• La premie?re tentative pour l'infans de transformer le pa?tir en agir consiste a? s'emparer du langage en vocalisant. Il ne peut y avoir encore d'adresse dans cette premie?re vocalisation : il n'y a ni petit autre, ni grand Autre. La jouissance du babil donnera naissance a? la pulsion invocante dont elle marque le de?but. C'est l'expe?rience d'une jouissance totalement satisfaisante mais qui ne comble rien du tout, me?me partiellement. Bien entendu, pour pouvoir babiller, il faut avoir e?te? plonge? dans un bain de parole. Imiter le langage qui nous a de?comple?te?s e?quivaut a? mettre en acte ce que nous avons subi. Ce sera l'origine du de?sir, ce qui nous sortira de la jouissance incestueuse. Cette premie?re jouissance active n'est pas encore du de?sir, ce sont ses prole?gome?nes. Mais cet agir sera ce qui nous pousse vers la subjectivation. La prise en compte de ce fait et de l'e?thique qui en de?coule justifie l'acte analytique et la psychanalyse en tant que discipline.

    Marc-Léopold Lévy s'attache à développer certains aspects de la jouissance en tenant compte des lieux du corps, corps de soi ou corps de l'autre où celle -ci opère. Cette répartition est en lien avec ce que, passivement ou activement, le vivant-parlant désire recevoir de l'autre ou lui faire subir. Tenir compte réellement des éclats de jouissance dans leurs diverses modalités relève d'une éthique qui servira au psychanalyste à régler son acte afin d'obtenir un gain thérapeutique en coupant dans la jouissance du patient, toujours en excès, pour qu'il puisse accéder au désir qui le constitue. 

    Textes rassemblés et annotés par Anne-Marie Picard

  • Face à la complexité croissante du mouvement systémique et des thérapies familiales, ce livre offre des repères théoriques largement illustrés par la pratique des auteurs. Pour chaque modèles de thérapie familiale, six rubriques : les concepts-clefs ; sur quoi porte l'intervention ; comment le problème est-il défini ; l'objectif de l'intervention ou de la thérapie ; les outils utilisés ; la position de l'intervenant ou du thérapeute. Muriel Meynckens-Fourez est psychiatre ; Marie-Cécile Henriquet-Duhamel, est psychologue (Centre Chapelle-aux-Champs, Bruxelles).

  • L'expression « Entretiens préliminaires » peut induire en erreur. La qualification de « préliminaire » pourrait signifier qu'il s'agit d'une préparation à une autre chose considérée comme plus importante. Il n'en est rien. Au contraire, nous avons là le marchepied qui permet de pénétrer dans la cure analytique. C'est souvent l'échec ou le succès de ce premier temps qui va conditionner l'entrée dans le discours analytique.

    À quel moment peut-on se dispenser de la position de face à face pour passer sur le divan ? Quelles sont les conditions de ce passage du langage commun à la situation analytique, où ce n'est plus à l'alter ego que l'on s'adresse mais à un lieu Autre qui peut devenir constituant ?

    Les auteurs, psychanalystes confirmés, apportent leurs témoignages et leurs élaborations sur ce premier temps délicat où se décident les indications et les contre-indications à la psychanalyse. Ils montrent en quoi ces entretiens, qui se différencient des entretiens médicaux, des psychothérapies, des approches psychologiques, constituent une introduction à la logique de l'inconscient.

  • Concrètement, qu'est-ce qu'une psychanalyse avec un enfant ? Existe-t-il une différence entre une psychothérapie et une psychanalyse ? Comment organiser les entretiens lorsqu'on doit travailler à la fois avec les parents et un enfant ? De l'enfant à l'adulte, s'agit-il de la même cure analytique ? Existe-t-il un âge limite pour entrer en analyse ? Faut-il dire la « vérité » aux enfants ? Le père doit-il obligatoirement venir en consultation ? Un analyste peut-il donner un conseil ?

    Loin des recettes toutes faites et des solutions clef en main, ce dialogue entre deux praticiens d'expérience différente est en permanence vectorisé par la place de l'inconscient, et donc de l'équivoque dont est porteuse la parole des enfants autant que celle des adultes. Dans un langage accessible à tous, mais avec la rigueur requise, ils répondent aux questions que se posent les parents, comme les professionnels, sur les modalités et les objectifs de la cure aux différents âges, depuis les tout-petits jusqu'aux adolescents.

    Nouvelle édition actualisée de Malaise dans la famille (érès, 2006)

  • Une lecture psychanalytique de l'acte éducatif ou de soin à travers la question de la temporalité psychique. à partir de la temporalité psychique, pensée dans sa dimension anthropologique, l'auteur ouvre une perspective de compréhension inédite de problématiques psychologiques contemporaines comme la dépendance psychique, le rapport aux limites et à la loi, les conduites oppositionnelles, les troubles de la parentalité, le rapport aux savoirs et la transmission, etc. De nombreux exemples cliniques viennent illustrer l'analyse psychanalytique de l'acte éducatif ou de soin dans le contexte de ce nouveau malaise dans la civilisation.

  • Toute société sécrète un certain type de folie qu'elle se propose parallèlement de combattre. La psychiatrie publique est un des outils de cette lutte tout comme le système d'assistance sociale. Cependant aujourd'hui, peut-on dire que ce modèle qui a fonctionné de manière efficace à un moment donné constitue encore une référence pertinente pour demain ? L'édifice nosographique médical organisé autour de la notion de maladie n'est-il pas mis à mal par les nouvelles formes de souffrances psychiques générées notamment par l'exclusion sociale ? Les dispositifs d'assistance et d'aide sociale qui ont crû tant en nombre qu'en volume financier aident-ils à faire société ou au contraire ne creusent-ils pas la fracture sociale ? A partir de son expérience clinique de trente-cinq années au sein d'un service public de santé mentale, l'auteur replace le soin psychologique dans son contexte historique et son environnement sociologique actuel. Il propose de redéfinir les champs et les missions d'une psychiatrie soucieuse de l'humain mais adaptée à notre temps.

  • L'agression sexuelle est un acte, par essence, impensable. Cette violence bouleverse, par ce qu'elle fait subir à la victime, par ce qu'elle met en jeu chez l'auteur, mais aussi par son écho dans l'ensemble du corps social. Après des décennies d'occultation de cette réalité, les législations et les pratiques juridiques, sanitaires, sociales et éducatives de différents pays ont pris acte de l'ampleur des enjeux liés aux violences sexuelles et en ont été profondément modifiées. Les dispositifs qui se mettent en place actuellement privilégient, en particulier, la parole de la victime, parole dont l'agression l'a privée. Mais se pose, dans le même temps, la question des réponses sociales apportées à l'auteur d'agression sexuelle, réponses qui oscillent entre la tentation de l'exclusion définitive et la promotion de dispositifs de soin, qui se présentent le plus souvent sous la forme d'une injonction adressée aux soignants de développer des approches thérapeutiques avec des sujets présumés jusqu'alors inaccessibles à tout changement. Exerçant en France, en Suisse, en Belgique ou au Canada, les auteurs rendent compte de diverses pratiques, cliniques notamment, auprès des auteurs d'agressions sexuelles, ainsi que de dispositifs de prévention ou d'accompagnement des professionnels.

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