• «Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de «Médecine de La Femme», dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit? Qu'il va m'enseigner mon métier? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.»

  • Les auteurs témoignent d'une pratique clinique avec des travailleurs sociaux et tentent d'en tirer les leçons : il s'en dégage à quel point le management est en train de tuer dans l'oeuf ce qui fait la spécificité du travail social.

    Que dit-on à un patient alcoolique qui vient s'écrouler parce qu'il va perdre sa femme ? À une caissière de supermarché qui ne peut plus suivre la cadence ou ne parvient pas à retourner travailler sans « la boule au ventre » ? Aux parents qui viennent consulter avec un adolescent, le casque sur les oreilles, et qui décrivent une addiction aux écrans et des résultats scolaires en chute libre... ? À un éducateur qui doit faire face à un enfant autiste en crise ? Que dit-on à ces jeunes sujets qui se décrivent harcelés sur Facebook ou abandonnés par un copain et incapables de vivre ? ... Dans le séminaire « Pour une clinique du quotidien », un participant tiré au sort est invité à décrire son service et sa mission, à énoncer sa fonction et à parler d'une situation avec laquelle il/elle rencontre une difficulté, est traversé(e) par une question ou un doute. Le postulat de base est qu'il n'y a pas de « bonne réponse » mais qu'il y a néanmoins quelque chose à en dire, que ce quelque chose rend compte d'une rencontre unique entre un intervenant social et un patient et que, de cette rencontre seule, un soulagement, peut-être, surgirait.

     

  • La réalité clinique et institutionnelle, et ses difficultés actuelles, ont conduit les auteurs à relire plusieurs séminaires de Jean Oury, mais aussi à revisiter la catégorie de l'imaginaire à partir de l'élaboration de Cornelius Castoriadis. Là où Lacan mettait le symbolique, puis le Réel, au coeur de la problématique du sujet, Castoriadis place l'imaginaire radical - à entendre dans ses deux acceptions : à la racine du sujet, mais aussi dans son inscription dans les « productions imaginaires du social-historique » -, une manière pour lui de se détacher très tôt du structuralisme, de tout déterminisme, et de ce qu'il appelle « la pensée héritée ».

    À partir de cet ancrage théorique et politique, les auteurs explorent les pistes offertes par leur clinique des psychoses et des états limites, attentive à la narrativité, aux productions plastiques des patients, à leur accès à l'espace imaginaire... Ils insistent sur la nécessité actuelle de repenser leur pratique clinique et institutionnelle en prise avec une « nouvelle raison du monde » néolibérale qui engendre une vision réifiée des sujets en souffrance, et promeut un imaginaire comptable, marchand, où chacun se trouve mis en concurrence avec tous.

  • Cet ouvrage porte sur l'expérience de l'hôpital psychiatrique du point de vue de ses soignants, en particulier infirmiers. Leur travail en première ligne face aux patients, auprès desquels ils représentent l'institution, constitue un observatoire pertinent des transformations de l'hôpital gestionnaire.

    À partir d'une enquête de terrain fournie de plus d'une année au sein de deux services de psychiatrie hospitalière, cet ouvrage ouvre les portes de l'hôpital psychiatrique public et suit le travail des équipes infirmières. Les scènes de la vie quotidienne ancrent le propos dans l'ordinaire des soins et des relations avec les patients atteints de troubles psychiques. Elles invitent le lecteur à réfléchir au renouveau de la violence de l'institution psychiatrique. Dans ce récit ethnographique, l'auteur décrit les tours de mains des soignants et met en lumière la manière dont ils peuvent poursuivre leur mission dans un contexte contraint en négociant des marges de manoeuvre pour résister à la violence gestionnaire.

  • La boîte à outils, conceptuels et méthodologiques, du sociologue clinicien, élaborée à partir de divers terrains de recherche ou d'intervention.

    Cet ouvrage de référence rassemble les méthodes et problématiques centrales ainsi que les objets et champs de recherche investis par la sociologie clinique. La spécificité de cette approche tient à la façon d'appréhender et d'analyser les phénomènes sociaux et psychiques, dans une perspective à la fois théorique (elle articule la compréhension des processus sociaux à celle du sujet jusque dans ses processus intrapsychiques) et politique (elle pose au-delà de la critique, la nécessité d'une clinique du social et l'accompagnement des processus de subjectivation).

