• Le retour de Jeffrey Archer, véritable " conteur de la trempe d'Alexandre Dumas. " ( The New York Times). Un nouveau coup de maître ! Leningrad, 1968. Alexandre Karpenko est, depuis sa plus tendre enfance, destiné à de grandes choses. Mais lorsque son père est assassiné par le KGB pour avoir défié l'État, lui et sa mère vont devoir fuir l'URSS. Sur les quais d'un port, une décision irrévocable les attend : faut-il embarquer pour les États-Unis ou pour la Grande-Bretagne ? Alexandre joue son destin à pile ou face...
    Deux vies parallèles s'offrent alors à lui. À Londres, la poursuite de brillantes études. À New York, il se lance dans les affaires.
    Une formidable épopée de plus de trente ans entre deux continents, deux mondes parsemés d'embûches qu'Alexandre va devoir conquérir.

  • Le capitalisme nuit gravement. Surtout aux femmes. Il les confine à la dépendance envers les hommes et les contraint de soumettre leurs relations intimes à des considérations économiques. Voilà ce que Kristen Ghodsee a conclu des vingt années qu'elle a passées à observer les répercussions de la transition du socialisme d'État au capitalisme sur le quotidien des habitantes des pays de l'ancien bloc de l'Est. Sans pour autant réhabiliter les dictatures du communisme réel, elle démontre qu'il y avait beaucoup à sauver des ruines du Mur, et que, contre le mortifère triomphalisme néolibéral d'aujourd'hui, il est encore temps de raviver l'idéal du socialisme.

    D'une plume libre et généreuse qui va de l'anecdote personnelle à l'analyse de statistiques, en passant par les notes de terrain, l'anthropologue s'adresse d'abord aux jeunes femmes, puis à quiconque souhaite contrecarrer les effets délétères du libre marché. Sous l'égide des grandes figures féministes du socialisme, Alexandra Kollontaï, Rosa Luxemburg, Clara Zetkin, elle aborde tous les aspects de la vie des femmes - le travail, la famille, le sexe et la citoyenneté - et propose des pistes pour qu'elles aient une vie (sexuelle) plus épanouie.

  • Staline

    Oleg Khlevniuk

    « Cela fait plus de vingt ans que je me consacre à l'étude de Staline et des mécanismes qui ont sous-tendu son action. Une action qui aboutit à la destruction de millions de vies humaines. Malgré le caractère éprouvant, sur le plan émotionnel, de ce travail, je m'y suis tenu avec constance », écrit Oleg Khlevniuk en introduction à cette nouvelle biographie saluée par la critique internationale. Unanimement reconnu comme le plus éminent spécialiste russe du stalinisme, fort d'une connaissance exceptionnelle des grands fonds d'archives soviétiques, l'auteur suit la vie et le parcours de ce dictateur hors catégories. Il pose un regard neuf sur le « système de règles » de Staline, les mécanismes politiques de son ascension, les ressorts d'un mode de gouvernance fondé sur un interventionnisme de tous les instants et un travail quotidien titanesque.
    Cette biographie brillante et captivante a reçu le prestigieux Prose Award 2016 décerné par de grandes universités américaines.

