• Cet ouvrage est une étude sur les fondements historiques de la tradition du pèlerinage à Compostelle : celle qui fait venir de la mer, vif ou mort, un apôtre pour évangéliser l'Espagne, et qui est enterré là.
    Or une tradition n'invente pas, elle transforme.
    Qui était donc ce "saint Jacques" ? Et pourquoi son tombeau est-il à Compostelle ? Ce sont les questions auxquelles tente de répondre cette enquête qui fouille à la fois le temps et l'espace.

  • Le Camino francés est l'un des plus anciens chemins de Compostelle. Il n'existait pas à l'époque de l'Empire romain.
    Après avoir parcouru le Chemin de Puy-en-Velay jusqu'à St-Jean-Pied-de-Port, je tenais à me rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle pour remplir la promesse que j'avais faite à une jeune handicapée espagnole dans les montagnes de l'Aubrac.
    En effet, alors que j'avais décidé de mettre fin à mon aventure et de revenir au Québec, j'ai croisé tout à fait par hasard cette jeune fille de 20 ans qui a chamboulé complètement mon projet.
    Felice, trois ans auparavant, avait perdu toute sa famille dans un accident de voiture. Gravement blessée, elle avait survécu, mais conservait de multiples séquelles. Venue sur un chemin de Compostelle avec l'espérance de retrouver la mémoire et d'améliorer sa santé, elle marchait dans la douleur et la souffrance quand nous nous sommes rencontrés.
    Moi-même, victime d'un grave accident à 20 ans qui a failli m'emporter, je découvrais dans cette jeune fille une âme-soeur. En cet après-midi du mois d'août, nous avons marché difficilement côte à côte jusqu'à Nasbinals,  partageant nos peines et nos espoirs. Arrivée au village, Felice ne pouvait plus continuer. Alors, je l'ai prise dans mes bras et Je lui ai fait la promesse que je marcherais pour elle et que je me rendrais à Saint-Jacques-de-Compostelle, à pied, peu importe les difficultés rencontrées.
    Felice est devenue le phare qui éclaire mes chemins.

  • La ville de Puy-en-Velay, dans le Massif Central, est célèbre pour ses monuments : la cathédrale de style mauresque, la statue de Notre-Dame de France, érigée avec la fonte des canons russes après la bataille de Sébastopol et la chapelle Saint-Michel-d'Aiguihe.
    En 950, l'évêque du lieu, Godescalc, accompagné de 500 de ses fidèles, entreprit le premier chemin français vers Saint-Jacques-de-Compostelle.Désireux de découvrir ces chemins du Moyen Âge, je croyais que Puy-en-Velay était le meilleur endroit pour commencer cette aventure. Malheureusement, les débuts furent difficiles. Après cinq jours seulement, le mauvais temps, mon manque de motivation et l'attitude de mes compagnons de marche me convainquirent de mettre fin à mon projet.
    En route de vers St-Côme-d'Olt où je me rendais pour prendre le train qui me ramènerait à Paris, j'ai rencontré par hasard une jeune handicapée espagnole. J'ai marché seulement quelques heures avec cette jeune fille de 20 ans qui avançait péniblement, cherchant à retrouver la mémoire, après un accident qui avait entraîné la mort de toute sa famille.Arrivés tous les deux à Nasbinal, après de multiples efforts, nous avons retrouvé son cousin qui devait ramener Felice à Barcelone. Malade, épuisée, cette jeune fille ne pouvait plus continuer. Je l'ai prise dans mes bras et je lui ai promis que j'allais faire le chemin pour elle. Maintenant, rien ne pourrait m'arrêter. Et j'ai tenu parole.