  • Paul Fustier (1937-2016), professeur de psychologie à l'université de Lyon 2, est une figure emblématique de la clinique des équipes et des institutions, dans le champ du travail social et du soin psychique. Ses analyses de la vie quotidienne des établissements ont été décisives pour penser les pratiques éducatives et soignantes à un triple niveau : institutionnel (la tâche primaire, la crise et le changement), professionnel (le faire équipe), relationnel (le lien d'accompagnement ). On lui doit notamment d'avoir mis l'accent sur l'importance des espaces intersticiels et des pratiques en ricochet, à travers lesquels les enfants, les résidents, les patients et autres usagers des institutions trouvent l'occasion de faire autre chose que d'être seulement et strictement aidés, soignés ou éduqués.

    L'entretien mené avec Paul Fustier, complété par des textes significatifs, donne la mesure de l'émergence et de l'originalité de sa pensée, tout en la contextualisant dans sa trajectoire biographique.

    L'élaboration de cet ouvrage a bénéficié du concours du CNAHES.

  • La folie douce, qui s'oppose à la folie furieuse, c'est un moment d'égarement, de déraison, d'extravagance, de délire. Ça ne prête guère à conséquence, mais ça dérange les bonnes moeurs. Alors que la violence et le passage à l'acte sur autrui ou soi-même relèvent de l'inacceptable, il convient de penser l'accueil social de la folie comme un espace de création et d'invention.  

    Comment accompagner, soutenir, valoriser les psychotiques afin que leurs productions, quelles qu'elles soient, trouvent leur place dans l'espace de la culture, au sens où Freud la déploie, selon des voies socialement acceptables ? Qu'elles soient considérées comme faisant signe d'un sujet et non d'un dysfonctionnement ?

    À partir de récits de vies singulières, telles Jeannot et son plancher, Glenn Gould et la musique, Marcel Bascoulard, le clochard céleste..., ou parfois tirés de son expérience clinique quand les patients tentent, à leur façon et avec les moyens du bord, de vivre parmi les autres en élaborant leurs propres solutions,  Joseph Rouzel poursuit une nécessaire élaboration théorique des liens entre psychose et création.

  • Cet ouvrage répond à une nécessité contemporaine : à la dominance techno-scientiste de la médecine et au dogmatisme de nombre d'Écoles de psychanalyse, l'auteur oppose la subversion de la clinique psychanalytique.
    Jean-Richard Freymann reprend tous les tableaux cliniques à l'aune de la conflictualité du discours, pour essayer de rendre compte des enseignements de la pratique. En suivant l'ancienne nosographie, il saisit l'occasion d'un débat avec la psychiatrie d'aujourd'hui pour interroger les limites de nos classifications et ce qu'elles peuvent avoir de précaire.

    Chaque chapitre est organisé autour d'une question à partir de laquelle il revient aux fondamentaux en s'appuyant sur la clinique contemporaine. Il s'interroge sur la place de l'inconscient freudien aujourd'hui, malmenée par le discours dominant des DSM, et les conséquences que cela provoque méthodologiquement, culturellement, et dans la formation des nouveaux « cliniciens ».

  • Comment les auteurs, psychanalystes, soutiennent-ils leur pratique concrète avec ces patients - enfants aussi bien qu'adultes - pour lesquels Melman avait introduit le terme de nouvelle économie psychique ? Sans doute la clinique contemporaine impose à l'analyste de « savoir y faire ». Non pas de « savoir faire », au sens où elle demanderait un savoir technique descriptible. Mais de se mettre dans la position éthique d'accepter que les réalités cliniques nouvelles puissent le déranger, d'accepter d'inventer sans trop bien savoir ce qu'il invente. À cette seule condition, il pourra « faire avec » : faire avec ce qui, quotidiennement, vient interroger son désir, et sa responsabilité. À partir de leurs assises théoriques et de leur pratique clinique, les auteurs contribuent, chacun, à élaborer l'éthique qui leur permet de se constituer un lieu d'adresse pour ces sujets en mal de parole.

  • Cadres dirigeants et opérationnels, managers et gestionnaires d'établissements de santé privés ou publics, vous devez chaque jour relever le même défi : allier qualité des soins et qualité de vie au travail, dans un contexte de rationalisation permanente des moyens.

    Si les établissements de santé sont de plus en plus performants, les patients mieux informés sont, quant à eux, plus exigeants et les soignants plus nombreux à souffrir d'épuisement professionnel.

    Les cadres, accaparés par les impératifs de la certification et le traitement de l'absentéisme, s'éloignent de leurs équipes et ressentent un véritable malaise.

    Inégalité dans l'accès et les offres de soins, désertification médicale, diminution des effectifs et des moyens alloués sont autant de symptômes préoccupants de notre système de santé.

    La nécessité d'un retour à l'équilibre pour les hôpitaux et le regroupement des établissements demandent de revisiter les modes d'organisation, les pratiques de management et d'oser appliquer de nouveaux outils de gestion.

