• " Le journal de la Anne Frank polonaise enfin publié " Le FigaroPologne, 1939. Renia Spiegel a 15 ans et commence à tenir un journal. Elle couche sur le papier ses préoccupations d'adolescente : l'école, ses meilleures amies, ses rêves d'avenir. Apprentie poète, elle parsème son journal de ses oeuvres.
    Au fil des pages et des mois qui passent, les sujets se font plus graves. Pour Renia, qui est juive, et sa famille, les conditions de vie se détériorent. Jusqu'à ce que peu à peu, l'angoisse s'immisce entre les tranches de vie quotidienne. Autour de l'adolescente, l'étau se resserre et le danger se rapproche. L'horreur finira par la rattraper en juillet 1942 lorsque, cachée par la famille de son petit ami, elle sera dénoncée par un voisin. Renia meurt à l'âge de 18 ans, tuée par la Gestapo, laissant derrière elle un témoignage poignant.
    Traduit pour la première fois en français, Le Journal de Renia est un document aussi nécessaire que bouleversant. Conservé par le petit ami de Renia puis transmis à sa mère qui n'aura pas le courage de le lire, il sera longtemps laissé de côté. Près de quatre-vingts ans plus tard, il est enfin publié.
    Sélectionné pour le Prix Clarens du Journal Intime.

  • Un disque de 3 minutes 33 secondes, c'est tout ce qu'il reste de ce temps-là. De ce Paris occupé où trois jazzmen planqués pour échapper aux nazis tentaient malgré tout d'enregistrer un morceau. Sid, Chip et Hiero, deux Noirs de Baltimore et un métis allemand, unis le temps d'un enregistrement frondeur. Avant, c'est à Berlin qu'ils jouaient, quand l'Amérique marquait le tempo des folles nuits européennes. Avant que Goebbels n'interdise cette «musique nègre» et qu'eux trouvent refuge en France et rencontrent le grand Armstrong. Mais, parfois, il ne faut guère plus de trois minutes pour qu'un destin bascule. Un regard enjôleur, une ligne de basse qui dérape, des papiers qui n'arrivent pas...

  • Peleliu

    Jean Rolin

    Assis sur ce banc, écoutant glouglouter dans leur fuite des créatures aquatiques (ou amphibies) dérangées par mon arrivée, je pensais au gag - un classique - du type qui s'assoit sur un tronc d'arbre et découvre, trop tard, qu'il s'agit en fait d'un crocodile, et je me disais que ces derniers ayant la réputation de vivre vieux, il s'en trouvait encore probablement, dans la mangrove, qui avaient été témoins de la bataille, et peut-être avaient saisi cette opportunité d'introduire un peu de variété dans leur alimentation. De septembre à novembre 1944, l'île de Peleliu, dans l'archipel des Palaos, a été le théâtre d'une des batailles les plus meurtrières de la guerre du Pacifique.

  • Dans le ghetto de Varsovie, les enfants juifs s'amusaient à imiter les gardiens SS quand les petits Polonais jouaient aux interrogateurs de la Gestapo. À Berlin, en 1945, des adolescents furent envoyés combattre les chars de l'Armée rouge avec des armes de fortune...

    Qu'ont vécu et ressenti les enfants, aussi bien en Allemagne que dans les territoires annexés, au cours de la Seconde Guerre mondiale ?
    Les plus jeunes incarnant l'avenir racial du Reich, les nazis commencèrent rapidement à écarter ou à tuer ceux qui le compromettaient : maisons de redressement pour délinquants ou supposés tels, stérilisation puis élimination des handicapés, extermination des indésirables...
    Si un sort privilégié était réservé aux représentants de la « race aryenne » - qui, dans leurs jeux, recréaient les victoires de la Wehrmacht -, ces derniers apprirent à grandir sous les bombardements avant, pour certains, d'être entraînés dans une fuite éperdue pour échapper à l'avancée des Alliés.
    Les liens familiaux explosant, les déracinements se multipliant, les enfants découvrirent l'impuissance et la vulnérabilité de leurs parents, le mensonge et la violence de la société, tout en devant assumer des responsabilités d'adultes pour survivre.
    À partir d'archives inédites - devoirs d'écoliers, dessins, journaux intimes, lettres envoyées depuis les maisons de correction, témoignages rapportés par les travailleurs sociaux... -, Nicholas Stargardt livre une analyse novatrice et puissante des vies d'une poignée d'enfants de tous horizons que la barbarie nazie a fini par dévorer.

  • Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Français furent « occupés », la majorité d'entre eux pendant quatre ans, les autres pendant près de deux ans. Ils furent exploités, opprimés, réprimés par les Italiens et surtout les Allemands. Et ceux que le Reich

  • • " Échos " : Une collection de romans unitaires, réalistes ou fantastiques, reflet des problématiques politiques et sociales d'hier et d'aujourd'hui.
    • Un violon d'exception comme témoin de l'Histoire, du ghetto juif de Vitebsk en Russie à la France en passant par le camp d'Auschwitz.
    Étienne, 14 ans, violoneux, comme dirait sa nouvelle amie Élisa, occupe la plupart de ses journées à répéter pour la grande audition. À l'approche de Noël, pour faire plaisir à sa Mamé, Étienne se lance à jouer avec son violon un magnifique tango, devant le public conquis de la maison de retraite. Mais l'un d'eux, qu'Étienne a surnommé Furax, en raison de son caractère exécrable et agressif, semble plus touché encore que les autres par la prestation du jeune homme. Si bouleversé qu'il révèle à Étienne l'existence d'un violon maudit, maléfique et dangereux, le plus beau des violons, un Prince !, enfermé dans son grenier. Étienne doit s'en méfier comme de la peste. Délire d'un homme sénile ? L'adolescent, poussé par sa curiosité, met de côté les avertissements du vieillard. Il récupère l'instrument qui va le plonger tout entier dans les heures les plus sombres de l'Histoire.

  • Londres, été 1939. James Reid, jeune homme rêveur et qui ne vit que par les livres, embarque pour l'Inde avec son régiment. Un voyage infernal, entre solitude, ennui et maladies, commence. Pourtant, lors d'une escale au Cap, sa vie bascule : il croit trouver en Daphne, épouse de militaire qui l'héberge, la femme idéale, l'ange dont il rêvait, le grand amour dont la littérature lui a inspiré le désir quasi mystique. La réalité est tout autre.
    Dans ce court roman, Doris Lessing met toute sa puissance de conteuse au service de ses thèmes de prédilection : les désillusions de l'amour, le fossé entre fantasme et réalité, et la démission des hommes, plus à l'aise dans le monde des idées que dans la vraie vie.

    Editeur original : Flamingo, an imprint of HarperCollinsPublishers © Doris Lessing, 2003 VO : A Love Child Pour la traduction française : © Flammarion, 2007 Couverture : Franchot Tone par Henry Hathaway © Getty Images / Hulton Archive.

  • Vienne, mars 1938. Sigmund Freud a convoqué la Société psychanalytique pour une cession extraordinaire. Élèves et disciples sont réunis autour du maître qui s'exprime devant eux, peut-être pour la dernière fois. Il n'y a plus d'autre choix : il faut fuir

  • « L'un des témoignages les plus importants sur l'Allemagne de Hitler. » Hannah Arendt De 1936 à 1944, Friedrich Reck-Malleczewen a couché dans son journal la haine que lui inspiraient les nazis et la honte ressentie devant ce qu´ils faisaient de l´Allemagne et des Allemands.
    Fervent nationaliste, conservateur convaincu, nostalgique de la monarchie, Reck-Malleczewen s´est insurgé par amour de l´Allemagne contre Hitler, ce « raté » rencontré à plusieurs reprises. Son témoignage aussi précis qu´implacable est porté par une écriture sans pareille où la colère le dispute à la révolte.
    Véritable réquisitoire contre le IIIe Reich, document majeur oublié depuis des décennies, La Haine et la honte se révèle ainsi d´une lucidité et d´une prescience troublantes.
    Une lecture indispensable pour comprendre le nazisme et ceux qui lui ont cédé.

  • Vienne, mai 1935... Edmund Husserl prononce une conférence sur la « philosophie dans la crise de l'humanité européenne ». Cette extraordinaire conférence est la première ébauche de la notion de supranationalité dans l'histoire de la pensée européenne.
    Quelque part en France, 1940. Marc Bloch, historien du Moyen Âge, fondateur de l'École des Annales, rédige un court témoignage sur la défaite de la France, L'Étrange Défaite. Ce testament intellectuel est un plaidoyer pour le renouvellement de l'esprit démocratique.
    Londres, 1940-1941. Sous le Blitz aérien de la Luftwaffe, alors que l'Angleterre tient seule tête à l'Empire nazi, George Orwell rédige l'essai « Le lion et la licorne » qui exalte les vertus du patriotisme démocratique.
    Trois intellectuels très différents, trois oeuvres dissemblables et visionnaires, trois vies exemplaires animées par un même esprit de résistance. Dans ces textes d'hommage inédits, Jorge Semprún montre une fois encore l'Européen d'exception qu'il fut.