  • Au Moyen Âge, les pèlerins qui venaient à Saint-Jacques-de-Compostelle par bateaux en provenance de l'Angleterre, de l'Écosse ou de l'Irlande, descendaient dans l'un des ports de l'océan Atlantique. En parcourant le Chemin du Nord ou celui de la Côte, nous avons pu constater ce fait. Dans les grands ports de mer comme San Sebastian, Santander ou Laredo, des hospitals étaient aménagés pour accueillir les pèlerins.
    Cependant, le chemin le plus court pour arriver à Saint-Jacques-de-Compostelle consistait à utiliser les ports d'A Coruña  ou Ferrol. C'est ainsi que s'est tracé le Chemin anglais.
    Comme la distance de ce chemin n'est que de 250 kilomètres, j'ai voulu ajouter quelques difficultés, sinon ce court trajet ne valait pas la peine de traverser l'Atlantique.
    /> C'est pourquoi je suis parti de l'aéroport de Bruxelles à pied, sac au dos, pour me rendre à la maison de mon ami belge, Roger Thomas, à Mariembourg, près de la frontière française. De plus, une fois chez lui, d'un commun accord, nous avons décidé de refaire le Chemin de la Côte, d'Avilés à Baamonde, afin de parcourir une distance d'au moins 800 kilomètres.
    Comme aucune route ne nous permettait de relier facilement Baamonde à A Coruña, un petit train qui dessert les villages va nous amener au point de départ de notre aventure.

  • Au Moyen Âge, les pèlerins qui arrivaient par la Méditerranée utilisaient le fleuve Èbre qu'ils remontaient en barque jusqu'à Logroño où ils rejoignaient les autres pèlerins qui venaient par le Camino Francés.
    Ce fleuve, le plus long d'Espagne, qui prend sa source aux pieds des Picos d'Europa, les plus hautes montagnes du nord de l'Espagne, permettait la libre circulation des personnes et des marchandises.
    Aujourd'hui, les barrages et les canaux construits pour maîtriser ce cours d'eau dont les crues printanières étaient dévastatrices empêchent toute forme de navigation.
    Cependant, les pèlerins du Xe au XVe y ont laissé des traces indélébiles. Les hôpitaux, les couvents et les églises qui les accueillaient existent encore.
    Cette province de l'Espagne s'appelle La Mancha. Elle fut conquise à la pointe de l'épée par le héros national El Cid Compeador. C'est également le pays de Cerventés, de Don Quichote et de son fidèle serviteur, Don Sancho. C'est donc une province très riche en histoire.
    Cette vallée de verdure, arrosée par le fleuve Èbre, au milieu d'une région désertique, mérite d'être mieux connue.Roger Thomas, mon ami belge, et moi-même, nous avons parcouru ce chemin dans la plus grande solitude, n'ayant rencontré aucun autre pèlerin.
    Nous avons surtout apprécié le calme et la sérénité de ce long fleuve tranquille qui n'avait d'égal que la gentillesse des gens qui nous accueillaient.

  • Le Chemin de la Côte (camino de la costa) commence à la ville industrielle de Guijn, au nord de l'Espagne, sur le bord de la Mer Cantabrique, cette partie de l'océan Atlantique qui longe les côtes de la Péninsule ibérique.
    Les Espagnols appellent aussi ce chemin, la Route verte, car les pluies abondantes qui arrosent la province des Asturies rend la végétation luxuriante et favorise la croissance des arbres, spécialement les eucalyptus qui grandissent en force et en hauteur.
    Ce chemin de Compostelle suit le bord de la mer, traverse la province des Asturies jusqu'à Ribadeo où il tourne à gauche, entre dans la Galice et chemine sur les plateaux de la Terra Cha au milieu des fermes laitières avant de descendre vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
    Après avoir parcouru le Chemin du Nord et le Camino primitivo, le Chemin de la Côte nous apparaissait à nous deux, Roger Thomas, mon ami belge, et moi-même, comme une continuité, un prolongement du Chemin du Nord que nous avions beaucoup aimé. C'est pour cette raison qu'à la fin de ce chemin, avant de quitter Saint-Jacques-de-Compostelle, nous avons décidé de revenir l'année suivante, pour poursuivre sur le bord de la mer. Le très beau gîte Roberto Frasinelli à Ribadesella nous semblait le plus bel endroit pour commencer notre aventure.