    Cet ouvrage présente les techniques de management humanistes les plus adaptées au milieu de la santé en mettant la logistique au service de l'humain.

    Parce que c'est la logistique qui sert l'humain... et non l'inverse !

  • Dans le domaine de la psychopathologie, comme dans les autres champs scientifiques, cliniciens et chercheurs partagent implicitement le postulat d'Einstein concernant l'intelligibilité de leurs objets d'investigation.

    Si le clinicien accumule des observations aléatoires et tente d'en donner sens, voire causalité, le chercheur grâce à un « filet d'hypothèses » va à la pêche des faits afin d'en confronter les invariants et de développer une pensée théorique toujours provisoire et révisable.

    Entreprendre une recherche, c'est chercher à apporter un supplément de connaissance à l'intérieur d'un champ scientifique choisi. Dans ce champ, le chercheur va naviguer, au cours de sa pratique quotidienne, entre son terrain de recherche et ses premières hypothèses. Développer une recherche, c'est aussi transformer ce qui pourrait ne rester qu'une intuition personnelle en un énoncé porteur d'une visée générale grâce à une démonstration de validation bien choisie et aboutie.

    Il existe souvent un lien profond (et le plus souvent non conscient) qui unit le sujet de la recherche clinique à son objet choisi. Quel que soit ce lien, le déroulement processuel suppose certaines étapes rigoureuses et incontournables.

    Enfin tout spécialement dans le domaine de l'enfance, la recherche en psychopathologie poursuit un but implicite : « issue du terrain clinique, elle a vocation idéalement d'y retourner » et d'y permettre la mise en place d'outils de prévention et de soins.

  • Ce livre se veut pratique, utile et éthique par le profond respect pour la vie subjective dont il témoigne. Grâce à une description fidèle et vivante de situations concrètes, il développe une réflexion qui permet à la fois de mieux comprendre ce qui arrive lorsqu'un corps est diminué, et d'élaborer, chacun depuis sa place (soignants, patients, proches) des réponses adaptées. écrit dans un style vivant et limpide, cet ouvrage est d'abord un livre clinique. En faisant place à la parole des patients, de leurs proches et aussi à celle des soignants, l'auteure a pu montrer qu'une atteinte corporelle ne peut aller sans répercussions psychiques. Celles-ci vont bien au-delà de l'angoisse : les équilibres de vie sont déstabilisés, ce qui induit un retour sur soi et mène vers des changements dans les façons d'être. Le livre montre comment le psychanalyste peut aider, dans le respect de chacun, à faire face à ces bouleversements et à restaurer une dynamique psychique.

  • Quelles sont les ressources pour l'action en milieu de travail ? Autour de cette question centrale en clinique du travail, diverses approches alimentent des perspectives communes.

    Cet ouvrage contribue au développement de la clinique du travail entendue comme métaphore de l'engagement de l'homme dans le monde, comme confrontations aux réalités matérielles et symboliques, comme espace où le lien social, l'intersubjectivité ont pour centre et mobile l'action, les objets et les fins poursuivies. Référés à la clinique de l'activité, à la psychodynamique du travail, à la psychologie sociale clinique, à la sociopsychanalyse, à la sociologie clinique..., les auteurs rendent compte de recherches réalisées dans des secteurs professionnels variés - hôpitaux, industrie, restauration, banque, aide à domicile, élevage industriel, animation et éducation, services publics...

  • L'ouvrage rapporte l'expérience pratique et théorique d'une femme clinicienne, accessible à tous ceux, jeunes ou moins jeunes, qui s'interrogent sur les fondements Dans cette lettre adressée aux jeunes cliniciens, quel que soit leur âge, l'auteure raconte ce que représente la clinique contem-poraine à la lumière de l'enseignement dispensé dans les formations. De nombreuses vignettes cliniques sont confrontées à la pensée de la clinique, non sans effet de surprise. L'entreprise est pleine d'humour mais ne cède en rien sur le sérieux des questions contemporaines : mot d'esprit, transfert, psychose, travail de l'inconscient et son invention nécessaire.

  • Pierre Bruno examine point par point les différentes dimensions de l'expérience de la cure analytique. Une psychanalyse, soit l'expérience d'une cure, suit la trajectoire d'un déchiffrement, celui de l'inconscient, jusqu'à faire l'épreuve du bord au-delà duquel cet inconscient devient réel, c'est-à-dire  ininterprétable. À ces confins, l'analysant (celui qui fait une analyse) se retrouve rebut de ce déchiffrement et c'est dans cette position qu'il trouve une satisfaction, impossible à imaginer avant d'être atteinte. Ce bord, l'expérience nous en instruit, est la coupure advenant de la castration de l'Autre maternel, en tant qu'elle nous soulage définitivement de l'imminence menaçante d'un rapport incestueux, et du même coup, ouvre le sujet à la contingence d'un amour en rien condamnable.

