• « La condition du parlêtre » signifie que l'être humain est organisé par la parole et le langage et non par le fonctionnement exclusivement neuronal de son cerveau, ce qu'affirment les neurosciences.

    Quelle est l'importance du langage et de la parole dans la vie de l'homme ? Cette interrogation n'est pas seulement celle de la psychanalyse mais bien celle vitale de l'être humain qui ne saurait se développer en dehors de ce champ de parole. L'auteur propose une lecture ouverte de ce que Freud, puis Lacan et d'autres (notamment ses patients) nous apprennent de la condition humaine. Il part à la rencontre, non de l'homme psychologique, de l'homme philosophique ou de la religion, mais de l'homme du défaut et du symptôme, ce qui anthropologiquement se définit avec Lacan comme un parlêtre, un être de parole qui échoue et produit des symptômes.

  • Si l'interprétation psychanalytique relève bien de l'action du psychanalyste et de la responsabilité qui lui incombe quant à son savoir-faire, elle n'est pourtant pas réductible à un énoncé (ou à un silence) de l'analyste. Lacan l'a plutôt définie comme un « dire de l'analyse » et n'a jamais cessé d'en interroger le sens.

    Nicolas Guérin suit l'évolution des propos de Lacan relatifs à la catégorie du sens, au carrefour d'autres disciplines comme la logique et la poésie. Il aborde ainsi des problématiques tangentielles comme la place de l'athéisme en psychanalyse et la reliogiosité de l'idéologie en vogue dans la communauté analytique sur les « nouveaux sujets ». Mais c'est en approfondissant ce que Lacan entend finalement par « sens blanc » (notion furtive qui n'apparaît que deux fois à la fin de son enseignement) qu'une conception spécifiquement lacanienne de l'interprétation peut être mise au jour et, avec elle, une reconsidération du champ de la parole et du langage en psychanalyse. 

  • L'expression « Entretiens préliminaires » peut induire en erreur. La qualification de « préliminaire » pourrait signifier qu'il s'agit d'une préparation à une autre chose considérée comme plus importante. Il n'en est rien. Au contraire, nous avons là le marchepied qui permet de pénétrer dans la cure analytique. C'est souvent l'échec ou le succès de ce premier temps qui va conditionner l'entrée dans le discours analytique.

    À quel moment peut-on se dispenser de la position de face à face pour passer sur le divan ? Quelles sont les conditions de ce passage du langage commun à la situation analytique, où ce n'est plus à l'alter ego que l'on s'adresse mais à un lieu Autre qui peut devenir constituant ?

    Les auteurs, psychanalystes confirmés, apportent leurs témoignages et leurs élaborations sur ce premier temps délicat où se décident les indications et les contre-indications à la psychanalyse. Ils montrent en quoi ces entretiens, qui se différencient des entretiens médicaux, des psychothérapies, des approches psychologiques, constituent une introduction à la logique de l'inconscient.

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