• Dès la fin du XIXe siècle, des anarchistes comme les géographes Pierre Kropotkine ou Élisée Reclus se sont intéressés aux peuples autochtones, qu'on a aussi qualifiés de « sociétés sans État ». Au début des années 2000, un peu partout sur le continent américain, des Autochtones ont modelé la notion d'« anarcho-indigénisme » pour attirer l'attention des anarchistes sur l'histoire et, surtout, sur l'actualité de leurs luttes.

    Ce livre se veut une invitation à l'écoute, au dialogue et à l'engagement solidaire et complice. Dans leurs entretiens, Roxanne Dunbar-Ortiz, Véronique Hébert, Gord Hill, Freda Huson, J. Kehaulani Kauanui, Clifton Ariwakehte Nicholas et Toghestiy révèlent ce que pensée et traditions autochtones et anarchisme ont en commun, sans nier les séquelles que le colonialisme a laissées jusque dans ce mouvement pourtant anti-autoritaire. Une vision du monde qui allie anticolonialisme, féminisme, écologie, anticapitalisme et anti-étatisme.

  • Le paradigme hégélien de la reconnaissance, admirablement critiqué par Frantz Fanon dans l'oeuvre phare à laquelle ce livre rend hommage, est aujourd'hui évoqué, sous sa forme libérale, dans les débats entourant l'autodétermination des peuples colonisés, notamment les peuples autochtones d'Amérique du Nord. Politologue et militant, membre de la Nation dénée du Nord-Ouest du Canada, l'auteur reprend ici la critique fanonienne et démontre en quoi cette reconnaissance ne fait que consolider la domination coloniale.

    Cet ouvrage de théorie politique engagée appelle à rebâtir et redéployer les pratiques culturelles des peuples colonisés sur la base de l'autoreconnaissance, seule voie vers une réelle décolonisation. Penseur marxiste, Coulthard sait que le marxisme ne peut s'appliquer tel quel à la lutte des Autochtones, mais il en souligne la contribution potentielle et signe ici un véritable traité de combat décolonial et anticapitaliste.

  • Champion et Ooneemeetoo, ce sont deux frères cris nés d'aurores boréales, élevés au rythme des rires et des sabots de caribou martelant le sol de la toundra. Un jour, ils sont envoyés très loin dans le sud dans un pensionnat autochtone, où une tout autre réalité les attend. Heureusement, la Reine blanche veille sur eux. Imprégnés à la fois de la magie et de l'humour de la culture crie, et du potentiel rédempteur de l'art, les frères se fabriqueront, l'un par la musique et le théâtre, l'autre par la danse, une liberté nouvelle.

    Véritable oeuvre d'équilibriste, le roman dépeint les rêves et les écueils que vivront ces garçons écartelés entre deux univers, et livre un hommage saisissant au pouvoir des récits.

    Dans la préface inédite à cette réédition, le romancier Louis Hamelin écrit qu'«?on ne peut qu'admirer le caractère terriblement prémonitoire de ce Champion et Ooneemeetoo?» paru plusieurs années avant les excuses of?cielles du Parlement canadien pour la création des pensionnats autochtones et l'Enquête nationale sur les femmes et les ?lles autochtones disparues et assassinées.

    Publié en anglais en 1998 sous le titre «Kiss of the Fur Queen» puis en français par Prise de parole en 2004, «Champion et Ooneemeetoo» connaît un succès qui ne se dément pas. Servi par une traduction extraordinaire signée Robert Dickson, il s'agit du seul ouvrage traduit de la collection BCF, qui pérennise les classiques de la littérature franco-canadienne.

    2 Autres éditions :

  • On parle beaucoup au Québec, comme dans le reste du Canada, de réconciliation avec les Premières Nations. Mais pour qu'un rapprochement fécond puisse avoir lieu, qu'une nouvelle ère, égalitaire et respectueuse, s'ouvre, le cadre constitutionnel canadien ne peut à lui seul en définir les règles. Toute entente devra aussi tenir compte des traditions autochtones.