  • Tilar Mazzeo nous invite à un singulier séjour dans le plus parisien des palaces, une fresque comme on en a rarement lu sur le Paris de l´Occupation.
    Sous l´Occupation, la vie au Ritz ne fut pas que luxe, calme et volupté...
    Entre 1940 et 1944, nul autre lieu ne concentra autant d´intrigues et de destins hors du commun. L´hôtel de la place Vendôme fut à la fois :

    L´épicentre des mondanités parisiennes - on pouvait y croiser Arletty, Coco Chanel, Sacha Guitry ou le duc et la duchesse de Windsor ;
    Le lieu de villégiature des hauts dignitaires nazis - Hermann Goering y avait ses habitudes et appréciait de se faire livrer le fruit du pillage des musées parisiens dans sa suite ;
    Une plaque tournante de la résistance à l´occupant et à Hitler - des Juifs furent cachés dans les chambres de bonne tandis que le bar de l´hôtel servait de lieu de rendez-vous aux conspirateurs de l´opération Walkyrie ;
    Un nid d´espions - la course à la bombe atomique entre les savants américains du projet Manhattan et leurs adversaires nazis se joua en partie dans ses salons.
    Depuis l´ouverture du palace sous les auspices de Proust jusqu´aux fêtes mémorables organisées par Hemingway après la Libération, Tilar Mazzeo raconte par le menu l´histoire d´un lieu mythique et nous plonge au coeur de l´Occupation.

  • Pour certains Français, la défaite de juin 1940 et la fin de la République furent une « divine surprise ». Poussés sur le chemin de la compromission avec l'occupant par des motivations aussi diverses que la conviction politique ou le simple opportunisme, des hommes et des femmes ont écrit l'une des pages les plus honteuses et controversées de notre histoire.Parmi eux, Jacques Doriot, un ancien communiste qui combattit sous l'uniforme allemand ; Jean de Mayol de Lupé, un évêque royaliste, qui concluait ses prêches par un vibrant « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Heil Hitler ! » ; Marcel Petiot, un médecin psychopathe pseudo-résistant profitant de la détresse des Juifs pour les faire disparaître ; Abel Bonnard, un homosexuel notoire, devenu ministre de l'Éducation de Vichy...Chacun à leur manière et à des degrés divers, ils ont profité du chaos né de la guerre et, en faisant le pari de la collaboration, laissé libre cours à leurs ambitions personnelles et spéculatrices.À travers ces quatorze portraits au scalpel, David Alliot revisite ces années sombres, qui ne l'ont pas été pour tous.
    Spécialiste de Louis-Ferdinand Céline, David Alliot a consacré plusieurs ouvrages à l'auteur de Voyage au bout de la nuit, figure emblématique de ces années noires.

  • Elle a laissé son nom à la loi de 1946 fermant les maisons closes, mais c'est son destin qui a fait de Marthe Richard une figure d'exception.Adolescente prostituée au tournant du siècle, devenue pionnière de l'aviation et espionne en 14-18 (à défaut de pouvoir participer à l'effort de guerre en tant qu'aviatrice), elle est élevée au rang d'héroïne nationale dans les années 1930. Et se gardera bien, durant l'Occupation, de prendre parti entre collaboration et résistance, jouant sur les deux tableaux, avant de se lancer en politique à la Libération.Portée par la grande Histoire et les rencontres opportunes tout autant que par une conscience aiguë de ses intérêts, Marthe Richard (1889-1982) a taillé elle-même sa légende. Quitte, parfois, à travestir un peu la réalité...Natacha Henry brosse ici un portrait sensible et flamboyant d'une aventurière qui n'a reculé devant rien pour faire de sa vie le plus éblouissant des romans.

  • Une relecture inédite, contrastée et vivante de l'une des plus grandes gestes de notre histoire nationale.

    La Résistance est plus qu´une page d´histoire. Le combat contre l´occupant a pris valeur de mythe et a forgé notre mémoire collective. Et pourtant, soixante-dix ans après les faits, il reste largement méconnu.
    Par exemple, que s´est-il vraiment passé le 18 juin 1940 ? Le plus grand maquis français, le Vercors, a-t-il été sacrifié ? Comment Frédéric Joliot-Curie a-t-il dissimulé les secrets de la bombe atomique à l´occupant ? Qui a trahi Jean Moulin en 1943 ? Qu´est-il advenu, à la Libération, du « Lion du 17e », seul résistant noir de Paris ?
    Il fallait le regard rigoureux d´un historien spécialiste de la Résistance pour la libérer de tout ce qui a fini par la rendre opaque. À la lueur d´archives récemment ouvertes, Robert Belot réinterroge quelques-uns des grands faits d´armes de la Résistance, aussi bien en France qu´en Afrique ou à Londres, affronte les controverses qu´alimentent encore ces années sombres tout en redonnant vie à des héros injustement oubliés. Le résultat est un tableau renouvelé de ce moment fondateur de notre identité républicaine.