  • Nous sommes en Roumanie, en janvier 1945 : la population germanophone de Transylvanie vit dans la peur de la déportation. Cette mesure, exigée par le nouvel allié soviétique de Bucarest, vise une population soupçonnée d´avoir soutenu l´Allemagne nazie pendant la guerre. Le jeune Léopold sait qu´il est sur la liste. Il prépare sa petite valise, des affaires chaudes, quelques livres, puis, quand la police roumaine vient le chercher à trois heures du matin, par - 15° C, il reçoit les mots de sa grand-mère 'Je sais que tu reviendras' comme un viatique.
    L´usine de charbon, la tuilerie, la cimenterie, des baraquements élémentaires, une ration de pain et deux rations de soupe par jour, les diarrhées et les poux : tel sera le quotidien de Léopold pendant cinq ans. La Bascule du souffle nous invite à lire la chronique terrifiante de ces années de froid, de faim et de découragement qui tuent dans un camp de travail en Russie. Mais la singularité du livre de Herta Müller réside dans sa faculté incomparable de transcender le réel, de l´illuminer de l´intérieur. Sous sa plume, le camp devient un conte cruel, une fable sur la condition humaine. Ici les arbres parlent, le ciment boit, la pendule a mal à son ressort cassé, la faim voyage dans le corps d´un ange, et le coeur, dans une pelle.
    Herta Müller souhaitait écrire ce livre à quatre mains avec le poète germano-roumain Oskar Pastior - le modèle de Léopold - mais ce projet fut interrompu par sa mort. La prose de Herta Müller, poétique et maîtrisée, sèche et puissante, toujours surprenante, lui rend hommage de la plus belle manière qui soit. Certes, La bascule du souffle aborde un tabou historique, mais s´impose surtout comme une oeuvre de portée universelle. Un événement bouleversant.

  • Cet ouvrage offre une analyse minutieuse des tendances globales, des forces et des faiblesses économiques de la Russie, de l'Europe de l'Est, de la Transcaucasie, de l'Asie centrale et des pays baltes. Modèle économique, indicateurs clés, économie réelle, financière, balance commerciale, situation sociale, investissements et actifs, capital humain et politique économique, tous ces outils permettront au lecteur de se faire une idée complète des principales tendances et problématiques de la Russie. L'Europe de l'Est, la Transcaucasie, l'Asie centrale et les pays baltes sont ensuite analysés selon les mêmes perspectives, permettant de comparer les progrès économiques des États de l'ex-URSS, en soulignant, pays par pays, leurs différences et leurs similitudes. Un manuel indispensable aux étudiants, aux professeurs et aux hommes d'affaires intéressés par la Russie ou les pays de l'ex-URSS.

  • Repères et clés pour décrypter l'actualité

    Ni tout à fait en Europe ni tout à fait en Asie, la Russie interroge : quelle est sa stratégie politique ? Quels développements économiques envisage-t-elle ? Comment se positionne-t-elle face aux États-Unis et face à cette nouvelle grande puissance qu'est la Chine ? Ces questions traversent l'histoire contemporaine et resurgissent au fil de l'actualité. Des clichés à la réalité, cet ouvrage nous parle de lieux, de faits et de chiffres pour nous aider à y voir plus clair. Spécialiste incontesté, l'auteur propose 40 fiches documentées pour cerner les enjeux et les défis de la région. L'ensemble est illustré de cartes, graphiques et tableaux.


    "Jean de Gliniasty dénoue l'énigme russe et porte un éclairage édifiant sur des réalités loin d'être monolithiques"
    Pascal Boniface

  • De la révolution d'octobre 1917 à 1922, la guerre civile russe fait des ravages : millions de morts, épidémies, famine, terreur et déportation. Face aux bolcheviks et aux monarchistes, une troisième force, issue du monde rural, émerge. En mars 1917, mutineries et jacqueries submergent la Russie, le tsar Nicolas II abdique, Lénine et les bolcheviks prennent le pouvoir. Ce sont les Rouges. En décembre, des généraux proscrits commencent à lutter pour le retour du régime tsariste. En un an, du Caucase à la Sibérie, ils sont des centaines de milliers sous les drapeaux de Dénikine, Koltchak ou Wrangel. Ce sont les Blancs. Face à la terreur bolchévique, bandes de pillards et paysans se révoltent à leur tour. Refusant la circonscription et la réquisition de récoltes, ils se déclarent pour la liberté du commerce et contre la dictature de la ville. Ce sont les Verts. À la lumière de documents russes inédits en français, Jean-Jacques Marie revisite le récit d'une guerre civile qui plonge la Russie dans le chaos et voit la disparition d'un monde qu'on croyait éternel.