  • Les Espagnols appellent le Chemin de Compostelle qui va de Zamora à Saint-Jacques-de-Compostelle « el Camino Sanabrés », principalement à cause de la forteresse de Sanabria, construite au XVe siècle, alors que la guerre faisait rage entre le Portugal et l'Espagne.
    Le jeune roi du Portugal, Henri II, dit le Navigateur, s'était enrichi grâce au commerce avec les Indes et désirait étendre son royaume. Or, ce chemin de Compostelle était devenu très populaire auprès des pèlerins espagnols depuis la prise de Séville par les chrétiens (1248).
    Ce chemin est encore très important pour les Espagnols, car il commence généralement à Zamora, la ville sainte. C'est dans cette ville qu'a vécu El Cid Campeador, le héros national, et c'est également dans cette cité que les rois de Castille recevaient leur couronne.Durant la semaine sainte, la ville de Zamora se remplit de visiteurs et de grandes fêtes célèbrent les héros d'autrefois. Pour le pèlerin étranger, il est impossible de se trouver un logement durant cette « semana santa ».
    J'ai commencé ce chemin en solitaire. Je désirais depuis longtemps faire un chemin dans la plus grande solitude. Or, durant ce chemin, j'ai fait trois rencontres exceptionnelles : deux Allemands, Lothans et Wolfgang, et un Suédois, Erik, qui marchait avec sa femme et sa belle-soeur.
    Ces cinq personnes ont donné un souffle nouveau à mes chemins. Des rencontres extraordinaires qui transforment un pèlerin.

  • Trois chemins différents permettent de traverser le Portugal du sud jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle. Le premier suit la côte de l'océan Atlantique. Un autre chemin vagabonde à travers les collines boisées à la frontière de l'Espagne. Nous avons choisi le plus connu et le plus acceptable pour nous, le chemin du centre qui suit la voie romaine numéro XIX, le plus ancien chemin tracé par les Romains dès les années 80 avant l'ère chrétienne. Cette voie reliait les grands ports de mer sur le bord de l'océan Atlantique et assurait le commerce entre Lisbonne, Coimbra, Porto et Padrn en Galice.
    Le Portugal d'aujourd'hui est un immense jardin. Les moindres parcelles de terrain sont cultivées. Difficile de trouver des lieux désertiques où le pèlerin puisse s'isoler et connaître des moments de grande solitude.
    Les amis de Compostelle ont aménagé un chemin qui respecte le tracé historique et qui permet aussi des moments de tranquillité où le marcheur trouve du plaisir à faire sa randonnée. Après discussions avec mon ami belge, Roger Thomas, nous avons décidé d'éliminer le tronçon entre Lisbonne et Coimbra, jugé trop industrialisé, pour commencer notre aventure dans la cité universitaire. Nous ne l'avons jamais regretté, car dès la sortie de Coimbra, nous empruntons la voie romaine que nous allons suivre dans la majorité du temps. Un chemin plat, légère sinueux, où les arômes des jardins se mêlent aux odeurs salines venues de la mer.

  • Ce chemin de Compostelle prend son origine à Genève en Suisse, traverse le domaine de Cluny et rejoint le chemin de Puy-en-Velay au pied du Massif Central.Au Moyen Âge, il était emprunté par les pèlerins qui venaient aussi loin que la Russie, la Pologne et la République tchèque et qui traversaient la Suisse pour entrer en France par la ville de Genève.
    Pourquoi  l'appelle-t-on aujourd'hui le Chemin de Cluny? La raison est toute simple. Ce sont les moines de Cluny qui ont incrusté leur présence sur ce chemin en bâtissant des couvents, des monastères et des églises tout au long de ce chemin, de Genève à Saint-Jacques de Compostelle.
    J'ai voulu parcourir ce chemin pour mieux connaître l'histoire de ces moines bâtisseurs qui rêvaient de construire une oeuvre qui allait faire rayonner la chrétienté à travers tout l'Occident. Un chemin où l'histoire est constamment gravée dans la pierre.
    Malheureusement, au mois d'août, la recherche de gîtes s'est avérée très difficile. Les vacanciers avaient déjà réservé toutes les places disponibles. Le pauvre pèlerin que je suis, à maintes reprises, a dû se contenter de l'étable, laissée vide par le boeuf qui avait pris la clé des champs ou encore de la bergerie alors que les moutons s'étaient réfugiés en montagne.