  • Juin 1940 : la France est défaite. Pour le Lorrain Hermann Bickler, le Corse Petru Rocca, le Breton Olier Mordrel et tous ceux qui voulaient mettre à bas la République « jacobine » au profit de leur vision d'une « Europe des peuples », cet effondrement est l'occasion de faire avancer leurs idées. Ayant en commun une idéologie fasciste qui fédère les mécontentements à travers des identités locales fantasmées, ils se compromettront avec l'ennemi jusqu'à l'irréparable, allant parfois jusqu'à une collaboration active au rêve nazi de Grand Reich.Par le portrait de personnages jusqu'alors méconnus, Francis Arzalier reconstitue ce puzzle aux multiples pièces. Il jette ainsi un éclairage précieux sur tout un courant politique qui prend ses racines au début du XXe siècle et étend ses ramifications jusqu'à nos jours. Des hommes au destin étonnant que ces perdants de 1945, au coeur des tempêtes du XXe siècle.

  • Régine Frydman est une enfant du ghetto de Varsovie qui a, par miracle, échappé à la mort. Elle a huit ans en 1940 quand les Allemands décident denfermer 450 000 Juifs dans une enclave de cinq hectares, où ils vont être parqués et broyés à mort en lespace de trois ans. Régine naurait pas survécu si son père Abram Apelkir navait pas bravé le danger, risqué sa vie en sortant du ghetto pour trouver de la nourriture, caché sa famille chez des amis polonais en plein centre-ville et à la campagne, et même chez des religieuses.

    Régine Frydman mêle son récit à celui de son père. À deux, ils livrent un témoignage bouleversant des terribles événements dont ils ont été les témoins, les cadavres qui sentassent sur les trottoirs, les descentes éclairs de la police allemande, les fusillades dans la rue, les enfants qui se battent pour un quignon de pain, les marches dans la neige pour échapper aux rafles et à la déportation, et enfin la joie de retrouver la liberté grâce aux troupes russes.

    Un document rare.

    «Il y avait des individus qui se débrouillaient, qui risquaient leur vie pour leurs familles, pour leurs enfants. Certains habitants du ghetto étaient dun courage incroyable, et très inventifs. Mes parents étaient de ceux-là, ils se battaient sans jamais penser à la mort qui leur était destinée.» RÉGINE FRYDMAN

  • La vérité sur la fin des grands dignitaires du régime nazi
    À l'occasion du soixante-dixième anniversaire de l'ouverture du procès de Nuremberg, le 20 novembre 1945, voici le parcours d'une trentaine de hauts dignitaires du régime nazi, de leur engagement au service du Führer jusqu'aux dernières heures qui ont précédé leur mort.

    C'est au cours des derniers instants qu'une question essentielle se pose : ces hommes ont-ils compris, au crépuscule de leur existence, le but ultime du projet dévastateur et inhumain de Hitler ?
    Certains n'ont pas vu la fin de la guerre, qu'ils aient été assassinés sur ordre du Führer lui-même - comme Röhm trahi au cours de la Nuit des longs couteaux ou encore Rommel, fidèle parmi les fidèles -, ou bien victimes de la Résistance comme Heydrich, dont le meurtre sera payé le prix fort par les Tchèques et les Polonais à l'été 1942. À la toute fin de la guerre, nombreux sont ceux qui trouveront la mort : volontairement, à l'image du Führer, comme c'est le cas de Göring, Himmler ou encore Goebbels - qui condamne avec lui ses cinq enfants au suicide -, ou suite à leur condamnation à la peine capitale au procès de Nuremberg : douze hommes, dont Rosenberg, Jodl ou Kaltenbrunner.
    D'autres ont survécu : qu'ils aient été emprisonnés, comme Hess et Speer dans la prison de Spandau, ou bien rattrapés par la justice des hommes de nombreuses années après - Eichmann et Barbie en sont les figures les plus emblématiques, bien sûr. Enfin, nombreux sont ceux qui ont échappé à toute forme de procès : le terrible docteur Mengele en est évidemment l'un des exemples les plus outranciers.
    Luc Mary et Philippe Valode tentent, à travers ces pages, de comprendre comment ces hommes ont été emportés dans cette entreprise de mort et ce qui a pu les déposséder si complètement de tout sens critique.