  • La France a pleinement participé à la guerre froide. Mais à la différence d'autres pays, l'« atlantisme » y a presque toujours été minoritaire et, dans le domaine politique comme sur le plan militaire, elle a imprimé à cet affrontement sa marque particulière, sans tomber dans l'hystérie antisoviétique ni dans le rejet de la Russie en tant que telle.
    Présente dans toutes les grandes crises, elle a, avec davantage de détermination que ses alliés, cherché à maintenir dans ce conflit nouveau (conflit de puissance et conflit idéologique à la fois) le système international classique dans le cadre d'une « double sécurité » (aussi bien face à l'URSS que face à une éventuelle résurgence du problème allemand), ou même elle s'est employée à promouvoir un nouveau système européen permettant de relativiser les différences entre les deux parties du continent. Malgré le confort que la situation aurait pu lui procurer, elle a tenté, avec des variantes et des responsables aussi différents que de Gaulle, Bidault, Robert Schuman, Mendès France, Mitterrand, d'imaginer une sortie qui ne serait pas le résultat d'une victoire pure et simple. Sortie qui passerait par le retour au primat de l'intérêt national à l'Est ou bien par la convergence des modèles de société.
    Au total, si la France n'a pas « gagné » cette guerre de cinquante ans, elle ne l'a pas « perdue ». Étant donné la lourdeur des problèmes de la décolonisation et la profondeur de ses divisions internes sur la politique à suivre envers l'URSS mais aussi envers les États-Unis et l'Allemagne, c'est déjà beaucoup. Appuyée sur le dépouillement méthodique des archives du Quai d'Orsay et des autres grandes chancelleries, la plupart inédites, des témoignages et des Mémoires de multiples protagonistes, cette somme historique sans précédent renouvelle fondamentalement notre vision du second XXe siècle.

  • L'invitation

    Claude Simon

    « Dans une ville au nom semblable à un froissement, un claquement d'étendard un groupe hétéroclite d'intellectuels est promené çà et là, selon le programme minutieux et dépourvu de sens d'un voyage officiel. Le pays et les voyageurs ne sont nommés que par périphrases. Il y a un acteur qui a incarné le personnage de Néron au cinéma, le second mari de la plus belle fille du monde, un homme avec une tête de gladiateur nubien, deux duettistes noirs qui ont l'air de prédicateurs évangélistes, un diplomate méditerranéen, un Tolstoï d'Asie centrale à tête de montagnard et, à l'arrière-plan, L'Histoire, proche ou contemporaine : le bandit séminariste qui a fait régner la terreur dans ce pays et exterminé ou déporté des millions d'hommes, son successeur actuel semblable au dernier rejeton d'une lignée de gangsters qui aurait été élevé dans un collège suisse. Ou encore, l'autre grand de ce monde, le cow-boy à la retraite élu pour avoir galopé dans des films de troisième catégorie. » (Marianne Alphant, Libération, 6 janvier 1988) L'Invitation est paru en 1988.

  • Il abaissa sa baguette tandis que les premiers accords, pleins et assurés, sélevaient dans la salle poussiéreuse. Les trompettes et les timbales dominèrent la ligne mélodique des cordes, avec leur motif de deux notes, lancinant et répétitif Puis il y eut des entrées loupées, quelques solos bâclés. Elias fut saisi de panique. Un musicien blêmit et saffala sur sa chaise. Mais portée par son élan, la musique roulait comme un rocher sur une pente douce. Il se contentait de la guider, la retenir, lempêcher de semballer La symphonie menait sa propre vie En juin 1941, après la brutale rupture du pacte germano-soviétique, Leningrad va être assiégé. Au fil de plus de neuf cents jours, une terrible pénurie sinstalle, les bombardements se multiplient. Les habitants meurent de faim par milliers. Dmitri Chostakovitch, qui vit à Leningrad, travaille alors à sa Septième Symphonie, dans laquelle il va magnifiquement intégrer le bruit des canons, des bombes et des sirènes dalarme. Et Staline, qui surveille étroitement les artistes, a une idée : la faire jouer en disposant des haut-parleurs en direction de la ligne de front, afin que les Allemands pensent que si les Russes sont encore capables de faire de la musique, cest quils ne sont pas près de se rendre. Hâves, décharnés, les musiciens doivent trouver lénergie nécessaire pour donner ce concert exceptionnel