    C'est dans ce contexte que le livre de Leanne Simpson trouve toute sa pertinence. L'auteure s'y demande comment redonner force, consistance et valeur à un héritage politique, juridique et culturel mis à mal par le processus colonial. D'une façon aussi concrète que tonique et audacieuse, elle y explore la langue, les mythes, les coutumes et les expériences de sa culture ancestrale afin de recouvrer et révéler cette manière singulière et originale d'être au monde trop longtemps méprisée.

    Si l'entreprise est inspirante pour toute communauté issue des Premières Nations, elle l'est également pour quiconque s'intéresse aux contradictions de la modernité occidentale.

  • Shipun et son fils, Nipishish, sont inséparables. Quand ils partent à la chasse à la perdrix, Nipishish observe son père avec attention. Il ap­­prend à chasser pour manger, pas pour tuer. La chasse donne un sens à sa vie d'enfant amérindien. Shipun adresse une prière à l'oiseau. Il arrête de respirer et appuie sur la détente. Le coeur de Nipishish cesse de battre.

  • Sauvage

    Jacques Pasquet

    Assis sur le trottoir, un jeune Amérindien essaie d'attirer l'attention des passants. Il a faim et il attend un mot gentil qui ne vient pas. Le jeune homme a quitté son village à la mort de son grand-père. Il pensait que sa vie serait meilleure en ville. Mais il ne se reconnaît pas dans ce pays qui n'est plus le sien.

  • En 1610, Étienne Brûlé, alors âgé de 17 ans, se retrouve chez les Hurons. Pour survivre, il n´aura d´autre choix que de devenir un des leurs. Très tôt, il adoptera leur façon de vivre et maîtrisera leur langue, au point de mériter le titre de «fils des Hurons». La métamorphose sera telle que Champlain le reconnaîtra à peine, en 1611, à son retour dans la jeune colonie. Chargé de guider son capitaine en Huronie, Étienne organisera une grande expédition de guerre contre les «Yroquois». Sa mission : rassembler les guerriers du peuple andaste vivant au sud du lac Ontario et rejoindre Champlain, accompagné des Hurons. Ce rendez-vous réservera bien des surprises.
    En ce 400e anniversaire de la présence française en Ontario, Jean-Claude Larocque et Denis Sauvé présentent ici le deuxième d´une série de trois récits captivants sur les péripéties et les exploits d´Étienne Brûlé, ce véritable héros canadien-français, surnommé à juste titre le «Champlain de l´Ontario».

  • Joe et Cody pêchent sur la glace avec leurs parents par un après-midi d'hiver clément. Cody aide Papa à pêcher, tandis que Maman et Joe somnolent dans le traîneau. Soudain, les chiens repèrent un renard à la fourrure aussi brillante que des flammes et s'élancent à sa poursuite, entraînant Maman et Joe dans une course folle.

    Maintenant offerts en français et en cri, les albums de la série «Chansons du vent du Nord» racontent, à travers les aventures des frères Joe et Cody, le territoire et les coutumes des Cris du Nord du Manitoba.

    Chaque histoire révèle l'extraordinaire talent de conteur de Highway, qui transmet en toute simplicité la magie et l'imaginaire de sa culture natale et du monde de l'enfance.

  • Joe et Cody profitent de l'été pour explorer le monde et se lier d'amitié avec de nombreuses créatures. Ce qu'ils aiment par-dessus tout, c'est d'attraper des libellules et de nouer doucement un fil autour de chacune d'elles avant de les laisser s'envoler. Les frères poursuivent alors leurs libellules cerfs-volants à travers les arbres et les prairies jusqu'à ce qu'elles disparaissent dans le ciel nocturne. Et dans leurs rêves, Joe et Cody planent dans les cieux avec leurs cerfs-volants jusqu'à ce vienne le temps du réveil.

    Maintenant offerts en français et en cri, les albums de la série Chansons du vent du Nord racontent, à travers les aventures des frères Joe et Cody, le territoire et les coutumes des Cris du Nord du Manitoba.

    Chaque histoire révèle l'extraordinaire talent de conteur de Highway, qui transmet en toute simplicité la magie et l'imaginaire de sa culture natale et du monde de l'enfance.

