• Les conséquences de l'effondrement des régimes communistes dans les pays de l'Europe centrale n'ont pas encore été examinées sur le plan des savoirs, en particulier celui des sciences sociales. Celles-ci ont été à la fois le creuset de l'héroïsme hérétique des dissidents historiques, et de la lâche soumission à la pensée totalitaire. Face sombre de l'ombre et intelligence lucide font la nouvelle matière des recompositions et des reconversions à l'oeuvre depuis la chute du mur de Berlin. Les savoirs ont-ils perdu leur âme et leur devoir critique face à un socialisme qui se voulait scientifique ? Sont-ils désormais dans un rapport de fascination à l'égard des théories occidentales ? Portant sur un moment rare de mutation intellectuelle, ce livre n'entend pas donner de réponses définitives à ces questions. Il les déploie au contraire en les incarnant dans des portraits, des projets, des fragments de vie quotidienne qui restituent l'atmosphère des premières années d'ouverture et les béances d'un avenir incertain. En sillonnant villes, institutions scientifiques, politiques et culturelles, ce voyage où se mêlent compréhension, compassion et ironie prend la forme d'un récit d'expérience guidé par une conviction : l'exercice de la raison, le débat critique et la pluralité des savoirs sont au fondement de l'Europe scientifique, et plus encore le principe des démocraties naissantes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Témoignages de femmes élues, ce livre veut rendre compte de l'intérêt qu'elles ont trouvé à être élues, des problèmes, du regard des autres, des conséquences familiales de ce choix, des problèmes de temps, de vie de couple, d'écoute dans la sphère politique.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce n'est pas un livre politique ni un bilan de la cohabitation. Il décrit la vie quotidienne de ceux qui prétendent faire le bonheur des Français.

  • Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu Président de la République. Le peuple de gauche acclame son vainqueur du jour à la Bastille. La fine fleur de l'intelligentsia française ne franchit pas la Seine ce soir-là pour saluer les militants à la rose. Pendant que tombent sur les télescripteurs les réactions des milieux économiques, sociaux et politiques, les grands intellectuels observent un silence prudent. Cette attitude dérange, inquiète et déconcerte les responsables du P. S. La classe intellectuelle n'est-elle pas traditionnellement de gauche ? Et la « force tranquille » ne se dit-elle pas l'ami des lettres et du savoir ? Les héritiers socialistes de Jaurès, Guesde et Mollet ne vont pas tarder à crier à une trahison du « parti intellectuel ». Il faut dire que, malgré l'abondance des tentatives de séduction du nouveau pouvoir, les plus fertiles frayeurs d'idées de l'hexagone refusent de prendre du service à la cantine des socialistes. Comme ils s'abstinrent de mêler leur voix au chapitre giscardien. À l'aube de l'hiver dernier, le fameux « état de Grâce » tire à sa fin. Le pouvoir socialiste qui s'est attribué en six mois d'exercice la plus belle panoplie qui soit de satisfecits peut enfin se trouver confronté au libre jeu démocratique du jugement et de la critique. Janvier 1982 : le moment semble venu de donner la parole à une classe intellectuelle qui s'est, à quelques exceptions près, confinée dans un silence éloquent. Le Quotidien de Paris ouvre ses colonnes à cette prise de parole plurielle qui fera grincer les dents des princes qui nous gouvernent. Et agacera l'establishment socialiste. Ce livre reprend et développe la série d'entretiens que le Quotidien a publiés à l'époque.

  • La France fait aux femmes, dans les instances du pouvoir, une place particulièrement réduite, nous le savons tous. Mais qu'en pensent les femmes elles-mêmes ? Interrogées par Maurice Maschino, toutes ont répondu à ses questions, en laissant de côté l'habituelle langue de bois de ceux qui exercent du pouvoir. Des moins connues, aux plus illustres - comme Jacqueline de Romilly, Anne Sinclair ou Simone Veil, toutes ont accepté de raconter leur itinéraire, de dire leurs difficultés pour parvenir là où elles sont aujourd'hui, les résistances du milieu, les pièges tendus par leurs collègues masculins. Mais la réalité est loin d'être aussi simple ; et on sera surpris, en lisant ce qu'elles relatent, de voir combien leurs motivations sont différentes de celles des hommes, combien elles se préoccupent peu des signes extérieurs de pouvoir ; comme si, finalement, l'essentiel n'était pas là pour elles. Aussi y a-t-il pas mal d'humour dans la façon dont elles disent à leurs collègues : Après vous, messieurs...