  • Plus de 90 cartes et infographies inédites présentent l'histoire de la Russie, mettant l'accent sur les différentes régions d'un territoire immense et sur les modalités de son contrôle par l'État.
    o La Russie impériale, puissance en expansion depuis le XVe siècle, est fragilisée par une modernisation tardive, la guerre, et mise à terre par la Révolution de février 1917.
    o La Russie soviétique se forge dans une immense violence politique et sociale tout en donnant naissance à un monde nouveau, urbain et industriel.
    o La période postsoviétique voit la Russie, après un temps de repli et de fragilité, tenter de renouer avec sa grandeur passée.
    D'Ivan III, « grand-prince de Moscou et de toute la Russie » au XVe siècle, à Vladimir Poutine, président d'un pouvoir central de retour sur la scène internationale, le territoire de la Russie a ainsi connu de nombreuses évolutions.

  • Svetlana était la fille unique et chérie de Joseph Staline. En fuyant l'URSS en pleine guerre froide, la « petite princesse du Kremlin » devient une héroïne, mais ne parviendra jamais à échapper au fantôme du tyran rouge.
    Adorée par son père et tenue à l'écart de ses massacres, Svetlana mène une enfance insouciante, jusqu'à la mort de sa mère dans des circonstances mystérieuses. À 17 ans, elle tombe amoureuse d'un cinéaste juif mais Staline le fait envoyer au goulag. Suivent deux mariages, deux enfants, deux divorces.
    Éprise de liberté, la fille du tyran fuit seule l'URSS et pose le pied sur le sol américain en avril 1967. En publiant ses Mémoires, elle dénonce le régime soviétique et parle de son « monstre de père ». Désormais à la une de la presse du monde entier, elle déclenche la fureur du KGB. Mais la célébrité n'adoucit pas la nostalgie d'un pays qui lui est si cher...
    Fille meurtrie, femme mal-aimée, éternelle errante, Svetlana (1926-2011) nous touche par son destin tourmenté marqué du sceau de l'histoire russe du xxe siècle.

  • « Lors de mon premier séjour en URSS, au début des années 1960, je me trouvais seul à Léningrad, et, comme il est d'usage dans ce pays, je m'assis au restaurant à une table où il y avait déjà un convive, un offcier de la marine marchande. Bientôt, nous bavardions.
    "Qu'êtes-vous venu faire en Russie ?
    - Je suis historien et je prépare une thèse de doctorat.
    - Sur quel sujet ?
    - Sur la révolution en Russie.
    - Intéressant, intéressant..."
    Alors, quittant la table, il passa derrière moi, me caressa doucement la nuque et murmura : "Pauvre petit..."
    Commisération pour un jeune naïf qui croit qu'on le laissera librement travailler ? Qui imagine pouvoir pénétrer le secret du passé du pays ? Cette caresse était un message. »
    Premier historien à avoir eu accès en URSS aux archives du parti communiste, Marc Ferro a été le témoin direct du stalinisme et de la perestroïka. Comment les Russes ont-ils vécu ces bouleversements ? Comment envisagent-ils l'avenir ? En prenant à son habitude des chemins de traverse - ses propres souvenirs de scènes vécues, la politique, le cinéma et la littérature -, Marc Ferro renouvelle l'analyse de la révolution de 1917 et du régime soviétique et nous fait entrer dans la vie et l'esprit des Russes, un peuple qu'il connaît si bien.