  • L'auteur dénonce la rigidité, l'autoritarisme et la standardisation des approches dictées par le 3e Plan et leurs conséquences néfastes pour les personnes autistes et leurs familles. Elle développe des propositions d'observation, d'évaluation et de suivis pluridisciplinaires et transdisciplinaires - incluant la psychanalyse.


    Dans un souci de réflexion et d'engagement, Marie-Dominique Amy revient sur la plupart des mauvais procès intentés en sorcellerie contre la psychopathologie d'inspiration psychanalytique. Elle dénonce les aspects idéologiques qui empêchent un vrai débat, tout en défendant les recherches cognitives et des neurosciences et les pratiques intégratives entreprises avec les enfants TED/TSA dans une logique d'ouverture.

     

  • « Qui n'a pas eu la chance de suivre les enseignements d'Olivier Grignon pourra découvrir, en lisant les textes de ses conférences ici réunies, le travail d'un psychanalyste soucieux de transmettre à ses auditoires une psychanalyse vivante, en mouvement, forgeant sa recherche en l'inscrivant systématiquement dans un permanent dialogue avec ses maîtres - Freud, Dolto, Lacan - et ses pairs.

    Son incontestable talent réside en grande partie dans son effort permanent pour déplier ce qui, dans la théorie analytique, a tendance à s'ombiliquer pour devenir d'abord doctrine puis lettre morte. Olivier Grignon n'est pas en quête d'une théorie idéale et sophistiquée mais à la recherche de ce qui s'arrache de la clinique pour s'écrire et se dire conceptuellement. Il lit Lacan avec enthousiasme et s'émeut à chacune des trouvailles de ce dernier, ce qui contribue à nous le rendre à la fois proche et héroïque. Ce que dit Lacan, ça le secoue et il tente de nous transmettre cette émotion en cernant dans ce discours un Lacan tourmenté par les impasses et les apories, notamment freudiennes.

    Olivier Grignon part de l'idée que le savoir psychanalytique n'est pas le référentiel de l'acte analytique. Du coup, le psychanalyste apparaît comme un être divisé entre sa tâche et son acte qui consiste à essayer de rendre compte de ce qu'il fait quand il se commet à apprendre de ses patients (Dolto). C'est pourquoi, Olivier Grignon a de bonnes raisons  de se demander si "vouloir enseigner ce qui ne se transmet pas" ne serait pas un symptôme.» Jean-Pierre Winter

  • Cet ouvrage vise une ouverture au traitement des psychoses dans le champ socio-éducatif, sans trahir les concepts issus de la psychanalyse et sans perdre de vue la clinique, de fait, pluridisciplinaire. La psychose n'est finalement qu'une des modalités de structuration de l'être parlant. Joseph Rouzel propose dans cet ouvrage un repérage, à la fois clinique et théorique, indispensable dans la clinique socio-éducative des psychoses. Un ouvrage accessible aux travailleurs sociaux qui ont de plus en plus la charge d'accompagner des personnes psychotiques.  

  • Entre l'être de l'homme et l'être de la société, les influences, les connexions et les interactions sont profondes. Chaque individu contribue à produire la société, qui produit chaque individu. Comment analyser ces interférences ? La question est particulièrement sensible lorsque des conflits, vécus comme « personnels », sont pour une part la conséquence de situations sociales liées au travail, à la famille, à l'argent, à la violence institutionnelle et plus généralement à la violence symbolique des rapports sociaux.

     

    La démarche clinique en sociologie offre des outils pour décrire la réciprocité des influences entre les processus sociaux et les processus psychiques dans les histoires de vie, et pour analyser la genèse sociale des conflits psychiques. Des thérapeutes issus d'écoles différentes témoignent, à partir de leur pratique, des effets de leur rencontre avec la sociologie clinique. En quoi leur offre-t-elle un complément utile dans l'analyse de certains patients ? Comment peut se construire une complémentarité dialectique entre psychanalyse, psychothérapie et sociologie clinique ? Comment cette clinique de la complexité favorise-t-elle l'intégration entre le corporel, le psychique et le social ?

    L'ouvrage ouvre des perspectives nouvelles à tous les professionnels de la relation, aux psychothérapeutes et psychanalystes, pour leur permettre de mieux intégrer dans leur pratique la part de social en nous.