  • Les états vantent largement les qualités de leurs experts, les gouvernants fondent de plus en plus souvent leurs décisions politiques sur des rapports qu'ils disent infaillibles. Certes, ces experts existent et détiennent des savoirs, mais leurs discours technicisés masquent souvent des mythes grossiers. Six récits de confrontation entre mythes et savoirs sont analysés.

  • Elite, élitisme, élitaire, élitiste, mots chargés de connotations négatives dans le langage courant, renvoient, en sociologie, à des questions essentielles : qui commande dans la société, pourquoi, comment, dans quels buts? Etude d'un concept depuis les néo-machiavéliens du début du siècle aux élitistes démocratiques actuels.

  • La France est un pays de tradition élitiste. Aussi, la question « qui gouverne la France ? » a suscité une littérature abondante, surtout sociologique et mondaine. Les élites y sont traitées de manière anecdotique - leurs réseaux, leurs privilèges, leurs goûts - ou fataliste : les élites se reproduisent et nous n'y pouvons rien. Cet ouvrage parle des élites d'un point de vue politique : des élites pour quoi faire ? quel rôle doivent-elles jouer dans une société démocratique moderne ? L'analyse y est sans concession : loin de surmonter la crise de la fin du XXe siècle, les élites françaises en exacerbent les traits ; loin de contrarier les tendances néfastes à l'oeuvre dans la société - irresponsabilité, incivisme, futilité, égoïsme, corporatisme, inattention à l'autre - , elles les renforcent. Le constat ici dressé étonnera le lecteur habitué au discours conformiste - critique ou laudateur. Il décrit des élites déculturées, asociales, dépolitisées, désengagées des affaires publiques, des élites en crise dont le malaise se reporte sur celui du corps social. Le rôle que doivent remplir les élites n'est assuré par personne et cela a des conséquences graves pour la société dans son ensemble : aujourd'hui des élites responsables sont nécessaires à la démocratie. Ce livre est le troisième ouvrage rédigé dans le cadre du CERAP après deux essais sur l'éducation et la bioéthique. Comme les précédents, il émet des propositions concrètes, notamment sur la formation, les modes de construction des carrières ou encore le déverrouillage du système politique, et conduit à se poser la question du modèle de société politique souhaitable pour demain. Le Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique (CERAP) est une association indépendante de tout parti et de tout groupement. Ses membres réunissent toutes les sensibilités. Ils sont unis par la même volonté de promouvoir la délibération politique en établissant des propositions concrètes dans les différents domaines de la conduite d'un Etat.

  • Rétablir le respect de l'autre dans la presse, les organisations et la vie publique, tel est le propos de cet essai qui s'attache à poser les jalons d'une éthique contemporaine de l'espace public, pour tous ceux qui considèrent que, en dépit de l'effondrement des idéologies, l'homme a toujours un destin collectif à gouverner.

  • Une histoire d'amour mouvementée et ininterrompue pendant trente-cinq ans entre le maire et la ville.

  • La crise actuelle témoigne, selon cet essai, d'un déficit démocratique dans le fonctionnement de nos institutions. Le remède : associer les citoyens aux choix fondamentaux, depuis ceux du bassin d'emploi à ceux de la région, sans oublier l'Europe, dont il faut rendre transparents les modes de décision.