  • Le tracé de ce chemin suit en majeure partie celui de la Voie romaine qui partait du port de Cadix au sud de l'Espagne et montait jusqu'à la ville d'Astorga au nord du pays. Cette voie reliait quatre grandes villes de l'ancien Empire romain : Italica, Merida, Caparra et Astorga. Cette route essentielle pour le commerce était alors considérée comme l'épine dorsale de la vieille Castille.
    Tout au long de cette voie romaine, l'histoire occupe une place de choix. Parcourue par les éléphants d'Hannibal, les hordes barbares venues d'Afrique et surtout par les Arabes qui firent la conquête de l'Espagne, ce chemin a connu un passé exceptionnel.
    Partis très tôt de Séville, au mois de mars, Roger Thomas, mon ami belge, et moi-même, nous avons connu une période très pluvieuse. Ce qui a rendu notre chemin difficile.
    De plus, à l'époque, l'absence de gîte pour les pèlerins et le balisage nettement déficient ont aggravé notre situation. Aujourd'hui, ces deux aspects ayant été améliorés, La Via de la Plata est devenue un des plus beaux chemins de Compostelle, grâce à son passé historique et un tracé rectiligne sans dénivelé qui exige peu de la part du pèlerin qui entreprend cette randonnée de 1 000 kilomètres.
    Suivez le récit de nos péripéties au cours de cette randonnée.

  • Ce chemin commence à Valence sur le bord de la Méditerranée, mais en cet été très chaud et sec, mon ami belge, Roger Thomas, et moi-même, avons décidé de l'entreprendre à Tolède, pour limiter la région désertique de la grande plaine qui s'étend au sud de Madrid.
    Ce chemin de Valence parcourt la province de la Mancha dans son entier, de la Méditerranée à la Navarre. Nous sommes alors dans le pays de Cerventés et nous allons marcher sur les traces de Don Quichote et de son fidèle serviteur Don Sancho.
    Tolède qui a connu ses heures de gloire à l'époque de l'Empereur Charles-Quint est demeurée l'une des plus belles villes d'Espagne. Elle nous semblait la mieux choisie pour notre départ. Malheureusement, le thermomètre indiquait 42 degrés quand nous sommes arrivés à la ville. Pendant la première semaine, nous avons marché sous cette chaleur suffocante.
    Puis, nous sommes montés sur le plateau de la forteresse d'Avila pour connaître un vent frais avant de descendre sur la rive du Duero, ce long fleuve de l'ouest de l'Espagne qui se jette dans l'océan Atlantique à Porto au Portugal. Une vallée magnifique qui produit les meilleurs vins d'Espagne.
    Nous avons fait alors une randonnée très agréable qui mérite d'être mieux connue.

  • Autrefois, la voie d'Arles faisait partie d'un vaste réseau de voies romaines qui reliaient la ville de Rome à la Péninsule ibérique.
    Aujourd'hui, le pèlerin qui entreprend la Voie d'Arles en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle marche constamment en direction ouest jusqu'à la Via Tolosana (aujourd'hui Toulouse) avant de bifurquer vers les Pyrénées.
    Cette partie française plaît au marcheur qui recherche la solitude. Après les espaces plats de la Camargue, Le Gard et l'Hérault connaissent des dénivelés qui empêchent toute monotonie, alors que la région de Toulouse permet au pèlerin de se reposer avant d'entreprendre la dure montée vers le plus haut sommet de tous les chemins de Compostelle, le Col du Somport.
    La descente vers Puente la Reina dans la vallée aride du fleuve Aragon prépare le pèlerin à la traversée de la Meseta, cette section désertique du Camino francès.
    La Voie d'Arles prend fin à la rencontre du Camino francés  à Puente la Reina et permet aux pèlerins de joindre leurs pas à tous ceux qui viennent des trois autres chemins français et marchent déjà vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
    Roger Thomas, mon ami belge, et moi-même, nous avons parcouru toutes les étapes de ce chemin dans la joie et la souffrance, vu les importants dénivelés de la Montagne Noire et le col du Somport.
    Une belle aventure qui laisse de profonds souvenirs!

