• Seize siècles nous séparent de lui (né en 354 ap. J.-C., il est mort en 430). Depuis lors, son rôle fut essentiel, à un titre ou un autre, en pratiquement tous les siècles de l'histoire occidentale. Même aujourd'hui, il est réédité, lu, commenté.
    Il demeure l'un des rares penseurs chrétiens dont les non-chrétiens savent qu'il existe et à qui ils font une place dans l'évolution de la culture occidentale.Mais on ne prête qu'aux riches : salué comme un génie, il est aussi rendu responsable de nos soubresauts religieux - la Réforme -, de nos malheurs politiques - la prétention de l'Eglise à dominer l'Etat -, de nos désarrois privés - le mépris chrétien du corps et de la sexualité.Cependant, au-delà des «augustinismes» qui ont marqué l'histoire de l'Occident, cet ouvrage d'un grand historien de l'Antiquité tardive revient à Augustin lui-même, à sa vie et à son oeuvre : la seule manière de le connaître vraiment et de porter un jugement équilibré sur sa postérité intellectuelle.Ce livre, repris de la collection «Maîtres Spirituels», comprend une anthologie de textes choisis, des tableaux chronologiques et une importante bibliographie actualisée.

  • Entre l'expérience de la "distension de l'âme" par le temps, telle qu'Augustin l'a décrite au livre XI des Confessions, et le travail de composition de l'intrigue, en lui-même achronique, tel qu'il est décrit par Aristote dans sa Poétique, il y a contraste. Or, c'est pourtant à l'intérieur de ce contraste que se trouve nécessairement placée toute figuration, et finalement toute pensée, du temps. Telle est la thèse maîtresse de cet ouvrage. En bref, le temps humain est un temps raconté. Paul Ricoeur montre d'abord que le récit comporte trois rapports mimétiques : au temps agi et vécu, à la mise en intrigue, au temps de la lecture. La première mise à l'épreuve de ce schéma devait être faite sur l'histoire : c'est qu'aujourd'hui elle se présente, qu'il s'agisse de la recherche d'"explications" ou de l'histoire "non événementielle" comme très éloignée du récit. Au terme d'une analyse fouillée des épistémologies de l'histoire, il apparaîtra que celle-ci reste, malgré tout, dans la mouvance du récit, fondée sur une quasi-intrigue. Un second tome traitera du récit de fiction, depuis l'épopée jusqu'au roman moderne. Et conclura par une étude du temps raconté, démontrant comment le mode historique et le mode fictif du récit s'y recroisent. Au terme de l'entreprise, c'est la poétique du récit qui sera en mesure de répondre aux apories contre lesquelles avait buté la phénoménologie de l'expérience du temps.

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