• La sirène d'Isé

    Hubert Haddad

    • Zulma
    • 14 Janvier 2021

    À la pointe sud de la baie d'Umwelt, loin du monde et hors du temps, le domaine des Descenderies a accueilli des générations de patientes. Né de la fragile Leeloo, Malgorne grandit sous la houlette de Sigrid, entre incompréhension et possession jalouse. Il trouve bientôt refuge dans le dédale de l'extravagant labyrinthe d'ifs, de cyprès, de pins et de mélèzes imaginé par le Dr Riwald. S'il n'entend ni le ressac ni les vagues qui se déchirent sur les brisants, Malgorne se nourrit des vents et scrute sans fin l'horizon. Depuis l'ancien sémaphore, Peirdre sonde elle aussi chaque soir l'océan, hantée par la voix d'une amie disparue. Son père, capitaine au long cours, fait parfois résonner pour elle les cornes de brume de son cargo de fret. C'est sur la grève, un matin, devant le corps échoué d'une étonnante créature marine, que Peirdre et Malgorne forgent soudain l'espoir du retour d'autres sirènes. Après Le Peintre d'éventail, Hubert Haddad nous entraîne dans la magie d'un nouveau jardin entre terre et mer. La Sirène d'Isé est un roman magnétique, envoûtant et lumineux.

  • La Démission

    Arthur De La Roche

    Un trentenaire citadin raconte ses interrogations philosophiques et le bilan de son âge au fil d'un voyage lent entre l'Europe et l'Amérique en cargo et en train. Il évoque les choix de vie, le déplacement, l'urbain, les relations humaines, la liberté, la randonnée ainsi qu'une petite réflexion sur le rapport au temps et à l'espace.

  • Je suis partie sur un cargo. Trois semaines. Peu m'importait la destination.
    J'ai écrit un petit mot à mes amis, à ma famille, pour les informer de ce départ rapidement décidé.
    Sur le cargo, libre de tout, j'ai continué à leur écrire, ainsi qu'à un inconnu, Silas. Silas était mon interlocuteur des jours tristes, des jours sans énergie, ou des jours où ma peur m'a empêchée de communiquer avec mes proches. Silas était un confident tranquille.Je n'ai rien pu envoyer. La mer zone blanche, la mer sans facteur ni Wifi.
    Ces correspondances immobiles me sont restées. Devenues de simples écrits, elles sont de brefs témoignages. Qui disent un trajet passant de la Méditerranée au Canal de Suez, au golfe d'Aden et au large de la Somalie, à l'Océan Indien pour arriver à LA Réunion.
    Qui disent le menu de la vie sur cet immense bateau, ce qui se vit et qui s'échappe, ce qui est sans importance et ce qui marque les jours. La mer, les risques, les gens. Qui disent l'insupportable et magnifique tranquillité des porte-containers sur les mers qu'ils polluent. Qui disent aussi l'histoire d'un grand-père retrouvé. Les voici.

  • Etre du monde

    Maryse Rouy

    Maryse Rouy rêvait depuis longtemps de traverser l'Atlantique en cargo. C'est après avoir accompagné sa mère atteinte de la sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Lou Gehrig) pendant les derniers mois de sa vie que ce voyage s'impose à elle comme une nécessité. Elle l'entreprend et sa cabine devient le lieu d'une retraite d'écriture. Au rythme des vagues, des aubes et des crépuscules, elle raconte la dégradation physique et les souffrances psychologiques d'une femme aux prises avec une maladie incurable, ainsi que l'épreuve vécue par ses deux filles, proches aidantes pendant quatorze mois. Alentour de cette mémoire, la vie continue au fil des relations avec l'équipage et les passagers, des instantanés sur l'existence à bord du bateau et du murmure infini de l'océan.

    Tout en émotion contenue, ce récit mêle la douleur ressentie devant le développement de la maladie aux souvenirs lumineux d'une mère volontaire et courageuse qui, malgré les obstacles, tenta sa vie durant d'élargir son horizon et d'être du monde.

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