  • Toute l'année, Joe, Cody et leurs parents suivent les caribous en traîneau. Joe joue de l'accordéon et Cody danse pour attirer les caribous errants. Lorsque des milliers de caribous répondent à leur appel, ce qui devrait être un moment de terreur se transforme en quelque chose de magique quand les garçons ouvrent leurs bras et leur coeur pour embrasser l'esprit du caribou.

    Maintenant offerts en français et en cri, les albums de la série «Chansons du vent du Nord» racontent, à travers les aventures des frères Joe et Cody, le territoire et les coutumes des Cris du Nord du Manitoba.

    Chaque histoire révèle l'extraordinaire talent de conteur de Highway, qui transmet en toute simplicité la magie et l'imaginaire de sa culture natale et du monde de l'enfance.

  • Après s´être établi au pays des Hurons et avoir préparé avec eux l´expédition de Champlain contre les Yroquois, Étienne Brûlé poursuit son aventure en faisant de nouvelles explorations. Malheureusement, la présence des missionnaires auprès des Hurons vient brouiller les cartes. Ce troisième tome nous entraîne à travers les conflits que l´aventurier connaîtra non seulement avec les autorités de la Nouvelle-France et les Anglais, mais également avec ses meilleurs amis, les Hurons. Il nous révèle, aussi, la fin tragique que le destin lui a réservée.

  • En 1608, Étienne Brûlé, âgé d´à peine 15 ans, embarque à Honfleur, en France, sur un navire, le Don de Dieu, avec à son bord nul autre que Samuel de Champlain. Destination : la Nouvelle-France. Très tôt, il deviendra le « fils spirituel » du célèbre explorateur. Étienne livrera bataille à ses côtés et l´impressionnera au point où Champlain lui confiera la délicate mission de rester tout un hiver auprès des Montagnais. Le jeune aventurier se liera d´amitié avec eux, apprendra leur langue, rencontrera la belle Shaîna, sera témoin de tortures et combattra les « Yroquois ».

  • Les femmes sont absentes de l'histoire officielle de l'Amérique - ne le dit-on pas assez ? Les Amérindiennes certainement, mais aussi toutes les autres, sans distinction culturelle : Inuites, Canadiennes, Anglaises, Noires, Françaises et Métisses. Plusieurs d'entre elles sont des êtres d'exception dont le contact avec ce vaste continent a révélé l'intelligence et le caractère. Elles ont fait l'Amérique rétablit la mémoire de quinze de ces « remarquables oubliées », héroïnes aux exploits invisibles, résistantes, pionnières, aventurières, diplomates, scientifiques, exploratrices ou artistes...

  • Hiver 2015: Philippe Ducros parcourt le Québec et ses réserves autochtones. Il veut voir ces peuples en bordure des villes et de l'immensité, mesurer le déracinement et les ravages de l'endoctrinement. Il écoute, tente de déchiffrer les blessures du passé et la force tranquille de ces survivants de l'Histoire, avec l'intuition qu'à travers eux, il apprendra à guérir, lui aussi. En résulte un récit polyphonique, entre road trip, carnet de voyage et témoignages.

  • «Mon cher Louis, mon petit-fils du ciel infini des Plaines, croirais-tu que ta vieille mamie, recroquevillée sous ses châles, a autrefois canoté les rapides et chevauché parmi les hardes de bisons, croirais-tu qu'elle a suivi ton grand-père dans ses rêves, ses lubies, ses paradoxes? Mon beau, mon pauvre Louis Riel, fils de ma chère Julie, tu me vois inquiète, si inquiète: qu'adviendra-t-il de tes passions?»

  • «Licencieuse et déshonnête, disait-on. Une cabaretière, une femme de pendu, imaginez! regardez les registres d'audience de la ville de Montréal! voyez combien de fois elle a paru, comparu, voyez vous-mêmes! Ah! la belle, la très forte Marie Brazeau. Quel bagout, quelle allure! voici une battante qui ne s'avoua jamais battue. Laissez dire. Elle traversera bien l'Histoire.»