  • Parler d'un bébé sapiens marque une double (r)évolution. D'une part, le bébé ne peut plus être considéré comme un infans, être passif, sans langage et sans pensée, tel qu'il apparaît dans les représentations du passé des historiens. Et d'autre part, envisager le bébé acteur de son propre développement nous place à l'aube d'une ère nouvelle où sont sollicitées tout autrement les responsabilités personnelles et collectives vis-à-vis de cet individu désormais reconnu dans sa valeur et ses incroyables compétences qui vont jusqu'aux racines du sens moral.

    De l'embryogénèse cérébrale du foetus et du nourrisson à la position sociale de l'enfant dans les familles contemporaines d'ici ou d'ailleurs, la théorie de l'évolution revisitée par les neurosciences soulève aujourd'hui des interactions d'une infinie complexité entre patrimoine génétique et milieu extérieur, entre phénotype et génotype.

    Comment intégrer ces nouvelles données dans nos pratiques cliniques médicales et psychologiques mais aussi pédagogiques, juridiques ou plus largement dans nos politiques de santé et de santé mentale ? Comment protéger ce développement, en particulier des perturbateurs endocriniens et des effets de la précarité ? Enfin comment mieux aborder le renouvellement de nos modèles familiaux et sociaux et leur impact sur le futur des bébés ?  Nous sommes en situation de défi : redéfinir notre rapport aux origines et mettre en oeuvre notre sagesse et notre raison afin que les bébés sapiens d'aujourd'hui deviennent des Homo sapiens sapiens de demain dignes et libres.

    Cet ouvrage est issu du séminaire éponyme organisé par l'ARIP, tenu au Centre cuturel international de Cerisy-la-Salle, du 11 au 18 septembre 2015.

  • Préface de Marcel Ritter Jean-Richard Freymann nous invite à un retour aux sources, aux fondements de la clinique psychanalytique. Cet ouvrage, profondément ancré dans un travail de recherche à partir de la théorie lacanienne, redéfinit la portée de la clinique psychanalytique par rapport à toutes les psychopathologies, donne des voies thérapeutiques. Il constitue un outil de formation incontournable pour tous les psys, quelle que soit leur obédience technique.  

  • Une approche pluridisciplinaire pour nourrir un débat de société éminemment actuel qui doit déboucher sur une nouvelle loi de la famille (automne 2014). La question de la résidence alternée pour les enfants après la séparation de leurs parents déclenche les passions et oppose violemment les pour et les contre. Au-delà des partis pris antagonistes et militants, ce livre blanc articule les éléments complexes à l'oeuvre : tout d'abord la protection de la santé psychique des enfants, mais aussi l'égalité des droits et devoirs d'un père et d'une mère devant l'exercice de l'autorité parentale, la reconnaissance de la liberté des individus d'organiser leur vie privée et familiale en prenant en compte l'intér êt de tous les membres de la famille, et, enfin, la lutte contre la domination masculine.

  • Le handicap est interrogé par la culture, tout comme il interroge la culture de manière spécifique. Comment la culture influence-t-elle les pratiques de soin, d'accompagnement et de traitement des situations de handicap, pour le sujet et le groupe familial ? Le traumatisme que génère le handicap affecte les liens aux autres, et plus particulièrement les liens entre enfants de la famille et entre les enfants et chacun des parents. Dans ces situations, la culture offre au sujet une manière de penser, de rêver, de fantasmer à propos des multiples expressions de la vulnérabilité humaine que représente le handicap. Elle propose ou impose un cadre pour affronter la réalité des pathologies et ses conséquences. Elle peut favoriser l'inclusion comme l'exclusion de la famille et du groupe social, favoriser ou entraver le travail de pensée de chacun des membres de la famille individuellement et collectivement. Ce livre propose des clefs pour comprendre les processus qui donnent à la culture tantôt des fonctions protectrices, tantôt aliénantes et traumatiques face au handicap d'un membre de la famille.

  • Cet ouvrage illustre les apports du bilan psychologique d'orientation psychanalytique en pédopsychiatrie et donne à voir les manifestations des troubles obsessionnels chez l'enfant et l'adolescent. En cela, il s'inscrit dans un questionnement très actuel sur ces troubles, dont il montre la réalité clinique et son expression. Face au DSM qui morcelle l'approche du patient en se focalisant sur une symptomatologie visible, souvent comportementale, et escamote la névrose des classifications, les auteures montrent l'importance du bilan psychologique d'orientation analytique pour approcher le fonctionnement psychique, l'organisation psychopathologique qui se trouvent derrière les manifestations du registre obsessionnel, aujourd'hui décrites en termes de TOC et proposer des pistes thérapeutiques adaptées.

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