Poésie

  • Entre ville et village s'écoule une année où l'on accueille les jours avec ce qu'ils apportent de tremblements et d'envols. Une année où la bêtise qui tapisse les médias remplit les esprits. Une année où passent des saisons transformées par leur disparition imminente. Une année où l'on tricote les retrouvailles avec la perte, l'apaisement avec la colère, le chatoiement avec l'obscurité. Une année pourtant porteuse de lumière, où l'on s'étonne des moments où l'apesanteur soulève les bagages. Car malgré les deuils et en dépit des images radioactives qui s'immiscent par les fenêtres et les écrans, le coeur a toujours douze ans au seuil d'un jardin d'hémérocalles et il s'entête à chercher le dernier chaman qui sache encore danser.

  • Trente heures de la vie d'une femme. Peines et contemplations, joies, amour, art, mort. 

    Ce recueil a été écrit pendant le confinement.

  • Remarquée pour sa musicalité, son lyrisme ample et expansif, la poésie de Serge Patrice Thibodeau prend dans ce recueil un tout autre tournant. Loin des fresques symphoniques auxquelles le poète nous avait habitués dans ses recueils antérieurs, Que repose se rapproche davantage des suites pour violoncelle seul ou des petits ensembles de musique de chambre propres au langage intimiste et contemplatif. Le vers est ici à peine murmuré, au bord du chuchotement, la strophe courtise l'ellipse. Le ton colérique, mélancolique ou tourmenté, que l'on connaissait au poète depuis des années, laisse la place au désir d'articuler une parole poétique délivrée de la révolte, de la tristesse et de l'indignation. Il en résulte une tension adoucie visant à la joie, sereine plutôt qu'exaltée, émanant du repos du corps, de l'esprit, de l'âme et surtout, du coeur.

  • En plein jour, au coeur de l'ordinaire le plus confortable, se révèle graduellement un gouffre immense, l'échappée de tout sens qui vide le corps de son sang, l'espace d'un instant. Immobile dans l'appartement, en attente de rien, une paume ouverte reçoit la chaleur toute intime d'une étoile incroyablement distante. Celui qui fait face à ces ouvertures blanches dans la trame des jours cherche à les traduire, mais le bourdonnement de sa conscience, où les hantises volètent comme des papillons de nuit, lui fait entendre une autre voix. Dans un murmure, elle l'invite à apprivoiser le gouffre, à doucement imaginer sa propre disparition.

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