Gallimard

  • Saga

    Tonino Benacquista

    Nous étions quatre : Louis avait usé sa vie à Cinecittá, Jérôme voulait conquérir Hollywood, Mathilde avait écrit en vain trente-deux romans d'amour, et moi, Marco, j'aurais fait n'importe quoi - mais n'importe quoi ! - pour devenir scénariste. Même écrire un feuilleton que personne ne verrait jamais. 'Saga', c'était le titre.

  • Dans ce troisième volet de La Physique amusante, l'auteur part d'une question naïve en apparence, "Est-ce que l'univers invente ou bien rabâche?", pour se l'appliquer à lui-même : "Est-ce que j'invente ou rabâche ?". Il emprunte, pour y répondre, La nébuleuse du songe. Comme s'il avait été là au commencement de l'univers, il parcourt l'histoire des découvertes qui, de Ptolémée, Copernic, Kepler, mènent à Bach ou Mozart, et s'aperçoit à la fin que "le corps et sa mémoire en savent plus long que nous." Ce que l'amour, dans son éternel recommencement, nous apprend aussi.
    Empruntant, dans une deuxième partie des Voies de contournement, il revient sur un mode plus détaché et contemplatif aux questions sans fin que la création nous pose.

    Les lecteurs non-scientifiques s'enchanteront de cette explication rêveuse et intime des mécanismes obscurs de l'univers. Les amateurs de poésie suivront avec bonheur le rythme de ces vers ajustés à la pertinente équation de l'espace et du temps.

  • Polaire

    Marc Pautrel

    'Le temps est splendide, encore estival, les grands arbres, les pelouses, tout est d'un vert éclatant, vif, lumineux, euphorisant. Je marche, je la cherche autour du bâtiment, je ne la vois pas. Je croise des patients qui ont un air vraiment bizarre, qui errent seuls et me regardent avec hébétude, curiosité, agressivité peut-être. Certains sont silencieux, d'autres marmonnent tout bas, ils tournent en rond, ils marchent sans but, ils me semblent terriblement malheureux, nos regards se croisent, ils devinent que je ne suis pas des leurs. Une ou deux fois j'ai peur en les voyant qui avancent lentement dans ma direction. Aucune trace d'elle.'

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