  • Vingt ans après la Révolution russe, les fameux «  procès de Moscou  » (1936-1938) représentent l'acte fondateur du totalitarisme stalinien. En quelques mois, hauts dirigeants et militants de la première heure sont éliminés en nombre à l'issue de procédures kafkaïennes qui préfigurent les «  grandes purges  » de 1937 et 1938.Tout commence le 1er  décembre 1934 avec l'assassinat de Sergueï Kirov, seul rival de Staline en popularité au sein du Comité central. Un mois plus tard, 13  coïnculpés en plus de son meurtrier sont fusillés, au nom d'un improbable complot. Ce premier procès servira de matrice aux suivants  : accusation de haute trahison, de sabotage et d'espionnage  ; documents à charge créés de toutes pièces par le NKVD  ; torture physique et psychologique des prévenus  ; orchestration implacable des audiences destinée à les rendre crédibles auprès d'un public trié sur le volet. Il s'agit tout à la fois de se débarrasser de concurrents gênants, de fournir au «  Petit Père des Peuples  » une mainmise totale sur l'appareil du Parti et d'ériger un paravent médiatique aux exécutions de masse perpétrées dans l'ombre.Enrichi de témoignages et de documents d'archives déclassifiés après la dissolution de l'URSS, cet ouvrage propose un récit poignant de ces procès-spectacles, en intégrant les apports de la recherche historique des dernières décennies.  Historien et auteur de documentaires, Alain Frerejean est notamment l'auteur chez Fayard de C'était Georges Pompidou (2011) et chez Perrin de deux biographies croisées  : Churchill-Staline (2013) et Staline contre Trotski (2016). 

  • De 1939 à 1945, le monde entier s'embrase, des neiges de Finlande aux sables du désert de Libye, des îles du Pacifique aux plages normandes, des hauts plateaux d'Éthiopie aux mornes steppes russes. Une guerre totale menée sur terre, sur mer et dans les airs, qui n'épargna pas les populations civiles bousculées, déplacées, contraintes au travail forcé, pillées, bombardées, massacrées, exterminées.
    Cette histoire de la Seconde Guerre mondiale est à la fois une explication et un récit.
    Sans négliger la narration des combats, elle accorde une large place aux enjeux idéologiques, politiques et stratégiques, à la propagande, et souligne le poids déterminant de l'économie ou des technologies, en évoquant la mobilisation des sociétés en guerre et les affres de la vie quotidienne. Des états-majors aux champs de bataille, des témoignages des principaux acteurs aux souvenirs des plus humbles victimes, ce livre nous entraîne au coeur du drame, à jamais gravé dans les mémoires, qui coûta la vie à 60 millions d'êtres humains.

  • Beaucoup de gens connaissent 1984 pour avoir lu le roman ou vu le film qui en a été fait. Peu savent que son inspiration première est la participation d'Orwell à la guerre civile espagnole et la terreur stalinienne qu'il y a découverte.

  • S'il existe un Eldorado des idées reçues, c'est bien la Russie ! Vue de France, et plus globalement d'Occident, son image tour à tour magnifiée ou caricaturée se focalise
    alternativement sur le Bien ou le Mal... mais toujours dans une belle unanimité.
    De George Turberville qui en 1568 écrit : « en peu de mots, le pays est trop froid et les gens sont bestiaux », à l'équation sommaire « Poutine = Staline », la Russie de Catherine II fut louée par Voltaire, celle de Staline chantée par Aragon, et la gorbimania submergea un Occident qui ne pardonnera jamais à Eltsine d'avoir mis fin au rêve d'un « socialisme à visage humain ». Ces visions manichéennes de la Russie traversent les siècles sans prendre une ride, s'accordant bien à cet autre poncif d'une « Russie éternelle ».
    Analysant une quinzaine d'idées reçues sur la société, l'économie ou les relations internationales de la Russie contemporaine, Pascal Marchand nous permet, grâce à
    une réflexion approfondie et nuancée, de mieux comprendre ce « rébus enveloppé d'un mystère au sein d'une énigme » (Churchill).

