• De l'égalité des races humaines appartient au grand mouvement des idées
    anthropologiques, sociologiques, philosophiques, historiques, littéraires et
    morales de la fin du XIXe siècle et restera actuelle tant que le racisme ne sera pas éradiqué de nos sociétés.
    Ghislaine GÉLOIN, professeur

    Au courant littéraire esclavagiste du XVIIIe siècle, succéda celui raciste du XIXe. En réponse, les esclaves firent par les armes Haïti et leurs théoriciens défendirent par les livres la race noire. C'est dans cette continuité que trois hommes haïtiens se sont levés pour combattre les thèses racistes en cours : Hannibal Price, Louis-Joseph Janvier, Anténor Firmin. Ce dernier s'en prendra en 1885 au champion toutes catégories du racisme, Arthur de
    Gobineau, et à son Essai sur l'inégalité des races humaines (1855), dans ce livre au titre visionnaire : De l'égalité des races humaines, un incontournable des 100 classiques de la bibliothèque bicentenaire haïtienne.
    George ANGLADE, géographe et écrivain

  • [...] Ce diable d'homme a tout fait. Il a commencé par la poésie, Mon côté gauche, puis le récit autobiographique, Mûr à crever, pour exploser un midi dans le ciel port-au-princien avec un texte d'une telle subversion qu'il allait diviser à jamais l'intelligentsia de Port-au-Prince : Ultravocal. Je me souviens de ma rencontre avec FRANKÉTIENNE à cette époque, au tout début des années 70, dans une chambre encombrée de livres et d'instruments de musique, FRANKÉTIENNE composait des chansons pour un groupe populaire, Les Ambassadeurs, et il s'apprêtait à devenir peintre. C'était un ogre qui voulait tout dévorer, et qui a tout dévoré : musique, peinture, poésie, roman (Dézafi est le premier roman créole haïtien), sans compter les expériences spiralistes risquées.
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  • Histoire du style musical d'Haïti représente l'ouvrage le plus considérable qui ait jamais été écrit sur la musique haïtienne et sur la diversité de ses pratiques. L'auteur y aborde les traditions paysannes - le vaudou, les instruments coutumiers, le conte chanté rural -, la musique populaire de danse urbaine, les genres et les formes de la musique classique.
    Écrire sur la musique d'un pays, c'est être attentif aux répertoires, aux instruments, aux conceptions du beau et de la création ainsi qu'aux moments charnières de l'histoire. Ouvrage fondamental pour découvrir et comprendre la musique des Haïtiens, Histoire du style musical d'Haïti conjugue recherche, analyse, anthologie et réflexion critique.

  • Le légendaire Frankétienne présente Chaophonie, un ouvrage testamentaire, réflexion sur le temps, l'écriture et la ville, sous la forme d'une longue lettre à son fils Rodney Saint-Éloi. De Port-au-Prince à Montréal, la voix du vieil écrivain de Port-au-Prince roule en échos, éclatant en mille saveurs et délices cette langue dont lui seul connaît les folles arcanes.

  • Huit femmes, universitaires et intellectuelles, ont engagé la réflexion autour de la Charte, de l'avenir de la société et du vivre-ensemble.
    Elles inventorient attitudes, postures, dérives et discours identitaires.
    Elles dénoncent l'exclusion, l'arrogance et la discrimination, en questionnant les privilèges juridiques et administratifs que revendiquerait un groupe social au détriment des autres. Cet ouvrage touche de près la peur qui travaille le Québec d'aujourd'hui, et l'incapacité de nommer la crise de valeurs qui fractionne plus qu'elle ne rassemble. Elles font acte de pensée, de compassion et de solidarité.
    Elles proposent ce « diagnostic des dérives politiques et sociales... et offrent en partage cette parole » qui a le mérite de s'indigner.

  • Dix-huit romanciers déclinent le multiple visage de l'Afrique.
    Cette Afrique dont on discerne les contours dans l'intimité de sa littérature pour aller droit au coeur des mythes, des histoires coloniale et postcoloniale, des guerres, des génocides, des exils.
    Perce également, en contrepoint des clichés ordinaires, l'implacable beauté des êtres et des choses : ces mots, ces paroles qui rendent conte...

  • « Mais je n'ai aucune preuve du cinéma. » De Sotto l'immagine, l'on peut dire qu'il s'agit d'un texte sur la dictature, ou la pluie. Partant d'un fragment d'Antonioni, et axé sur une idée fugitive de l'image captée, il pourrait tout aussi bien être un traité de l'intraduisible.
    Pris entre une photographe et un cinéphile, il énonce un état des lieux d'une pensée anachronique infiltrée par un présent cinématographique.
    De langue en lacune, l'histoire, qui se réclame d'une absence d'antériorité, est celle d'une déroute interrogée par des voix venues de différents ailleurs - Orson Welles, Ingeborg Bachmann, Sergio Larraín, Alejandra Pizarnik, Galina Oustvolskaïa... Mais peut-être s'agit-il d'un étonnement, tout simplement.

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