  • «Mère Courage, une parmi des centaines, des millions depuis que le monde est monde. Et pourtant, elle est unique, inoubliable, l'image de cette femme à cheval parmi une brigade d'hommes, une petite femme forte charriant ses enfants contre elle, deux sur la bête épuisée, un en bandoulière, et la route est longue, et l'hiver sévit, et bientôt il faudra manger le cheval. »

  • «ll lui était si aisé de se fondre dans la nature humaine. Elle passait d'une culture et d'une identité à une autre, bafouant les convenances d'une société cruelle, brisant, pulvérisant les certitudes tranquilles des sectaires et des racistes. L'Histoire a toujours tu le rôle des gens ordinaires, alors même que ce sont eux, souvent, qui en sont les véritables acteurs.»

  • « Notre époque est accablée par la dictature de l'actionnariat. Il est convenu d'avance qu'il faut se résigner devant les frontières fixées par ceux qui imposent une réalité dogmatique établie à leur seul profit. Cette béatitude entretenue par les chants des sirènes de la consommation se voit présentée comme une précieuse bénédiction. Tout s'est évidé de perspectives humanistes, mais nous sourions. Il ne reste plus guère de nous qu'un sourire suspendu dans l'air du temps, comme celui du chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles, cet animal étrange qui continue de montrer le sien une fois que tout de lui a pourtant disparu. Bien des possibles révoqués demandent aujourd'hui à être totalement réinventés. C'est l'idée qui sous-tend la plupart des textes rassemblés ici. »

  • Cet ouvrage est né d'un désir de réconciliation entre les Autochtones et le peuple québécois.
    Un des objectifs est de rétablir des ponts afin que, de part et d'autre, un lien d'entraide et de fraternité soit davantage présent, au-delà des préjugés et des différences de cultures.

    Comment peut-on aller de l'avant et s'enrichir mutuellement? Il est notamment question de fierté, autant pour les Autochtones que pour le peuple québécois, ce qui pourrait aider à retrouver une identité, non seulement sur le plan culturel, mais aussi sur le plan humain, afin de briser des barrières individuelles et collectives.

  • Plus aucun enfant autochtone arraché Nouv.

    Samir Shaheen-Hussain, partant de sa propre expérience de pédiatre, mène dans cet essai une enquête sur le rôle de l'establishment médical dans le déracinement, la colonisation et le génocide des peuples autochtones. Il jette ainsi un éclairage nouveau sur le racisme systémique dont ceux-ci souffrent dans le système de santé canadien.

    S'appuyant sur des études gouvernementales et historiques, des reportages, des rapports d'enquêtes publiques ainsi que sa participation à la commission Viens en 2018, l'auteur documente la violence médicale infligée aux enfants autochtones et leurs familles. Il accorde une attention particulière à la pratique qui interdisait systématiquement l'accompagnement parental lors d'évacuations aéromédicales pédiatriques, laquelle affectait de façon disproportionnée les peuples autochtones. Il prend comme étude de cas la campagne « Tiens ma main », lancée par des membres du personnel de la santé en janvier 2018, qui a réussi à mettre fin à cette règle cruelle de l'État québécois.

    Plus aucun enfant autochtone arraché mélange habilement l'essai critique et analytique, le récit de première main et le retour historique sur des périodes peu reluisantes de l'histoire des relations entre les divers palliers de gouvernement au Canada et les peuples autochtones. L'auteur y lance cet appel : il est impératif d'éliminer les impacts structurels des politiques racistes et coloniales sur les déterminants sociaux de la santé, de décoloniser la pratique médicale et de soutenir les luttes d'autodétermination des peuples autochtones. Il s'agit de conditions préalables essentielles à toute réconciliation authentique.

  • Et moi, je rêve d'être le plus grand orateur La plume d'aigle est synonyme de paix De liberté, de courage, de force et de respect La plume n'est pas seulement un symbole autochtone Elle m'a permis de me découvrir, D'aller au fond de ma personne L'aigle a une vision, une histoire, une coutume Et moi, je suis en mission avec la force de ses plumes Samian a reçu quatre plumes d'aigle des aînés. Fort de cet héritage, il place l'écriture au coeur de la vie amérindienne. Il rend grâce aux Ancêtres. Guerrier alimentant le feu, il écrit et chante pour que leurs voix ne soient pas trahies.

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