alibert, des croisés de l'Europe nouvelle, comme Benoist-Méchin et Fernand de Brinon, des notables traditionalistes - Joseph Barthélemy et Lucien Romier - et encore des têtes d'oeuf bardés de diplômes, tels Pierre Pucheu et Jean Bichelonne, enfin de nouveaux venus en quête d'un destin, comme Du Moulin de Labarthète et François Mitterrand. Etudier les hommes de Vichy, c'est mettre fin à la vision de ce régime comme un bloc dans l'espace et dans le temps, c'est tordre le cou à la croyance dans la cohérence d'une vie.

  • Sigmaringen

    Jean-Paul Cointet

    L'ultime phase d'une histoire commencée en juillet 1940, celle du régime de Vichy et d'hommes qui avaient cru dans la victoire allemande.
    Louis-Ferdinand Céline en a fait la matière du célèbre D'un château l'autre, en voilà l'histoire réelle.

    Une France en Allemagne dans les derniers mois d'existence du régime hitlérien. Telle est l'ultime phase d'une histoire commencée en juillet 1940 : celle du régime de Vichy et d'hommes qui avaient cru dans la victoire allemande. Cet épisode offre une unité de lieu, de temps et d'action. Sigmaringen d'abord, sur les rives du haut Danube. Sept mois durant, répartis dans les innombrables appartements d'un invraisemblable château, cohabitent plusieurs groupes d'hommes emmenés de France par les Allemands dans leur repli : le maréchal Pétain, Pierre Laval et les plus extrémistes de la politique de collaboration, Déat, Darnand, Brinon. À l'écart, Jacques Doriot.
    Ce livre, fondé sur des archives originales et les témoignages ou souvenirs des acteurs, raconte le séjour de ces hommes dans un royaume de pacotille au milieu d'un monde - le leur - qui s'écroule. Ce huis-clos voit la montée de la peur du châtiment, au rythme accéléré de l'effondrement allemand et de l'avancée des troupes du général de Lattre, sur fond de querelles de pouvoir et de préséances. Shakespeare et Feydeau réunis dans un tragique du désespoir, une démesure de l'absurde. L'ouvrage retrace enfin la diversité des destinées. Si Pétain veut regagner la France dans sa volonté de répondre de sa politique, les autres cherchent un refuge dans une fuite éperdue sur les routes des Alpes, avant de connaître, pour la plupart, la prison et les tribunaux français.

  • Le destin d'une femme hors normes qui n'a pas pu trouver sa place dans la France de l'entre deux guerres et qui semble incarner tous les démons refoulés d'une période noire de notre Histoire.0500Née à Paris en 1893, Violette Morris s´est d´abord illustrée comme estafette sur le front pendant la Grande Guerre, puis comme sportive de haut niveau, notamment en course automobile où elle gagna le Bol d´Or en 1927 devant des concurrents masculins. Mais en 1930, la Fédération féminine sportive de France la condamne pour " mauvais exemple aux jeunes filles " Marginalisée, Violette fréquente les artistes, se fait couper les seins et s´installe avec sa compagne sur une péniche. Un homme venu la menacer y meurt sous les coups d´une arme à feu... Acquittée pour légitime défense, elle n´en devient pas moins une femme dangereuse, réputation qu´elle justifie en fréquentant les milieux collaborationnistes et allemands sous l´Occupation. A la tête d´un garage réquisitionné par la Luftwaffe tout en se livrant au marché noir, elle est accusée d´être agent de la Gestapo. Sa fin tragique sous les balles de la résistance normande en 1944 scelle le destin d´une figure hors norme qui n´a pas pu trouver sa place dans la France de l´entre-deux-guerres.
    Mal connu, objet d´une légende noire, le " dossier Violette Morris " méritait d´être rouvert. Une enquête minutieuse dans les archives des services secrets de la France libre, de la police, des procès en cour de justice de la Libération, et auprès des témoins en Normandie ne conclut pas à sa culpabilité. Et si Violette Morris incarnait tous les démons refoulés d´une époque ?

    Historienne et historienne de l´art, Marie-Josèphe Bonnet est l´auteur de :Les Relations amoureuses entre les femmes du XVIeau XXesiècle(Odile Jacob, 1995),Les Femmes artistes dans les avant gardes(Odile Jacob, 2006) etLes Voix de la Normandie combattante(Ouest-France, 2010). Elle travaille sur l´Occupation et la Résistance depuis plusieurs années, tout en poursuivant ses recherches sur l´art et le féminisme.0300 Puis les événements violents s'accélèrent. En 1937, elle tue un homme sur sa péniche avec une arme à feu. Acquittée pour légitime défense, elle n'en devient pas moins une femme dangereuse...  image qu'elle authentifie en fréquentant les milieux collaborationnistes et Allemands sous l'Occupation. Elle dirige un garage réquisitionné par la Luftwaffe, devient le chauffeur du secrétaire général du gouvernement puis fait du marché noir en Normandie et sera accusée d'être agent de la Gestapo... avant d'être exécutée par la Résistance en 1944. Une enquête minutieuse dans les archives des services secrets de la France libre, de la police, des procès en cour de justice de la Libération, et auprès des témoins en Normandie invite à rouvrir le dossier noir de celle qui était surnommée "la hyène de la Gestapo".

empty