  • En 1939, l'URSS annexe une partie de l'Europe centrale et orientale. Durant la décennie qui suit, un million d'Allemands, de Biélorusses, d'Estoniens, de Lettons, de Lituaniens, de Polonais, de Hongrois, d'Ukrainiens, dont de nombreux juifs, sont arrêtés par familles entières. Les hommes sont envoyés dans des camps de travail, les femmes, les enfants et les plus âgés sont déplacés dans des villages du Grand Nord soviétique, en Sibérie ou dans les steppes kazakhes.
    Dans un récit bouleversant, Marta Craveri et Anne Marie Losonczy restituent ce pan longtemps ignoré de l'histoire du Goulag en donnant la parole aux témoins qui n'étaient encore que des enfants ou des adolescents lorsqu'ils furent déportés. La violence, la peur, le danger, la lutte pour la survie ont constitué, des décennies durant, le quotidien de ces jeunes, sans pour autant faire disparaître les joies de l'enfance, les liens d'amitié, la curiosité. Une fois libérés, à compter du milieu des années 1950, parfois beaucoup plus tard, revenant sur leur terre natale devenue étrangère, ces adultes à l'enfance confisquée ont dû reconstruire une vie, une identité. Ils ont su faire face à la suspicion et au silence liés à ces crimes qui peinent encore à trouver une place dans la mémoire collective européenne.

  • Les communistes vietnamiens ont réussi en cinquante ans à renverser le pouvoir colonial français, à tenir en échec l'armée américaine et à conquérir le Sud en 1975.

    Bien qu'ils se soient constamment inspirés des modèles soviétique et chinois de conquête

  • 22 juin 1941. Violant le pacte de non-agression conclu le 23 août 1939, l'Allemagne nazie envahit l'URSS. S'ouvre alors une guerre aussi colossale qu'inexpiable, qui fauchera plus de trente millions de personnes, soit la moitié des pertes causées par la Deuxième Guerre mondiale.

    S'appuyant sur une ample documentation russe, allemande, anglo-saxonne, et s'affranchissant de plusieurs idées reçues, cette vaste fresque nous entraîne de « Barbarossa » à Moscou, de Stalingrad à Koursk, de la reconquête soviétique à la chute de Budapest et de Berlin, nous plongeant au coeur des opérations et des doctrines militaires dont elles procèdent.
    L'auteur déchiffre les calculs de Hitler et de Staline, mais fait aussi une large part aux péripéties diplomatiques, à la dimension économique de l'affrontement, au déchaînement de violence qu'il génère, notamment la « Shoah par balles » qui se traduira par l'assassinat de plus d'un million trois cent mille juifs soviétiques par les nazis. Sans oublier le vécu des obscurs et des sans-grades, « matériel humain » d'une guerre totale et absolue.

    « Ce que le lecteur retiendra, c'est la remarquable objectivité avec laquelle Nicolas Bernard traite les questions les plus délicates posées par cet affrontement titanesque entre deux tyrans, deux idéologies mortifères et deux peuples engagés malgré eux dans une guerre d'extermination. Même si certaines archives restent fermées à la recherche, il faudra sans doute bien des années avant qu'une oeuvre aussi magistrale puisse être considérée comme dépassée. » François Kersaudy

  • De 1938 à 1953, Lavrenti Beria a été un rouage essentiel du système stalinien, quil a ensuite tenté damender avant de payer de sa vie cette tentative avortée. Manipulateur, dune cruauté sans bornes, cest ainsi quil entra dans lhistoire. Or, la figure de Beria savère au regard des faits et à lanalyse bien plus complexe : bourreau certes, mais aussi fin politique.
    Fils de paysans misérables, il connaît une ascension fulgurante. Flanqué dune cohorte de tortionnaires, il dirige la police politique soviétique, le NKVD, pendant sept années décisives (1938-1945) au cours desquelles la nomenklatura consolide son pouvoir. Il organise la déportation meurtrière des peuples du Caucase, planifie les meurtres de Trotsky et de ses ennemis politiques.
    Mais, à la mort de Staline, Beria est le premier à saisir que le régime, à bout de souffle, ne peut survivre quen desserrant le carcan de la terreur policière. Il commence a démanteler le goulag, propose la réunification de lAllemagne ; en somme, des mesures annonciatrices de la pérestroïka gorbatchévienne. Nommé ministre de lIntérieur en mars 1953, il est arrêté par ses pairs en juin et fusillé en décembre pour un complot infondé.
    A lappui de nombreux documents darchives rendus publics à la chute de lUnion soviétique, Jean-Jacques Marie brosse le portrait complet de lun des acteurs majeurs de lURSS sous Staline.