  • « A en croire la rumeur, un combat titanesque opposerait actuellement deux camps, aussi allergiques l'un à l'autre que le capitalisme au communisme : le camp nationaliste et xénophobe, attaché à son patrimoine comme Harpagon à sa cassette, et le camp cosmopolite, affamé d'autrui, curieux de tout, pressé d'échanger l'étroitesse nationale pour un vêtement plus ample. Les uns barricadés dans leur francité (ou leur germanité) sentiraient la rancoeur, la province ou l'hospice, les autres porteraient sur eux l'auréole des grands espaces, de la jeunesse et de l'espoir. L'alternative existe sans nul doute mais devons-nous l'accepter de façon aussi tranchée et simpliste ? Ne faut-il pas au contraire penser ensemble l'enracinement et l'universel comme se fécondant l'un par l'autre ? »
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  • Vu sa part de responsabilité dans la grande aventure du siècle, l'intelligentsia française aurait dû, elle aussi, être atteinte par la crise actuelle. Or elle se porte mieux que jamais, ses ténors étant loin d'accepter le profil bas. L'argumentation de cet essai polémique puise aussi bien dans l'histoire passée que dans les événements les plus récents.

  • Menée au nom de valeurs puisées dans des codes culturels multiples capables de rendre vie à des communautés imaginées, l'action collective nationaliste transforme les structures sociales et partisanes, magnifie les mythes comme les langages, réaménage l

  • Depuis plusieurs années, le débat sur la question de la parité hommes-femmes en politique, défraie la chronique. Pour les un(e)s, on ne pourra en finir avec l'exclusion des femmes de la vie politique, particulièrement nette en France, que par des mesures volontaristes. Pour les autres, on ne saurait tolérer, au nom de l'universalisme, des lois qui prennent en considération le sexe des personnes. La révision constitutionnelle, intervenue en juin 1999, si elle marque une avancée, est bien loin d'avoir clos la question et les échéances législatives qu'elle inaugure portent certainement la promesse de nouvelles controverses. D'où l'intérêt de ce livre, où Philippe Bataille et Françoise Gaspard abordent, sans détours, le sujet. Après avoir rappelé clairement les grands enjeux des débats récents sur la parité, ils livrent les résultats d'une enquête originale menée auprès des candidates du Parti socialiste aux élections législatives anticipées de 1997. De façon très vivante, ils racontent les effets de la tempête soulevée par la décision de présenter au moins 30 % de candidates à ces élections : comment les responsables nationaux et locaux, mais également les militants, allaient-ils réagir ? Y aurait-il suffisamment de candidates ? Qui seraient-elles ? Cette enquête passionnante, complétée par l'évocation des expériences étrangères, a l'immense mérite de sortir le débat du champ clos des affrontements idéologiques. De façon très concrète, elle nous fait découvrir que les femmes en politique sont, sur le terrain, moins rares qu'on ne le dit. Que les électeurs apprécient le renouvellement qu'elles introduisent dans la vie politique. Et que les hommes ont encore du chemin à faire, avant d'accepter vraiment la parité. Les auteurs montrent ainsi pourquoi une stratégie volontariste en faveur de la parité, est seule à même d'en finir avec les inégalités en politique fondées sur le genre.

  • Ils ne veulent Plus s'en aller, ils s'accrochent à leur fauteuil, ils ne savent pas partir à temps, ils ont le démon du pouvoir. Pendant ce temps, chacun répète les premiers mots du héros de Samuel Beckett dans « Fin de partie » : « Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. » Mais non. Leur règne trop long s'éternise. C'est le crépuscule des Princes. Pourquoi Napoléon III n'a-t-il pas su démissionner à temps, alors qu'il souffrait comme un damné ? Comment Lénine s'est-il laissé extorquer le pouvoir ? Que faisait donc Churchill encore à la tête de son pays à Plus de quatre-vingts ans au lieu de s'en aller peindre ? Atteint d'un mal inexorable, Pompidou n'aurait-il pas dû laisser la Place ? Pour quelle raison Boumédiène a-t-il été prolongé abusivement à la tête du pouvoir algérien ? Et qu'est-ce qui empêche aujourd'hui Mitterrand de se retirer à Latché ? Il appartient peut-être au médecin de répondre à toutes ces interrogations, de chercher dans l'enfance de ces chefs d'État la naissance d'un amour de soi pathologique, et dans leur arrivée au pouvoir la montée d'une ambition forcenée. Mais surtout de fouiller dans leur entourage et d'examiner leur état de santé pour tenter de découvrir ce qui a bien pu les déstabiliser et les accrocher au pouvoir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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