  • Le Chemin de Nord est connu dès le Xe siècle. Les pèlerins qui arrivaient en bateaux d'Angleterre, de l'Irlande ou d'Écosse accostaient dans les petits ports de pêche de la côte atlantique. Les villes de San Sebastian, Santander, Laredo, Gijon et Ribadeo accueillirent les premiers visiteurs venus du Nord. Dans chacune de ces villes, se construisirent des auberges pour recevoir les pèlerins. Ceux-ci marchaient le long de la côte et entraient à l'intérieur des terres à Oviedo, au pied des montagnes des Asturies.
    Ce chemin, créé dès l'année 849 par le roi des Asturies, fut reconnu comme le premier chemin de Saint-Jacques, et devint la voie principale vers Saint-Jacques-de-Compostelle, avant l'ouverture du Camino Francés.
    Roger Thomas, mon ami belge, et moi-même, voulions absolument connaître ce chemin ancestral.Parti de Bayonne en France, nous avons suivi la côte comme les premiers pèlerins jusqu'à Ribadesella, avant de traverser les montagnes des Asturies et entrer dans la Galice.
    Ce magnifique chemin nous semblait une randonnée de rêves, malheureusement nous avons connu une période très pluvieuse, ce qui a rendu notre chemin plus difficile que prévu.
    Malgré la mauvaise température, nous conservons de cette longue randonnée les plus beaux souvenirs.

  • Compostelle

    Claude Bernier

    Mon ancêtre, Jacques Bernier, est né dans la baie d'Honfleur, en Basse-Normandie. Marin de métier, en 1665, il accompagne le régiment de Carignan, le premier contingent de soldats français à venir en Nouvelle-France. À la fin de son séjour, plutôt que de retourner en France, il s'installe sur l'Île d'Orléans, près de Québec. Une plaque de cuivre au fond de la baie d'Honfleur relate l'événement.
    En 1986-87, lors d'un long séjour en France, j'étais venu montrer cette plaque à ma femme et à mes enfants. J'en avais profité pour visiter le Mont-Saint-Michel. Durant mon premier chemin de Compostelle, ce souvenir est venu hanter ma mémoire. Le projet de partir du Mont-Saint-Michel, de traverser la France du nord au sud, en solitaire, à pied, sac au dos, a creusé son nid petit à petit dans mon esprit et il s'est imposé comme une obligation.
    Quelques années plus tard, avec enthousiasme, je me suis retrouvé au pied du monastère médiéval avec mon gros sac de pèlerin, prêt à commencer cette belle aventure qui m'a permis de mieux connaître la France et de découvrir tout au long de mon parcours des gens accueillants et sympathiques qui étaient toujours intéressés à partager avec le « cousin. »

  • Etre du monde

    Maryse Rouy

    Maryse Rouy rêvait depuis longtemps de traverser l'Atlantique en cargo. C'est après avoir accompagné sa mère atteinte de la sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Lou Gehrig) pendant les derniers mois de sa vie que ce voyage s'impose à elle comme une nécessité. Elle l'entreprend et sa cabine devient le lieu d'une retraite d'écriture. Au rythme des vagues, des aubes et des crépuscules, elle raconte la dégradation physique et les souffrances psychologiques d'une femme aux prises avec une maladie incurable, ainsi que l'épreuve vécue par ses deux filles, proches aidantes pendant quatorze mois. Alentour de cette mémoire, la vie continue au fil des relations avec l'équipage et les passagers, des instantanés sur l'existence à bord du bateau et du murmure infini de l'océan.

    Tout en émotion contenue, ce récit mêle la douleur ressentie devant le développement de la maladie aux souvenirs lumineux d'une mère volontaire et courageuse qui, malgré les obstacles, tenta sa vie durant d'élargir son horizon et d'être du monde.

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