  • Et si Jésus Christ était gaulois ?Et si le Titanic n'avait pas coulé du tout ?Et si la famille du tsar avait survécu à la révolution de 1917 ?On nous ment ! On nous manipule ! On nous cache tout ! Du moins à en croire la quarantaine de théories intrigantes, dissidentes, voire révoltantes, exposées dans ce livre.Qui sont les « pseudo-historiens » dont les travaux contestent les versions officielles ? Doit-on les tenir pour des escrocs, des paranoïaques ? Ou bien les prendre pour des visionnaires ? Voici des récits que vous ne lirez jamais dans les manuels. Avec une ironie mordante, Christophe Bourseiller dresse pour la première fois l'inventaire drolatique des plus belles divagations de l'Histoire.

  • La thèse est audacieuse : le nazisme était un projet utopique au sens fort du terme. Elle est audacieuse parce nous avons tendance à exonérer l'utopie pour n'en conserver que la dimension émancipatrice, en minorant les dérives, les erreurs, les meurtres qu'elle a aussi produits.
    À présent, mettons face à face la rhétorique nazie et les caractéristiques fondamentales de l'utopie : refaire l'homme par l'éducation, le travail et le sport ; bâtir une cité réconciliée, unie et heureuse, tenter de la rendre éternelle... Point par point, Frédéric Rouvillois démontre un emboîtement presque parfait - et mortifère. La volonté nazie de refaçonner le monde avait beau être délirante, elle était strictement réglée et se voulait rationnelle. L'idéologie national-socialiste était paranoïaque, théoriquement indigente, c'est vrai, mais elle aussi promettait l'épanouissement d'un peuple élu. Sinon, comment expliquer l'engouement des Allemands pour un projet aussi monstrueux ?
    Envisager le nazisme sous l'angle de l'utopie permet deux choses. De souligner le parallèle avec l'autre totalitarisme du XXe siècle, le communisme : il n'y a pas d'utopie innocente. De comprendre le « judéocide », massacre conçu et organisé comme la condition et l'une des finalités de cette utopie criminelle. Le premier rapprochement est admis par beaucoup. Le second est plus inédit, mais l'idée de l'utopie comme intrinsèquement porteuse de génocide s'impose à nous à la lecture de cet essai.

  • À Francfort, en 1964, Lena fait la rencontre de Heiner. Elle est interprète lors des grands procès des criminels nazis, tandis qu'il compte parmi les survivants d'Auschwitz appelés à témoigner. Pris d'un malaise entre deux audiences, il est secouru par Lena, qui deviendra sa femme.
    C'est le grand amour de leur vie mais un ménage à trois avec... le passé. Les nuits de Heiner sont peuplées de cauchemars que Lena voudrait voir se dissiper. Dans les années 1980, ils entreprennent un voyage en Pologne. L'occasion pour eux de retourner « sur place », d'entrer en résonance avec le passé pour mieux appréhender leur présent ensemble.
    Comment peut-on vivre quand on est survivant ? Ce récit de Monika Held, inspiré de la vie d'un couple d'amis, aborde avec intelligence, justesse et sensibilité l'histoire d'un amour hanté par Auschwitz.

    Titre original : Der Schrecken verliert sich vor Ort Éditeur original : Eichborn, a division of Bastei Lübbe Publishing Group.
    © Bastei Lübbe GmbH & Co.KG, 2013.
    Pour la traduction française :
    © Flammarion, 2014.
    En couverture : Vue de la forêt d'Auschwitz © Pawel Sawicki / Flammarion

  • Les présidents de la République française ont tous fait l'objet de biographies. Mais si elles retraçaient consciencieusement leurs parcours politiques, jusqu'ici elles n'accordaient guère d'attention à leurs épouses. Or, dans le cas de Georges Pompidou, le couple exceptionnellement fusionnel qu'il formait avec Claude, sa femme, nous empêche d'agir de la sorte, d'où le titre de cette double biographie : Les Pompidou. Bien que dotés chacun d'une forte personnalité, ils réussirent à travers mille difficultés à conserver, jusqu'à la fin tragique du Président, l'image d'un couple uni en parfaite harmonie avec cette France des Trente Glorieuses et de la Ve République dont Georges Pompidou fut l'un des grands architectes. Cette biographie passionnante est une véritable plongée dans un siècle de l'Histoire de France, de 1911 jusqu'à nos jours, ainsi qu'une vue inédite sur ce couple si français.

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