  • "Il est impossible de concevoir l'étude de la Seconde Guerre mondiale sans évoquer le conflit germano-soviétique. Ce choc de titans est en effet une véritable guerre dans la guerre et le conflit de tous les superlatifs : immensité des espaces russes, climat extrême, masses humaines et matérielles inouïes, destructions et massacres de civils à grande échelle, combat entre les deux grandes idéologies totalitaires du XXe siècle.
    Depuis 1945, les historiens occidentaux ont présenté la guerre à l'Est d'un seul point de vue car les archives accessibles n'étaient alors qu'allemandes. Aujourd'hui, la plupart des analyses ont été battues en brèche par des historiens anglo-saxons, allemands, russes et français qui, depuis la chute de l'URSS en 1991, ont profité de l'ouverture des archives soviétiques pour donner un souffle nouveau à l'étude de ce conflit impitoyable.
    À travers l'étude de la planification et de l'exécution des opérations, le lecteur trouvera des considérations économiques, politiques et diplomatiques. Car il s'agit d'écrire une nouvelle histoire de ce conflit en insérant des problématiques issues des sciences humaines dans le champ de l'histoire militaire.
    Les grandes opérations allemandes et soviétiques sont ici analysées en détail : l'opération Barbarossa, l'opération Blau (offensive stratégique de l'été 1942 qui mène les Allemands à Stalingrad), l'opération Uranus qui enferme la 6e armée allemande dans Stalingrad, la bataille de Koursk... On y verra enfin une description de l'art militaire soviétique, longtemps minoré - voire méprisé - par l'historiographie occidentale, et qui a pourtant permis à l'Armée rouge de terrasser la Wehrmacht."

  • Dans l'ombre de Staline, Beria fut pendant quinze ans le chef de la police secrète soviétique et d'un réseau d'espionnage à l'échelle mondiale. Commandant en chef du tentaculaire NKVD, censeur de la presse et de la culture, ministre de l'Intérieur, administrateur des camps du goulag, maréchal de l'URSS, vice-président du conseil des ministres, Beria fut le véritable numéro 2 du régime, redouté même par ses pairs. Lors de la conférence de Yalta, Staline le présenta au président Roosevelt par cette boutade : « C'est notre Himmler ! » Originaire de Géorgie, il intègre au début des années 1920 la Tcheka, première police politique d'Union soviétique. En 1926, il dirige la répression du mouvement nationaliste géorgien, s'attirant ses premières distinctions. Dans les années 1930, il prend le contrôle du Parti communiste géorgien, et ne l'abandonnera plus. C'est déjà l'homme de confiance de Staline et l'organisateur des purges d'avant-guerre. À partir de 1938, il prend la direction du NKVD, la police politique préfigurant le KGB, et il y fait régner la terreur. Il est responsable des arrestations et de l'élimination des opposants.
    Pendant la Seconde Guerre mondiale, Beria est l'instigateur des massacres de Katyn, et de déportations massives. Grâce aux renseignements glanés par ses services en Occident à partir de 1942, il initie le programme nucléaire soviétique et sera le « père » de la bombe russe.
    Haï par ses collègues qui le jugent dangereux, Beria est arrêté peu après la mort de Staline sur ordre de Khrouchtchev. Accusé de complot et d'espionnage, selon une méthode qu'il a lui-même beaucoup pratiquée, il est exécuté dans des circonstances troubles.

  • Le cocommuniste

    Jacques Jouet

    La scène se passe : en banlieue parisienne dans les années 1970 puis en URSS entre la mort de Lénine et celle de Staline puis dans le bassin creillois entre 1950 et 2010 puis dans une «démocratie populaire» après la destruction du rideau de fer puis en France avant Karl Marx puis en Amérique latine aujourd'hui et puis encore, pour finir, en banlieue parisienne aujourd'hui. Le communisme dans l'idée ; le communisme dans le concret. Vains dieux, la confrontation!

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