Littérature générale

  • Métissée

    Ouanessa Younsi

    Née d'un père algérien et d'une mère québécoise, l'auteure cherche sa propre voie/voix, dans le labyrinthe du concept de l'identité.

    Résumé
    Une petite fille construit sa famille de papier dans le labyrinthe des origines. Énigmes et vérités. Absences et masques. Le poème est un lieu de force et d'ancrage. Métissée assume le risque des frontières invisibles : fragmenter le monde, identités réelles, plurielles ou fantasmées.

    Extrait
    À la maternelle on me surnomma chocolat parce que j'étais la plus brune de la classe.
    Un fennec courait sur mes cuisses.
    Mon père avait les cheveux crépus. Les curieux payaient pour les tâter.
    A-t-il revêtu l'habit de la honte ?
    Moi je ne porte plus de costume. Je suis nostalgique d'un mensonge.

    Point de vue de l'auteure
    Il s'agit de ressusciter les fantômes, les Autres en soi, de rendre visible l'invisible, de palper les trous et les ombres. C'est une oeuvre d'intégration des parts présentes et absentes d'une histoire et d'un désir, d'où le
    titre Métissée.

    L'auteure
    Poète et médecin psychiatre, Ouanessa Younsi est née d'un père algérien et d'une mère québécoise. Elle a publié chez Mémoire d'encrier les recueils Prendre langue (2011) et Emprunter aux oiseaux (2014) ainsi que
    le récit-essai Soigner, aimer (2016). Elle a aussi co-dirigé l'anthologie Femmes rapaillées (2016). Métissée est son troisième livre de poésie.

  • Le poète ne cesse de sexposer, qui entre dans la fêlure pour y trouver son sel. Ici : la mort du père, la rupture et finalement le passage vers la fatalité, lheure dont on ne revient pas, et que les mots ne peuvent quappréhender.
    Robert Yergeau nous laisse ces inédits qui témoignent de sa volonté de laisser une nouvelle trace qui le maintienne encore dans la vie. Ils sont le point de chute de son héritage poétique.
    Laccent cru de ces poèmes nous trouble, parce que « les mensonges que je mendie [sont] plus vrais que la vérité ». Lexpérience est portée par un mouvement tragique, mais la parole est toujours motivée par une poésie au verbe sans compromis, intransigeant, sarrachant au « mentir vrai » et tendu vers un idéal quil sent hors de portée.
    Mais le désespoir nest pas sans lumière, même assombrie. Quelque chose, en lui, croit à cette distance du langage qui transcende.
    Une clarté minuscule constitue donc un point de chute incandescent pour toute vie qui continue de trembler. Les paroles couvent encore la cendre dun feu qui a consumé le poète, et ne sauvent pas de lirrémédiable, mais lui donne sens.

  • Huées

    Pierre Ouellet

    Le nouveau recueil de Pierre Ouellet, Huées, forme un retable avec deux autres recueils : Buées et Ruées. Huées y représente la partie centrale, lautel sacrificiel qui en constitue le cur immolé, arraché. Les hululements quil fait entendre, plus hauts que les hurlements de ses victimes, sont le souffle resté sur terre des vies emportées qui ne parlent plus que par la bouche de leur colère, de leur désir, de leur amour et de leur haine. Le poème, comme la prière, accentue le bruit de leur respiration daprès la mort, le son que rend lhaleine à nouveau fraîche que la mémoire des survivants garde tel un secret de la vie achevée.

  • Cette anthologie de morceaux choisis dans luvre poétique complète de Célyne Fortin célèbre les trente ans décriture de la poète. Le choix de poèmes et sa présentation de Jean Chapdelaine Gagnon permettent une saisie de la profonde exigence du parcours poétique de Célyne Fortin, où le corps fragmenté de la femme trouve à sunifier dans le langage. Comme lécrit son commentateur : « Bref, Célyne Fortin redit dans tous ses livres un seul combat : celui dune femme partagée entre ses rôles de fille, amoureuse, mère, poète, artiste visuelle, amante de la nature et jardinière, toujours indignée par le vieillissement, la maladie, le mal, la mort. »

  • «La voix antérieure» constitue le deuxième tome du Cycle du Veilleur, inauguré en 2013 au Noroît et qui propose des pistes de réflexion et de lecture à partir de quelques aspects et approches de la poésie. Le premier volume, «L'arbre du veilleur», s'attachait à des aspects de la poésie au fil des oeuvres de poètes divers. «La voix antérieure» illustre, pour sa part, des approches de la poésie par des thématiques appartenant à l'histoire de la poésie, à la modernité et à la vérité du poème. En somme, Jean Royer y interroge les origines du poème, cette voix antérieure.

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